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vendredi, 07 avril 2006
Le mépris.
Non. Il ne s’agit pas du bloc notes de BHL dans Le Point. De sa promotion déguisée et subliminale pour son propre Tocqueville, de sa défense de Villepin, de son analyse erronée de la démocratie http://www.lepoint.fr/edito/document.html?did=176946
Non. Il ne s’agit pas ce Premier ministre dessaisi, destitué, dénaturé et retiré qui s’accroche et s’accroche encore. (voir l’analyse implacable de Christine Clerc (http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=338)
Non. Il ne s’agit pas de la promotion au rang d’officier de la Légion d’honneur de Robert Namias chez Christies en la présence de Bernadette Chirac, Ségolène Royal, Robert Hue, Philippe de Villiers, Jean Pierre Raffarin, Jack Lang… (voir Le Point pour la liste exhaustive). C'est François Pinaut qui l'a décoré.
Et puis, ce n’est pas de mon mépris à moi dont il s’agit.
Le mépris dont je parle c’est celui d’un écrivain.
L’histoire est simple.
Dans son roman L'enfant d'octobre qui paraît chez Grasset, Philippe Besson raconte l'affaire Grégory (l’assassinat de Grégory Villemin, retrouvé le 16 octobre 1984 dans la Vologne).
Christine Villemin, la mère de Grégory, veut le poursuivre en justice et lui a envoyé un courrier. Le Point qui raconte l’histoire sous la plume de Denis Demonpion donne la parole aussi bien à Christine Villemin qu’à l’écrivain. D’après le Point, Christine Villemin reproche à l’écrivain que le livre soit « cousu d’invraissemblances, d’erreurs » ; elle évoque par ailleurs les « inepties » qui la « mettent en danger ainsi que ses enfants ». Elle ajoute « Vous avez mis dans ma bouche des propos qui ont vraiment dépassé toutes les pensées que j’ai pu avoir envers la famille Laroche à cette époque ». Elle anticipe même : « Je sais, vous allez vous défendre en disant que c’est un roman mais monsieur Besson mon fils Grégory, n’est pas un simple prénom couché sur une feuille blanche. C’est un enfant qui aujourd’hui irait sur ses 26 ans et nous nous devons de faire éclater toute la vérité sur son assassinat ».
Je ne vais pas entrer ici dans le débat stérile sur ce que l’on aurait le droit d’écrire sous couvert du « roman » posé sur la couverture d'un livre. Même si, pour ma part, je regrette que pas mal d’auteurs se planquent sous ce "loup" parce que sinon leurs propos – souvent autobiographiques - risquent de tomber sous le coup de la loi… Mais là je m’éloigne du sujet.
Revenons donc à Philippe Besson.
Ce dernier justifie sa démarche littéraire, forcément littéraire (!), dans les termes suivants cités par Le Point :
« Je vis de ma plume. Mon dernier roman s’est vendu à 60 000 exemplaires et je suis traduit dans dix-sept pays. Mes six précédents romans ont été achetés par des producteurs de cinéma. J’ai la faiblesse de penser que je n’ai pas besoin de ça ».
Voilà. Le mépris c’est juste ça.
Et ça me dégoûte.
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Commentaires
Si tous les gens qui, d'une façon ou d'une autre, ont utilisé le petit Grégory (le dernier en date, pour moi, est un certain Guillon, fumier de son état chez Stéphane Bern) versaient un euro à sa famille, ce n'est pas une tombe qu'elle lui aurait construit, c'est la Grande Pyramide.
Ecrit par : PMB | vendredi, 07 avril 2006 07:54
d'accord avec vous, si le livre de ce monsieur est un roman, et que son GRAND talent suffit à le faire vivre, quel besoin a t il d'utiliser des faits réels, des noms, des dates ? Qu'il s'inspire d'un si horrible fait divers, soit, mais dans ce cas, ne pas confondre récit d'enquête et fantasmes personnels à propos de cette même enquête !
Ecrit par : fanny guillot | vendredi, 07 avril 2006 08:20
Tout dépend donc de l’origine de la plume, qu'elle soit d’une aile d’oie sauvage ou du cul d’un charognard. L’écrit est un journal de bord d‘une vie et de ses rêves, il est devenu un produit commercial avec toute la panoplie stratégique de séduction d’un marché. Vous, Guy, c’est bien un cruel questionnement qui vous est soumis à votre propre démarche d’éditeur, discerner le “vache à lait” du “conviction”. La liberté d’expression par l’art d’écrire ne devrait pas être un métier.
Ecrit par : Philippe68 | vendredi, 07 avril 2006 08:39
Le "littéraire" a le dos large! Le drame humain lié à "l'affaire Grégory" ( dont on oublie hélas trop souvent qu'elle fut avant tout le meurtre d'un enfant de cinq ans) est une planche à billets pour tous les falsificateurs, les pillards de nécropoles et les dépouilleurs de cadavres... Le mépris est bien là ... mais après tout aujourd'hui nous vivons dans une société du mépris...
Guy, vous dites que vous regrettez "que pas mal d’auteurs se planquent sous ce "loup" parce que sinon leurs propos – souvent autobiographiques - risquent de tomber sous le coup de la loi…" (des noms!! des noms!!). Vous avez, à mon sens, raison. Là aussi le débat vaut d'être lancé. Par principe je suis contre toute censure et pour une sorte d'extra-territorialité du livre... Le livre doit être un refuge, un sanctuaire mis à l'abris du législateur... Pas plus que vous je n'ai envie de voir un Député du Nord ou d'ailleurs (sans mépris pour le Nord, mais suivez mon regard) décider de ce qui doit être publié ou non.
Mais là dans le cas du dénommé Besson Philippe, c'est bien à la quintessence du mépris que l'on touche... Cela n'a rien à voir avec la défense de la liberté d'expression mais avec la plus élémentaire dignité, dont quelqu'un qui sait manier les mots doit faire preuve...
Ecrit par : Ernesto | vendredi, 07 avril 2006 08:47
Le mépris est Cristies .Ainsi donc Niamas ne peut-il plus se mélanger d’avec les autres ci-devant pour la distribution du jeudi après-midi. Sportifs et autres gens du spectacle con-fondus pour le coup. Le mépris c’est un rédacteur politique acheté par la plus haute autorité. Et avec Bernadette, et chez Christies, entre sois. Avec toutes les personnes qui ont tant besoin de la pas trop mauvaise critique et d’une bonne articulation de leur plan de com. Si j’étais Président, je fondrais une médaille moi-même à partir du moulage de l’anus du, des quidam(e)s, et l’épinglerais en public sous l’arc de triomphe de l’étoile tous les dimanches matins, devant la foule hilare. Elysées, ce sont bien les chemins de l’enfer ? La légion d’honneur rend aussi, et c’est cela le mépris, Niamas injusticiable devant l’imprescriptibilité de la loi. La légion d’honneur devient la médaille de la considération et de l’égard envers le vrai puissant. Pourquoi s’emmerder à faire son boulot alors qu’une médaille offerte suffit pour tout. Viva el Patatas. La France va bien, le soleil revient avec les premiers jours de soleil ce soir il fera un peu plus sombre avec la nuit qui tombera ? C’est ce que vous devez retenir de l’information que la rédaction a composée pour vous. A demain même heure même endroit. Le mépris d’un romancier qui vend 60 000 fois 2 euros sans les avances mais avec des peut-être production télévisuelle attend lui aussi sa médaille pour services rendus. Je l’ai toujours dit, éditer en virtuel cela ne remplit pas les poubelles. Il suffit de la touche suppr. C’est ce que je fais de tous mes manuscrits.
martin
Ecrit par : martin | vendredi, 07 avril 2006 09:01
Je viens de me relire et je ne sais plus de quel anus faire le moulage, ni si la foule serait hilare!
Ecrit par : martin | vendredi, 07 avril 2006 09:12
soyons dans l'esprit Pascal, une médaille de choc'holla maintenue par un ruban taillé dans un string
Ecrit par : Philippe68 | vendredi, 07 avril 2006 09:18
Guy,
Tu sais bien que les contestations et l'indignation de Christine, la maman de Grégory ne serviront à rien. Au contraire, plus elle va s'étendre et plus elle augmentera les ventes du livre. Combien vont se précipiter pour acheter le livre dans l'espoir secret d'y trouver un inédit ?
L'ouvrage est là. Il va se vendre car cette affaire est devenue un "mythe judiciaire et criminel". Que Besson soit sincère ou pas, est-ce vraiment ce qui doit nous interroger ? Je l'écoutais ce matin, il disait qu'il était dans l'empathie avec Christine. Faux argument. Son talent littéraire est mis en avant. Il sait écrire. Est-ce que cela lui donne le droit de s'emparer de la vie de Christine, de ses pensées les plus profondes ( dont elle dit qu'elles ne sont pas les siennes d'ailleurs) ? La douleur de Christine n'appartient qu'à elle. A Jean-Marie, son mari. A leurs enfants. C'est une nouvelle démonstration de la violation de la vie privée, de l'intimité qui est faite.
Il y a quelques années, Christine m'a adressé un courrier dans lequel elle me témoignait son soutien. Qui mieux que Christine pouvait comprendre ce que certains pseudo journalistes avaient tenté de reproduire à travers un autre drame de la fin du 20ème siècle ? "Une affaire juteuse. On a tous les ingrédients !" exultait en tapant sur la table d'un bistro un ancien journaliste dit "chroniqueur judiciaire" à Europe 1. Plus souvent ivre que sobre. Sa réputation n'est plus à faire. Bien sûr, une maison d'édition et un auteur conservent le droit de faire un "coup". Chacun part du principe que cette affaire appartient à tous. Elle est devenue publique ! Pense-t-il cet éditeur, cet auteur que cet "événement littéraire" aura de graves répercussions sur l'existence à peine reconstruite des parents de la victime, sur leurs enfants ? Il va se donner bonne conscience en écrivant une belle et longue lettre à Christine pour lui renouveler toute son admiration. Elle n'en n'a que faire Christine de ce flot de paroles absurdes qui l'indifférent. Elle se souvient Christine qu'elle était seule dans la tourmente médiatico-judiciaire qui a fait d'elle une mère infanticide. Elle n'a pas la mémoire sélective, Christine. Elle n'a pas oublié qu'elle a été au coeur de toutes les querelles, tous les fantasmes. Alors qu'elle est tellement loin de tout cela. Christine est exemplaire. Sous sa plume (pas sous celle de quelqu'un qui a la prétention d'écrire pour elle, de penser à sa place), dans ce que je sais d'elle, elle n'est qu'amour et tolérance. Elle a eu mal, ses blessures, ses meurtrissures sont imaginables pour qui les a vécues. J'ai puisé dans le terrible drame de Christine un enseignement dont j'ignorais qu'il me serait utile plus tard. J'ai eu Laurence Lacour à l'instant au téléphone. Ce livre est d'après elle, une ignominie. Les parents de Grégory n'ont pas été véritablement informés de la parution de ce livre. Il y a des blancs dans les échanges entre l'éditeur et Christine. Un premier mail de Christine resté lettre morte. Quelques mails de pure politesse pour noyer le poisson tandis que l'auteur s'appliquait devant son clavier à narrer la noyade de Grégory dans la baignoire ???
Entre fiction et roman, quelle place le lecteur fera à ce qu'il croit être la réalité ? Une ambiguité que l'auteur ne pouvait pas ignorer.
L'auteur s'est inspiré des mêmes invraisemblances qui auraient pu, en d'autres temps, conduire Christine sur le bûcher.
Laurence Lacour, auteur de "le bûcher des innocents", magnifique ouvrage qui se veut un rappel exact des faits et du dysfonctionnement des médias et de la Justice ( publié par Plon et réédité aux Arènes par Laurent Beccaria) s'insurge contre cette publication. "Cela fait énormément de mal à Christine et Jean-Marie. Ils en souffrent."
Comme Laurence, je suis d'accord pour dire haut et fort que Christine n'est pas "l'héroïne" du roman de Besson. Il n'y a jamais dans ses propos de haine ou de violence. Aujourd'hui, elle a mûri. Elle ne veut plus se laisser manipuler. Elle estime que sa douleur doit être respectée. La mémoire de Grégory doit l'être aussi. Quand au respect de ce deuil immense qui est celui de son enfant. Qui respecte cela ?
Ecrit par : corinne | vendredi, 07 avril 2006 10:00
"Il faut être économe de son mépris, étant donné le nombre de nécessiteux."
Chateaubriand.
Ecrit par : Bernard Langlois | vendredi, 07 avril 2006 10:07
"La promotion au rang d’officier de la Légion d’honneur de Robert Namias chez Christies en la présence de Bernadette Chirac, Ségolène Royal, Robert Hue, Philippe de Villiers, Jean Pierre Raffarin, Jack Lang… (voir Le Point pour la liste exhaustive). C'est François Pinaut qui l'a décoré."
Sublime cas d'école!!! C'est curieux, mais moi, cette petite cérémonie sans prétention, je l'aurais plutôt organisée à la MJC de Trappes devant les caméras de TF1 et sans service d'ordre... juste pour voir...
Quant au cas Besson, la remarque "J’ai la faiblesse de penser que je n’ai pas besoin de ça" devrait figurer dans tous les bons manuels de morale: "Dissertation: vous montrerez à quel point cette phrase témoigne de l'orgueil sans égal de la personne qui la prononce, et du mépris crasse dans lequel il tient son sujet et son interlocuteur. Vous lui ferez préciser les choses dont il a besoin a contrario de son affirmation."
Ecrit par : Perséphone | vendredi, 07 avril 2006 10:13
Ce Besson est un petit personnage... Un écrivain qui se comporte comme ça, c'est un peu comme un chirurgien qui opérerait n'importe qui pour faire de l'acte et gagner du blé...
bref : indignité nationale pour Philippe Besson !
Ecrit par : Ernesto | vendredi, 07 avril 2006 10:29
BHL, Bernadette Chirac, Ségolène Royal, Robert Hue, Philippe de Villiers, Jean Pierre Raffarin, Jack Lang, François Pinaut, Philippe Besson, Grégory Vuillemin... tous juifs, je vous signale!
Signé X
Ecrit par : Perséphone | vendredi, 07 avril 2006 10:31
Peréphone! ta gueule!!!
Ecrit par : martin grall | vendredi, 07 avril 2006 10:50
Corinne, Le mépris est une rue de commerce florissante disposant de deux bons trottoirs bien ensoleillés. D’un côté le sacro saint droit de l’information, de l’autre le juste droit à l’expression. C’est celui qui achète qui décide, celui qui le propose, celui qui l’édite, voir le commande. La petite frappe reste une petite frappe, de chapardage des notes sombres falsifiant les blancs. Le mépris c’est lui, il sait très bien en jouer, il en est un des virtuoses sur son clavier blanc et noir.
Ecrit par : martin grall | vendredi, 07 avril 2006 11:09
Honte à ce Philippe Besson !! Mais honte aussi à Grasset !! Que ne ferait-on pas pour le succès ou l'argent...
Guy décidément bienvene sur terre...
Ecrit par : mise en abîme | vendredi, 07 avril 2006 11:14
Mise en abîme, j'espère que tu sauras mettre ce livre en dessous de la pile. Tu as lu mon commentaire plus haut. Christine et Jean-Marie ne méritaient pas cela. Un énième coup porté à leur dignité et à ce bonheur auquel ils ont droit. Merci de tes pensées chaleureuses pour l'actu d'hier.
Corinne
Ecrit par : corinne | vendredi, 07 avril 2006 11:24
Le livre de Philippe Besson est-il un livre???
je lance le débat !
Ecrit par : Ernesto | vendredi, 07 avril 2006 11:33
Mépris de Philippe Besson, certes.
Mais que dire du rôle et de la part d' irresponsabilité de son éditeur ?
Depuis quand les codes du monde de l'édition s'apparentent-ils à des codes de déontologie ?
Vols d'informations au mépris du travail difficile de certains journalistes, viol de la vie privée, appropriation d'auteurs à prix d'or, relations incestueuses avec la télé qui réclame sa part du grand déballage, marchés truqués des prix littéraires, bulles médiatiques à coups de grosses ficelles, de faux scoops et d'interviews pseudo irrévérencieuses reprises par tous les con-frères de la presse...
Philippe Besson méprise, toise, ignore, dédaigne : il applique - à la lettre - les codes du nouveau monde des Belles (?) Lettres...
« Un grand silence se pressait autour de ce feu, un silence qui se lisait sur le visage des hommes, et avec lui le temps, le temps de s'asseoir près de ces rails rouillés sous les arbres, de contempler le monde, de le tourner et de le retourner du regard, comme s'il était tout entier contenu dans le feu, telle une pièce d'acier que ces hommes se seraient tous employés à façonner. Ce n'était pas seulement le feu qui était différent. C'était le silence. »
Ray Bradbury, Fahrenheit 451, 1953.
A relire d’urgence.
Même si Ray Bradbury est depuis devenu complètement sénile et... pro-Bush. C'est à désespérer ;-)
Ecrit par : Anne | vendredi, 07 avril 2006 11:34
Texte pour Guy Birenbaum:
J'ai lu le bloc-notes de BHL dans le point daté d'hier. Je suis désolé de voir à quel son analyse de la démocratie et particulièrement de la situation en france est FAUSSE. A-t-il vendu son âme au grand capital ?
l'hebdomadaire VSD au quel tu collabores a-t-il des sensibilités de gauche ? Pour ton cas la question ne se pose même pluscar en lisant tes textes ici on comprend tout de suite...
Segolène Royal que VSD a mis cette semaine en une du journal n'a pas apprécié la photo montage (Elle parle de gajetisation des personnages politiques)
Ne penses-tu pas, cher Guy, que la presse est entrain de nous l'imposer ("Inconsciemment" ?) dans l'opinion public ? Je crains que oui... Le tout avec une forme de rodomontade hallucinante !
Ecrit par : Sabine | vendredi, 07 avril 2006 11:34
Le problème c'est qu'avec Besson, on a peut-être trouvé le moyen de faire pire que brûler des livres... Philippe Besson va plus loin que ce que Bradbury a imaginé !
Ecrit par : Ernesto | vendredi, 07 avril 2006 11:41
"Depuis quand les codes du monde de l'édition s'apparentent-ils à des codes de déontologie ?" c'est effectivement la question. Dans le domaine de l'édition comme ailleurs, l'impératif qui préside à la production, c'est-à-dire à son existence même, d'un produit (que ce produit soit une émision de radio, de télévision, un magazine, un journal, un livre, une main d'oeuvre, un vêtement, une route, une voiture, un blog, un homme politique, un événement, etc, en somme tout étant) est le rendement. Un livre, une route, un travailleur, une émission, une parole qui ne satisfont pas à cet impératif du rendement n'existent à présent tout simplement pas. La rentabilité n'est qu'une forme de cet impératif inconditionnel du rendement. L'exigence de flexibilité du stock de main d'oeuvre n'est également qu'une retombée conséquente de cet impératif.
Pourtant, il est bon de se rappeler que cela n'a pas toujours été le cas, et que cela ne sera pas toujours le cas. L'heure viendra.
Ecrit par : Mathieu | vendredi, 07 avril 2006 12:00
BREF PASSAGE. ne vous méprenez pas sur mon propos je ne juge pas le livre, je ne l'ai pas lu, je parle précisément du propos de P.Besson comme l'a très bien relevé Perséphone : "Je n'ai pas besoin de ça". Tout est dans le "ça", je crois.
Ecrit par : guy birenbaum | vendredi, 07 avril 2006 12:01
Je suis allée faire un tour sur :
lawoufgazette.hautetfort.com
C'est effectivement scandaleux le double-jeu que joue l'auteur avec son lectorat. On le croit proche de Christine dans sa démarche. Il veut en quelque sorte la "réhabiliter". Alors pourquoi n'a-t-il pas tenu compte de son refus de voir publier cet ouvrage ?
Il devait lui envoyer un jeu d'épreuves. Il ne l'a pas fait.
Idem pour les mails de Christine auxquels il a pris soin de ne pas donner suite ou parfois avec bcp de retard. Tellement de retard que le livre est paru à la grande indignation de Christine.
Une plainte aurait été déposée.
Les mails échangés avec l'auteur sont disponibles sur le site suivant :
gregoryvillemin.free.fr
On peut y découvrir la rubrique média et lire la lettre déchirante et criante de la révolte de Christine. Elle a au moins le mérite d'être claire et sans...
ambiguité. Il faut la lire.
Désolé, je suis nulle pour faire un trackback.
Les surdoués sauront faire le lien à ma place.
Ecrit par : corinne | vendredi, 07 avril 2006 12:01
Tiens dans mes œuvres cybercitoyennes, V’latipas que je tombe sur une préparation de loi rendant la signature numérique obligatoire pour nous correspondants-reporters-média-citoyens. La piste, la biométrie de type empreintes digitales. RDDV s’occupe de tout. Mais quesquifout cela dépend du ministre de l’intérieur, c’est vrai que le sieur de l’intérieur s’occupait en son temps de dadvsi, Turc de la Cnil ? lui demande des sous. C’est vraiment la maison des fous. Parce que l’empreinte est un simple octet quelques point avant quelques zéros après, ils sont aussi très cons, voire! Cela nous ramène à Niamas. Nous n’aurons pas notre médaille de chez Christie’s, comme c’est dommage. C’est vrai que c’est joli, un pays où l’honneur est légion. Vraiment je ne sais plus si c’est la Sixième qu’il faut.
Martin Grall
Ecrit par : martin grall | vendredi, 07 avril 2006 12:02
Pour poursuivvre avec Ernesto, el Diablo ;-)
Fahrenheit 451 ne parle pas seulement d’autodafés (condamnation sous-jacente du maccarthysme).
Les incendies sont surtout une métaphore de l’atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire.
Bradbury décrit une société où les gens ne savent plus penser, mais consomment, ont perdu la mémoire de leur passé, ne se parlent plus, laissent la télé allumée en permanence sans plus y faire attention, ont le culte de la violence, sont toujours inquiets et pour nombre d’entre eux finissent par mettre fin à leur jour en prenant des médocs.
« Le cinéma et la radio, les magasines, les livres sont nivelés par le bas en une vaste soupe. »
Ray Bradbury
1953 ! C’est flippant, je trouve.
Ecrit par : Anne | vendredi, 07 avril 2006 12:06
Truman Capote qui s’empare du meurtre d'une famille du Kansas, qui interroge les tueurs, qui se complait de leur compagnie et qui écrit au final « De sang froid », est-il à aussi méprisable à vos yeux que Philippe Besson ? Ou bien lui pardonne-t-on tout parce qu’il serait, lui, un écrivain authentique. Evidemment je n’ai pas lu l’ouvrage de monsieur Besson, que je ne connais pas, et je ne risque pas de le faire, mais avouez que c’est coutumier chez les écrivains de s’emparer d’un fait divers pour en tirer une œuvre. Après il faut juger de la qualité de cette œuvre. Rappelons nous également qu’un grand écrivain français, Marguerite Duras, tenta elle aussi, à chaud, de réagir, et avec quel manque de tact et d’élégance, à cette affaire. Plus généralement l’exploitation à des fins exclusivement commerciales du crime (roman, films, reportages…) et de toutes les formes de violence faite à l’homme est une constante dans nos sociétés mercantiles. Protestez vous souvent, Guy, lorsque votre journal, s’empare de tels faits divers ? Ou bien vous cachez vous alors derrière le faux nez du « droit à l’information » ?
Ecrit par : Caroll | vendredi, 07 avril 2006 12:06
Je vous répète - troisième fois - que je parle de la phrase de Besson citée dans Le Point... :
« Je vis de ma plume. Mon dernier roman s’est vendu à 60 000 exemplaires et je suis traduit dans dix-sept pays. Mes six précédents romans ont été achetés par des producteurs de cinéma. J’ai la faiblesse de penser que je n’ai pas besoin de ça ».
PAS BESOIN DE ÇA...
Ecrit par : guy birenbaum | vendredi, 07 avril 2006 12:08
Le Ça est une instance entièrement inconsciente. C'est l'instance dominante chez un nourrisson qui ne fait pas la part entre réel et imaginaire et a un sentiment de toute-puissance ;-)
Nous avons très bien compris la question, Guy. Mais nous tenons à parlons du contexte. Sinon, "Ça" n'a pas grand intérêt...
Ecrit par : Anne | vendredi, 07 avril 2006 12:23
c'est effectivement le "ça" utilisé par Besson qui en dit long sur l'estime qu'il porte à son art ... ... et c'est bien son emploi, je suis d'accord avec Guy Birenbaum, qui est plus que choquant voire terrifiant...
Il fait du livre, accomplissement de la civilisation, le vecteur du mépris... c'est donc là qu'est le problème et pas dans ce qu'il écrit... Son propos révèle qu'il fait peu de cas de ce qu'est pour lui, finalement, un livre, non?
Les mots sont des actes...
Ecrit par : Ernesto | vendredi, 07 avril 2006 12:25
L'édition dans son ensemble n'est plus qu'un Secteur parmi d'autres de l'Industrie culturelle, elle-même entièrement assujettie à l'impératif inconditionnel du rendement économique. Philippe Besson, sa parole citée, Le Point ne sont que des avatars de cette industrie et de l'impératif qui la commande. Lorsque Besson dit "J'ai la faiblesse de penser que je n'ai pas besoin de ça", il a absolument raison. Il dit effectivement ce qui aujourd'hui. Mais il ne sait pas ce qu'il dit. Au fond, ce n'est pas lui qui parle. Il n'a effectivement besoin que d'une seule et unique chose pour être ce qu'il est, c'est-à-dire non pas un écrivain, mais un produit par lequel l'industrie culturelle dans laquelle il existe s'assure de la rentabilité maximale d'un investissement, à savoir que ses produits se vendent au-delà d'un certain seuil de rentabilité exigé. Que son produit soit traduit, c'est-à-dire exporté, dans dix-septs pays, n'est qu'une conséquence de l'impératif de rendement maximal du produit qu'il doit vendre le plus largement possible. Impératif auquel il satisfait.
Ecrit par : Mathieu | vendredi, 07 avril 2006 12:26
D'accord globalement, Ernesto!
"les mots sont des actes" pas d'accord sur le fond.
Ecrit par : Perséphone | vendredi, 07 avril 2006 12:29
Pas besoin de ça ! Ce n’est que le dédain ordinaire, banal, abituel. Il passe inaperçu, la preuve. Les Villemin ont été violés, et par delà dans certaines sociétés très en vogue, ils doivent être tués afin de retrouver l’honneur de la cité. Nous sommes civilisés, la sanction est ‘’ne plus exister socialement, retrouver leur dignité, c’est du rêve. Ca c’est le terme employé par Balladur lors des négociations en 68. En plus de ‘que veut cette populasse’ on m’a raconté. Comme mise en abîme bienvenu sur notre chère vielle terre d’en France. Soyons pragma, soit on demande à mise en abîme la création d’un syndicat des bibliothécaires de l’honneur, soit on met en réserve des très gros coups qui plombent les ventes de Besson ou à d’autres parce qu’il y en aura encore pleins d’autres. Soit, on le dit clair et fort en discrétisant tous les auteurs de Grasset. Le pire c’est qu’il a déjà vendu l’adaptation télé, pour en parler si bien. On peut te faire un bouq sur l’honneur perdu des broyés. C’est sans doute ce qu’il faut faire, déclancher le rejet de ces ichors, de ces morves littéraires. L’honneur perdu de Christine puis de Outeau premier et second épisode… c’est vrai que la terre d’en France est de plus en plus basse.
Ecrit par : . | vendredi, 07 avril 2006 12:54
Bien vu.
-Dans "Elle" de lundi, Besson raconte qu'il a eu au téléphone celle qu'il appelle Christine (le lecteur en déduit qu'ils se connaissent bien). Flagrant délit de mensonge. Besson a décidé d'écrire à la place de Christine Villemin sans jamais l'avoir rencontrée, ni eu au téléphone. Comme Duras en son temps, il n'a pas voulu s'abaisser à rencontrer une femme dont il utilise le drame comme sujet littéraire. Il n'a pas besoin de cela.
-Le directeur de la collection est Jérôme Béglé, responsable des pages littéraires de Paris-Match, journal qui a consacré 11 Une à cette affaire, avec de multiples condamnations à la clé. On comprend mieux les erreurs et fantasmes en tout genre qui émaillent le livre. Car, de son propre aveu, Besson s'est contenté d'une revue de presse -celle de Paris-Match?- pour écrire son livre, sans se pencher sur le dossier d'instruction (aujourd'hui public) ou sur le livre de Laurence Lacour, "Le bûcher des innocents", qui comporte 600 pages, 300 témoins, des milliers de faits recoupés et vérifiés. Il n'avait pas besoin de cela.
-Besson met en scène dans son livre Bernard Laroche jetant dans la Vologne Grégory Villemin, ce qui n'est attesté nulle part (dans l'arrêt qui termine l'instruction, il est fait état de fortes présomptions sur le fait qu'il ait enlevé l'enfant, mais c'est tout). Besson décrit ensuite, Christine Villemin noyant son fils dans une baignoire, scénario strictement impossible, mais qui a fait l'objet, à l'époque d'une rumeur. Christine Villemin est vivante, Jean-Marie Villemin est vivant. Ils ont trois enfants, qui vont à l'école, qui ont des amis. Bernard Laroche a un fils, une femme, également vivants, qui vont lire Philippe Besson Mais à quoi bon se soucier des conséquences de ses écrits? Il n'a pas besoin de ça.
Philippe Besson a osé adresser son livre à Christine Villemin (pensant sans doute que cet honneur lui fera plaisir!). Elle lui a envoyé un mail que personne ne peut lire sans avoir le ventre noué il y a une semaine. Philippe Besson court les télévisions, les radios et les interviews, mais n'a pas pris une demi-heure pour lui répondre. Il n'a pas besoin de ça.
Ecrit par : laurent beccaria | vendredi, 07 avril 2006 12:56
Se borner à comprendre "J'ai la faiblesse de penser que je n'ai pas besoin de ça" uniquement comme du mépris d'un écrivain est tout à fait juste, mais il me semble que ça tombe trop court. Comme tombe toujours trop court les explications de toutes choses à partir de motifs psychologiques. Ce dont il retourne dans la phrase de Besson, au fond, ce n'est pas simplement ni principalement d'un mépris d'ordre psychologique. Ce dont il y va est bien plus profond que ça, quelque chose qui dépasse entièrement celui qui a prononcé cette phrase. Ce dont il retourne c'est un calcul dans lequel est estimé ce dont il est besoin et ce qui peut être tenu pour quantité négligeable, parce qu'effectivement, dans l'objectif qui consiste à vendre des dizaines de milliers d'exemplaires d'un produit, quel qu'il soit, et à en tirer des droits qui sont "achetés par des PRODUCTEURS de cinéma", tout "ça" EST négligeable. Et négligeable à tel point que l'on n'a même pas besoin de le nommer. C'est cette inutilité là qui parle dans le "ça", et non pas simplement un mépris d'ordre psychologique.
Ecrit par : Mathieu | vendredi, 07 avril 2006 12:58
Laurent, pouvez vous nous le poster le mail.
Ecrit par : martin grall | vendredi, 07 avril 2006 13:08
Merci Mr Beccaria pour votre commentaire - de la justesse d'esprit (et je pense aux Champs de braises) - et ça il n'en a pas !!!
Ecrit par : Flo | vendredi, 07 avril 2006 13:09
Laurent,
J'ai parlé longuement avec Laurence ce matin.
Vous savez que ce qui blesse Christine me blesse aussi.
Ses blessures sont les nôtres.
J'ai devantage d'info sur ce qui s'est vraiment passé.
C'est sans mot. Besson est un usurpateur. Un de plus !
Vous vous souvenez des photos volées pendant nos garde à vue.
L'été dernier, en 2005 (soit dix ans après les faits), Paris Match et son journaliste ont bénéficié d'une relaxe.
Alors nos droits, le droit à l'image, la vie privée, la vérité, le mensonge, la Justice. C'est du cinéma tout CA.
Je comprends le désespoir de Christine.
Bien à vous.
Corinne
Ecrit par : corinne | vendredi, 07 avril 2006 13:10
Désolé ! Pas bien compris votre emballement à propos de ce « ça ». Capote « bandait » pour des tueurs, comme Genet ; Besson a la bandaison plus terre à terre.
Ecrit par : Caroll | vendredi, 07 avril 2006 13:26
A la demande de Martin, voilà le mail de Christine Villemin à Philippe Besson, disponible sur le site gregoryvillemin.free.fr.
Lorsque le couple a décidé lundi dernier de mettre en ligne ce cri du coeur resté sans réponse sur le site personnel de l'écrivain (philippebesson.com), le forum des lecteurs a été fermé une demi-heure plus tard.
Les admirateurs de Philippe Besson ne devaient pas lire ceci:
Mr Besson,
Bien reçu votre roman.
Comment vous dire ce que j’en pense sans être excessif dans mes propos !!! Je ne veux pas rentrer dans le détail car j’ai tellement de choses à vous dire, mais à quoi bon, le mal est fait, et là, je le pense sincèrement, le mal est fait.
Pourquoi être allé si loin dans les propos que vous me prêtez ? Est-ce que vous vous rendez compte du mal que vous allez faire ? Vous avez mis dans ma bouche des propos qui ont vraiment dépassé toutes les
pensées que j’ai pu avoir envers la famille Laroche à cette époque (page 107)… Jamais je n’ai pensé des choses aussi dures envers eux. Est-ce que vous vous rendez compte que vous me mettez ainsi que mes enfants en danger par rapport à cette famille ? Si toutes ses années, je suis restée silencieuse et encaissée les coups ce n’est pas pour rien !
Vous n’aviez pas le droit d’écrire ce que vous avez écrit par rapport au
témoignage important de Murielle Bolle. Si vous aviez au moins pris la peine de lire l’Arrêt de Non Lieu qui me concerne, vous ne l’auriez pas fait ! Votre livre est cousue d’invraisemblance, d’erreurs qui me portent préjudice !
Je sais, vous allez vous défendre en disant que c’est un roman, mais Mr Besson, mon fils Grégory n’est pas un simple prénom couché sur une feuille blanche. C’est un enfant qui aujourd’hui irait sur ses 26 ans, et nous nous devons de faire éclater toute la vérité sur son assassinat.
Mais hélas, avec des personnes comme vous, vous freinez les espoirs que nous avons de connaître toute la lumière sur l’assassinat de mon enfant.
Une grande partie de la vérité est dans mon Arrêt de Non Lieu, qui en passant, ne m’a pas été donner pour « manque de charge », mais pour Absence de Charge. Peut-être que pour vous, il n’y a aucune différence, mais renseignez vous dans le milieu judiciaire, la différence est énorme.
Je veux aussi vous dire un mot par rapport au chapitre de votre imagination de la baignoire. Un scénario pareil, je ne l’avais encore pas lu, même dans les années les plus noires.
Et pensez vous que ceux qui doute encore de moi aujourd’hui, puissent minimiser leur sentiment envers moi. J’en doute, je peux vous dire que je ne considère pas cette lecture plus sensible comme vous le prétendez, mais au contraire une lecture du même cru que ce que j’ai pu lire par certains journalistes de cette époque. Je considère que c’est monstrueux de devoir lire aujourd’hui encore ces inepties .
Votre travail manque tellement de sérieux, que vous me dites absente à la cérémonie de la Crémation de mon fils. Je puis vous assurer que j’étais présente, et lorsque nous avons quitté les Vosges, j’ai tenu l’urne contre mon ventre sur une grande partie de la route. Vous voyez ce petit oubli pour vous, est pour moi très important et discrédite tout votre travail pour m’innocenter et démontrer que j’étais une mère aimante envers son enfant. Quelle mère ne serait pas venue assister à ces moments difficiles ? AUCUNE !!!
Je vais stopper là toutes mes remarques, car hélas pour moi, je devrais vous en écrire aussi je pense un roman.
Sachez que j’ai transmis un communiqué à l’AFP, que je vous insère : « Moi Christine Villemin, je tiens à vous informer que je n’ai eu aucun contact avec l'écrivain Mr Philippe Besson, avant l'écriture de son roman, que je n’ai nullement participé à l’écriture et à l’élaboration de son livre « L’enfant d’octobre ». Après la lecture de ce livre, je tiens à préciser que je ne cautionne absolument pas les propos qui me sont imputés . »
Sachez que ceci est mon dernier message avec vous.
Bien à vous.
Christine Villemin."
J'ajoute que j'ai envoyé également il y a dix jours un mail à Philippe Besson, resté sans réponse. Je voulais comprendre comment il avait pu écrire un tel livre. Je pensais qu'il lui aurait été plus facile de passer par un tiers, ami personnel des Villemin, s'il se sentait en porte à faux. J'aurais aimé qu'il s'explique avec les intéressés, qu'il s'excuse en privé et rien n'aurait été rendu public. Corinne Tanay qui s'exprime souvent sur ce blog sait à quel point les victimes ont besoin de paroles et sont prêtes à beaucoup perdonner. Mais son silence et ses forfanteries médiatiques sont ses seules réponses. Dont acte.
PS Pour Caroll une précision. Capote a mis cinq ans à écrire "De sang froid", hantant les lieux et les témoins. Emmanuel Carrère six ans à écrire "L'adversaire", rencontrant Roman trois fois au parloir. Philippe Besson six mois à écrire "L'Enfant d'octobre", avec sa pile d'extraits de presse devant lui. Il n'est pas question de bandaison là-dedans. Juste de poids et de sens de l'écriture.
Ecrit par : laurent beccaria | vendredi, 07 avril 2006 14:11
Merci Laurent!
Ecrit par : Martina | vendredi, 07 avril 2006 14:40
Merci Laurent :-)
Martin Grall
Ecrit par : martin Grall | vendredi, 07 avril 2006 14:44
"L'Adversaire" d'Emmanuel Carrère, basé sur l'affaire Jean Claude Romand n'avait me semble t il pas défrayé autant la chronique.
s'il avaité été accusé à l'époque ( ce qui s'est peut être produit mais je n'en ai pas souvenance) d'avoir récupéré un fait divers pour en faire un livre, l'écrivain aurait pu lui aussi se draper dans sa dignité et dire qu'il n'avait pas besoin de s'abaisser à cela, qu'il avait suffisamment d'imagination pour éviter cet écueil, mais que l'exercice lui semblait interessant.
Si Besson déclenche la polémique, ce n'est pas tant sur ce qu'il a dit que sur le personnage qu'il est et ce qu'il véhicule. Visiblement il n'est pas apprécisé, à tort ou à raison. Je ne le connais pas assez pour avoir une opinion personelle.
Ecrit par : Buggs daffy | vendredi, 07 avril 2006 15:02
Vu sur le site cité par Laurent:
"Une collection qui – n’en déplaise à certains juges de l’heure d’avant – prend la double précaution de faire figurer la notion de roman sur la couverture et la page de garde (comme à l’accoutumée) mais encore cette mention très explicite « Ce roman est à l’évidence inspiré de faits réels connus de chacun depuis plus de vingt ans. Toutefois la reconstitution romanesque effectuée par l’auteur l’a mené à prêter à certains protagonistes des propos fruits de son imagination ». On ne peut plus clair."
Effectivement, on ne peut plus clair: le beurre, l'argent du beurre, et le cul de la crémière en prime pour digérer les poches pleines, les c. vides et la conscience tranquille. À gerber.
La démonstration éclatante d'un chemin pris de plus en plus fréquemment par ce qui se voudrait être la tendance courageuse de la littérature actuelle.
Donc, pour résumer: une pathétique et totale incapacité à produire une fiction valable, combinée à une irresponsabilité totale et - sublimissime numéro de trapèze - revendiquée!!! Superbe cocktail consommé avec boulimie par ceux qui ne le paient pas. Le pillage organisé par des cerveaux creux qui vont ensuite tenter de nous convaincre de leur "courage" d'écrivains "à rebrousse poil" victimes d'une "société conformiste". Ah, zut, ma cuvette est déjà pleine!
Là, pour le coup, j'ai la liste des noms!
Ecrit par : Perséphone | vendredi, 07 avril 2006 15:03
Persé, toujours ta gueule
Ecrit par : martin | vendredi, 07 avril 2006 15:17
Luc Besson fait preuve d'indifférence plus que de mépris mais son indifférence est jugée comme mépris par CV. Bon, rien de neuf, chez ces gens là, les gens parvenus, la morale est absente. Moi qui suis faible aussi j'ai la faiblesse de penser que Besson a besoin de ça pour faire plus de fric, comme Luc Ferry a besoin de ses jetons de présence au Conseil économique et social, et S Paoli de ses ménages.
Sinon question réponses aux mails, j'avais écrit par l'intermédiaire de son site (celui de sa maison d'édition) à L Beccaria, mais pas de réponse. J'ose penser que c'est un problème technique...
Ecrit par : Fulcanelli | vendredi, 07 avril 2006 15:31
Dans "Besson" il y a "baisser", 's'abaisser'. On peut en tirer "baiser", et pas sur la joue.
N'en disons pas plus.
Tine, si vous voulez vous réconciler avec les Besson, googlez "Claude Besson" et "Mon ami Pierre du Québec".
Ecrit par : PMB | vendredi, 07 avril 2006 15:33
Je suis ravi de ces échanges, des apports de Laurent. On a parfois l'impression de ne pas perdre son temps par ici...
Ecrit par : guy birenbaum | vendredi, 07 avril 2006 15:46
Laurent,
C'est bien de permettre à chacun de lire la lettre de Christine.
Elle et moi, nous savons que vous êtes un éditeur à part. Vous êtes
quelqu'un de bien. Vous le restez. Nos conversations restent un excellent souvenir. L'écoute, l'attention, vous savez que c'est indispensable pour se reconstruire. Vous avez été le premier à me faire confiance. A m'aider. Vous m'avez remis le pied à l'étrier pour une vie professionnelle aujourd'hui riche.
Vous avez permis la publication du précieux livre de Laurence. Outil pédagogique des écoles de journalisme. Pas un mois sans qu'il ne soit évoqué ou cité en exemple. Il faudrait songer à le rééditer... Des étudiants en journalisme se plaignent de ne pas le trouver.
Grégory a suivi ses parents partout où ils sont allés. Nous aurions pu le faire pour Emilie. Nous ne l'avons pas fait. Nous l'avons laissée dans ce petit cimetière de campagne, cette petite commune de 500 habitants où l'on ne voulait plus de nous, ses parents. Un village paisible d'où nous avons été chassés comme des parias, des criminels. La tombe d'Emilie reste. Pour qu'ils n'oublient pas ce qui s'est passé. C'est leur prix à payer pour leur mépris, leur indifférence. Des enfants assassinés, autopsiés, inhumés puis exhumés. Des parents désespérés, calomniés, salis, accusés du pire, placés en garde à vue, soumis à des interrogatoires multiples parce qu'ils étaient des coupables potentiels. Aucun d'entre nous ne peut effacer cela de sa mémoire. Un fait divers. Une page dans un canard. Une photo volée. Le visage d'un enfant qui sourit sur les bancs d'une école. C'est un enfant qu'on a assassiné, arraché à sa famille. C'est une (des) famille(s) condamnée(s) à vivre avec CA.
Les scribouillards de service, les bien pensants qui pratiquent la masturbation intellectuelle sur le malheur d'autrui feraient bien d'y réfléchir à deux fois. Il y a quelque chose de malsain dans la rédaction de ce livre.
Je me réjouis que Christine réagisse en alertant les média et l'opinion publique. Elle a raison. Il ne faut plus tendre l'autre joue. C'est son choix, c'est le nôtre.
Corinne
Ecrit par : corinne | vendredi, 07 avril 2006 15:59
Pas besoin de ça ...
effectivement, c'est méprisant, méprisable.
Mais l'idée du bouquin est elle-même méprisable, dégueulasse :
Tout bêtement, l'idée de faire de l'argent en parlant du malheur des autres.
Tout bêtement, ne pas penser à associer la famille, leur demander l'autorisation.
C'est leur faire revivre l'intolérable, la perte d'un enfant, à des seules fins mercantiles (que Besson ne s'avise pas d'évoquer la nécessité de mémoire, de véracité historique ou toute autre connerie du genre).
Et le pire, c'est que ça va se vendre comme des petits pains, que la presse et la télé vont en parler.
Pauvres gens. Ils n'en auront jamais fini.
Ecrit par : xolotl pichuan | vendredi, 07 avril 2006 16:46
Besson à écrit : "Il est des silences, parfois, qui blessent plus sûrement qu'une injure."
Ce à quoi je lui réponds : "Il est des écrits, parfois, qui blessent plus sûrement que des silences".
Et dire que ce mec est couronné de prix ...
Ecrit par : Lancelot | vendredi, 07 avril 2006 16:53
Autant connaître les cons, Persé la liste, qui demande la ieme version de Grégory. C'est qu'il manque dangereusement de moyens et d’idée au singulier avec l'age, le Besson. Pas de viagra pour cerveau ramolli ! Et si ! Justement ! Il avait besoin de CA. Avec son dos courbé il ne peut plus que ramasser la boue abandonnée. Les éditeurs faut lui dire que les nègres ça existent. Il sait déjà plus !
Martin Grall
Ecrit par : martin grall | vendredi, 07 avril 2006 17:01
Indépendamment de sa phrase malheureuse dans le Point, Guy, Prive aurait-elle pu éditer son bouquin ? Aurait-il été dans la "ligne" ?
Ecrit par : xolotl pichuan | vendredi, 07 avril 2006 17:14
que donnent les sondages sur Montebourg ?
Ecrit par : vincent | vendredi, 07 avril 2006 18:00
Corinne,
J'ai toujours trouvé votre attitude et vos paroles admirables.
Je pense que vous avez tout dit. D'ailleurs que pourrions-nous ajouter de plus juste et d'absolument nécessaire ?
Rien du tout, je pense.
Merci.
Ecrit par : Anne | vendredi, 07 avril 2006 18:14
Aprés tout, Monsieur Besson est avant tout un Directeur des Ressources Humaines devenu écrivain à temps plein lorsque ses livres furent plus rentables que son coquet salaire de cadre sup'.
Ici il faudrait moins parler d'un écrivain que d'un écrivant.
Monsieur Besson a appris à gérer l'humain comme une simple marchandise.
A défaut d'un réel talent d'écrivain, il écrit sur des thémes "en vue" pour être reçu sur les plateaux télé. Vu à la télé, ça fait vendre.
Monsieur Besson est un homme de marketing qui écrit des livres.
Monsieur Besson est l'avenir de la littérature. La post-lttérature ?
Ecrit par : chulo32 | vendredi, 07 avril 2006 18:22
Caroll dixit : Désolé ! Pas bien compris votre emballement à propos de ce « ça ». Capote « bandait » pour des tueurs, comme Genet ; Besson a la bandaison plus terre à terre.
Dois-je comprendre que les Villemin n'ont pour vous même pas l'intérêt des tueurs offerts à notre bandaison de lecteurs-voyeurs ? Qu'ils ne sont, ces gens que seul leur destin de chair à médias a tiré de l'anonymat, que "terre à terre" ?
Et vous, où êtes-vous ? Pourriez-pas nous mettre une petite réponse sous emballage ?
Ecrit par : PMB | vendredi, 07 avril 2006 18:31
Je suis un peu écrivain. Mon prochain livre parle de rencontres faites sur une durée de, disons cinquante ans. Personnes, lieux, animaux. Des rencontres comme on en fait tous. L’une d’elle, je vous la résume. A l’autre bout de la France, pendant une course cycliste, au milieu de la foule, je suis abordé par un enfant intéressé par ma moto. Et il se met à parler, à parler. De lui, de sa famille, de son enfance, de l’école, de ses amours, de lui surtout. Quelques jours après, le stylo décide d’ajouter une page au recueil. Avec un souci : aucun élément qui puisse permettre d’identifier l’enfant. Mais, une fois le texte écrit, un scrupule me vient : si le livre sort, si l’enfant le lit, lui se reconnaîtra. J’entreprends donc des recherches, patientes, je finis par obtenir l’adresse de personnes de sa famille qui transmettent ma lettre à ses parents. J’ai une réponse, courtoise, qui me demande de ne pas donner les détails de ses confidences. J’obtempère, et renvoie pour accord (obtenu depuis) le texte modifié, qui devient ceci :
« Et, derrière des grappes humaines chassant en riant les gris-gris publicitaires sur un lacet de route, à la terrasse d’un café aux tables remplies de vélospectateurs, j’ai reçu tout saisi comme un edelweiss des plus rares : à deux pas de ses pépiants papys occupés à occuper leurs pliants d’un séant pesant, un garçon de neuf ans, entre sourire et gravité, m’a dit son essentiel en une demi-heure – pourtant je ne lui demandais rien – tellement le poussait l’envie de se confier à un inconnu qu’il ne reverrait plus.
Mais c’est fragile, une fleur. Alors, si on le veut bien, ce qui fut dit restera entre nous deux. »
On aura compris qu’il n’y a pas que les tirages à me distinguer de Philippe Besson.
Ecrit par : Didier Alain | vendredi, 07 avril 2006 18:51
PMB, reportez vous à ma précédente et modeste contribution. Je n’établis aucun parallèle entre les Villemin et les tueurs de « De Sang froid ». Je disais seulement que les écrivains se « repaissent » du malheur des gens, de la violence, du crime… que Capote était fasciné par ses tueurs et n’avait aucune considération pour leurs victimes, que Genet, etc. A la différence près que Capote et Genet sont des écrivains authentiques et que Besson n’est qu’un faiseur, que la jouissance de Capote et de Genet fait œuvre tandis que Besson est juste capable de fabriquer une marchandise et ne semble s’intéresser qu’à ses chiffres de vente. Pour ma part, le crime ne me séduit pas. J’ai toujours du mal à lire James Ellroy.
Ecrit par : Caroll | vendredi, 07 avril 2006 19:05
"Monsieur Besson est l'avenir de la littérature. La post-littérature ?" Nous sommes sur la même longueur d'onde, semble-t-il, Chulo32.
Ecrit par : Perséphone | vendredi, 07 avril 2006 19:16
Caroll, je ne voyais pas un parallèlle. Et sans doute ai-je tordu votre propos en dédain pour les Villemin. S'il vous plaît, dites-moi que je suis allé trop loin ;-)
Ecrit par : PMB | vendredi, 07 avril 2006 19:25
Les écrivains, les vrais, ne se « repaissent » de rien.
Ils disent la guerre comme l’amour, le crime comme l’innocence.
La peine incommensurable comme la Joie infinie.
Shakespeare, Tolstoï… J’ai les noms (et c’est une jolie liste que celle-ci).
Les écrivains, les vrais, parlent des choses terribles qui arrivent parfois, souvent, dans l’existence. Sauf que nous sommes tous, absolument tous, dans ces livres-là.
Et il faut beaucoup d’humanité et beaucoup d’amour à un écrivain pour parler « du malheur d’autrui ? » tant ce malheur doit être aussi le sien s’il veut pouvoir en dire quelque chose. C’est difficile. Et il s’agit alors nullement d’être au-dessus de « ça », il s’agit bien au contraire d’être avec.
Ecrit par : stubborn | vendredi, 07 avril 2006 21:28
Et bien non, stubborn, je crains qu'il n'y ait pas toujours "beaucoup d’humanité et beaucoup d’amour " chez certains écrivains et pas des moindres. Céline, Flaubert, Baudelaire... la liste est longue. Baudelaire : "Aussi tout amour est-il prostitution" ou encore "Belle conspiration à organiser pour l'extermination de la Race Juive". Ceux qui n'ont pas entendu les applaudissements de la gente littéraire : Zola, Flaubert, Sand… Hugo seul fut digne et humain, à l’écrasement dans le sang de la Commune de Paris, n’ont rien compris à ce qu’est parfois la littérature, un règlement de compte avec l’humanité. Mais je pense que nous nous éloignons de notre sujet.
Ecrit par : Caroll | vendredi, 07 avril 2006 21:59
Je vous reviens demain matin pour commenter cela. Je vous avoue que je suis impressionné par le nombre de commentaires et leur pertinence. Merci à vous.
Ecrit par : guy birenbaum | vendredi, 07 avril 2006 23:12
Petite parenthèse, sur le site fnac.com j'ai dit deux trois trucs pas gentils mais sincères sur le bouquin, mais mon avis n'est pas visible... (pas d'injure, de vulgarité ou autre...). C'est beau la liberté d'expression!
Ecrit par : mise en abîme | vendredi, 07 avril 2006 23:49
Que Guy Birenbaum ne prenne même pas le temps de répondre à mon Texte. C'est scandaleux ! Non, je rigole. Mais quand même...
Ecrit par : Sabine | samedi, 08 avril 2006 00:45
caroll, (juste)
il est des amours conflictuels,
vomir l'humanité, c'est encore l'aimer.
Ecrit par : stubborn | samedi, 08 avril 2006 01:21
Caroll, vous dites : "je crains qu'il n'y ait pas toujours "beaucoup d’humanité et beaucoup d’amour " chez certains écrivains et pas des moindres. Céline, Flaubert, Baudelaire."
Je pense que vous confondez le cynisme avec la haine, et le désespoir avec l'inhumanité. Céline, Flaubert ou Baudelaire font partie des écrivains chez lesquels l'humanité est plus humaine que jamais, dans toute sa grandeur et dans toute sa bassesse.
Ecrit par : Perséphone | samedi, 08 avril 2006 02:23
Alors allons-y. Désolé Caroll mais je pense que je vais vous répondre.
J'ai bien insisité sur un permier point je n'ai pas lu le livre et je ne critique pas ce que je n'ai pas lu.
Tout part pour moi de la suffisance de Besson. Vient ensuite le contexte cher à Anne et vos questions à l'éditeur que je suis.
Voici ma ligne et voilà pourquoi Privé n'aurait sans doute pas publié ce livre (réserve, je ne l'ai pas lu...).
Il y a des faits divers de plusieurs sortes. La particularité de l'affaire Grégory comme par exemple celle de l'affaire de Bruay-en-Artois c'est qu'il n'y a pas d'assassin sous les verrous.
De ce fait, la prise en compte par le roman est à la fois justifiée et compliquée.
Pour ce qui me concerne je vois deux possibilités simples.
1) un roman totalement romanesque avec d'autres noms et toutes les inventions que souhaite l'auteur.
2) une enquête journalistique et pourquoi pas écrite par un écrivain s'il s'en sent capable mais le texte existe déjà, c'est le livre de Laurence Lacour.
La voie médiane n'existe pas pour moi ici. Sans compter que le plus choquant concerne les inventions de Besson que des lecteurs vont valider : monologues intérieurs d'une C.V., scènes apparemment scandaleuses au regard des éléments connus (C noie son enfant dans la baignoire, Laroche jette G. dans la Vologne, etc.). Un romanquête quoi, beau comme du BHL lorsqu'il invente les pensées de Daniel Peal au moment de sa mort. Juste de l'indécence quoi...
Surtout, même sur le simple verdict du procès, Besson introduit le doute puisqu'il parle de "manque de charges", CV nous rappelle dans son mail qu'il y a "absence de charges"... C'est ici un véritable déni de justice mais Besson sait-il ce que cela signifie ?
Par ailleurs, lorsque l'on connait un peu la "dream team" qui gère cette collection chez Grasser et en particulier ce piteux journaleux nommé Jérôme Béglé, notamment auteur d'un livre indigent sur la société du spectacle qui condense Bourdieu en quelques lignes ("Célébrièveté", à ne même pas feuilleter), on a tout compris.
Nous sommes là au joli pays des "petits malins" du milieu.
Ces jeunes gens de bonne famille, cette clique adoubée par ses aînés a décidé de gouverner les monde des pseudo lettres et de la presse pour les vingt ans qui viennent : "on nous Florian Zeller " (qui écrit dans Match) rime très bien avec le "On nous Paul Loup Sulitzer" de Souchon !
Bref, "une idée juteuse coco" lancée à la table de chez Lipp en compagnie des complices Besson, Busnel et roule ma poule, on convainc papa Enthoven et c'est parti.
Une petite anecdote ? En WE à Deauville (chez moi) je croise il y a bien plus d'un an les gentils Béglé et Besson à la terrasse d'un café place Morny. Béglé passablement pâle était venu se retrancher là, loin de la capitale et de ses dangers car Benjamin Castaldi lui en voulait beaucoup pour l'article de Match conscré à son fameux livre sur Montand, SIgnoret, Allégret. tout déboussolé le petit Béglé, témoin de mariage de Benji et Flavie quand même ! Ah la la la célébrièveté vue de l'intérieur, ça fait parfois mal au c. Détail piquant, il ne cherchait en fait qu'à croiser son Benjie qui habite à 5 KM de...Deauville.
Alors Caroll, laissons Capote, Céline et les autres. Nous sommes très loin de ça là ! Juste face à une bande de minus qui cherchent quotidiennement les moyens de prendre le pouvoir, de dominer.
Ils feront les journaux de demain, ils publieront les best-sellers, trusteront les prix dans leurs jurys pourris, etc. Ce n'est pas grave, ils nous trouveront en face d'eux et baisseront la tête lorsque nous nous croiserons par un hasard malheureux : courbés ils sont, couchés ils finiront.
J'ai beaucoup apprécié, je le redis, les passages de Laurent. Je ne peux rien dire de ce qu'écritCorrine car Anne a raison cela ne se discute pas.
J'ai tout lu avec plaisir avec un regard très intéressé par le récit de Didier Alain et les pensées de Stubborn. Merci à tous de rendre ce blog une si bonne expérience.
Ecrit par : guy birenbaum | samedi, 08 avril 2006 08:30
On a les blogueurs qu’on mérite ;-)
Bonne journée, ensoleillée (enfin chez moi il fait très beau...) à tous.
Ecrit par : stubborn | samedi, 08 avril 2006 09:56
Guy,
Je sais que la réalité du fait divers que je décris laisse sans voix, sans mot. Ce n'est pas pour en remettre une couche dans le glauque, le pathos. C'est ainsi, c'est ce que nous vivons. J'ai regardé Café Picouly hier soir sur France5. Besson n'a convaincu personne de sa bonne foi. Laurence que je connais bien était particulièrement agacée. Elle lui a serré la main en fin de partie "Echec et mat" car elle est fair-play mais c'est tout. Je connais les expressions de son visage lorsqu'elle est en pétard.
Je voudrais quand même qu'un de ces jours nous discutions de cela. De la cabale qui est route en ce moment dans l'affaire que tu connais. J'aime par dessus tout ton honnêteté intellectuelle. Je suis pleine d'énergie mais contre la médiocrité je manque parfois de ressort.
A toi, à vous tous. Joli week-end.
Corinne
Ecrit par : corinne | samedi, 08 avril 2006 10:35
;)
Ecrit par : guy birenbaum | samedi, 08 avril 2006 12:00
J'ai mis un peu de temps avant de réaliser qui était Corinne. Maintenant c'est fait. Je me souviens lui avoir écrit quand des enseignants de l'école de son fils avaient eu une attittude plus que partisane : scandaleuse. Je ne retirerai rien à ce que j'avais dit.
Avec toute ma sympathie, comment dire, active.
PS J'espère bien que Monsieur Besson n'est pas, comment dire, au bout de ses peines. Je ne regarde presque pas la télé, donc, qu'on me dise le jour où (on peut rêver) l'un ou l'autre de nos Bern and co mettra le nez du monsieur dans sa chose.
Ecrit par : PMB | samedi, 08 avril 2006 17:13
Je viens de lire le livre de Philippe Besson "L'enfant d'octobre" (Grasset) qui fait l'objet de ce début de polémique évoqué par Guy Birenbaum dans son blog.
J'aime beaucoup les livres de Philippe Besson qui est, à mon avis, l'un des auteurs les plus originaux du roman français d'aujourd'hui.
Philippe Besson est la cible d'une cabale orchestrée depuis des années par son homonyme Patrick Besson qui utilise les multiples chroniques qu'il tient dans divers journaux pour flinguer systématiquement les livres de Philippe Besson. L'attitude de Patrick Besson est à la fois stérile et puérile. Il se trouve que Philippe Besson est en train de construire une œuvre cohérente. On ne peut pas en dire autant de Patrick Besson.
Mais l'objet de la colère et du mépris de Guy Birenbaum se situe ailleurs. Guy cite la déclaration de Philippe Besson extraite de la double page du "Point".
Philippe Besson dit ceci : "Je vis de ma plume. Mon dernier roman s’est vendu à 60 000 exemplaires et je suis traduit dans dix-sept pays. Mes six précédents romans ont été achetés par des producteurs de cinéma. J’ai la faiblesse de penser que je n’ai pas besoin de ça".
Cela peut paraître arrogant. Mais cela doit être replacé dans le contexte de l'article qui se demande si Besson a "voulu faire un coup éditorial". Besson a des raisons de s'agacer.
Non, ce n'est pas un "coup" personnel de l'écrivain. La responsabilité de ce "coup", si "coup" il y a, revient d'abord à l'éditeur Grasset qui inaugure avec ce livre une nouvelle collection qui se propose de revisiter des faits divers célèbres.
Le plus célèbre de la France d'après-guerre, c'est sans conteste cette affaire Grégory et le choix de Philippe Besson pour l'évoquer est une excellente idée. Il retrouve l'atmosphère de son livre sur la sœur de Rimbaud ("Les jours fragiles" –Julliard-) et le thème de l'enfant mort qui était la trame de son roman paru l'année dernière, "Un instant d'abandon" (Julliard).
La sensibilité de Philippe Besson, son écriture minutieuse et sans pathos me semblent parfaitement adaptées à un nouveau traitement, plus littéraire que journalistique, de l'affaire Grégory. Le livre est d'une grande sobriété, d'une simplicité toute chronologique.
La seule liberté que l'écrivain s'accorde, c'est d'inventer des soliloques pour la mère, Christine. Cela ne me choque pas même si je pense que c'est ce qu'il y a de moins convaincant et utile dans le livre.
Christine Villemin et son mari Jean-Marie n'ont pas de raison de se plaindre du ton général du livre. Ils emportent la sympathie du lecteur. La thèse de la culpabilité de Christine est explorée mais clairement rejetée par Besson.
Dans l'ensemble, ce livre n'est pas le meilleur de Philippe Besson (j'en parle en connaissance de cause : j'ai tout lu de lui). Mais il ne mérite pas une telle suspicion.
Et l'écrivain ne mérite pas non plus le "mépris" de Guy Birenbaum. On soupçonne Besson de faire "un coup de librairie". Il répond (avec une certaine maladresse, certes) qu'il n'a pas besoin de ça pour vivre. Et c'est vrai.
Quant à l'indignation du couple Villemin pour l'exploitation de leur drame familial, on rappellera seulement qu'ils n'ont pas craché sur l'argent de FR3 qui a acheté les droits de leur livre "16 Octobre" pour une adaptation télévisée que l'on verra l'automne prochain.
Ecrit par : Jérôme Godefroy | samedi, 08 avril 2006 22:53
JG : "Quant à l'indignation du couple Villemin pour l'exploitation de leur drame familial, on rappellera seulement qu'ils n'ont pas craché sur l'argent de FR3 qui a acheté les droits de leur livre "16 Octobre" pour une adaptation télévisée que l'on verra l'automne prochain."
Ben, je serais eux, je renoierais mon fils dans la Vologne, histoire de gagner encore plus de fric.
JG, pourriez-vous disserter un peu sur la "maladresse" de Philippe Besson ?
Ecrit par : PMB | samedi, 08 avril 2006 23:15
Croyez-vous que les VILLEMIN méritent autant de mépris ? Ils ont dû payer près de 220.OOO euros pour la famille Laroche et 300.000 euros de frais de procédure et honoraires avocats. Personne n'a fait un comité de soutien pour les aider financièrement. Votre message est vraiment déplacé... Espérez ne jamais avoir à faire à la justice, eux ne demandaient rien à personne. On leur a tué leur enfant, et la justice n'a pas fait son travail... Concernant les droits d'auteur pour le film FR3. c'était d'après les VILLEMIN, le seul moyen pour contrer TF1 qui avait le projet de réaliser un film sans la procédure judicaire. Pour plus d'informations voyez le site http://gregoryvillemin.free.fr.
Soyez un peu plus respectueux du drame qu'ils ont vécu.
ça c'est du réel pour eux....
Ecrit par : Filo | dimanche, 09 avril 2006 00:17
Après la lecture, déjà à heure tardive, de ce post et des commentaires qui l'accompagne, j'ai choisi de rester debout pour regarder la prestation de Philippe Besson chez Ardisson, et en faire un petit commentaire ici dès la fin.
Déjà lors de son sommaire de l'émission Adrisson évoque le nouveau livre sur l'affaire Grégory. Peut-être que Philippe Besson a choisi d'être plus honnête par rapport au travail sur son livre, il a précisé qu'il a travaillé à partir de documents et livres publiés sur le sujet, et de ne plus afficher le mépris constaté par Guy dans Le Point. SI Ardisson a précisé le cadre de la nouvelle collection du livre, Besson a de suite senti qu'il avait besoin de préciser sa position de romancier et qu'il s'agit d'une œuvre imaginaire. Pour la scène de la noyade dans la baignoire par C.V., évoquée par différents commentaires ici, il a pécisé qu'elle était imaginée par ceux qui la croient coupable et qu'il voulait ainsi démontrer par l'absurde que C.V. est innocente.
Questionné par Ardisson sur la réaction de C.V., il dit d'abord comprendre cette réaction mais être surpris parce qu'il plaide tout au long du livre son innocence. Et pour lui la preuve absolue que sa méthode est bonne est que la famille Villemin elle même s'est sentie obligée de passer par la fiction en se référent aux droits donnés pour l'adaptation du livre à la TV. Bien sûr il reprend les exemples illustres d'écrivains qui se sont emparés de faits divers pour expliquer son bon droit. Sur le sujet du livre l'interview finie par l'affirmation par Tesson de son droit de se saisir du réel et qu'il doit seulement être explicite dans la démarche, ce qui pour lui est fait.
Je veux ajouter que tout de même que l'interview a commencé par un long récapitulatif de l'affaire Grégory. Tesson a aussi dit que la famille Villemin était au courant depuis plusieurs mois de ce livre, mais sans plus de précusions.
Vu que certains arguments ont déjà été repris par un défenseur de Tesson, je crois qu'une petite stratégie de communication s'est déjà mise en place en réponses aux questions possibles sur la démarche.
Je rejoins Daniel Scheidermann (dans un de ses posts sur son Big Bang Blog) sur le fait qu'Ardisson a une posture d'animateur et non de journaliste dans son émission. Pour ma part, j'aurais demandé à Tesson puisque la collection repose sur le principe d'un fait divers repris par un romancier, pourquoi il ne montre pas plus que c'est un roman en s'affranchissant du réel en changeant au minimum les noms (puisque j'ai peut comprendre que ça n'était pas le cas). Je ne l'ai pas lu, mais je suis d'accord à priori avec Guy sur le rapprochement du trvail de Tesson avec le livre de BHL sur Daniel Pearl : le docufiction.
Ecrit par : carole | dimanche, 09 avril 2006 02:15
Merci de mettre sur le compte de l'heure tardive l'emploi de Tesson au lieu de Besson, en cours de commentaire. Oups.
Ecrit par : carole | dimanche, 09 avril 2006 02:18
"Le mépris" ce n'est pas mon mépris jérôme, mais bien celui de Besson.
Carole merci d'avoir regardé Ardisson, ça m'évite de le faire !
Ecrit par : guy birenbaum | dimanche, 09 avril 2006 05:15
« REVISITER » des faits divers célèbres. Voilà ce que nous propose la nouvelle collection de Grasset.
Revisiter !
Tiens je vais faire une petite visite à ce fait divers célèbre… Là là... une petite visite...
Mais s'emparer n'est pas revisiter ! Toute la différence est là. Dans cette force chez certains grands écrivains à s'être, oui, emparé. Tandis que là, voilà, petite visite. Thème de l'enfant mort, proche des thèmes de prédilection du romancier. Et puis les époux Villemin n'ont pas à se plaindre du "ton" général du livre.
Petit ton sobre, format cadré classique, adaptable à tous les coups à la TV, bien écrit, oui, Besson sait écrire, rien à redire sur ça.
Donc je propose à Besson, Philippe de son prénom — puisque je sais qu'avoir terminé un livre est une souffrance pour lui, de s'y recoller immédiatiement. Prochain devoir : l' autre grande « affaire » de... comment vous dîtes Monsieur Godefroy ? la France d'après-guerre... L'autre fait divers de cette fin du 20ièm siècle fièvreuse, à ne surtout pas manquer, à re-vi-si-té absolument : Cantat-Trintignant...
Allez, avec un peu de chance, Philippe Besson qui est un garçon studieux aura peaufiné ses soliloques... Ah les soliloques de Marie, je sens que ça va être grand !
Ecrit par : stubborn | dimanche, 09 avril 2006 08:42
Bien vu Stu...
Ecrit par : guy birenbaum | dimanche, 09 avril 2006 08:43
On parle dans le vide. Qui (à part moi) a lu ce livre parmi tous ceux qui le commentent ici ? Il est extraordinaire de voir le nombre d'opinions définitives forgées à partir de la lecture d'un extrait d'article de magazine ou d'un morceau d'Ardisson.
Ecrit par : Jérôme Godefroy | dimanche, 09 avril 2006 10:22
Jérôme, pour ce qui me concerne j'ai commencé par expliquer que je n'ai pas lu ce livre.
Je n'ai donc aucun avis sur le texte mais une opinion sur le principe de la collection et surtout sur le discours que développe Besson depuis quelques jours pour se défendre.
Je n'ai jamais écrit ici une ligne sur son texte et ce n'est pas pour moi une question que de savoir si c'est un bon ou un mauvais Besson.
Mais tu as raison de rappeler à tous ceux qui parlent du fond qu'ils feraient mieux de lire le texte pour se forger une opinion.
Ecrit par : guy birenbaum | dimanche, 09 avril 2006 10:29
Etant un des protagonistes de cette affaire Grégory et connaissant bien son dossier, je me suis évidemment intéressé au livre de Philippe Besson.
Le syndrome de la Vologne a encore frappé!
Ce syndrome pousse des gens habituellement intelligents et honnêtes à s'emparer d'une affaire judiciaire grave et à profiter des passions qu'elle suscite pour délirer dans des exploitations littéraires avec de pseudo-réflexions philosophiques. Phénomène qui touche notamment des intellectuels parisiens en mal avec la province et se placant bien au-dessus des notions de justice et de morale. Selon eux, la littérature -même le roman- est un art noble qui peut évidemment s'affranchir de ces considérations très terre-à-terre!
Les Vosges "moisies et suppliciées" sont donc forcément la Sibérie, avec "ses vallées encaissées enveloppées de brouillard, ses forêts sépulcrales...où règnent l'ennui et la résignation" et ses habitants "détraqués, ravagés par les mariages consanguins, taciturnes, racistes, etc..." Que d'absurdités en quelques pages faciles et pitoyables! Que l'on est loin de "En l'absence des hommes"!
Sur le fond de l'affaire - je le dénonce fermement car je sais de quoi je parle - que de contrevétités, d'approximations fallacieuses, de raccourcis tendancieux et d'oublis inadmissibles qui déforment les faits et entretiennent artificiellement ce climat de mystère et de suspicion dont Christine Villemin a tant souffert alors que l'auteur prétend la défendre!
A lire les pertinents commentaires de Laurent Beccaria, les intéressés n'ont même pas été informés de l'utilisation de leurs noms dans cette "reconstitution romanesque" dans laquelle on leur prête des sentiments imaginés et formulés avec un mépris sidérant! Cela pose un sérieux problème de respect de la vie privée et des libertés individuelles. C'est la porte ouverte à des dérives graves.
On n'a pas le droit d'exploiter ainsi un drame bien réel et encore présent à des fins romancières, surtout de manière aussi légère! C'est irresponsable et dangereux. Cela me paraît d'une évidence élémentaire si l'on a un tant soit peu de décence, de droiture et de modestie.
Cette affaire demande de la rigueur intellectuelle et exige une approche historienne des faits car les passions allumées ne sont pas encore éteintes. Le temps du roman n'est pas encore venu, loin de là.
Il faut le dire et je félicite ce site de le permettre alors que la censure règne du côté de l'auteur, certainement dépassé par les réactions que son décevant roman suscite, tant sur le fond que dans sa forme.
Ecrit par : etienne sesmat | dimanche, 09 avril 2006 10:33
Il y a tout de même des morceaux d'Ardisson qui font sourire (rire, jamais) :
"Si vous aviez pu être quelqu'un d'autre ? " (je rappelle que cette question magique est posée à un écrivain !!!! ....)
Réponse de notre ami Philippe : "Samuel Benchetrit...Ca doit être sympa d'être Samuel Benchetrit...pour sortir avec Anna Mouglalis..."
Domaine de Saint-Germain des Prés 2006, grande cuvée spéciale, m'est avis...
PS : Jérôme, avec tout ce vent, il vend déjà 60 000 ex., vous n'imaginez tout de même pas que nous allons encore augmenter ses ventes... Il y a d'autres bons livres sur le sujet. Je laisse Besson à France Loisirs ou...Boulinier.
Ecrit par : Anne | dimanche, 09 avril 2006 10:33
ETIENNE SESMAT était jeune capitaine de gendarmerie à Epinal depuis septembre 1983 quand l’affaire Grégory a éclaté. Pour l'info de tous...si je ne me trompe pas.
Ecrit par : guy birenbaum | dimanche, 09 avril 2006 10:45
C'est ça Anne, vous avez d'autres opinions aussi pertinentes à nous faire partager sur des auteurs ou des livres que vous n'avez pas lus ?
Ecrit par : Jérôme Godefroy | dimanche, 09 avril 2006 10:47
Et vlan !
Ecrit par : guy birenbaum | dimanche, 09 avril 2006 10:49
Jérôme, je ressors le petit texte cité plus haut par mes soins et extrait de
http://www.philippebesson.com/cadre1ter.htm (lien fourni par Laurent Beccaria)
"En inaugurant une nouvelle collection, Grasset a fait un choix (un pari selon certains) raisonné mais difficile. Puisqu’à l’instar de Gide en son temps, l’éditeur fait choix d’un argument public à haut risque : charger une douzaine de plumes, successivement, de s’inspirer d’un fait divers réel et de le traduire en fiction romanesque. Ainsi naît, officiellement aujourd’hui, « Ceci n’est pas un fait divers », collection dirigée par Jérôme Béglé. Ainsi paraît, officiellement aujourd’hui, L’enfant d’octobre, le nouveau Besson.
Une collection qui – n’en déplaise à certains juges de l’heure d’avant – prend la double précaution de faire figurer la notion de roman sur la couverture et la page de garde (comme à l’accoutumée) mais encore cette mention très explicite « Ce roman est à l’évidence inspiré de faits réels connus de chacun depuis plus de vingt ans. Toutefois la reconstitution romanesque effectuée par l’auteur l’a mené à prêter à certains protagonistes des propos fruits de son imagination ». On ne peut plus clair."
Voila. Ça me suffit pour savoir que je ne lirai pas ce livre. Se réclamer de Gide ou de Duras n'y change pas grand chose.
Ecrit par : Perséphone | dimanche, 09 avril 2006 11:03
Et vlan!
Ecrit par : Perséphone | dimanche, 09 avril 2006 11:04
Aucune opinion sur le livre dans mon commentaire... juste une idée (reçue ?) sur la qualité du cépage de l'auteur.
PS : je suis rarement pertinente, mais je me targue d'avoir...un peu d'humour.
Pas vous ?
Ecrit par : Anne | dimanche, 09 avril 2006 11:04
J.G.,
Il me semble que ce qui fait débat sur cette note, bien plus que le livre lui-même, est la façon équivoque, pour ne pas dire plus, dont Philippe Besson (et non Patrick Tesson, ;-) à carole) en a usé avec les Villemin.
Vous avez parlé de "maladresse" de sa part. Ph.B. va peut-être prendre ça comme un pavé de l'ours autant que Ch. V. la façon dont Besson l'innocente dans sa fiction. Se voir traité de maladroit quand on est un écrivain de son calibre ou à tout le moins de ses tirages, oooops !
Merci à Mr Sesmat, notamment quand il parle de la décence dont on on sait que manquèrent tant de protagonistes de l'affaire. "Vraiment oui, de la décence à un Turc !" (Scapin)
Ecrit par : PMB | dimanche, 09 avril 2006 11:05
Le livre de Besson n'est pas maladroit. Sa démarche littéraire est affichée et assumée. Ce qui me semble "maladroit", c'est la manière dont il s'est exprimé dans "Le Point" pour dire qu'il n'avait pas besoin d'un "coup" médiatique pour vivre de sa plume. En réalité, c'est vrai. Mais il l'a dit, selon moi, de manière maladroite.
Je rappelle que c'est l'origine de cette longue succession de commentaires car c'est l'objet de la note initiale de Guy Birenbaum. Le propos de Guy porte sur le "mépris" qu'il croit déceler dans la déclaration de Besson dans "Le Point". Tout est parti de là.
Ensuite les digressions des uns et des autres ont brouillé le débat.
Ecrit par : Jérôme Godefroy | dimanche, 09 avril 2006 11:12
J'ai relu le message d'Etienne Sesmat, et vu que "les Vosges moisies et suppliciées" ont été aussi et ainsi suppliciées par Besson.
Bien ! La "belle andalouse aux seins durcis pas le soleil" créée par le prince du cliché Guy des Gares (j'ai oublié qui l'avait surnommé ainsi) a fait des petits !
Ecrit par : PMB | dimanche, 09 avril 2006 11:15
En ce qui me concerne, et sans rien retirer de la pertinence du propos de PMB, c'est la nature même du genre littéraire employé ici qui me fatigue.
Voici une inventive nouvelle mouture de l'autofiction, joyeux fossoyeur du roman et démonstration éclatante de l'incapacité à produire du sens.
Ecrit par : Perséphone | dimanche, 09 avril 2006 11:16
C'est exact M. Birenbaum.
Et je n'ai pas craint de donner mon nom pour que ma position soit clairement comprise.
Depuis des années, je me bats contre ce courant qui a fait de nous -les gendarmes et moi particulièrement- les boucs émissaires de cette affaire, comme si nous n'avions fait que des erreurs et étions responsables de sa faillite. Tout cela est faux! Mais c'est tellement commode et facile de ressortir ces clichés! Cela permet à tellement de personnes et de corporations de se dédouaner à bon compte de leurs responsabilités et de se redonner une bonne conscience!
P. Besson n'échappe pas à ce piège.
On oublie que, de tous les protagonistes de cette affaire, nous avons été les seuls à devoir rendre des comptes et à nous expliquer devant la justice. Des années d'instruction, de 1985 à 1989, pour répondre aux accusations lancées contre nous, destinées en fait à dévaloriser notre enquête et à minimiser les éléments gênants qu'elle mettait en exergue. Cela est allé jusqu'en cassation et s'est achevé par une position catégorique de la justice à Dijon en notre faveur. Qui s'en souvient? Personne évidemment.
Jean-Michel Lambert, "le petit juge", s'épanchait tout sourire et mielleusement hier soir aussi devant Pujadas sur La 5. Il nous a ressorti sa souffrance d'avoir été tant vilipendé par les journalistes qui l'ont traité de "boutonneux à lunettes".
Attend-t-il qu'on le plaigne quand on sait l'immensité de ses responsabilités et qu'il n'a pas un mot pour les victimes de ses défaillances? Il aurait mieux fait de rappeler ce que l'avocat général a dit de lui aux assises de Dijon où il a dû enfin s'expliquer...
Mais la justice de notre pays, ce n'est pas seulement le juge Lambert, heureusement! Mais qui sait ou se souvient que deux hauts magistrats à Dijon (présidents de chambre d'accusation - cas inédit en France) ont repris pendant plus de cinq ans le dossier des deux années d'instruction du juge Lambert (frappé de nullités de procédure par dizaines et démonté par la cour de cassation) pour tenter d'empêcher une monstrueuse erreur judiciaire et sauver la justice?
Mais qui connaît le nom de Maurice Simon? Celui de Jean-Paul Martin? Qui a lu les arrêts de justice de manière approfondie?
N'ont-ils pas une valeur plus grande que les milliers d'articles et reportages en tout genre que les médias produisent et dans lesquels ils puisent en vase clos en commentant le commentaire ( La 5 encore hier)?
On préfère encore aujourd'hui s'en tenir à cette superficialité et entretenir l'idée que l'enquête initiale a été ratée (même si 9 ans plus tard, les faits nous ont donné totalement raison) et affirmer que la justice est restée muette, cela permet de continuer d'exploiter le filon du mystère et des soupçons, même si une innocente doit encore en payer le prix!
Quand sortira-t-on de cette fange et verra-t-on la vérité?
Ecrit par : etienne sesmat | dimanche, 09 avril 2006 12:14
Jérôme, si j'ai souhaité retranscrire ici la participation de P Besson chez Ardisson, c'est pour montrer comment l'auteur, aidé certainement de son éditeur, a choisi de faire évoluer sa communication sur ce livre et son travail. S'il estime qu'il n'a pas besoin de ça (la médiatisation de l'affaire Grégory) pour vendre, il a tout de même eu besoin de ça pour écrire son nouvel ouvrage. Pour moi, il est plein de contradiction dans sa démarche : c'est une œvre de fiction mais bon il faut bien que le fait divers soit clairement identifiable et ça ne le gène pas outre-mesure de se prêter avec Ardisson en premier lieu à un bon récap de l'affaire Grégory au cas où certains des téléspectateurs aient oublié quelques éléments. Et pour se justifier par rapport à la réaction de Christine Villemin, il s'appuie des demi-vérités que tout le monde ici a pu identifiées au gré des différentes participations à ce post.
Je ne m'intéresse pas à ce livre directement, que je ne lirais certainement pas, du moins pas dans les prochaines années. J'ai lu l'un des meilleurs livres sur le sujet, celui des Villemin lui-même Le seize octobre, qui était il y a quelques années accessible sur le Web. J'avais seulement 9 ans, à la mort de Grégory et pourtant j'ai des souvenirs bien marqués de cette affaire. Le livre de Jean-Marie et Christine Villemin montre que, malgré la décision de justice en faveur de Christine, il reste toujours dans l'opinion publique une suspicion sur son innoncence. C'est certainement par rapport à cela qu'elle estime que le livre de P. Besson est dangereux.
Ecrit par : carole | dimanche, 09 avril 2006 14:43
Je viens de lire tous ces messages, j’ai lu le livre de Besson , j’ai vu l’émission sur France5 avec le Juge Lambert et enfin j’ai vu l’émission d’Ardisson !!
Que d’événements en une simple petite journée !
Maintenant, mettons nous tous, une toute petite minute à la place de cette femme, Christine Villemin. La maman de Grégory car tout commence par la naissance de cet enfant.
Je ne vais pas refaire le déroulement des événements qui s’en sont suivis.
Cette femme a perdu son enfant qu’elle a aimé et choyé comme toute mère digne de ce nom ! Assassiné ! Rien que ce mot est horrible !
Christine Villemin a tout vécu depuis ce 16 octobre 1984, elle a vécu des moments affreux inimaginables !
Elle a perdu son honneur de maman à vie, à cause des maladresses d’un seul homme, qui au départ devait faire toute la lumière sur l’assassinat d’un enfant, il s’est plus préoccupé de son image dans les médias que du fond de son dossier. Le Juge Lambert !!Quand je l’ai écouté parler hier, il me donnait la nausée, rien pas un mot de regrets pour tout le désastre qu’il a causé ! Cette femme est salie à vie à cause de son incompétence et qu’est-ce qu’il fait , il vient pleurer à la télévision parce que certains journalistes l’auraient un peu égratignés. Est-ce qu’il pense de temps en temps à cette femme, à ce qu’elle peut ressentir quand elle le voit se plaindre, sourire, en un mot , se regarder le nombril !
Maintenant revenons à Besson !!
Mais de quel droit se permet-il de faire parler Christine Villemin dans son roman !?
Qu’il écrive un livre sur l’affaire, ce n’est pas le fond du problème, il y en a eu avant lui, il y en aura d’autres après lui !
Ce romancier s’autorise d’inventer des pensées sur des sentiments les plus intimes sur une personne qui ne parle plus depuis des années. Son dernier interview date de 1994 à « la Marche du siècle ».
Depuis plus rien, je mets au défi quelqu’un de trouver un interview d’elle ou de son mari.
Pas une année se passe sans que les médias parlent d’eux, émissions de tout genre ….. Aucune participation d’eux !Aucune exclusivité !!!
Ils ont choisi délibérément de ne plus s’exprimer, alors est-ce normal de faire parler une personne sans son consentement ?
De divulguer à la France entière ses sentiments les plus intimes ? Ce que Besson a fait est un viol sur cette personne, pas un viol physique, mais un viol psychologique, un viol intellectuel !C’est ça le problème Mr Besson !
Et imaginez ce qu’elle a pu ressentir Mr Besson lorsque l’on vous a posé la question à savoir et si c’était elle ? Votre réponse : Alors là, elle est géniale !
Qu’est ce qu’elle a pu ressentir à votre avis, elle perd son enfant par assassinat et vous vous trouvez cela génial.
C’est écœurant. Pour rien au monde, je ne voudrais être à la place de Christine Villemin est être obliger d’entendre ces horreurs. Arrêtez de parler d’elle et de sa famille comme vous le faites Messieurs les bons Penseurs, se sont des êtres humains, comme vous et moi et non des personnages de fiction.
Ecrit par : Julie | dimanche, 09 avril 2006 15:02
Christine Villemin, c'est notre Twins Towers à nous. Elle peut dire ce qu'elle veut, il y aura toujours des tordus pour penser que, bon sang mais c'est bien sûr, c 'est elle la coupable.
Pauvre femme. Pauvre famille. Pauvre gosse. Même mort, même enterré, il y aura toujours des Besson pour déterrer son cadavre.
Dieu merci, je ne crois à aucun Dieu, donc à aucun paradis. Mais sur un truc comme celui-là, j'aimerais qu'il en existe un, j'aimerais que tous les Besson de l'affaire s'y présentent (ben oui, culotté sur Terre, culotté au Ciel : logique, non), que l'enfant placé derrière la porte, quand Saint Pierre ne regarde pas, pose un instant son auréole, retrousse les manches de son aube et leur fasse à chacun le coup du père Grégory sur la cafetière. Pour Stéphane Guillon, deux.
Ecrit par : Kid Éconne | dimanche, 09 avril 2006 16:26
Je réagis un peu plus tard...
Ecrit par : guy birenbaum | dimanche, 09 avril 2006 17:59
Quel échange de qualité, quel débat. Je mesure ici à quel point le blog peut être source de progrès. Les remarques justifiées de Jérôme. La pudeur de Corrine. Les arguments de fond de Laurent Beccaria... La venue d'Etienne Sesmat. TOUS LES AUTRES. Le sentiment quasi général que Besson se fourvoie sur le principe et a tort dans son expression. Où est-il possible de débattre de la sorte des heures durant dans notre pays, dans quel journal, sur quelle radio, sur quelle chaîne de télévision ?... Merci à vous tous !
Ecrit par : guy birenbaum | dimanche, 09 avril 2006 19:15
Monsieur Godefroy,
Pour être honnête, c’est vrai, je n'ai personnellement pas lu « L'enfant d'octobre » .
Mais il n ‘était question ici au départ que de la façon de répondre de P. Besson dans le Point, non de la qualité intrinsèque de son dernier opus. Guy Birenbaum avait pris soin de le préciser. Vous nous rappelez le contexte de cette interview, et vous faites bien, c'est généralement très utile, le contexte. Cependant. Là, où vous estimez le propos de Philippe Besson seulement « maladroit », permettez-moi de le juger un tantinet révélateur.
Vous trouverez peut-être l’argument léger, mais je m’y risque.
Je pars de là, du site de l’auteur en général, et d’un petit extrait de L’Enfant d’octobre en particulier.
Le site donc.
Démonstration du talent de l’écrivain à toutes les pages. Avec questionnaire de Proust SVP. Plus photos de lui en train de dédicacer ses livres (même BHL n’a pas osé !).
http://www.philippebesson.com/cadre1ter.htm
Extrait du livre :
« La chose la pire, ce n’est pas tout ce temps pour rien, ce gâchis, les années fichues en l’air. Ce n’est pas non plus les soupçons ignobles, les accusations dégoûtantes, cette honte jetée sur nous. Ce n’est pas leur incapacité à nommer le coupable, surtout que j’ai mon idée là-dessus. Non, le pire, c’est de ne pas savoir comment mon enfant est mort, de ne rien savoir de ce moment-là, celui où la vie s’est éteinte. C’est affreux d’être dans cette ignorance, dans la brûlure inouïe, révoltante d’une ignorance pareille. Dans cette région qui est très proche de la folie. »
Et bien voyez-vous, en plus du titre, si tellement triste, si tellement mélancolique, si tellement fin d’automne, si tellement tranquille, si tellement… à côté de la plaque ! — un détail m’arrête.
Ce détail, aussi étrange que cela puisse paraître, c’est : « brûlure inouïe »
Parce que toute la distance de l’auteur avec son sujet, sa non-implication réelle, son sacro-saint souci de vraisemblance et non de vérité (même fictionnelle) me semble tout entier résumé dans l’emploi de cet adjectif (inouïe).
Adjectif qui ne va pas, qui sonne faux, qui sonne creux.
C’est un détail, bien sûr. Mais à moi, il me parle.
Ps : et puis c’est pas tout ça mais j’ai Bartleby le Scribe à lire moi ;-)
Ecrit par : stubborn | dimanche, 09 avril 2006 19:26
Stu vous devriez déjà avoir terminé mon bartleby plutôt que de surfer chez cet inouï Besson...
Ecrit par : guy birenbaum | dimanche, 09 avril 2006 19:28
Sur la capacité de certains écrivains à approcher la douleur indicible quand d'autres la claironnent, cet extrait (la dernière phrase, surtout) d'un livre de Jean Rouaud. L'art de la litote n'est pas donné à tous.
"Il s'en était fallu d'un rien, d'un coup de pédale pas assez énergique, d'un détour trop long, d'une hésitation dans la recherche du lieu de rendez-vous, mais sans ce retard salvateur il serait aux côtés de son camarade Michel Christophe, arrêté presque sous ses yeux, poussé violemment dans une voiture, conduit à Nantes, torturé au siège de la Kommandantur, emprisonné puis déporté à Buchenwald d'où il revint à la fin de la guerre, maigre, tellement maigre avec cette fine enveloppe de peau épousant son crâne et ses os, que sa mère qui l'accueillit sur le quai de la gare hésita à refermer ses bras autour des pauvres formes de son fils de peur de le réduire en poussière, comme ces momies manipulées sans précaution à l'ouverture d'une sépulture ancienne, lui disant : « C'est bien toi », non pour s'assurer qu'il s'agissait bien de lui – mutilé, défiguré, comment n'eût-elle pas reconnu cette part d'elle-même? – mais comme on s'étonne de la métamorphose d'un proche ; c'est bien toi, qu'on n'imaginait pas capable d'un tel prodige, c'est bien toi, cet équilibriste sur le fil de la mort. Et pendant des jours l'alimentant comme un enfant de bouillies et de viande hachée, respectant son silence, et lui, à mesure qu'il reprenait des forces, que son regard paraissait moins lointain, commençant à raconter les affres du corps : la faim, les poux, la vermine, la dysenterie, le froid, la fièvre, mais comment faire entendre cette faim-là à ceux qui évoquent en retour leurs privations, ces démangeaisons-là à se gratter jusqu'au sang et à la folie à ceux qui se plaignent que le savon était une denrée rare et ne moussait jamais, ce froid-là à ceux qui grelottèrent quatre hivers, cette fièvre-là à ceux qui empilaient sur eux couvertures et édredons, alors gardant le reste pour lui, ne confiant que bien plus tard à son camarade Joseph ce qui tourmentait ses jours et ses nuits depuis son retour et dont il avait été le témoin : cinq cents petits Gitans, entre cinq et douze ans, exécutés à la seringue, un à un, que l'on immobilisait sur une table pendant qu'un pseudo-chirurgien, liftier dans le civil, leur enfonçait une longue aiguille dans le cœur, y instillant un poison jaunâtre à l'effet foudroyant. Et son camarade, se rappelant sa lenteur à bicyclette et le hasard bienheureux qui lui avait valu de ne pas partager le même sort, se retenant de lui demander s'il avait fait partie de ceux qui maintenaient de force les petits martyrs."
Jean ROUAUD
Des Hommes Illustres
(Minuit, p 157)
Ecrit par : PMB | dimanche, 09 avril 2006 19:35
Rien à ajouter.
Ecrit par : guy birenbaum | dimanche, 09 avril 2006 22:48
Pas lu le livre, ni les commentaires de Besson. Ne commenterai pas la position de l'écrivain par rapport au réel. Juste ceci. Comme Anne, j'ai vu Philippe Besson chez Ardisson. C'était tard dans la nuit de samedi à dimanche, je zappai vite fait, de retour d'un dîner, avant de m'endormir. Juste cet échange Ardisson-Besson où il est question d'être quelqu'un d'autre, et pourquoi pas Samuel Benchetrit, pour sortir avec Anna Mouglalis. Répété deux fois, avec gourmandise, en se prêtant au jeu imbécile de la télévision. Aller chez Ardisson, choisir de faire le guignol histrionique pour plaire au maître de cérémonie, parce que l'écrivain jovial fera vendre sur un sujet difficile, alors qu'un homme tenaillé par le doute, éventuellement encore troublé par son sujet, ne risque pas de repasser au zapping. Je me suis souvenu de Sollers écrivant un texte de total abaissement sur Balladur au moment où celui-ci semblait devoir accéder à la Présidence. Bourdieu, dans Contre-Feux, avait ainsi commenté cet article: "Rien de si grave diront les plus avertis: ceux qui savent, et depuis longtemps, que ce que Sollers a jeté aux pieds du candidat-président dans un geste sans précédent depuis le temps de Napoléon III, ce n'est pas la littérature, moins encore l'avant-garde, mais le simulacre de la littérature, et de l'avant-garde." En tant qu'écrivain, pendant ce bref échange découvert tout à fait par hasard, j'ai eu honte. Honte pour Besson. Honte pour la littérature.
Ecrit par : christian lehmann | mardi, 11 avril 2006 21:37
Bien vu Christian.
Ecrit par : guy birenbaum | mardi, 11 avril 2006 21:38
Les messages d'Etienne Sesmat sont particulièrement bienvenus. C'est le premier "roman" de Philippe Besson que je lis et je crois que ce sera le dernier. Ce livre est un cauchemar. Style lourdingue (édité par Grasset, qu'on imagine pourtant plus sélectif), procédé scandaleux vis-à-vis de Christine Villemin (un viol moral, tout simplement, puisqu'il s'approprie sa personne pour la faire parler) et même de Murielle Bolle qui n'a jamais parlé d'une immersion de Grégory dans la Vologne par Bernard Laroche. Sans parler des nombreuses inexactitudes sur les faits eux-mêmes. La 305 de Bernard Laroche est ainsi tour à tour blanche et verte...
Etienne Sesmat est un homme remarquable. Quiconque s'intéresse à l'affaire doit lire l'arrêt de non-lieu de Christine Villemin de 1993.
Il faut avoir le courage et l'honnêté de renoncer aux passions et la vérité est là, infiniment attristante et banale, sur l'identité de l'assassin, dont la lettre de revendication du 16 octobre 1984 comporte en surimpression les lettres majuscules "LB".
Ecrit par : Renaud Silvestre | jeudi, 13 avril 2006 18:35
@ Chritian, chut personne ne sait que Solllers est un écrivain d'extrême gauche. Il écrit bien le bougre, il se gâche. ha le discours amoureux de la république! Bien sur Venise!
martin grall
Ecrit par : martin grall | jeudi, 13 avril 2006 20:18




















