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mercredi, 22 février 2006

La "communauté juive".

"La communauté juive a peur". "La communauté juive est inquiète". "Les représentants de la communauté juive appellent à manifester". Etc.
Depuis l'atroce meurtre d'Ilan les médias à l'unisson évoquent à la une - souvent, certes, par facilité d'expression - des réactions, visiblement collectives d'une "communauté juive".
De même les "représentants" - souvent auto-proclamés - de cette même "communauté" font-ils état, eux-aussi publiquement, de leur inquiétude, au nom justement de cette même "communauté juive".
Régulièrement pourtant les mêmes - médias et "représentants" - viennent s'inquièter des possibles dérives communautaristes des uns ou plutôt des autres...
Si nous arrêtions tous de faire agir, parler et réagir des "communautés" qui n'ont en vérité d'existence que virtuelle ne parviendrions nous pas à réduire la dislocation qui mine le pays ?

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Commentaires

d'autant plus d'accord que l'on balance le mot "communauté" à toute les sauces.
religieuse : communauté juive, communauté musulmane...
ethnique : communauté arabe, communauté noire, communauté asiatique...
régionaliste : communauté bretone, communauté corse...
nationaliste : communauté portugaise, communauté turque...
sociale : communauté gay, communauté ouvrière...

bref tout et rien, pour répondre à un problème identitaire des citoyens de ce pays cherchant ainsi à se designer ou à designer l'ennemi. On construit des murs à l'endroit même où l'on devrait abattre les préjugés, les amalgammes, les imbicilités...
Que sont donc devenus les hommes de bonne volonté ?
La France deviendrait-elle la nouvelle Tour de Babel ?
Nous désunis-t-on de peur que notre union soit trop orgueilleuse ?

Ecrit par : camomille | mercredi, 22 février 2006 08:20

Je suis assez d'accord avec ce qui a été dit plus haut... Mais il me semble que malheureusement ces dérives communautaires et identitaires ont toujours existé, et existeront toujours...
ça doit être le propre de l'être Humain de se battre, de combattre contre un "ennemi" virtuel ou non en réponse à une agression réelle ou fantasmée.
les seuls moments d'entente et de coalission nationale: lorsque la France était en guerre. l'ennemi commun était alors facile à définir, et les buts à atteindre communément admis.
Peut être qu'en donnant à tous des valeurs et des objectifs communs ces barrières communautaires s'affaisseront.

Ecrit par : marie | mercredi, 22 février 2006 10:15

cher guy,
c'est quoi pour toi le crif ? il n'est pas représentatif d'une communauté ? pourtant, beaucoup de beau monde a l'air de le reconnaitre, y compris montebourg.

Ecrit par : allobroge | mercredi, 22 février 2006 11:09

Cher Guy,

J'apprécie beaucoup vos prises de parole sur RTL.
Je comprends votre position sur cette question mais je vous trouve un peu trop "Ayatola" de l'anticommunautarisme. Par nature, il existe une communauté juive de même qu'une communauté musulmane ou bretonne. La question est de savoir dans quelle mesure et à quelles fins se revendique t-on d'une communauté. Si c'est pour se revendiquer membre de cette communauté avant "citoyen français" : oui c'est du communautarisme. Si c'est pour dénoncer une attaque à une frange de citoyens au motif qu'elle est juive, cela ne me choque pas, même si cela provient des intéressés en question (les juifs de france).

Ecrit par : david | mercredi, 22 février 2006 12:10

Cher Guy,

Je vous connaissais déjà un peu avant:vsd, court passage à canal plus[le grand journal] etc...

J'ai particulièrement découvert votre blog grâce à vos courtes interventions sur BBB sur le quel je suis souvent présent...

Vos interventions sont souvent sensés, raisonnés.

je prends franchement plaisir à vous lire !

Christian

Ecrit par : Vu de Bruxelles | mercredi, 22 février 2006 13:42

Il semblerai qu'une certaine communauté fait de l'antisémitisme sont fond de commerce... J'ai souvent entendu dire de la part d'un juif qu'il se sentait juif dabord, davantage lié à israel qu'à la france... bref passons la dessus.
Une question me vient souvent en tête et je ne l'ai jamais poser: Vous juifs français semblez avoir pardonner à vos bourreaux allemands d'hier, à leur collaborateurs français et européens en générale. Pardonneriez vous à ces palestiniens certes dont une minorité lutte activement contre vos intérêts pour défendre les leurs, mais qui dans l'ensemble ne vous ont pas causer ne serait-ce le millième de tors que vous infliger les allemands et plus largement les chrétiens durant 2006 années de christianisme?
Avez vous des intérêts plus importants dans une confrontation avec vos voisins arabes que dans la paix que vous prétendez vouloir? Désirez vous vraiment la paix?

Ecrit par : rekta | mercredi, 22 février 2006 13:48

Bonjour à tous,
j'arrive du BBB et découvre ce nouveau blog.

Je vois que ça balance pas mal. J'aperçois une tentative de coup bas un peu plus haut. Tout ça ressemble bien à un blog !

Quand vous dites "arrêtons de parler des communautés", vous voulez dire 'entre nous' ou 'dans nos médias de référence '?

Les journalistes cesseront-t-ils un jour de céder à la tentation de l'identification facile des actes ou réactions communautaires ? La société est quand même plus attractive avec des groupes de gentils et des groupes de méchants identifiables. Chacun fait son marché, adhère ou récuse.

Je suis pessimiste car ça marche trop bien quand même. On ne peut même pas compter sur les chaînes de tv du service public pour interroger autrement les situations. Elles aussi sont contraintes par l'audimat.

Ecrit par : Job | mercredi, 22 février 2006 13:58

Reponse à Retka :
Je ne sais pas où tu as entendu que les juifs ont pardonné à leurs bourreaux allemand??!!! (peut être Roger Hanin, mais c'est un vieux monsieur fatigué....). moi qui suis juif, je trouve pas très sympa de comparer les actes des "bourreaux allemands" aux activistes palestiniens...
Entre le nazisme et le droit des palestiens à défendre leur territoire, il ya une sacrée différence idéologique!
Sur le "fond de commerce", je ne vois pas ce que les juifs ont à gagner, il faudra m'expliquer.
En revanche, je suis d'accord avec toi sur le fait que l'on est tous d'abord français. Les confessions de chacun ressortent du domaine privé.

Ecrit par : David | mercredi, 22 février 2006 14:15

Cher amis David.
Tu sembles avoir mal compris... Effectivement la communauté semble avoir pardonner à l'allemagne, à la france et globalement au monde chrétient tant de souffrances infligées. Je ne les cites pas, elles sont connues. Je trouve tout simplement dommage qu'israel, pays juif proclamé en veule à ce point à ses voisins palestiniens de lutter même par les moyens kamikazes qui je te l'accorde sont terribles, pour se défendre...
Israel semble en vouloir au hamas pour les dégats causés par ce dernier en israel et ne semble pas prêt à dialogué pour le seul motif que le hamas dispose d'une branche armée prétendue terroriste.
Ou est la bonne volonté israélienne dans ce conflit?
Pour ce qui est du fond de commerce, cela ne concerne pas tous les juifs mais bien certains qui désirent rallier à leur point de vue de personnes en danger et en désignant en france les maghrébins et plus généralement les musulmans comme étant de féroces antisémites.
Je ne comparai pas les palestiniens aux nazis rassures toi.
Perso je trouve que la sois disante confrontation naturelle entre juifs et musulmans est comme celle qui oppose le PSG et l'OM... C'est orchestré et entretenu par les gens qui nous rabache un nouveau concepte de JUDEO-CHRETIENTE...

Ecrit par : Rekta | mercredi, 22 février 2006 15:15

Une réponse générale à plusieurs de vos remarques et merci d'être déjà si nombreux.

Allobroge, ce n'est pas parce que le CRIF se proclame "représentatif" qu'il l'est. Donc je ne reconnais aucune légitimité à ce genre d'institutions largement cooptées. Quant à ceux qui le reconnaissent, Montebourg compris, ils font juste de la politique. Pas moi !

David, je ne partage pas votre point de vue, la communauté nationale suffit à mon bonheur ou à mon malheur. Je suis contre les sous-divisions régionales, religieuses ou que sais-je encore. Pas de dogmatisme ici juste une ligne à tenir.

Christian, merci de votre gentillesse et revenez souvent comme vous Job. Quand je dis stop aux propos communautariste je veux dire "entre nous" mais surtout, surtout, publiquement et médiatiquement.

Retka, je vous remercie car votre passage correspond exactement à ce que je veux critiquer. Vous avez entendu des juifs dire qu'ils se sentaient davantage liés à Israël qu'à la France. Et bien pas moi. Sur le pardon, je vous laisse la responsabilité de vos propos et surtout je vous rappelle les mots de Ben Gourion "Pardonner peut-être, oublier jamais". Quant aux palestiniens, d'après vous, ils luttent contre nos intérêts ? Mais les intérêts de qui ? Ceux des juifs, ceux des israéliens, les deux ? Vous mélangez en fait tristement juif et israéliens. Et bien, sachez que je n'ai pas de "voisins arabes" pour ce qui me concerne puisque la France, mon pays, n'est pas limitrophe d'un pays arabe à moins que Monaco n'en fasse déjà partie pour vous...

Ecrit par : guy birenbaum | mercredi, 22 février 2006 15:22

Rekta, j'apprécie ta comparaison avec le PSG et l'OM très juste et drôle.
S'agissant du Hamas, il est difficile de négocier avec un partenaire qui ne reconnait pas ton existence et qui prône la lutte armée.
Dur dur de s'asseoir autour d'une table...
Ce que je crains c'est l'isolement des Palestiens sur la scène internationale dite 'occidentale" et le renforcement de la bipolarisation (maintenant qu'il n'ya plus de bloc USA/URSS) entre pays musulmans et l'Occident (Il n'y a qu'à voir la pércée des Frères Musulmans en Egypte). Tout ça ne présage rien de bon.

Guy, je persite à dire qu'il existe une "communauté juive" : un consistoire, des synagogues, une radio, des soirées célibataires, des vacances et colos organisées, des fonds d'aides sociales, des écoles juives sous contrat avec l'Etat, des boucheries cacher, des restaurants, des galas etc.....
Toutes ces structures sont destinées aux personnes de confession juive dans le but d'entretenir l'identité juive et (hélas) la vie en vase clos.
Maintenant chaque juif est libre de se sentir représenté ou pas par ces entités. C'est un autre débat.

Ecrit par : david | mercredi, 22 février 2006 16:23

huumm... Je vois que mes propos sont mal compris et je pense m'être très mal exprimé malheureusement.
Vous semblez vous inquiéter de la montée des frères musulmans en egypte mais cela ne vous touche pas au quotidien à ce que je sache? Vous inquiétez vous de la montée des extrêmes en europe? la confrontation dont vous parlez entre occident et musulmans, ce n'est pas ces derniers qui la désirent je pense mais les tenant d'une bizzarerie nomée judéo-chrétienté qui semblent s'associer au détriment des musulmans.
Il me vient un petit sourir quand je vois des petits fashos se réclamer d'une sois disant culture judéo-chrétienne quand on sait que la partie judaïque à tant souffert du christianisme. Est-ce sincère de se réclamer de la judéo-chrétienté? Il y a un tas de comportements, d'attitudes, de postures, de paroles dites ça et la qui me semble d'une fausseté remarquable...c'est de la politique.

Ecrit par : rekta | mercredi, 22 février 2006 17:40

Bonjour,

Je ne suis pas un habitué des Blogs mais le débat sur le communautarisme m'interpelle car en tant que républicain il met principalement en péril ce à quoi je suis attaché notre devise nationale, "Liberté, Egalité, Fraternité", surtout le dernier. J'habite le 19ème à Paris dans un quartier où soit disant les deux "communautés" sont visibles et se cotoyent (il est vrai qu'on peut ressentir une certaine tension), mais j'ai tout de même l'impression que cette tension est principalement médiatique car on n'interroge souvent que ces soit disant représentants. Je vais faire un petit parallèle avec un milieu que je connait mieux, je suis syndicaliste, donc représentant des personnel mais à chaque élection professionnelle le taux de participation baisse, et je ne parle pas de la syndicalisation, il est dès fois difficile de défendre des gens sans connaitre vraiment leur désidérata, leur choix. Je sais que la comparaison n'est pas réellement probante mais pourtant parlante du malaise d'une énorme majorité qui refuse de s'impliquer dans la Chose publique (Re-Publique). La plus grande crainte que j'ai c'est un ras le bol de cette sumédiatisation de l'antisémitisme, de l'antimusulman qui pourrait amener cette immense majorité silencieuse à oublier l'Histoire. Notre Republique est fondée sur la solidarité nationale, l'intérêt général pas sur l'agglomération d'intérêt particulier.
Pour finir je suis désolé d'être surement confus dans mon propos mais c'est ma première participation à un Blog.

Redcloud

Ecrit par : Redcloud | jeudi, 23 février 2006 10:10

Vous avez été très clair. Revenez quand vous voulez !

Ecrit par : guy birenbaum | jeudi, 23 février 2006 10:15

Je vais parler de la "communauté" à l'aquelle on m'associe. Le français "d'origine" contrôlée que je suis fait parti et il n'a rien demander de la communauté maghrebine. bien mais d'où vient ce mot de communauté pour parler de "nous" ?
A ce que je sache mes parents, grands parents n'ont pas chercher à se regrouper dans des cités pour qu'ils puissent être entre eux et ne pas géner le bon français dans sa vie paisible. Ils n'ont rien demander sinon de faire partie de la nation pour laquelle les uns ont donner leur vie, les autres ont sacrifier leur santé pour un niveau de vie plus que modeste. Ce communautarisme maghrebin il n'est pas choisi mais imposé! avant d'habiter des tours, mes parents étaient priés de rester entre eux dans des bidons ville. le sujet est bien trop long à discuter... je me retir.

Ecrit par : rekta | jeudi, 23 février 2006 11:23

Et bien vous voyez, nous sommes bien d'accord sur ce point...

Ecrit par : guy birenbaum | jeudi, 23 février 2006 11:51

J'ai quelques difficultés à exprimer mes idées malheureusement car je n'ai pas l'habitude de le faire et je m'évite un maximum les maladresses.
J'aimerai crier ma rage de me voir systématiquement opposé en tant que maghrébin à perpétuité aux juifs pour lesquels je n'éprouve pourtant pas de haine. Mon statut de français issue de... de communautariste acharné malgré moi me fait vomir... Je me demande souvent si un jour je serai reconnu comme français à part entière non pas uniquement par la voie officiel de la constitution française, mais également par mes prochains.
Je ne sais quoi faire pour arriver à cette fameuse intégration: beaucoup de harkis se sont converti à la religion dominante, mangent du porc, ont payer un lourd tribu durant la guerre d'algérie, se nommen louisette ou jacque...etc mais me reviens une publicité ou ils seraient comme le canada dry, il ressemblent à un français mais ce ne sont pas des français ?

Ecrit par : rekta | jeudi, 23 février 2006 14:28

Face à l'assassinat barbare de ce jeune homme, l'emballement politique et médiatique est navrant et contreproductif.

Les ministres courcircuitent la police et la justice

Ce matin dur France Inter une auditrice se demandait pourquoi les ministres et le président ne se déplacent pas pour voir les familles d'autres victimes, par exemple d'assassins pédophiles.
Elle sous entendait que l'on en fait trop pour les juifs.

Est ce le résultat recherché?

Tous les politiques disent: halte au communautarisme. Fort bien.

Mais pourquoi vont ils tous au diner du CRIF, organisation très communautariste? Avez vous une réponse M. Birenbaum? Quelqu'un l'a-t-il?

Ecrit par : Salif | vendredi, 24 février 2006 15:00

Je pense qu'il faut traiter tout le monde de la même manière cher Salif.
Ni plus, ni moins pour les uns ou pour les autres !

Ecrit par : guy birenbaum | vendredi, 24 février 2006 16:13

Je suis tout à fait d'accord avec les propos de Guy.

Le communautarisme est désormais bien réel en France et certains décideurs politiques en portent une responsabilité. En premier lieu, le ministre d’État Nicolas Sarkozy, qui régulièrement dans ses discours, oppose différents « groupes » ou « classes » d’individus et multiplie les amalgames comme lorsqu’il assimile automatiquement « musulman » et « maghrébin ».

Il est désormais courant de parler de telle ou telle communauté. Ce qui était loin d’être le cas il y a encore quelques années.
Ces « communautés » sont nombreuses et leur existence, pourtant virtuelle, est relayée par quelques personnes médiatiques, politiques ou morales (associations) de droite comme de gauche pourvu qu’il y est un intérêt électoraliste, médiatique ou idéologique. En l’espèce, on peut citer par exemple l’UMP, le MRAP, Dieudonné et même le PS (via Julien Dray son porte parole) comme n’étant pas exempts de reproches.
Le plus souvent reviennent les communautés juives et musulmanes. Des « communautés » qui on le sait, s’opposent en écho au conflit au Proche Orient.
Cette opposition est parfois soutenue par certains médias et politiques, en accumulant les amalgames et les « raccourcis ».
Au lendemain du crime odieux commis à l’encontre de Ilan Halimi, de très et trop nombreux débats portent sur cette même opposition, alors même que l’antisémitisme de l’acte n’est pas encore avéré.
Cela est confirmé par la non médiatisation d’autres crimes similaires, malheureusement nombreux, qui ne concernent pas ces deux « communautés » (cf. dernièrement, le crime à l’encontre du Gendarme à Saint Martin).
Dès lors, certains nous font croire que les musulmans ne peuvent s’intégrer et que tous sont des meurtriers présumés ou des « barbares ».
Ainsi ce communautarisme accablant en vient à faire s’affronter cultures « judéo-chrétienne » et « musulmane » alors même qu’il faut les réconcilier, et surtout, raisonner en tant que citoyen d’une même et unique République !
Il n’y a pas d’un côté des groupes de « barbares » et de l’autre des « civilisés ». D’innombrables exemples dans l’histoire montrent qu’aucune société, qu’aucun groupe humain n’est protégé contre le retour de l’inhumain. N’ayons pas la mémoire courte.
Or, nous avons pu constater avec incompréhension, l’accueil réservé à Monsieur de Villiers par le grand rabbin de France lors de l’hommage rendu à Ilan Halimi ; ainsi que le silence du CRIF à propos du MPF.
La Ligue des Droits de l’Homme (que l’on devrait décidément bien plus écouter) a dû appeler à rejeter de la manifestation du 26 février le FN et le MPF.
Alors qu’un tel rappel semble une évidence, nombreux sont les frontistes et extrémistes à vouloir manifester ce 26 février.
Pourtant, la moindre tolérance à leur égard remettrait en cause l’universalité de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et ouvrirait encore un peu plus la voie aux pires replis communautaires. Une telle manifestation n’a pas pour but de soutenir le repli sur soi mais au contraire, de se réunir sur l’essentiel : chaque vie a la même valeur, parce que toute torture et tout assassinat sont des coups portés à notre humanité commune.
Comme le souligne encore la LDH, il faut refuser « toute hiérarchisation des combats contre la haine, toute concurrence des victimes, toute opposition entre des communautés qui ont droit au même respect ».

Comme vous dites, arrêtons de tout opposer. Arrêtons de faire agir, parler et réagir telle ou telle « communauté ».
La seule action qui doit être menée dans de tels cas, est celle de la justice. Et pour éviter toute dérive communautaire, il la faut efficace, rapide et surtout impartiale.
Cette justice qui aujourd’hui est tant mise à mal (que ce soit au niveau budgétaire, législative, constitutionnelle, ou de son image) par un gouvernement plus soucieux d’entretenir la discorde (pour provoquer le désir d’ordre) que d’apaiser les ardeurs.
Des ardeurs à laquelle l’Etat ne peut ou ne veut pas répondre.
L’absence de l’Etat et les haines devenues trop passionnelles, entraînent d’inévitables replis sur soi et sur sa « famille spirituelle ou intellectuelle ».
Loin de considérer que l’Etat doit s’effacer, il doit au contraire s’affirmer, être présent de la même manière sur l’ensemble du territoire français, porter la même attention à chaque individu.
Il doit donc s’affirmer comme un rempart au communautarisme et non comme un déclencheur à ce dernier.
Pour cela, il doit combattre les inégalités sociales, les différences de traitements bien trop courantes, les amalgames délirants que certains professent.
Ces derniers existent pour une raison très simple : la désinformation, l’abrutissement de la population par certains pouvoirs en place, la déculturation.
Ce n’est en rien « révolutionnaire » que d’affirmer cela.
C’est un simple constat : l’information en France est tout à fait biaisée et trop peu pluraliste, l’accès à la culture n’est pas promu comme il devrait l’être.
En temps de crise économique et sociale grave, chacun entend ce qu’il veut entendre. C’est en ces périodes que se développent les pires dérives démocratiques.
Car l’on ne supporte plus son sort, sa condition ou celle de son voisin que l’on jalouse.
C’est donc à l’Etat d’agir, en menant une politique volontariste, efficace, s’attaquant à la racine de tout problème.
Notre majorité actuelle fait tout l’inverse en réfléchissant à court terme et en menant des actions « tape à l’œil » qui au final et dans le temps n’ont aucun effet positif (bien au contraire).
En parallèle doit se développer l’information et la connaissance du passé. Le refus de l’instrumentalisation politicienne de l’histoire est alors essentiel.
Nous devons à la fois garantir la liberté de l’expression, de la presse, et refuser les discours de haine et les appels au repli communautaire.

(Désolé pour ce texte très très long !)

Ecrit par : Nicolas | vendredi, 24 février 2006 19:42

Long mais argumenté et précis. Merci de cet éclairage Nicolas.

Ecrit par : guy birenbaum | vendredi, 24 février 2006 20:06

bien dit!

Ecrit par : rekta | vendredi, 24 février 2006 23:32

On a vite fait dans ce genre d'affaire de se laisser entraîner sur un terrain qu'on ne maîtrise pas beaucoup parce qu'on est dans l'affectif, parce que la paranoïa de tous et de chacun remonte vite à la surface. Je ne vais pas disserter des heures sur la réalité d'antisémitisme de ces assassins parce que le fait qu'ils soient des tortionnaires me suffit amplement à les condamner.
Par contre, ce genre d'affaire et les réactions qu'elle entraîne réactive toujours en moi un questionnement fondamental qui m'oblige à aller au-delà d'une réaction spontanée et quelquefois, il faut bien le dire, trop viscérale... Le racisme, c'est d'abord et toujours le problème de ceux qui le pratiquent. Si ceux qui en sont les victimes le vivent mal, c'est une façon d'intéger dans son for intérieur le racisme et donc presque de l'accepter. Je ne me sens ni offensée, ni agressée par le racisme de quelqu'un. Je le considère bien sûr comme une erreur fondamentale et je ne laisserai jamais passer un propos raciste sans réagir. Mais surtout parce que je pense d'abord que le racisme ne résiste ni à l'éducation, ni à la culture.
Les haines viscérales et racistes qu'on voit apparaître ont des racines ailleurs que dans la différence entre les protagonistes. C'est plutôt l'utilisation politique qu'on fait du racisme qui me pose question. Et tout ce qui tourne autour des juifs, des sionistes, d'Israël et des Palestiniens reste pour moi de l'ordre d'une grande manipulation en miroir dont tout le monde a du mal à s'extirper.
Il est certain que les meurtriers d'Ylan seront condamnés à de nombreuses années de prison. Quand on a 25 ans de tôle devant soi, est-ce important qu'on en ait 10 de plus parce que c'était un crime raciste ? Par contre, que ces criminels soient amenés à un réel travail sur leurs motivations, sur les raisons de leurs croyances débiles, bref sur leur connerie (soyons clairs) serait certainement le meilleur moyen d'avancer efficacement et positivement.
Toutes nos discussions après coup sont inutiles.

Ecrit par : julia | samedi, 25 février 2006 18:23

Il faudrait pour cela que le système carcéral ne soit pas dans l'état où il est en France.

Ecrit par : guy birenbaum | samedi, 25 février 2006 18:25

Très juste, et en écrivant ce commentaire, je pensais justement que notre grand projet aujourd'hui serait de changer complètement notre regard sur les peines à appliquer. Depuis la nuit des temps, les humains n'ont rien trouvé d'autre que l'emprisonnement (quand ce n'était pas la mort) pour faire justice. Et aucun gouvernement ne mène une réflexion approfondie sur comment devrait s'appliquer la justice dans notre monde.

Ecrit par : julia | samedi, 25 février 2006 18:55

Monsieur Birenbaum, je prends connaissance de votre post relatif à la "communauté juive".
Ainsi donc les communautés seraient virtuelles. C'est certainement vrai dans les beaux quartiers de la capitale. Mais je vous invite à un petit pelerinage dans nos riantes banlieues pour vous convaincre du contraire.

Que leur existence soit utilisée à des fins politiciennes ou religieuses, c'est certain.
Mais elles sont belles et bien là. Notre république ne cesse de se disloquer, incapable de proposer à chacun un projet commun. Elle a cédé la place, par faiblesse, aux groupes de pression, aux corporatismes et aux communautarismes. Elle a renoncé à imposer ses lois, à faire respecter ses principes, alors même que les profondes modifications démographiques auraient nécessité leur mise en exergue et leur sempiternel rappel.

Il est paradoxal que dans un pays dans lequel toute trace ou référence au christianisme ait été soigneusement effacée, les religions occupent une telle place dans le débat publique. La nature a horreur du vide. Les esprits aussi.

Au plaisir de vous lire.

Ecrit par : PHIL | lundi, 27 février 2006 19:01

Phil, je veux dire que pour moi les communautés sont virtuelles. Je ne nie nullement leur triste existence mais pour ce qui me concerne je refuse de tomber dans ce panneau. Au delà du communautarisme d'ailleurs il faut aussi parler comme vous le faites de l'expansion religieuse. Quant à la sempiternelle vanne sur les beaux quartiers, je répète que tout en étant un hyper privilégié je ne me vautre pas dans le luxe, ne mange pas de caviar à la louche et fréquente notamment dans le sud est de la France des banlieues et des quartiers largement aussi chauds qu'autour de la capitale. Ayant été par ailleurs dix ans maître de conférences dans la région de Montpellier et de Nîmes, croyez moi j'ai une certaine habitude pratique des communautés dont vous parlez. Merci en tous cas de vos remarques justes.

Ecrit par : guy birenbaum | lundi, 27 février 2006 20:26