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samedi, 31 mars 2007
Boute-feu.
Nicolas Sarkozy a tenu hier soir, lors d'un meeting à Nice, des propos que je trouve extrêmement graves, plus que douteux même.
Grâce à l'AFP, je vous en livre les extraits que je considère comme les plus fâcheux.
[Evoquant l'homme à l'origine des incidents de la gare du Nord, M. Sarkozy a dit qu'il était devenu] "une sorte de héros pour Mme Royal et M. Bayrou et pour une partie de ce microcosme parisien qui ne prend jamais le métro".
"Cette gauche qui voudrait nous faire croire que les voyous qui ont tout cassé à la gare du Nord étaient juste révoltés par l'injustice, cette gauche-là a perdu tout sens moral".
"L'ordre juste c'est quand ceux qui ne veulent ni étudier ni travailler ont le droit de piller un magasin pour se procurer des chaussures de sport sans avoir à les payer! (...) L'ordre juste, c'est tenir toute intervention de la police pour une provocation!".
"Prendre la défense du fraudeur, toujours trouver des excuses à ceux qui ne respectent rien, voilà ce que j'appelle la faillite morale d'une certaine gauche".
"Je ne veux pas laisser l'ordre à l'extrême droite".
"Je veux dire aux Français que le 22 avril et le 6 mai, ils auront à choisir entre ceux qui sont attachés à l'identité nationale et qui veulent la défendre et ceux qui pensent que la France a si peu d'existence qu'elle n'a même pas d'identité".
[Les Français] "devront choisir entre ceux qui ne veulent plus entendre parler de la nation et ceux, dont je suis, qui exigent qu'on respecte la nation".
"La France n'a pas à rougir de son histoire, la France n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale (...) Je suis convaincu que pour un Français, haïr la France, c'est se haïr lui-même".
"Tous les colons n'étaient pas des exploiteurs; il y avait parmi eux beaucoup de gens courageux (...) Ils ont tout perdu, je veux qu'on les respecte".
"Quand on refuse d'enseigner Antigone au fils d'ouvrier ou à l'enfant d'immigré, on ne fait pas la politique qui permet à chacun de conquérir l'estime de lui-même, on fait la politique du nivellement, de l'égalitarisme et de l'assistanat".
Il est impossible de flirter davantage avec les refrains les plus nauséabonds et les thèmes les plus éculés du Front national.
Jusqu'aux évocations de la colonisation et de la solution finale.
Non Nicolas Sarkozy, la France n'a pas commis de génocide.
Ni inventé la solution finale...
Mais elle a bien aidé à l'appliquer...
Comme l'a si bien expliqué, en 1995, Jacques Chirac. Au Vel-d'Hiv.
Ces propos ne sont malheureusement pas une "première".
Nicolas Sarkozy ne fait que répéter là ce qu'il a déjà dit à Caen.
J'ai toujours refusé ici l'amalgame, le raccourci facile, Sarko=Facho, Sarko=Le Pen.
Je suis donc bien placé pour affirmer que ce discours est celui d'un candidat irresponsable, d'un boute-feu.
Nicolas Sarkozy veut gagner l'élection présidentielle.
Et, après tout, il en a bien le droit.
Mais il a compris que s'il veut la gagner avec certitude, il n'a qu'une possibilité.
Il doit y être opposé à Jean-Marie Le Pen.
Comme Jacques Chirac le fut en 2002.
En effet, si Ségolène Royal ou François Bayrou venaient à l'affronter, Nicolas Sarkozy sait pertinement que ce second tour tournerait très certainement au referendum "Pour ou contre Sarko !".
Et qu'il a de bonnes chances de le perdre ce referendum. Comme il perdit celui sur le statut de la Corse, ou celui sur le TCE.
Du coup, Nicolas Sarkozy, servi par une actualité "opportune", pousse les feux sur des thèmes qui vont tout naturellement permettre à Jean-Marie Le Pen de grimper.
Et Ségolène Royal - plutôt que de se concentrer sur les enjeux qui pourraient l'aider à sortir du guépier du premier tour (le social, l'éducation, notamment) - a embrayé sur le drapeau et l'identité nationale. Sans comprendre que ce n'est pas ce qu'elle dit qui compte, mais juste les couleurs qu'elle a hissées...
Jean-Marie Le Pen, comme je vous l'avais laissé entendre dès le week end dernier, explose déjà tous les sondages d'intention de vote de son histoire.
Et demain - oui, dès demain...° - il réalisera sans doute une percée historique...
D'abord dans les sondages.
Puis dans les urnes.
En allant ainsi chercher Le Pen pour meilleur ennemi (souvenez-vous du petit coup de pouce au moment des 500 signatures), Nicolas Sarkozy pratique une politique désolante de la terre brûlée.
Il va y laisser son honneur.
Mais je fais surtout le pari qu'il n'en tirera rien électoralement.
Parce que si ce cirque continue, ce que je sens venir, c'est effectivement Le Pen au second tour.
Mais, si c'est le cas, c'est Nicolas Sarkozy que je vois "passer par la fenêtre" du premier tour. Par un simple phénomène de vases communicants.
À toi ? À moi !
Il l'aura alors bien cherché.
Pour finir, juste un détail.
Oui un "détail".
Si par malheur, je me vautre et que l'affiche du second tour est Sarkozy/Le Pen, surtout, surtout, ne comptez pas sur moi...
° Quand je dis demain... je dis demain... J'dis ça. J'dis rien.
08:20 Lien permanent | Commentaires (347) | Envoyer cette note
vendredi, 30 mars 2007
La franchise selon Nicolas Sarkozy.
J'héberge aujourd'hui - un honneur - un texte de Christian Lehmann, Martin Winckler (tous deux médecins généralistes et écrivains) et Philippe Sopena (médecin généraliste, ancien Vice-Président de MG France), au sujet du projet de Nicolas Sarkozy de franchise sur les remboursements de soins.
Un projet dont Nicolas Sarkozy ne se vante plus en meeting...
Le docteur Lehmann (honorablement connu sur le DEL sous le pseudonyme de Docteur Justice & auteur des Fossoyeurs chez Privé) sera de garde sur ce blog tout au long de la journée pour répondre à la moindre de vos interrogations.
Profitez-en, les consultations sont gratuites !
05:55 Lien permanent | Commentaires (314) | Envoyer cette note
jeudi, 29 mars 2007
Bruit de fond.
Voilà. Voilà.
Nous y sommes.
Des incidents violents de la Gare du Nord à l'arrestation mouvementée d'un sans papier près d'une maternelle, en passant par la garde à vue de la directrice de cet établissement, le compte est bon. Surtout si l'on rajoute à celà - en mode subliminal - les incidents en marge du meeting Toulousain du Front national. Et la plaie ouverte en novembre 2005.
Cette séquence, en pleine campagne électorale, replonge le pays dans les affres de la présidentielle 2002, plombée par l'insécurité depuis que Jacques Chirac avait imposé cet enjeu, dès le 14 juillet 2001, dans son interview télévisée. On repense à la maladresse de Lionel Jospin confessant avoir sous-estimé naïvement ce problème. Jusqu'à revoir, juste en plissant les yeux, le fameux Papy Voise, tuméfié, agressé avant le premier tour, dans des circonstances restées mystérieuses, et dont les images défilèrent en boucle sur toutes les chaînes, des heures durant.
Ce climat - lourd...- qui retombe sur le pays, au lendemain du départ de Nicolas Sarkozy du ministère de l'Intérieur...
Ce lien fait dans tous les discours et dans tous les reportages, de manière consciente cynique et volontaire ou tout simplement maladroite entre "immigration", "sans-papiers" et "insécurité"...
Voilà exactement ce qu'il fallait craindre pour terminer de polluer davantage cette élection.
Comme tout cela survient après quinze jours d'échanges théoriques interminables et de gloses sémantiques sur les vertus comparées de l'identité nationale, de l'immigration, du drapeau, de la patrie, de la Nation...
Les machoires du piège électoral pourraient bien s'ouvrir encore et claquer.
Nul besoin d'être très malin pour comprendre, en effet, que de cette tension ne sortira rien de bon.
Pour personne.
Que la petite musique lancinante, désormais ravivée dans la tête des électeurs, n'est pas une comptine [c'était plus joli contine] mais juste le sale air de la peur.
Bien évidemment, tous les candidats qui, ces dernières semaines, se sont emparés des valeurs de la "France éternelle" et qui, aujourd'hui, commentent et récupèrent ces événements ne disent pas tous la même chose !
Leurs discours ne sont pas uniformes.
Ségolène Royal ne propose pas les mêmes solutions que Nicolas Sarkozy !
Prétendre le contraire c'est (se) mentir ou simplement ne pas l'écouter, lorsqu'elle tente de s'expliquer.
Dans le même sens, au risque d'en crisper certains, Sarkozy n'est pas Le Pen.
Mais ne vous NRvez pas sur ces équivalences mensongères !
Ne démarrez surtout pas là dessus au quart de tour !
Ne perdez pas votre temps précieux avec ça !
Parce que, de toute façon, ce débat-là est totalement dépassé.
Tranché.
Et dans le vif.
Le mal est fait.
Il est déjà trop tard.
Parce que les Français ne vont pas bien.
Qu'ils sont vraiment mal ; fatigués.
Éreintés même.
Ils n'ont donc pas forcément le courage, la capacité, ou simplement l'envie, ni même le temps, de capter le fond, de saisir les différences, de se prendre la tête sur les subtilités ou les nuances des propos respectifs des candidats ; le tout sur des sujets qui, globalisés-remachés-recrachés, leur font PEUR. Parce qu'ils les vivent au quotidien. Ou qu'ils craignent simplement de les prendre un matin sur la gueule. Au réveil.
Les discours de tous nos politiques - aussi différents soient-ils - une fois passés au filtre simplificateur et sous la loupe grossissante de nos médias ne produisent qu'un sale et sourd bruit de fond.
Comme un engrenage.
Qui résonne, qui martèle, qui cogne, puis qui imprime les cerveaux.
Et on entend plus que ça.
Pas une note qui dépasse
"Jeunes" / "immigrés" / "clandestins" / "insécurité"/
Dans toutes les têtes...
"Jeunes" / "immigrés" / "clandestins" / "insécurité"/
Déjà même sur toutes les lèvres...
"Jeunes" / "immigrés" / "clandestins" / "insécurité"/Les images des violences, de la casse et des arrestations diffusées en boucle...
"Jeunes" / "immigrés" / "clandestins" / "insécurité"/
Le tout, donc, sur fond de drapeau bleu blanc rouge et de raccourcis sur "l'identité nationale"...
Un vrai clip.
Où plutôt une bande annonce.
PS. Absent de mon écran et de mon clavier, je vous demande sur un tel sujet de réfléchir avant d'écrire. Merci.
08:50 Lien permanent | Commentaires (311) | Envoyer cette note
mercredi, 28 mars 2007
Tout à l'ego.
L'art de la dédicace.
Nocturne du Salon du livre. 27 mars 2007.
Succès fou
Vidéo envoyée par mobilepoliticbygbirenbaum
19:00 Lien permanent | Commentaires (150) | Envoyer cette note
Sound of silence.
06:50 Lien permanent | Commentaires (255) | Envoyer cette note
mardi, 27 mars 2007
Échec & mat ?
Au moment où les sondages - têtus - continuent inlassablement de proposer une finale dont je persiste à penser qu'elle n'aura jamais lieu (on ne se refait pas...) et de pronostiquer un vainqueur auquel je ne crois pas une seconde, j'ai eu, au réveil (bien trop nocturne soit dit en passant...), un petit bonheur ; juste en lisant les dépêches de la nuit.
J'y ai repéré, rien que pour vous, l'une de ces nouvelles qui, parfois, font tout le miel d'un début de journée.
Non, promis, je ne vais pas évoquer la déclaration lumineuse de Jeanne Moreau au sujet de Ségolène Royal : "Aujourd'hui, certains sont vachement dérangés qu'une femme puisse être présidente de la République". Quiconque a vu récemment Nip/Tuck/Jeanne ne peut décemment s'abaisser à commenter son propos...
Il n'est pas non plus question pour moi de parler du discours de départ de Nicolas Sarkozy, Place Beauvau. Dieu sait que j'ai déjà croisé des cabots depuis que j'observe la politique, mais le moment où il a levé son regard vers le ciel bleu pour évoquer sa "baraka" m'a fait penser aux scènes les plus drôles du cinéma d'Alexandre Arcady ! Sarkozy se prend pour Tony Montana mais il ressemble bien davantage, en fait, à l'un des membres du clan Beitoun dans Le Grand Pardon !
Pas davantage de commentaire sur cette saillie champêtre de Jean-Marie Le Pen : "Je suis la tortue, je suis parti il y a un an avec mes petites pattes, avec ma maison sur le dos, je ne suis pas trop loin de la ligne quand je vois encore gambader dans les champs, se saoûlant de serpolet et de thym, un certain nombre de grands lièvres qui croient qu'ils vont arriver à me placer leur pointe de vitesse". Si je n'étais pas persuadé de sa dramatique sous-évaluation dans les sondages, j'aurais même pu tenter une contrepèterie à base de grands lièvres, de petites pattes et de serpolets... Mais Le Pen ne me fait pas rire.
Non, non. Rien de tout ça mais, plutôt, l'un de ces vrais moments intenses de rigolade actes forts qui, du point de vue symbolique, prennent tout leur sens au moment où ils arrivent ; justement comme s'ils devaient arriver pile à ce moment là !
L'affaire du jour concerne donc François Bayrou.
Alors que la plupart des sondages le donnent à la baisse depuis deux semaines, François Bayrou plus Lacanien que de raison, n'a rien trouver de mieux que donner une interview au magazine...Europe Echecs (n°565 - avril 2007) !!!
Je vous conjure de regarder une deuxième fois cette couverture, amis réunis du "Non" au TCE et des lapsus qui tuent !!!
C'est bien cela qu'on appelle avoir un inconscient en béton armé non ?
Dans cet entretien, opportunément titré "Cavaliers seuls" (sic) et dont je suis en mesure de vous révéler la substance, le candidat UDF confesse que la devise de la fédération internationale d'échecs - "Nous sommes une famille" - pourrait être la "devise" de son engagement politique.
À mon avis, François Bayrou ne s'est sans doute pas aperçu qu'il venait de lancer là une sorte de phrase culte, assez proche du niveau redoutable de la fameuse réplique de Benoît Poelvoorde dans "Les randonneurs" : We are together !
Et en plus, il en rajoute mon Bayrou. Évidemment, il apprécie les échecs (resic), qu'il pratique "trop rarement" en famille. Les échecs présentent, en effet, à ses yeux "deux avantages majeurs : exercer nos capacités d'abstraction et de concentration d'une part, et respecter profondément son adversaire d'autre part." "J'aime cet esprit libre que véhicule le jeu d'échecs" (reresic), se justifie encore François Bayrou.
Bah c'est sûr qu'un bon échec, ça pourrait sacrément lui laisser l'esprit libre au gars François...
C'est tellement gros, qu'on pourrait croire à un poisson d'avril avant l'heure. Mais il n'en est rien.
Il s'agit du simple résultat, en pleine campagne présidentielle, du télescopage - assez malheureux - des délais de bouclage d'un mensuel et d'une baisse dans les sondages.
Mais avoir choisi de communiquer dans un canard d'échecs à trois semaines du premier tour, moi je dis, que dans l'absolu, il fallait y penser...
Quand ça veut pas, ça veut pas. Et y'a rien à faire.
Voilà.
C'était ma contribution du jour au bonheur simple(t) des fanatiques de la bipolarisation !
Mais riront bien, qui riront les derniers...
PS : J'aurai plaisir à retouver ceux d'entre-vous qui sont parisiens, ce soir, à partir de 18h00 et jusqu'au bout de la nuit (21h30 !), au Salon du Livre, Porte de Versailles, sur le stand du Seuil (K 89). J'y dédicace ma BD et je me réjouis d'avance de rencontrer pour de vrai quelques DEListes parisiens qui auraient envie de passer une soirée au milieu des livres, de leurs auteurs voire de leurs éditeurs.
D'ici là, aucun commentaire à attendre de ma part. Je suis éloigné de l'écran et du clavier pour la journée.
À ce soir.
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lundi, 26 mars 2007
Fin(s) de droits...et devoirs.
Voilà.
Ce matin, Nicolas Sarkozy s'en va.
[Xavier Bertrand aussi mais ça c'est moins glamour].
Et je pense que vous ne mesurez pas la portée de l'événement.
Oui, il quitte son ministère de l'Intérieur.
Mais au-delà, cela va plus loin.
Je veux dire qu'a priori il ne sera effectivement plus jamais ministre.
Et ça, c'est du lourd !
Attention, je ne sous-entend pas qu'il va être élu Président.
Non.
Au contraire même.
Imaginez qu'i perde la Présidentielle.
Il ne faudrait alors surtout pas que l'UMP remporte les législatives qui suivent.
Vous voyez Sarkozy, tout juste battu à la Présidentielle, revenir, revanchard, en leader d'une majorité législative UMP !
Et puis s'installer à Matignon, face au vainqueur de l'élection, pour une cohabitation des plus sanguinaire...
La déprime généralisée.
Je n'y crois pas.
Je suggère donc à mes confrères, si inspirés ces derniers temps, de demander précisément à Nicolas Sarkozy quelle serait sa décision s'il venait à échouer le 22 avril ou le 6 mai.
On sait que Jacques Chirac, après François Mitterrand, dût s'y reprendre à trois fois avant de gravir la plus haute marche du podium.
Nicolas Sarkozy pourrait-il d'ores et déjà nous faire connaitre ses intentions sur le sujet?
Histoire de nous motiver un peu...
Promis, si je le croise, je lui pose la question.
C'est que je m'inquiète pour la suite de sa carrière !
C'est bien joli la tentation de New York, mais ça ne nourrit pas forcément son homme...
En même temps, il est avocat.
Et il a beaucoup d'amis dans les médias.
Je suis persuadé que lui au moins, il saurait se reconvertir...
Je dis ça parce qu'un article du Canard Enchaîné passé un peu à la trappe (paru le 7 février) vient de m'être signalé par l'une d'entre-vous (merci à elle).
Voici ce qu'il disait:
Le gros lot des battus. Jean-Louis Debré a vraiment bon coeur. Juste avant de quitter, fin février, la présidence de l'Assemblée pour celle du Conseil constitutionnel, il a décidé de soigner les députés battus devenus chômeurs en juin prochain. Ceux de 2002 — une trentaine avaient continué de bénéficier durant un semestre de leur indemnité de député (5 800 €). Juste le temps de retrouver du boulot. Grand seigneur avec l'argent de l'Assemblée, le député de l'Eure a décidé de faire passer le nombre de semestre de un à dix! Soit cinq ans. Autrement dit, un député battu en juin prochain et qui se retrouverait inscrit à l'ANPE verrait son traitement prolongé durant toute la prochaine législature ! Mais que les battus ne se réjouissent pas trop vite : ils percevront leur solde de manière dégressive. Exemple : en juin 2012, un député touchera 20% de son traitement soit un peu plus de 1 000 euros. C'est toujours mieux que le RMI, merci Jean-Louis...
Cet articulet qui m'avait totalement échappé est donc paru le mercredi 7 février, en page 3.
Depuis, on ne peut pas dire que cela ait fait les choux gras des journaux ou des médias, alors que la question commence à se poser ici, là ou là.
Bref, ça circule sur le web sans émerger au grand jour.
J'ai eu beau chercher sur le site de l'Assemblée, je ne trouve pas, juste ça.
Si le Canard dit vrai (nulle raison d'en douter au demeurant), il pourrait s'agir d'une décision du Bureau de l'Assemblée qui établit (parfois discrètement) les règles "administratives" de son fonctionnement.
Je vous propose que nous essayions ensemble d'en savoir plus dans la journée.
Parce que vue la situation de précarité de tant de Français ayant perdu leur emploi - qu'ils soient en fin de droits ou sans droits, au RMI ou pas -, je ne peux pas croire et je ne veux pas croire que nos députés - si proches du terrain, de la réalité et de leurs "chers électeurs" - se soient octroyés un tel incroyable avantage en loucedé.
Et le tout en pleine Présidentielle !
Au boulot...
Le premier qui confirme ou qui réfute gagne un cadeau.
07:45 Lien permanent | Commentaires (285) | Envoyer cette note
dimanche, 25 mars 2007
Le Pen, encore.
Depuis quelques jours, j'ai un sale (pres)sentiment.
[Précision liminaire, cette note est le résultat de ce que je ressens ; elle est subjective, comme 80% de ce que j'écris].
Ministère de l'immigration et de l'Identité nationale pour l'un.
Marseillaise bissée à Marseille (!) et drapeau Français à domicile pour l'autre (vendredi, dans un petit village du Var, à Correns, Ségolène Royal a en effet déclaré que "tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore" pour l'afficher "aux fenêtres, comme cela se fait dans d'autres pays, le jour de la fête nationale").... Sans parler de l'un de ses modèles en politique, qu'elle revendique dans son livre à paraître, Maintenant, Jeanne d'Arc...
La campagne a bel et bien viré au Bleu blanc rouge...
J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un simple effet mécanique - à droite - dû à la percée dans les sondages de François Bayrou.
Face à la montée de François Bayrou, Nicolas Sarkozy avait décidé - ai-je imaginé - de radicaliser son discours et d'aller chercher des voix plus à droite, chez les électeurs du FN. Ce qui à mon sens constituait déjà une énorme erreur politique : depuis 20 ans les électeurs préfèrent toujours l'original à la copie... Gare aux vases communicants.
Mais, lorsque j'ai entendu Ségolèle Royal, elle aussi, partir braconner - à sa manière évidemment - sur ces terres-là, je me suis dit qu'il devait y avoir autre chose.
J'ai l'intuition que des enquêtes circulent [je vais essayer de vérifier cela dans la semaine], qui placent Jean-Marie Le Pen bien au dessus des pourcentages "officiels" des sondages.
D'où cette inquiétante course à l'échalotte derrière les thèmes et les items traditionnels du FN ; au fameux motif qu'il ne faut surtout pas les lui abandonner.
On connaît la chanson.
Vieille rengaine.
Vieux pot.
Vieille soupe.
Je vous rappelle qu'en 2002 c'est exactement à la surface de ces basses eaux-là que Le Pen stagnait dans les sondages, quelques jours avant le 21 avril, lorsqu'il a doublé Lionel Jospin de quelques 200 000 voix pour atteindre le second tour avec quatre points de plus que ce qu'on lui promettait (regardez ces tableaux de près s'il vous plait).
Allons cependant au delà des sondages ou des enquêtes.
Il suffit de se balader un peu dans la France qui râle et qui dérouille, notamment au sud de la Loire ou dans les banlieues, pour piger rapidement que Le Pen sera effectivement et quasi mécaniquement plus haut.
Du coup, avant de rédiger cette note, hier, j'ai interrogé plusieurs élus (de droite et de gauche), qui connaissent bien les banlieues et leurs régions.
Ils m'ont tous expliqué, ces dernières heures, qu'ils ne croisent pas sur le terrain beaucoup d'électeurs potentiels de Nicolas Sarkozy mais de plus en plus de Lepénistes, sûrs de leur vote. Presqu'en pagaille !
Ils ont aussi une autre sensation (au double sens du terme) : pas mal de ceux qui déclarent des intentions de vote en faveur de François Bayrou dans les sondages seraient, selon eux, de futurs électeurs Lepénistes "dissimulés" derrière ce paravent.
Les sondages favorables à Bayrou comme antichambe d'un vote Le Pen...
Certains d'entre-eux envisagent même que Nicolas Sarkozy pourrait être cette fois la victime du "coup de tonnerre" et même passer par la fenêtre du premier tour ! Une hypothèse que nous avions envisagé ici, il y a quelques mois.
Sans tomber dans le piège de la fiction politique (j'ai déjà donné cette semaine), je suis persuadé que les deux candidats les mieux renseignés - presque heure par heure - sur les évolutions quantitatives et qualitatives de l'opinion n'ont pas décidé soudainement de parler Nation, France, drapeau, identité nationale, Marseillaise ou Jeanne d'Arc, au hasard, juste comme ça. Le marquage à la culotte, pour employer une image footballistique, a des limites.
Du coup là, plus j'y pense et plus je trouve que le nouveau slogan de Ségolène Royal, "La France présidente", sonne mal.
Il me fait même un peu froid dans le dos...
08:29 Lien permanent | Commentaires (364) | Envoyer cette note
samedi, 24 mars 2007
Alain Morvan, un recteur limogé.
Stéphane Nivet est attaché temporaire d'enseignement et de recherche et doctorant en histoire moderne (sous la direction du Professeur Bernard Hours) à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Il est aussi Vice-Président d’Hippocampe.
Hippocampe est une association d'étudiants de Lyon 3, née en décembre 1993, à l'initiative de Pierre-Jérôme Biscarat, alors étudiant en histoire.
L'objet moral de l'association est "la transparence à l'université Jean Moulin Lyon 3" et la "lutte contre le racisme, le négationnisme et l'antisémitisme à l'université Jean Moulin Lyon 3". Leurs combats les ont amenés à s’opposer à l'existence d'un pseudo institut de recherche à Lyon 3 - l'Institut d'Etudes Indo-Européennes de Jean-Paul Allard (président du jury de la thèse négationniste d'Henri Roques) - mais aussi à la distribution d'une revue antisémite dans les locaux de Lyon 3, ou encore au retour de Bruno Gollnisch en février 2005.
Ils ont reçu lors de conférences à Lyon 3 - ou ailleurs car l'Université a refusé de nombreux invités - : Lucie et Raymond Aubrac, Jean-Olivier Viout (substitut de Pierre Truche lors du procès Barbie), Alain Jakubowicz, Bernard Kouchner, Richard Prasquier (Yad Vashem), Myriam Anissimov, Daniel Cordier (le secrétaire de Jean Moulin).
Lyon 3 a notamment refusé d'accueillir Pierre Vidal-Naquet….
Stéphane Nivet m'a fait parvenir le texte qui suit au sujet du limogeage du recteur de l'Académie de Lyon Alain Morvan.
Il sera parmi nous, pour répondre à vos questions à partir de 17 heures.
07:50 Lien permanent | Commentaires (268) | Envoyer cette note
vendredi, 23 mars 2007
Honneur de la police.
Bravo à la TeleLibre pour ces images que les 20 heures ne devraient pas diffuser... La suite ici.
Pour ceux qui ont manqué un épisode les explications de RESF :
Répression et chasse aux étrangers : un pas a été franchi.
Hier et ce soir, des incidents graves se sont produits lors de rafles effectuées dans nos quartiers à Paris.
Lundi 19 mars en fin de journée, nous avons assisté, révoltés, à une tentative d'arrestation devant l'école maternelle Rampal d'une dame venue chercher une petite fille à la sortie de l'école.
Malgré l'intervention des parents présents, et celle d'enseignants, les policiers ont fouillé et interrogé cette femme, prenant de haut les protestations, devant les enfants et parents traumatisés. Ils l'ont ensuite emmené pour une destination qu'ils n'ont pas voulu préciser, laissant la petite fille désemparée...
Suivis et à nouveau "interpellés" par des parents de façon véhémente, les forces de l'ordre ont fini par relâcher leur proie plutôt que de provoquer une émeute. Cet incident a eu lieu lors d'une énième rafle dans le quartier de Belleville.
Ce soir, mardi 20 mars, au même endroit, après plusieurs allers-retours dans le quartier, les policiers ont finalement assiégé un café (situé à l'angle de 4 écoles, les écoles Lasalle et Rampal), et y arrêtant, notamment, un grand-père de 2 enfants scolarisés aux écoles Piver et 77, bld de Belleville.
Après l'avoir été maintenu dans le café pendant plus d'une heure, la police décidait d'embarquer ce grand-père juste avant la sortie d'école de 18h. Les parents d'élèves, des enseignants, les militants de RESF et les habitants du quartier tentaient d'intervenir. La réaction des policiers fut immédiate : ils cherchaient violemment à disperser la mobilisation, n'hésitant pas utiliser la violence physique et un peu plus tard à asperger la rue de gaz lacrymogène. Les parents présents aux sorties d'écoles, avec leurs enfants et leurs poussettes, atteints par les puissants gaz lacrymogènes, se réfugiaient dans l'école élémentaire Lasalle pour fuir cette scène particulièrement traumatisante.
Le grand-père a finalement été emmené dans un commissariat du 2ème arrondissement.
Quelque temps après, les rafles se poursuivaient à Goncourt et à la rotonde de Stalingrad.
Non contents d'augmenter la cadence des contrôles au faciès, parfois en dehors de tout cadre judiciaire, les fonctionnaires de police ont donc choisi cette fois de violer le dernier refuge des valeurs de la République, à savoir l'école.
Le Préfet de Police de Paris aurait tort de sous-estimer la colère grandissante que provoquent ces procédés iniques et circonstanciels dans les quartiers dits "populaires". La peur cède peu à peu à la détermination d'y mettre fin, on l'a vu ce soir.
Nous partageons cette détermination. Le procédé de rafle est en lui-même odieux parce qu'il bafoue l'ensemble des droits fondamentaux des personnes humaines. Et doublement insupportable quand les institutions de la République sont elles-mêmes visées.
Nous rappelons aussi les garanties données à RESF à deux reprises pendant l'été 2006 (le 5 juillet et le 27 juillet) par la Préfecture de Police : qu'il n'y aurait pas d'interpellations dans et aux abords des établissements scolaires. Désormais, devons-nous tenir pour caducs ces engagements ?
17:15 Lien permanent | Commentaires (238) | Envoyer cette note
Loi de Lynch.
Vers 1837, la « loi de Lynch » donne naissance au mot lynchage : un déferlement de haine raciale à l'encontre des indiens, particulièrement en Nouvelle Angleterre, comme à l'endroit des noirs poursuivis par des Comités de vigilance qui donneront naissance au Ku Klux Klan.
Heureusement rien à voir avec ces horreurs dans notre belle contrée, mais juste une "méthode" journalistique éprouvée et surtout éprouvée - de manière sélective - par les candidats à la Présidentielle.
Évoquons d'abord les "petits candidats".
Eh bien, les concernant, cette loi joue à plein...en permanence.
NRVés de devoir interviewer un trotskiste de plus, ou une écolo qui culmine à moins de 1%, vos chroniqueurs favoris et autres saigneurs des micros, se comportent avec eux comme ils n'oseraient jamais le faire avec les "gros poissons". Méprisants, arrogants, ils les tancent. Recette éternelle : faibles avec les forts et, en l'occurence, forts avec les faibles. Une position de missionnaires.
Concernant les "gros candidats", rien à voir. Les trois actuels leaders de la campagne ont ainsi eu à subir successivement un traitement quasiment identique ; une valse à cinq temps, bien plus complexe que la règle des trois "L" - édictée par Jean-François Kahn - ("je te lèche, je te lâche, je te lynche").
Premier temps : l'épreuve du feu. Ambiance de rite initiatique : "On va te montrer de quel bois on se chauffe mon petit gars (ma petite)"...
Aussi bien Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal que François Bayrou ont été cognés au début de leurs campagnes. Les éditorialistes qui - croient qu'ils - comptent ont d'abord roulé des mécaniques pour leur montrer qu'ils ne les craignaient pas. On a donc vilipendé Sarkozy, moqué Royal et ridiculisé Bayrou. Je me souviens très bien que, sur RTL notamment dans "On refait le Monde", fin 2006, il ne se trouvait presque aucun chroniqueur pour trouver la moindre grâce au ministre de l'Intérieur. Il a donc fallu recruter des plumes de droite. Eh oui, aujourd'hui, ça vous étonne sûrement, mais c'est la stricte vérité !
Je ne reviens pas sur les multiples procès en incompétence voire en "cruchitude" intentés à Ségolène Royal pendant la campagne interne du PS.
Quant à François Bayrou, présenté comme un neuneu par les Guignols, il a été ridiculisé pendant de longues semaines, sur le thème "c'est juste un Chevènement avec de grandes oreilles".
Deuxième temps : le passage. Ambiance petit scarabée : " Il/Elle est des No Otres..."
Dans cette deuxième séquence, le candidat est investi par son parti. Il lance sa campagne. Oint par le suffrage des militants de sa famille, il reçoit en parallèle, dans les jours qui suivent, l'adoubement des ténors et autres starlettes de la profession qui, désormais, passent à son égard au registre du respect. On ne peut plus moquer de la même manière quelqu'un qui vient d'être élu confortablement par les siens. Les trois candidats ont connu cet état de grâce et cette agréable montée en puissance.
Troisième temps : la validation. Ambiance de méfiance : " Mais il va gagner ce con/cette conne !"
Là, ce sont les sondeurs qui contribuent le plus à la modification de l'angle de vue et de jugement. Lorsque le candidat dépasse un certain pourcentage d'intentions de vote dans les sondages, la considération qu'on lui manifeste s'accroît en fonction du nombre de points qu'il gagne dans les enquêtes quotidiennes. On ne regarde plus et on ne parle plus de la même manière d'un Bayrou à 23... Ni d'une Royal à 28/29 ... Sarkozy ayant été donné gagnant près de cinquante fois de suite, je n'ai sans doute pas besoin de vous expliquer la déférence à son égard, ni surtout les craintes qu'il suscite.
Quatrième temps : le yoyo (rien à voir avec Lionel J.). Ambiance "je l'avais dit.com" : "C'était écrit".
Naturellement les sondages montent mais ils descendent aussi. Du coup leurs osciillations vers le bas provoquent toujours une variation des commentaires dans la même direction... Si Sarkozy descendait vers les 24% deux ou trois fois de suite, on pourrait plutôt se marrer à lire les commentaires et à relever les changements de ton et de pied.
Cinquième temps : la démolition. Ambiance massacre à la tronçonneuse : "Prends ça dans ta face !".
La loi de Lynch est là. Les candidats prétendument sur la pente savonneuse sont vilipendés. Deux ou trois points de moins dans trois enquêtes de suite et là les gros calibres sortent... Cette semaine, c'est François Bayrou qui "s'y colle". Après que Royal y ait eu droit plusieurs semaines de suite. Sarkozy est largement épargné.
Voilà comment, à mon sens, peuvent se lire, presque mécaniquement, les rapports entre candidats et journalistes (il y a évidemment des exceptions).
Vous aurez sans doute noté que je n'ai pas évoqué du tout Jean-Marie Le Pen.
C'est que pour lui, il n'y a jamais de modification. La détestation est toujours maximale. Elle augmente même plus il progresse, à l'inverse du traitement réservé aux autres candidats !
En 2002, on sait bien les effets que cette Loi de Lynch a produit. Comme quoi, être la victime d'un tabassage en règle dans les médias n'est pas forcément un handicap...
08:10 Lien permanent | Commentaires (120) | Envoyer cette note
jeudi, 22 mars 2007
22 avril 2007.
Dans un mois... Exactement.
Le 22 avril.
La veille, ce 21 de sinistre mémoire, la plupart des éditoriaux de ceux qui comptent à Paris ont rappelé le "coup de tonnerre", il y a cinq ans.
Dans Libération qui affiche une Ségolène Royal souriante en couverture "Tous pour une!", Joffrin y va de son "Plus jamais ça" en expliquant combien la présence de Jean-Marie Le Pen ou de François Bayrou au second tour serait la confirmation de l'immaturité électorale des Français. Une motion de défiance est mise au vote dès l'après-midi.
L'éditorial du Monde est plus ambigü "Entre la démocratie d'opinion et le néopopulisme".
Le Figaro ne fait pas dans la dentelle. Un Sarkozy accompagné de Cécilia semble regarder ce titre : "Le plein de voix".
À Aujourd'hui/Le Parisien on s'interroge. Alors que les photos des quatre principaux candidats s'affichent, un énorme "Qui ?" barre la couverture.
Le samedi s'achève. Des chiraquiens font courir le bruit en début d'après-midi d'un nouveau départ de Cécilia Sarkozy pour New York. Les rédactions s'enflamment... avant que le soufflé ne retombe. Le couple est repéré en fin de journée rue du Faubourg-Saint-Honoré chez Tod's... Fausse alerte !
En ce dimanche matin pluvieux la France glose. Que vaut la bruine un matin d'élection ?
Ni le JDD, ni Aujourd'hui n'ont osé se mouiller. Leurs deux titres : "L'incertitude" et "Très serré !" rivalisent d'originalité.
Alors qu'aucun sondage n'est publié, les rumeurs les plus folles commencent à parvenir via le net et les portables, depuis la Suisse, la Belgique et l'Angleterre.
Des petits malins ont demandé à nos voisins sondeurs de leur donner des éléments chiffrés tout au long de la journée. Malheureusement, peu versés dans l'art du redressement à la Française, les chiffres que donnent ces sondeurs sont inexploitables. En dépit des 75 000 euros qu'ils ont versé, les commanditaires de l'opération sont bredouilles. Comment annoncer de tels chiffres sans prendre le risque de se ridiculiser dans les heures qui viennent ?
C'est un échec.
Juste le premier du jour...
Alors qu'à 13 heures le taux d'abstention reste encore important, ce sont les bouchons qui s'accumulent en direction de la capitale qui font l'actualité des journaux télévisés. Il semble bien que les Parisiens aient décidé de profiter de leurs vacances jusqu'au dernier moment plutôt que de rentrer la veille pour accomplir leur devoir électoral.
À 15h les journalistes politiques sont tous à leurs postes.
Mais c'est vers 16h30 que la tension monte d'un cran dans toutes les rédactions.
Alors que les images des votes des candidats dans leurs bureaux respectifs tournent en boucle inlassablement, les patrons de l'info cherchent à en savoir plus en qestionnant tous leurs contacts. Il est pourtant bien trop tôt. Encore deux bonnes heures à ronger leur frein. Et l'autoroute du sud qui ne désemplit pas !
C'est vers 17h qu'un incident a ileu à la mairie d'Issy Les moulineaux. L'électrice âgée qui a été prise d'épilepsie devant les deux boutons de la machine à voter électronique a été évacuée par le SAMU 92. Mais l'image tournée par un JRI d'i-télé fait le tour des chaînes d'info en continu. André Santini descendu de son bureau cigare au bec se veut rassurant. Mais on apprend la mort de l'électrice à 17h42.
Un présage ?
18h. D'ici une demi-heure les sondages sortis des urnes (les SSU) devraient permettre de produire les premières estimations qui resteront secrètes jusqu'à 20 heures, sauf pour les "initiés"...
18h30. Les lieutenants des principaux sondeurs des différents instituts sont en ligne les uns avec les autres depuis dix bonnes minutes.
Quelque chose ne tourne pas rond.
Alors que l'abstention est donnée autour de 29%, aucun d'entre-eux ne parvient pour le moment à séparer les quatre candidats de tête, ni à les classer, sans sortir dangereusement des fameuses marges d'erreur.
De quelque manière qu'ils procèdent, ils sont tous contraints d'avouer passablement penauds à leurs clients respectifs que si les choses continuent comme cela, d'estimation à 20 heures il n'y aura pas. Juste une fourchette. Pas davantage.
L'événement est inédit. Dans les QG politiques plus personne n'est visible.
19H. Arlette Chabot est ivre de rage. Après avoir traité de " bande de connards" la moitié du service politique, elle se replie dans son bureau, portable collé à l'oreille. Elle balance ses pompes contre le mur et s'asseoit les jambes collées sur son bureau. "Qu'ils se démerdent !".
À TF1, on commence à réfléchir au type d'infographie possible à 20 heures. Mais la chaîne a prévu tous les cas de figure depuis longtemps.
Sur France 2 et France 3, en revanche, on cherche en urgence un infographiste d'astreinte (!) pouvant sortir les chaînes de service public de la mouise en réalisant une animation présentant les candidats en même temps. Les chaînes n'ont pas du tout prévu ce cas de figure...
19h15. PPDA vient de prendre l'antenne sur TF1 pour annoncer - sybillin - un "événement jamais arrivé sous la Vème République".
La France retient son souffle.
Dans les radios, la panique gagne.
Elkabbach passe son temps enfermé dans son bureau, le portable vissé à l'oreille. Les journalistes tirent à la ligne.
Dans les quatre principaux partis les candidats sont eux invisibles ou absents et l'accès aux étages de leurs bureaux désormais verouillé par des costauds.
19 heures 59.
10 9 8 7...
À l'unisson, toutes les chaînes Françaises annoncent leur incapacité à fournir une estimation suffisamment précise. Seule l'abstention est connue, mais les écarts entre les candidats sont trop faibles pour que deux visages se dessinent sur nos écrans. Ce sont donc quatre visages à niveau égal qui apparaissent de manière plus ou moins travaillée à la palette graphique. Sur France 3, la tête de Le Pen est coupée dans la largeur... Sur France 2, c'est à Bayrou qu'il manque une oreille dans le cadre...
Les politiques qui se sont rendus dans les chaînes et les radios refusent tous de se rendre en plateau pour débattre et tous les "experts" de la place de Paris sont réquisitionnés pour venir occuper le terrain.
Dans les coulisses les sondeurs s'agitent devant leurs ordinateurs mais rien de cohérent, ni surtout de vérifiable ne sort.
À 20H30 pour la deuxième fois, rien ne tombe du chapeau des sondeurs désormais en bras de chemise.
Les débats creux entre journalistes politiques s'enchainent sur les ondes et sur les antennes, tandis que dans la coulisse des plateaux les seuls politiques décidés à s'exprimer sont les représentants des "petits candidats" mais à eux, personne ne veut laisser la place... Noël Mamère venu en vélo fait le coup de poing pour entrer de force sur le plateau de France 2.
21h. Dans la coulisse, Arlette Chabot est au bord de la crise de nerfs. Elle a quitté l'antenne pour tenter de "bouger ces nazes" mais rien n'y fait.
21h30. Alors que sur Canal Plus tous les sketches des Guignols sont inutilisables, Laurence Ferrari doit garder l'antenne sans autre consigne que "il faut meubler". La chaîne enfile des sujets déjà vus. Un naufrage.
21h45. Sur France 3, la direction décide de faire démarrer "La grande Vadrouille".
Alors que le cinquième tour de France des correspondants en province s'achève sur TF1, la polémique enfle.
Le débat dans le débat prend forme.
Quelques sociologues mal rasés rameutés puis conduits en moto-taxis sur les plateaux mettent en accusation les instituts de sondage.
Les sondeurs sont cloués au pilori. Pour se défendre, ils mettent en cause les électeurs. Leur "volatilité imprévisible" et leur "indécision". On aura tout entendu !
22H. Alors que depuis deux heures la France ne vote plus et que les autoroutes sont encore saturées, il faut se rendre à l'évidence. Aucune estimation fiable n'existe. Les quatre principaux candidats se tiennent en trois points. Toujours tous dans la marge d'erreur.
22h45. Après avoir espéré un signal un quart d'heure plus tôt, TF1 et France 2 décident après près de trois heures de débats insipides sur l'absence de résultat (!) de programmer deux fims qu'ils interrompront dés qu'il leur sera possible de sortir une première estimation.
Alors que "Les Bronzés 3" démarrent sur la une, c'est "La Boum 2" que France 2 envoie.
Chabot veut rentrer chez elle.
Dans les villes de France, beaucoup de citoyens sont spontanément sortis dans les rues pour attendre "quelque chose" mais, vers 23heures, l'orage qui s'abat - notamment sur la capitale - douche les plus courageux. Les places se vident.
Des bandeaux déroulants indiquent vers minuit en surimpression sur les films en cours que "Pour l'instant, les estimations n'étant pas assez précises, nous ne sommes pas en mesure de départager les candidats..."
Les radios passent de plus en plus de musique entre quelques interventions inutiles de journalistes.
Il est minuit.
Aucun candidat n'est visible depuis le début de la soirée.
À l'Elysée, le Président décide d'aller se coucher et demande qu'on le réveille au cas où...
Vers 0H50 alors que les films s'achèvent et que France 3 a pris la décision de programmer un Inspecteur Derrick, la consternation règne dans toutes les rédactions.
La soirée électorale, ce bijou de technologie et d'inventivité, est totalement foutue. Des millions d'euros dépensés pour rien...
Et ces "putains de sondeurs" qui refusent toujours de donner la moindre estimation...
Au ministère de l'Intérieur, jamais une telle situation n'a été vécue. François Baroin est en panique totale. Les comptages et recomptages de bulletins dans les bureaux de vote prendront encore des heures tant les scores sont serrés. Seules la cinquantaine de machines électroniques finalement utilisées en France ont rendu des résultats mais comment se baser sur un million et demi de votes répartis de manière totalement fumeuse ?
1 heure et demie du matin.
C'est une soirée historique que vit le pays.
Pour la première fois, les Français qui travaillent le lendemain vont en majorité se coucher sans connaître le nom des deux candidats pour qui ils devront voter dans quinze jours.
2h30. Le désastre se confirme. Toujours rien de tangible.
2h39. On apprend par Reuters que Nicolas Sarkozy pris de violentes migraines est rentré chez lui se coucher. L'AFP qui avait l'information ne l'a pas sortie...
À Montretout la tente mise en place dans le jardin de la propriété de Le Pen s'est totalement vidée. Le Président du FN est au lit depuis une heure. Ses filles finissent les bouteilles qui trainent.
Rue de Solférino, les permanents et les responsables du PS attendent un appel de Ségolène Royal repliée avec ses conseillers dans son QG voisin du Boulevard Saint Germain.
François Bayrou a décidé de partir se promener à pied dans Paris avec son ami Lapousterle. Il écarte violemment les caméramen qui veulent l'accompagner.
3 heures et demi. Toujours rien.
4h20. Enfin une estimation plus fine.
Ou presque.
Ils ne sont plus que trois dans la marge d'erreur...
Les télévisions décident de prendre l'antenne à 5 heures.
4 heures 43.
Cette fois c'est fait !
Deux candidats se dégagent de la nasse et c'est sur internet que s'affiche d'abord le résultat !
De sites en sites et de blogs en blogs !
Les internautes restés connectés apprennent le résultat de l'élection un bon quart d'heure avant les flashs spéciaux des radios et la prise d'antenne des chaînes d'info.
23 avril 2007.
La télévision a perdu l'élection.
07:25 Lien permanent | Commentaires (260) | Envoyer cette note
mercredi, 21 mars 2007
Ségophobie.
Je suis dans une position paradoxale.
Presque schizophrène.
Je n'ai pas aimé l'élection de Ségolène Royal en novembre dernier.
Non pas que j'ai soutenu un autre candidat - je ne suis pas socialiste - mais il y avait dans ce plébiscite de la Dame Blanche un côté irrationnel qui ne m'a satisfait en rien. Et je n'ai pas varié d'un iota là-dessus. Je n'ai pas apprécié cette espèce d'unanimité, un peu boy scout pour tout dire.
À cette époque, les médias ont largement aidé Ségolène Royal à s'imposer. Prétendre le contraire est difficile.
La candidate a contourné puis conquis son parti par l'opinion.
Puis, après un état de grâce de courte durée, est venu le temps de sa remise en cause ; notamment sur ses compétences, ses bourdes, puis sa sincérité et sa capacité à l'emporter. Les battus de l'élection interne et leurs bad lieutenants ont fait beaucoup - en off bien évidemment - pour décrédibiliser la candidate. Dans peu de temps sortiront d'ailleurs les vraies petites phrases des uns et des autres sur "cette conne", "nulle", "méchante", "suffisante", "méprisante", "qui ne pense qu'à sa gueule"...
Mais nous avons désormais franchi une étape supplémentaire.
Figurez-vous qu'il est de plus en plus difficile de croiser dans le redoutable (sic) microcosme parisien un journaliste ou un "commentateur" qui lui trouve encore quelques vertus et qui soit prêt à l'assumer.
Tout le monde se pince le nez !
Dans chaque émission de débats où il est question de politique, la nouvelle mode est au passage à tabac, voire au lynchage.
Même ceux qui ont contribué à la porter au pinacle la déchirent à belles dents.
Alors qu'il y a quelques mois, c'est Nicolas Sarkozy qui trouvait le moins de défenseurs, il faut aujourd'hui sortir une loupe pour trouver quelqu'un prêt à prendre la défense de la candidate socialiste.
La montée de François Bayrou dans les sondages a, de ce point de vue, libéré la parole et l'énergie rentrées de pas mal de confrères qui ont trouvé un débouché tranquille à leur envie d'éviter à tous prix l'élection de Nicolas Sarkozy.
Je ne suis ni choqué, ni surpris par ce comportement. Chacun est libre de changer d'avis. Et de canasson. Et c'est à la fin de la foire que l'on ramasse les bouses...
Mais ces jours-ci, l'accumulation des saloperies et des coups bas contre Royal a franchi un cap.
Et je déteste la mauvaise foi. Je veux dire toute autre mauvaise foi que la mienne !
Je vis ma troisième présidentielle de l'intérieur du système (je commente la vie politique dans des médias depuis 1993).
Et franchement, je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà vu une telle unanimité journalistique succéder à une autre unanimité, tout aussi disproportionnée, quelques mois plus tôt. Même la dégringolade de Jospin en 2002 ne s'apparente en rien à ce phénomène ; ce d'autant que personne n'avait anticipé son écroulement.
De la même manière qu'entre l'été et décembre 2006 la Ségomania d'une bonne partie des médias fut donc dérisoire, la ségophobie des mêmes (ou presque) est aujourd'hui tellement excessive qu'elle en devient pathétique.
Une meute a chassé l'autre...
Sans compter, et c'est évidemment là l'essentiel, que les citoyens normaux ne vivent pas du tout la même campagne électorale que nous les "initiés" !
Ayant la chance de pouvoir discuter au quotidien avec pas mal de Français moyens (sur le net, par mail, mais surtout dans la "vraie vie"), je mesure chaque jour davantage l'incroyable distance qui sépare désormais leurs jugements de nos analyses parisiennes, péremptoires et ethnocentrés.
Du coup, j'en viens même à me demander si l'écart qui s'est creusé entre les professionnels du commentaire et les Français n'est pas un fossé bien plus large et profond que celui qui existait déjà entre les mêmes citoyens et leurs élus.
C'est vous dire...
Plus qu'un mois avant de le vérifier.
07:35 Lien permanent | Commentaires (353) | Envoyer cette note
mardi, 20 mars 2007
Contingences...
Et si on parlait de vacances...
Les vacances de Printemps de la zone C (Paris, Bordeaux, Créteil, Versailles) s'achèvent le dimanche 22 avril (les cours reprennent le 23 au matin). Le jour même de l'élection.
En revanche pour la zone B ( Aix-Marseille, Amiens, Besançon, Dijon, Lille, Limoges, Nice, Orléans-Tours, Poitiers, Reims, Rouen, Strasbourg) le week end électoral est fiché en plein milieu des vacances.
Seule la Zone A ( Caen, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Montpellier, Nancy-Metz, Nantes, Rennes, Toulouse) n'est pas concernée, les vacances s'achevant le 16 avril.
D'après un sondage évoqué hier par l'AFP (Le Baromètre Opodo 2007 a été réalisé en janvier par le Cabinet Raffour Interactif auprès de 1.000 personnes représentatives de la population française âgées de 15 ans et plus, interrogées à domicile. La question sur les élections a été posée aux personnes parties en 2006 et en âge de voter), 1,8 million de personnes, soit 6%, partiront quand-même, mais ont déclaré vouloir voter par procuration.
A l'inverse, 6% des Français ont eux planifié leur départ sans tenir compte des élections.
En gros, si l'on rajoute les "indécis" sur la date de leurs vacances et qui pourraient peut-être partir ce sont 5 millions de Français qui ont un projet de départ pendant les périodes électorales (législatives comprises).
Dans un pays dans lequel le vote par procuration est moins simple qu'il n'en a l'air, l'information n'est pas anodine.
Sans parler du lien évident entre vacances et hausse de l'abstention.
Bien sûr, tout le monde connaît les dates de l'élection présidentielle depuis des mois.
Il ne s'agit pas d'un scoop.
Mais dans le contexte de l'élection telle qu'elle se présente au premier tour (un mouchoir de poche entre quatre candidats) et sachant que chaque voix va compter, je suis certain que le sujet va prendre de l'ampleur.
Même s'il s'agit typiquement là d'un "problème de riches" (d'après la plupart des enquêtes, 4 Français sur 10 ne partent jamais en vacances).
Il n'en demeure pas moins qu'une forme d'inégalité face à l'élection existe en fonction notamment de la zone où l'on habite et où l'on vote.
Lorsque l'on sait qu'une présidentielle peut se jouer à 200 000 voix (elles manquèrent notamment à Lionel Jospin), cette donnée n'est pas du tout anodine.
Il y a un deuxième sujet sur lequel je reçois, depuis des semaines, un nombre considérable de messages : le vote électronique.
Sans que les choses soient encore très précises (d'où l'inquiétude légitime qui monte), un à deux millions de Français (voyez la différence !) ne trouveront aucun bulletin ni enveloppe dans leur bureau de vote, mais ils devront en fait appuyer sur deux touches pour voter : la première pour choisir un candidat, la seconde pour confirmer ce choix.
C'est une première pour une Présidentielle et environ un millier de terminaux sont installés dans une cinquantaine de communes.
Les raisons invoquées pour justifier le recours aux machines sont toujours bonnes : faciliter le vote des aveugles, accélérer la vitesse du dépouillement, moins de papier gâché (ah enfin le vote écolo !) ; le tout sur fond de démobilisation croissante des volontaires pour le dépouillement.
Reste le problème du contrôle, de la vérification du vote.
S'il n'y a pas en plus du vote enregistré électroniquement un bulletin imprimé, un recomptage ultérieur des suffrages est pour le moins problématique. Les trois modèles d’ordinateur à voter homologués en France - construits par Nedap, l’espagnol Indra Sistemas et l’américain ES& S - sont dépourvus d’un tel dispositif.
D'autres problèmes, de vraies fraude ou de simples erreurs, sont encore évoqués notammen ici, là ou encore là.
Pour finir avec ces apparentes contingences, je rappelle à tous ceux qui passent des heures à gloser sur les sondages (moi compris parfois) une question souvent posée par des commentateurs sur le DEL : comment les sondeurs parviennent-ils à intégrer dans leurs enquêtes si fines les opinions des citoyens qui n'ont pas de ligne de téléphone fixe mais seulement un portable ?
Au lendemain de l'officialisation des douze candidats, ces petites questions techniques sont bien plus sérieuses qu'il n'y paraît.
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lundi, 19 mars 2007
Le chant du départ.
Plus qu'une dizaine de jours : "Je vous confirme que je quitterai le ministère de l'Intérieur avant la fin du mois de mars", a déclaré Nicolas Sarkozy hier soir lors de l'émission France Europe Express.
Il va même en discuter ce matin avec Jacques Chirac.
Le ministre aura donc été au bout du bout ; accumulant conflits d'intérêts et avantages divers liés à se fonction.
Dans la 6ème République que madame Royal appelle donc de ses voeux depuis hier (il était temps...) ou dans celle (différente) que François Bayrou avait préempté jusqu'ici, ne pourrait-on pas inscrire une incompatibilité totale entre des fonctions gouvernementales (Premier ministre compris) et une candidature à la Présidentielle ? Dès que cette ambition est déclarée et pas seulement lorsqu'elle est validée par le Conseil Constitutionnel !
Il faudrait par ailleurs prévoir le cas d'un Président en exercice qui souhaite se représenter.
Même si pour le coup, la solution la plus évidente serait de limiter la fonction à un seul mandat...
08:45 Lien permanent | Commentaires (239) | Envoyer cette note
dimanche, 18 mars 2007
À vos marques...
Et dire qu'on s'est mis minables !
Qu'on s'est souvent traités de tout !
Que certains ont balancé des dizaines de sondages à la face des autres pour les convaincre de la nullitude de l'une ou de la surestimation d'un autre.
Que des insultes ont volé parfois très très très bas.
Que nous avons parfois cru (ou feint de croire), les uns et les autres - moi compris -, que les déclarations des Besson, Allègre, Borloo, Veil ou Tartempion pourraient être cruciales, changer la donne, bouleverser le "jeu".
Que Chirac allait...
Mouais...
Bah malgré l'immense bordel qui règne dans ce pays depuis la rentrée [depuis 8 mois pratiquement nous n'avons plus de gouvernement, ni d'opposition...] la campagne, la vraie, avec des vrais morceaux de vrais candidats dedans (onze ou douze) ne commence que lundi vers 18h ! Quand le Conseil constitutionnel proclamera le nom des candidats ayant effectivement leurs 500 parrainages.
Il restera alors un mois tout rond et à peine trois jours avant le premier tour.
Les compteurs sont à zéro.
À vos marques...
Prêts ?
Partez !
D'ici là, prenez donc des forces...
Bon dimanche.
08:15 Lien permanent | Commentaires (264) | Envoyer cette note
samedi, 17 mars 2007
Pamphlet haineux ?
Dans un livre titré Les contre-réactionnaires, et publié chez mon ancien employeur - Denoël - dans une note dans le bas ou plutôt dans le fond de la page 106, l'auteur, le brillant Pierre-André Taguieff, écrit au sujet de Privé, ma maison d'édition :
"Cette maison d'édition, récemment créée, spécialisée dans la littérature de dénonciation, publie des pamphlets haineux qui, rédigés à la hâte par des mercenaires de plume, visent à devenir des best-sellers à travers le scandale provoqué par de prétendues "révélations"".
C'est évidemment mensonger (j'ai du publier trois ou quatre "pamphlets" en trois ans) et surtout extrêmement insultant vis à vis des nombreux auteurs qui animent cette maison, sans la moindre intention haineuse ; qui ne dénoncent rien, ont mis souvent plus d'un an à écrire leur livre, en ne cherchant nul scandale.
Et dire que cela figure dans un livre publié dans la maison d'édition que j'ai largement contribué à faire tourner de 1998 à 2004.
Mais cela se règlera... Les ingrats finissent toujours par se faire rattraper par la patrouille !
Il me semble bien plus intéressant de relier cette saloperie - co-produite par un auteur et un éditeur (Olivier Rubinstein) désormais en toupie -, à la publication du pamphlet d'Éric Besson chez mon honorable confrère Grasset, l'un des éditeurs les plus respectables et les mieux installés de la capitale.
En dehors des militants socialistes, qui manifestent déjà fortement leur NRVement sur le blog de mon excellent camarade de jeu, Claude Askolovitch, [c'est lui qui a effectué l'interview du dissident Royaliste (je l'ignorais jusqu'à hier)], va-t-il se trouver quelque bonne conscience pour se scandaliser - en des termes aussi outrés et insultants que Taguieff - que Grasset, puissante maison du groupe Lagardère, dirigée par le brillant Olivier Nora, publie un ouvrage aussi violent (je n'en ai encore lu que les "bonnes pages") contre la candidate socialiste, et si près du premier tour ?
Je ne sais pas moi... Au hasard BHL, inspirateur de la maison Grasset, qui dina, il y a peu, avec la candidate et nous le fit savoir à grand renfort d'auto-promotion, donnera-t-il cette fois son avis contre l'attitude polémique de la propre maison qui l'héberge ? Je ne sais pas pourquoi, mais je pense qu'il ne va pas en parler. Je ne demande bien sûr qu'à être démenti.
Et toi ami Asko, toi qui es déjà venu te défendre avec vigueur contre les attaques, ici même, cette nuit ; toi qui m'as si souvent critiqué - fortement et même publiquement - pour mes choix éditoriaux bidons, que penses-tu de ma question ?
Tiens et puis je t'en rajoute une autre. Rien que pour toi celle-là. Surtout, ne la prends pas mal, nous avons pris l'habitude de tout nous dire toi et moi !
Peut-on observer la campagne, comme tu le fais brillamment au quotidien pour l'Obs et au micro de RTL, et y entrer ainsi de plain-pied en contribuant - et juste à ce moment là - à l'écriture d'un livre semble-t-il aussi brutal (je répète que je n'en ai lu que des extraits dans Le Monde) ?
Je serais vraiment heureux que tu viennes m'éclairer. Moi, l'expert, l'éditeur spécialisé dans la littérature de dénonciation ; le gars qui publie des pamphlets haineux rédigés à la hâte par des mercenaires de plume. Des livres qui visent à devenir des best-sellers à travers le scandale provoqué par de prétendues "révélations" !!! (© Denoël, Olivier Rubinstein & Pierre André Taguieff)...
09:15 Lien permanent | Commentaires (191) | Envoyer cette note
vendredi, 16 mars 2007
Trop tard.
Jacques Chirac entendu par la justice en juin.
Et peut-être comme témoin assisté.
Des années qu'on en rêvait...
Je ne sais pas pourquoi mais cette nouvelle tombée hier dans la frénésie de la campagne présidentielle n'a eu quasiment aucun effet sur moi.
Logiquement j'aurais dû sauter de joie.
J'ai suffisamment accompagné les combats des meilleurs ennemis de Jacques Chirac pour me réjouir de le voir enfin rendre des comptes.
Entre les étonnantes révélations d'un Gérard Merle, les mises en cause répétées d'Arnaud Montebourg, la publication avec Arnaud Hamelin de la Cassette Méry, le formidable Sept ans de solitude d'Éric Halphen ou plus récemment Impunités Françaises de Sébastien Fontenelle, j'ai donné ! Sans parler de Nos délits d'initiés et des questions posées sur les voyages à l'étranger de Jacques Chirac, payés en liquide. Et sur ses mensonges.
J'en oublie.
Bref, a priori, je suis le "client" idéal pour une "bonne nouvelle" de ce genre.
Et pourtant, après ses douze ans de règne (nous sommes une monarchie...), au moment où la justice va enfin faire son boulot, je trouve cela totalement vain.
Il est trop tard.
Beaucoup trop tard.
Je n'ai pas envie d'imaginer la "curée".
Les caméras, les photographes, la meute accompagnant l'entrée de l'Ex et guettant sa sortie.
Les lâches qui n'ont pas bronché pendant douze ans qui vont retrouver soudainement la mémoire, peut-être même des preuves enfouies, et balancer...
Les éditoriaux enflammés des courageux de la 25ème heure.
La petite chronique classique de la lâcheté politico-médiatique ordinaire.
Il fallait attaquer Jacques Chirac lorsqu'il était au pouvoir, comme nous l'avons fait, et nous étions assez nombreux.
Pour le contraindre à céder.
Le forcer à se rendre devant des juges.
L'obliger à aller répondre à la convocation du juge Éric Halphen en mars 2001.
En dépit de son statut.
De cette immunité de pacotille.
Ou même, pourquoi pas, essayer de le pousser à la démission.
Les parlementaires socialistes et Lionel Jospin, alors Premier ministre, ont ici une bien lourde responsabilité ; eux qui n'ont pas voulu - avant 2002 - donner à Arnaud Montebourg les signatures nécessaires pour enclencher la mise en accusation du Président devant la commission d'instruction de la Haute Cour de Justice.
La procédure ne pouvait pas aboutir ?
Nous le savions mais il aurait fallu l'entamer, ne serait-ce que pour des raisons symboliques.
Pour montrer que nul n'est au-dessus des lois.
Président ou pas.
Les socialistes n'en ont eu ni la volonté politique, ni le courage. Et comme à cette époque François Bayrou et l'UDF ne voulaient pas encore faire la révolution (ironie...), ils n'ont pas soutenu l'initiative.
Ils l'ont tous largement payé en avril 2002.
Alors, convoquer Chirac Jacques en juin 2007 ?
Cela n'aura plus beaucoup de sens.
Plus largement, au delà du cas Chirac, un système politique dans lequel les principaux gouvernants, et surtout le Président, sont quasiment intouchables et irresponsables pendant qu'ils détiennent le pouvoir n'est pas et ne sera jamais une démocratie complète.
Il faut avoir la possibilité de mettre en cause un Président PENDANT son mandat.
Un juge doit pouvoir l'auditionner PENDANT son mandat.
Un Président doit devenir un justiciable presque ordinaire.
Sans compter que dans notre pays où le cumul des mandats et la longévité politique sont des sports nationaux, les politiques de haut niveau ne sont, de fait, mis en cause que de manière rarissime.
Les 40 ans de carrière de Jacques Chirac le montrent clairement.
Quant au procès des écoutes téléphoniques de l'Élysée, que vaut-il sans le "témoignage" de François Mitterrand ?
Voilà un vrai sujet de réflexion pour électeurs hésitants ou volatils !
Demandez-vous (demandez leur !) quel statut envisagent pour eux même ou leurs ministres les principaux candidats.
PS. Je signale aux Delistes Lyonnais que je suis de passage à 17h30 à la FNAC Lyon Part-Dieu pour débattre avec Philippe Cohen de nos BD respectives.
Absent de mon écran jusqu'à cette nuit, je vous remercie de ne pas vous NRVer plus que de raison !
08:50 Lien permanent | Commentaires (213) | Envoyer cette note
jeudi, 15 mars 2007
Et si c'était...
Comment un candidat à la Présidentielle peut-il réussir à être en couverture de l'Obs ? (ce matin).
Vous ne me croyez pas ?
Regardez donc cette vidéo.
12:10 Lien permanent | Commentaires (218) | Envoyer cette note
Yad la joie !
Vous connaissez tous Charlie Hebdo.
Ce journal courageux qui publia (après France Soir) les caricatures de Mahomet et dont le boss, Philippe Val, pense parfois si vite qu'il est malaisé de le suivre si l'on ne s'est pas équipé de patins à roulettes...
Je lis toujours Charlie avec un temps de retard parce que, franchement, il n'y a pas d'urgence !
J'ai donc feuilleté hier matin celui de mercredi dernier (7 mars) et je suis tombé sur ce dessin de Riss.
Et là franchement, j'ai tiqué. Tout particulièrement sur : "LES PHOTOS DE LEUR BONHEUR À YAD VASHEM".
Précisions liminaires.
Mon propos ici n'est (comme presque chaque jour) qu'un jugement personnel. Ce n'est un appel à rien. Je suis pour la liberté d'expression, pour la caricature, contre la censure, les procès et même pour que l'on abolisse la loi Gayssot.
Je me sens donc assez bien placé pour demander au patron de Charlie, qui avait comparé dans son édito l'épisode de la vidéo de Duhamel sur mon blog à des méthodes dignes de la kommandantur, s'il a lu son journal récemment ou si ses autres occupations le tiennent trop éloigné de son bureau.
Je veux surtout savoir comment il se positionne lui, qui fût si prompt à expliquer - à juste titre - que caricaturer la Shoah ou les camps nazis n'avait évidemment rien à voir avec caricaturer le prophète, dieu, un rabbin, un imam, un curé ou un pasteur. En effet, il n'y a pas de point commun entre le fait de se moquer d'une religion quelle qu'elle soit et celui de tenter de plaisanter de fait avérés et dramatiques que nombre de salopards contestent encore au mépris de l'Histoire. Il faut juste du talent pour y parvenir.
Alors que doit-on comprendre de ce dessin de Riss ?
Et Philippe Val peut-il me le décrypter ?
Pourquoi le dessinateur "inspiré" imagine-t-il une fausse Une de Voici (journal appartenant, au passage, au groupe allemand Prisma Presse) : une parodie " hilarante", sur laquelle Glucksmann et Sarkozy sont en vacances ensemble allongés sur une plage (???) à Yad Vashem ?
Pour ceux qui l'ignorent, Yad Vashem (יד ושם) est un mémorial israélien édifié à Jérusalem, en mémoire des victimes juives de la Shoah. Il a été établi en 1953 par la Loi du mémorial votée par le parlement israélien.
En quoi le soutien de Glucksmann à Nicolas Sarkozy a-t-il le moindre lien avec Yad Vashem ? Et avec la Shoah ?
Si Val ne passait pas sa vie à donner des leçons à la terre entière, je pourrais admettre, que dans son propre journal, "chacun fait fait fait c'qui lui plait plait plait".
Mais, là je finis par me demander en quoi ce dessin est plus ou moins drôle que les "bonnes blagues" de Dieudonné si couramment (et justement) dénoncées par Val et d'autres dans les colonnes du même Charlie ?
Je trouve le dessin de Riss - dont au passage j'ignore tout - abject.
Il ne me fait pas rire.
Charlie a le droit de le publier.
J'ai le droit d'écrire que je le trouve abject.
Et surtout de demander à Val ce qu'il en pense.
J'ajoute pour finir qu'à lire dans Charlie le très bon édito de Gérard Biard consacré cette semaine aux saloperies de Raymond Barre sur le "lobby juif" et au procès intenté par Faurisson à Badinter (on aura tout vu !), je me demande vraiment ce qui tient lieu de ligne à Charlie !
En attendant une réponse, je relis Desproges.
Et là, je ris.
"Les juifs. On ne m'ôtera pas de l'idée que, pendant la deuxième guerre mondiale, de nombreux juifs ont eu une attitude carrément hostile à l'égard du régime nazi. Il est vrai que les Allemands, de leur côté, cachaient mal une certaine antipathie à l'égard des juifs. Ce n'était pas une raison pour exacerber cette antipathie en arborant une étoile à sa veste pour bien montrer qu'on n'est pas n'importe qui, qu'on est le peuple élu, et pourquoi j'irai pointer au vélodrome d'hiver, et qu'est-ce c'est que ce wagon sans banquette, et j'irai aux douches si je veux... Quelle suffisance"!
Ajout 11h30 : l'explication de l'utilisation de Yad Vashem se trouve dans mon commentaire de 10h40.
07:15 Lien permanent | Commentaires (176) | Envoyer cette note
mercredi, 14 mars 2007
Allegro ma non troppo !
Je ne soutiens pas Ségolène Royal. Et je n'avais pas la "chance" de faire partie des mille invités du Gymnase Jappy.
Mais, pour cette 500ème note (!!!), je veux manifester un NRVement véritable contre une manière de se comporter en politique.
Le pire de la politique. À moins qu'il ne s'agisse de la politique du pire.
Hier matin, Claude Allègre est venu posément annoncer au micro d'Aphatie qu'il ne voterait pas pour Ségolène Royal.
Quelle nouvelle !
L'homme qui moque le réchauffement climatique, ne craint pas les dangers de l'amiante, défend le nucléaire et préconise les OGM, le sismologue de plateaux télé et l'ami de toujours de Lionel Jospin (rien à voir avec le tremblement de terre du 21 avril...) déteste madame Royal.
Il a donc profité du micro opportunément tendu pour venir "tailler" consciencieusement la candidate de tous les socialistes ; celle de son parti.
Davantage que le geste en lui-même, c'est le moment choisi pour sortir le coutelas qui me semble le plus choquant.
Alors que la campagne se resserre et que François Bayrou menace de dépasser Ségolène Royal dans les intentions de vote, la fustiger publiquement est un mauvais coup de la part d'un prétendu socialiste ; qui plus est ancien ministre de l'Éducation.
Si cette candidature lui était aussi insupportable, pourquoi Claude Allègre n'a-t-il pas dit haut et fort pendant la campagne interne du PS que si madame Royal était investie, il ne voterait en aucun cas pour elle à la Présidentielle ? Il aurait alors au moins pu faire basculer...deux ou trois militants !
Où alors, pourquoi n'a-t-il pas justement profité de son investiture par l'énorme majorité des militants du Parti socialiste, en novembre 2006, pour annoncer que vu ce choix démocratique, mais inepte selon lui, il ne voterait pas pour elle le 22 avril prochain ?
Au moins, de telles déclarations auraient eu de la gueule.
Mais là, dans les circonstances présentes, son "choix" est une pure incarnation de l'inélégance.
Sur le fond, surtout, pourquoi Allègre feint-il de s'offusquer aujourd'hui du projet de madame Royal (notamment sur l'Éducation et la recherche) alors qu'il s'agit pourtant de celui du Parti socialiste ; son parti ? Il l'a découvert la semaine dernière derrière un dossier mal classé ?
N'aurait-il pas par hasard attendu pour s'exprimer si rudement que la candidate soit en délicatesse avec les sondages et en difficulté ?
Que lui rapporte, surtout, de rendre ainsi public un tel vote contre nature, en prétendant pour se justifier : "Mes convictions personnelles de scientifique sont plus fortes que toute autre considération" ? Les cellules souches ont vraiment bon dos !
Ne sommes nous pas plutôt confrontés à une simple haine personnelle, recuite et remachée ; un compte qu'il règle tout en s'en défendant : "Ça n'a rien à avoir avec des questions de personne"... ?
À moins qu'il ne s'agisse d'une sortie auto-promotionnelle notamment destinée à vendre son dernier livre... Un de plus pour l'un des Fast-Thinker les plus redoutables de l'hexagone.
En tous cas, cette saillie assez lamentable intervient au moment où un autre Jospiniste, Éric Besson, s'apprête, lui aussi, à donner le coup de pied de l'âne à Ségolène Royal dans un livre que l'on trouve sous ce titre chez Amazon : Tout sur Ségolène Royal, une erreur pour la France. Mais qui finalement pourrait bien s'intituler : Qui connaît madame Royal ?. Une réponse au "Qui connaît monsier Besson?" dont elle le gratifia le jour de sa démission...
La classe...
Pendant que ces balles sifflent, Jean-Luc Mélenchon, apparemment privé de campagne électorale ailleurs que sur son blog, se désespère de voir certains de ses "camarades" tenter de courir après François Bayrou. Un Mélenchon presque aussi fâché avec les noms propres - il confond (allègrement !) Simone Veil avec la philosophe défunte Simone Weil - qu'avec DSK coupable d'appels du pied aux centristes. Alors que les treize éléphants du pack Royal n'ont toujours pas réussi à se croiser, que l'ambiance est donc de plus en plus pesante dans le camp socialiste et que certains acteurs de sa campagne sont pour le moins silencieux (ouh ouh Arnaud Montebourg...), le comportement de Claude Allègre n'est simplement ni honorable, ni digne.
Il ne me semble pas nécessaire d'être socialiste (militant historique, adhérent à 20 euros, simple sympathisant, électeur) ou soutien de Ségolène Royal pour le remarquer.
Rajout de 8h08. Pendant ce temps là Sarkozy continue de chasser chez Le Pen. Il cite désormais Rivarol dans ses discours. Mais où sont donc passés Blum, Jaurès et Guy Môcquet ???
07:30 Lien permanent | Commentaires (313) | Envoyer cette note
mardi, 13 mars 2007
Chirac du passé composé au conditionnel.
Prenons donc un peu de hauteur...
Dans l'édification de sa statue et de son statut entamée(s) ces dernières semaines, on ne peut pas dire que le débat sur Jacques Chirac et "les affaires" ait encombré les colonnes des journaux, ni les antennes, ni le web. Même Pierre Péan a omis de s'intéresser au sujet.
Si j'y reviens aujourd'hui c'est à cause d'une miniscule manipulation [remarquée par l'une des meilleurs sources qui fréquentent le DEL (merci Arnaud D.)]
Le 21 septembre 2000 l'affaire Méry éclate dans les colonnes du Monde.
Jacques Chirac est précisément ce soir là l'invité du 19-20 de France 3.
Questionné par Élise Lucet sur les révélations du Monde, Jacques Chirac lâche cette réponse qui fera date :
"aujourd'hui, on rapporte une histoire abracadabrantesque. On fait parler un homme mort il y a plus d'un an. On disserte sur des faits invraisemblables qui ont eu lieu il y a plus de quatorze ans".
On peut par exemple retrouver cette déclaration (à la sixième ligne) ici.
Depuis l'annonce du départ de Jacques Chirac (40 ans, jour pour jour après son premier mandat), les sites d'informations sont encombrés de dépêches rappelant les "meilleures petites phrases" du Président sortant ; un florilège présenté sous le titre : "Jacques Chirac dans le texte".
Voici donc (presque) exactement la même phrase telle qu'elle figure dans l'ensemble de ces dépêches :
"aujourd'hui, on rapporte une histoire abracadabrantesque. On fait parler un homme mort il y a plus d'un an. On disserte sur des faits invraisemblables qui auraient eu lieu il y a plus de quatorze ans".
Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de vous entretenir trop longuement de la différence entre l'utilisation d'un passé composé et celle d'un conditionnel...
Il suffit de se rendre sur le site officiel de l'Élysée pour trouver la source, l'origine connue, de cette modification entre la phrase effectivement prononcée lors de l'interview et la phrase réécrite par les conseillers du Président.
Une réécriture qui eut lieu à l'époque, qui fit alors jaser, mais dont aujourd'hui plus personne - ou presque - ne se souvient.
Et que surtout, plus personne ne commente.
Près de 7 ans plus tard, l'utilisation de la version officielle réécrite du propos et non de la phrase véritablement prononcée pose pourtant une montagne de questions qui interrogent toutes sur notre rapport général aux faits tels qu'ils ont eu lieu.
Ce 21 septembre 2000, dans le stress de l'interview, Jacques Chirac utilisa bien ce troublant passé composé qu'une gomme magique vint effacer alors (à l'écrit) pour lui subsituer au plu

























