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dimanche, 30 avril 2006

Dominique, Lionel, Nicolas, si vous me cherchez...

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... Je suis par là...

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... Ou par ici !

09:00 Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note

samedi, 29 avril 2006

Faisons les taire !!!

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Si l'on écoute Daniel Vaillant, très proche de l'ancien Premier ministre socialiste, l'hypothèse Jospin-le-retour se précise.
"Je ne doute pas qu'il sera utile dans l'année qui vient", a déclaré le député et maire du XVIIIe arrondissement de Paris, vendredi 28 avril sur i-Télé. "Après, la forme que cela prendra, ce sont les socialistes qui décideront". Ce sont, en effet, les militants du PS qui désigneront, fin novembre, leur candidat. Daniel Vaillant a précisé que Lionel Jospin "s'exprimera sur le sujet à l'automne", ajoutant même dans une allusion transparente à Ségolène Royal : "Je ne crois pas que l'offre présidentielle des socialistes aujourd'hui soit l'offre qui interviendra le moment venu, c'est-à-dire dans quelques mois".
Voir le site de l'Obs http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060428.OBS5724...)


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Le Figaro (ce matin) : "Envisagez-vous (...) de remanier votre gouvernement ?"
Je n'en vois pas la nécessité. Dans la difficulté, on cherche toujours des boucs émissaires, mais c'est rarement une bonne solution. Ce qui compte, c'est la détermination, l'énergie, la constance de l'équipe gouvernementale : elles sont là. C'est aussi la capacité à apporter des réponses aux attentes des Français. Une équipe qui a traversé des épreuves en sort plus forte, plus expérimentée et plus soudée.
Voir le site du Figaro
http://www.lefigaro.fr/france/20060429.FIG000000602_ville...

08:59 Lien permanent | Commentaires (67) | Envoyer cette note

vendredi, 28 avril 2006

VILLEPINGATE !

Vous ne trouvez pas que ça sonne bien VILLEPINGATE ?

Je lance ici un décompte officiel.

Combien de temps pour que l'expression sorte de ce blog ?

Combien de temps pour que le Premier ministre bouge de là pour sauver une dernière fois le Président ?
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-766411@...

Combien de temps... ?

Combien de temps, enfin, pour que l'on se demande si, comme le clame Denis Robert - au delà de la manipulation anti-Sarkozy - il y a bien des comptes personnels chez Clearstream ?

13:10 Lien permanent | Commentaires (75) | Envoyer cette note

Clearstream : Le Point a changé de "ligne".

Le Point de Giesbert m'étonnera toujours.

Il y a deux ans l'hebdo faisait sa une sur les frégates de Taiwan :
"Frégates : L'affaire d'Etat qui fait trembler toute la classe politique"( - le Point - 08/07/2004)
une enquête réalisée par Jean Guisnel, Jean-François Jacquier, Laurent Léger avec Lucien Lambert

"L'affaire d'Etat qui fait trembler toute la classe politique" donc.

Roulements de tambour ! Trompettes ! TATATATATATA

Le papier débutait ainsi :

"Deux lettres anonymes adressées au juge Renaud Van Ruymbeke mettent en cause anciens ministres, préfets, patrons, membres des services de renseignement... L'establishment français est éclaboussé par un vaste système de blanchiment présumé qui passe par la « banque des banques », Clearstream, domiciliée au Luxembourg. Révélations"


Vous avez bien lu ?

"L'establishment français est éclaboussé par un vaste système de blanchiment présumé qui passe par la « banque des banques », Clearstream, domiciliée au Luxembourg. Révélations"

on notera avec perplexité que l'establishment EST éclaboussé par un vaste système de blanchiment PRÉSUMÉ QUI PASSE...pas qui passerait par exemple...

cherchez l'erreur...

Le papier continuait ainsi :

"Le juge Renaud Van Ruymbeke est assis sur un baril de poudre. Les informations qui, depuis quelques semaines, lui parviennent de manière anonyme font trembler toute la classe politique française".

Bien lu ?

Les informations qui, depuis quelques semaines, lui parviennent de manière anonyme font trembler toute la classe politique française".

La suite :

"De quoi s'agit-il ? D'une liste intitulée « Le bal des crapules », dont Le Point a pu prendre connaissance et comportant, parmi d'autres, les noms d'une vingtaine de personnalités politiques, du monde des affaires et de personnages mêlés à des trafics d'armes. Toutes sont dénoncées comme ayant ouvert des comptes secrets douteux au Luxembourg. Des comptes qui auraient pu servir au paiement de rétrocommissions, de pots-de-vin, au financement de partis... Bref, une gigantesque filière de blanchiment, le scandale des scandales !"

Au premier rang des cibles ainsi désignées figurent notamment deux anciens ministres socialistes, un de la droite libérale, un ex-patron de la DST, un préfet, un ex-flic des Renseignements généraux, le fils d'un ancien ministre de l'Intérieur, le père d'un membre du gouvernement, un essayiste-homme d'affaires en vue... Si ces révélations explosives se vérifiaient, c'est une bonne partie de la République qui serait ébranlée. Enquête..."


L'« affaire des affaires »

Ce matin-là, le lundi 3 mai 2004, Renaud Van Ruymbeke n'a pas vraiment prêté attention à ce courrier. Il arrive tellement de lettres anonymes sur le bureau des juges d'instruction, une de plus ou de moins... Machinalement, le magistrat jette l'enveloppe. Puis, lisant et relisant attentivement la missive, il comprend qu'un corbeau lui dénonce un incroyable système de blanchiment présumé.


Ah ce blanchiment PRÉSUMÉ, le revoilà !

En deux pages aux lignes serrées, truffées de numéros de comptes bancaires, le mystérieux correspondant guide le juge Van Ruymbeke vers le centre névralgique de la finance planétaire : Clearstream. Et si le délateur était en train de le diriger vers la plus gigantesque lessiveuse d'argent sale au monde ? Dans ce cas, c'est le fondement même des trafics internationaux d'argent qui serait mis à mal. Le point de départ d'une « affaire des affaires » d'une ampleur jamais vue...

Les enjeux, de fait, sont gigantesques. Qu'est-ce que Clearstream ? Rien de moins que la banque des banques.

L'institution qui fait les comptes, au jour le jour, des échanges d'argent, d'actions ou autres valeurs mobilières entre toutes les banques de la terre. Dans les milieux financiers, on parle de « chambre de compensation » ou de « clearing ».


Un peu plus loin dans l'article :

"C'est cette dernière bombe qui, aujourd'hui, met en émoi les milieux politique et judiciaire. C'est elle qui contient les noms de personnalités en vue supposées détenir des comptes chez Clearstream.

Il faut ici rappeler que les particuliers n'ont pas le droit d'avoir un compte dans cette banque, réservée aux opérateurs bancaires. Mais un système complexe et particulièrement opaque donne le moyen à des institutions financières de disposer de comptes « non publiés », qui permettent de dissimuler l'identité de leurs véritables ayants droit.

Le listing fait apparaître des noms censés demeurer secrets et les associe à des numéros de compte précis. Le Point en a pris connaissance.

Outre les politiques déjà évoqués précédemment figurent à nouveau Alain Gomez, Philippe Delmas, le patron d'une autre société aéronautique et deux cadres de très haut niveau d'un groupe de médias... On est désormais loin, très loin des frégates de Taïwan.

Contactées, plusieurs des personnalités nouvellement citées dans le dernier envoi du corbeau ont formellement démenti être titulaires de comptes chez Clearstream et flairent une grossière tentative de manipulation des juges
".

L'une de ces personnes précise : « Le corbeau mélange un peu de vrai et beaucoup de faux, greffant des noms fantaisistes. Les juges le découvriront, mais il leur faudra du temps ! »



Et oui, des noms fantaisistes, beaucoup de faux, etc...

Le papier se révélait donc beaucoup plus prudent après une lecture fine (outre les PRÉSUMÉ rajoutés) que ce que le titre laissait croire. Le tout faisant Pschitttt un an après.

Il n'empêche que l'article se terminait tout de même par des hypothèses :

"Première hypothèse : les lettres anonymes révèlent enfin où sont passées les faramineuses commissions versées lors de la vente des frégates à Taïwan. Alors que le dossier frégates est savamment enlisé par l'application du secret-défense, ces courriers sauvent les juges en désignant Clearstream, où aurait transité l'argent. A charge pour eux de démêler les fils et de trouver quels ont été les circuits de l'argent sale.

Autre éventualité : le corbeau est un imprécateur, optant pour la dénonciation d'une mafia présumée, mêlant hommes politiques, industriels français et parrains russes ou colombiens, utilisant Clearstream comme outil de blanchiment.

La première lettre détaille ainsi un gigantesque transfert (1,15 milliard de dollars) opéré par Mikhaïl Khodorkovski le 17 octobre 2003, c'est-à-dire une semaine exactement avant son arrestation par le pouvoir russe, vers des comptes détenus par des Français, puis vers des fonds d'investissement domiciliés dans les paradis fiscaux du Vanuatu et de Grand Cayman. Les juges auront-ils les moyens d'enquêter sur une aussi vaste affaire ?

Dernière piste, enfin : après les affaires visant Thomson-CSF devenue Thales, on cherche à aiguiller les juges vers Airbus et vers la composante française du géant aéronautique européen EADS. A quelques semaines du Salon international de Farnborough, formidable caisse de résonance, à qui profiterait le crime ?"



Et bien cette semaine Le Point revient et en "une" sur "L'affaire qui ébranle le pouvoir".
Notons qu'à l'intérieur, dans l'article de Catherine Pégard, l'affaire n'ébranle plus mais SECOUE le pouvoir ! Un détail.

On comprend en tous cas à la lecture de ce papier que désormais l'affaire dont on parle est bien une manipulation et non plus une véritable affaire.
Une manipulation que Le Point a très largement, comment dire, accompagnée voire entretenue à l'époque avec la couverture évoquée ci-dessus.

Mais de cette couverture là, et de ces effets à l'époque, il n'est plus question du tout.

Le Point a désormais basculé vers la thèse de Nicolas Sarkozy, celle de la manip., menée contre lui, et peut-être même par Dominique de Villepin.

J'attire donc ici votre attention sur l'intéressante conclusion d'un deuxième article de Jean Guisnel titré (cette semaine) "La chasse aux corbeaux" :
"la manoeuvre du second corbeau est limpide, tellement outrancière qu'elle décridibilise la première lettre en mouillant Nicolas Sarkozy par dessus le marché".

Dont acte, je crois savoir que l'intéressé aurait aimé que dès 2004 le Point (Jean Guisnel compris) soit aussi certain que l'on était en présence d'une MANOEUVRE aussi LIMPIDE, TELLEMENT OUTRANCIÈRE... que l'hebdo en fit alors "L'affaire d'Etat qui fait trembler toute la classe politique"...

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jeudi, 27 avril 2006

Ami-ami

Il est de plus en plus probable donc que Béatrice Schönberg soit amenée à prendre un peu l'air pendant l'année présidentielle http://permanent.nouvelobs.com/medias/20060426.OBS5439.html.
Je ne me réjouis pas particulièrement de cette future distance éventuelle, je constate simplement que la situation n'en sera certainement que plus saine.
Mais, une fois cela posé, une autre question existe qui n'est jamais traitée publiquement.
Quid de l'amitié entre journalistes politiques et femmes ou hommes politiques ?
Je ne parle pas de la petite relation amicale entre des personnes qui grenouillent dans le même milieu.
Non, l'amitié avec un A qui fait que lorsque, par exemple, je parle publiquement de Montebourg je dis toujours d'abord que c'est mon ami et que je ne suis donc pas objectif le concernant.
La promiscuité qui existe dans nos milieux fait que, de plus en plus, des solidarités se créent entre des individus qui franchissent ensemble des paliers et des étapes professionnelles, en se faisant parfois même la courte échelle.
Vient alors le temps des franches connivences sans que le public qui lit, écoute et observe les "analyses" et autres "commentaires" des journalistes sache jamais que les prises de position des politiques ont été préparées parfois dans une totale complicité.
Par ailleurs, la remarque vaut pour tous les journalismes puisque ce type de liens se nouent absolument dans tous les milieux : sport, culture, économie, etc.

Il me semble donc que cette question taboue vaut la peine que nous nous la posions collectivement.

PS : je tiens la liste de mes amis politiques à votre disposition !

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mercredi, 26 avril 2006

Je vais me faire des copines...

Je ne connais pas du tout Michel Charzat député-maire PS du XXè arondissement de Paris. Jamais vu, jamais croisé, etc. La précision est d'importance. Je crois même savoir qu'il est moyennement sympathique et que c'est un vrai cumulard.

Je découvre dans 20 minutes (http://www.20minutes.fr/articles/2006/04/26/Paris_Candida...) qu'hier soir, lors d'un bureau national, le Parti socialiste a confirmé qu'aux législatives de 2007, la 21e circonscription serait réservée, parité oblige, à une femme. Soutenu par les fabiusiens, Charzat espèrerait encore obtenir gain de cause.

D'après Sophie Caillat, deux de ses anciennes collaboratrices sont officiellement candidates : Frédérique Calandra (actuellement adjointe de Bertrand Delanoë, chargée de la Médiation) et Nathalie Kaufmann (sa suppléante à l'Assemblée nationale et adjointe aux Sports à la mairie du 20e). Les deux jeunes femmes que 20 minutes présente comme "proches de François Hollande", estiment que Charzat devrait céder sa place au nom de "l'intérêt général" et de la "démocratie", après avoir cumulé dix-neuf ans de mandat parlementaire. Mais la journaliste de 20 minutes révèle également qu'Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, "pourrait aussi entrer dans la course". Enfin, le nom de Fadela Amara, la présidente de l'association "Ni putes ni soumises", circulerait également.

Je suis évidemment en phase avec celles et ceux qui notent qu'après avoir cumulé 19 ans de mandat parlementaire, Michel Charzat devrait laisser la place : à mon sens aucun élu ne devrait effectuer plus de deux mandats similaires successifs -. Mais je ne suis définitivement pas d'accord avec le principe selon lequel c'est une femme qui doit automatiquement récupérer la place.
Après la parité, n'en doutez pas, la discrimination positive prendra le relais et ce sont des "candidats issus des minorités visibles" qui seront choisis pour remplacer les vieux cumulards. Et qui ensuite ?
Je me réjouis - que ce soit bien clair entre nous ! - d'instances politiques qui reflètent davantage la réalité de mon pays mais je ne me résouds toujours pas à ce que des candidat(e)s qui ne sont pas forcément les "meilleurs" soient choisis au seul "bénéfice" de leur sexe et/ou de leurs origines.
Allez NRV vous un bon coup !

09:05 Lien permanent | Commentaires (110) | Envoyer cette note

mardi, 25 avril 2006

Montfermeil ? C'est loin de la République !

Un arrêté municipal (en date du 7 avril), pris par Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), interdit aux 15-18 ans de se promener en groupe, soit « à plus de trois » en centre-ville, quelle que soit l'heure, et ce jusqu'au 30 juin. Les contrevenants risquent une interpellation et une amende de 38 euros nous apprend Michaël Hajdenberg dans 20 minutes.
Selon le quotidien, le maire justifie cette mesure par « une hausse de 600 % des vols avec violence entre début 2005 et début 2006 » : « c'est partout pareil depuis les événements de novembre, le peu de poursuites pénales et le sentiment d'impunité qui s'en est suivi ».

La section PS de Montfermeil et le Mouvement des jeunes socialistes ont décidé de déposer un recours devant le tribunal administratif pour protester contre «la porte ouverte au délit de sale gueule et à l'arbitraire».

Un gars sûrement bien ce Xavier Lemoine...

En moins de deux clics sur le web on trouve notamment ça à son sujet, dans un papier publié par l'Humanité en octobre 2005 (http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-10-05/2005-10-...)

"Des bambins interdits d’école

Un petit garçon de trois ans et sa maman vivent à la cité des Bosquets, à Montfermeil (93). Bali est né dans cette ville, où sa maman n’a pas trouvé de logement. Elle squatte un appartement dans la cité. Comme le font les parents de Viviane, trois ans elle aussi, née à Étampes. Les parents des deux enfants sont africains, en situation difficile et pour le moins précaire. Rien de plus courant. Étaler leur vie dans la presse ne fait pas partie de leurs ambitions. Mais scolariser leurs enfants, comme le leur permet la loi, oui. C’est même, pour eux, indispensable. Une preuve évidente de ce que notre ministre de l’Intérieur pourrait qualifier de « volonté d’intégration », alors que ce critère ne lui suffit pas pour régulariser les demandeurs de titre de séjour.
Pourquoi faut-il préciser que la loi permet de scolariser les enfants à la demande de leurs parents s’ils résident sur le territoire de la commune ? Simplement parce que le nouveau maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, ancien chef de cabinet du précédent, Pierre Bernard, tout aussi divers droite tendance Villiers et adepte de la même philosophie, de la même idéologie, a refusé d’inscrire ces enfants à l’école maternelle Victor-Hugo (...)"

Sympa non ?

Eh bien disons que tout ça, plus les déclarations de Nicolas Sarkozy ce week-end ("Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter"), plus la campagne anti-islamiste de Philippe de Villiers, plus Jean-Marie Le Pen placé en embuscade, ça augure magnifiquement de la suite...

07:48 Lien permanent | Commentaires (120) | Envoyer cette note

lundi, 24 avril 2006

France choir...

La sémillante équipe de repreneurs de France Soir a tenté de sortir le journal avec des journalistes non grévistes.
En exclusivité pour vous sa "une" grâce à http://www.francesoirenlutte.com/2006/


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07:15 Lien permanent | Commentaires (71) | Envoyer cette note

dimanche, 23 avril 2006

Islamistes à Roissy : de Villiers sur les terres du FN.

J'adore la presse de mon pays et sa manière de démarrer un peu au quart de tour.
Philippe de Villiers sort un bouquin jeudi chez Albin-Michel titré Les mosquées de Roissy.
Les médias se jettent dessus (Le Figaro Magazine de ce week end notamment)

Le patron du MPF, lancé dans une surrenchère extrémiste avec le FN, veut y démontrer que le premier aéroport Français est infiltré par les islamistes. Un thème pouvant lui attirer les sympathies des militants et des cadres du FN.

Lorsque j'ai entendu parler de ça, il y a 48 heures, je me suis jeté pour ma part immédiatement sur un des livres que j'ai eu le bonheur de publier, il y a exactement un an. Un livre de mon ami Guillaume Dasquié : Al-Qa'ida vaincra.
Un livre que tous nos confrères ont reçu, il y a un an donc, en avril 2005, en service de presse, mais dont ils ne se sont décidés à rendre compte qu'après les attentats meurtriers de Londres.

Tout ce qu'il y a à savoir sur cette prétendue infiltration islamiste - salafiste en fait - de Roissy y était déjà écrit entre les pages 75 et 84, rédigées par Guillaume Dasquié à partir d'un document confidentiel, une sorte de rapport d'étape rédigé début 2004.

Je cède donc volontiers ici la place à Guillaume Dasquié que j'ai alerté et qui nous confie ici le document définitif et original des services de police (il y a polémique sur les documents utilisés par de Villiers).

Un document qui tend à prouver quasiment le contraire de ce qu'affirme Philippe de Villiers :

Voici les 3 premières pages de la version définitive de l’étude réalisée par le service de renseignement de la Police de l'Air et des Frontières sur les activités Salafistes sur la plateforme aéroportuaire de Roissy (pudiquement appelé Section Information de la PAF).
Cette étude, remise le 22 juin 2005 dans cette version définitive, et longue de 67 pages, liste tous les individus qui ont fait l’objet d’enquêtes pour des convictions religieuses proches des doctrines Salafistes ou pour des déplacements répétées en Arabie Saoudite.

Après examen global des personnels travaillant sur Roissy, près de 300 personnes ont ainsi fait l’objet de missions de renseignement (sans qu’elles en soient informées). Comme indiqué page 2 de ce rapport, une seule personne a entraîné « la mise en œuvre d’une fiche T » (c’est-à-dire : « personne étant en relation ou susceptible d’être en relation avec des mouvements islamistes terroristes »).

Vu le nombre de personnes travaillant à Roissy c’est un ratio à peu près normal – on doit trouver le même sur Rungis ou sur l’ensemble des hypermarchés Leclerc…

Cette étude a été remise au SGDN (Secrétariat général de la Défense Nationale) au mois de juillet 2005, qui en a fait passer une synthèse aux autres services de renseignement via le CIR (Comité interministériel du renseignement, dont le secrétariat est géré par le SGDN).

Sur cette base, chaque service de la DCRG et des RGPP s’est livré à sa propre interprétation.


Pour tous ceux qui voudraient en savoir davantage, Guillaume Dasquié mettra en ligne le chapitre en question demain matin à cette adresse : http://www.guillaumedasquie.net








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17:05 Lien permanent | Commentaires (53) | Envoyer cette note

Du caviar au petit déjeuner.

Vous l'attendiez tous ?
Et bien, il l'a fait !
Ça y est enfin, c'est décidé !
Bernard Kouchner se lance dans la présidentielle (c'est dans le JDD) !
Quel bonheur et en plus, ça tombe pile la semaine où Laurent Joffrin publie son Histoire de la gauche caviar (http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2221104854/qid=1145...). Décidément, les - très - grands esprits se rencontrent...
Je ne sais pas s'il faut être affligé, consterné ou dégoûté mais que Kouchner ose cela juste deux jours après "l'anniversaire" du 21 avril montre bien que certains n'ont toujours rien compris. Mais alors rien.
Petit rappel pour ceux qui ont manqué un épisode : le 29 mai 2005 Bernard Kouchner soutenait...le "oui" au Traité constitutionnel européen. Et puis plus récemment il encourageait Villepin sur le...CPE !
C'est ce qu'il veut dire - sûrement - ce matin dans le JDD : "Je crois que les gens pensent mon langage plus sincère, précisément plus proche du réel que celui de certains politiques" et d'ajouter "Etre à gauche, s'est s'efforcer de ne pas tromper".
De ne pas SE tromper plutôt non Bernard ?
Et Christine Ockrent dans tout ça ? Maintenant que Bernard Kouchner est candidat, elle va continuer à présenter son rendez-vous politique tranquillement sur France 3 ?
Mais quelle question idiote !
Pendant ce temps là, de l'autre côté (quoique...) de l'échiquier politique une querelle passionnante démarre : de Villiers accuse Sarkozy d'avoir copié son slogan. Le slogan du MPF est : "la France, tu l'aimes ou tu la quittes". Nicolas Sarkozy a jeté samedi : "Si certains n'aiment pas la France, qu'ils la quittent" (http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060423.OBS4973...).
Et bien je vais les mettre d'accord, ils n'ont rien inventé, ni l'un, ni l'autre ; ça fait plus de 20 ans que le slogan de Le Pen et de tous ses amis est :
"La France aimez-là ou quittez-la !".

Finalement, vous reprendrez bien un peu de caviar ?

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samedi, 22 avril 2006

Bouteflika énerve la France d'en bas.

Vite une précision pour commencer. Si je parle ici de France d'en bas c'est, par commodité, pour désigner le sud : en bas en termes géographiques : le haut/le bas ! Rien de raffarinien, ni de néo-poujadiste voire de maurrassien dans mon propos ! Rassurez-vous d'emblée...
Bon, je profite donc de ce dernier jour dans le Gard pour attirer votre attention sur le traitement différent de l'actualité, selon que l'on est justement en haut ou en bas.

En bas, un sujet a vraiment énervé tout le monde.
Ce sont les déclarations du président algérien sur le colonialisme Français.
Abdelaziz Bouteflika a accusé (lundi) la France d'avoir procédé à un «génocide de l'identité algérienne» pendant la colonisation. Plus précisément,en visite dans la région de Constantine, à 400km à l’est d’Alger, le président algérien a affirmé : "La colonisation a réalisé un génocide de notre identité, de notre histoire, de notre langue, de nos traditions", ajoutant "nous ne savons plus si nous sommes des Amazighs (Berbères), des Arabes, des Européens ou des Français".
Mais davantage encore que ces déclarations, ce qui a enflammé le bas - et vraiment bien plus que le haut - c'est que quelques jours plus tard, le même Bouteflika, malade, arrive en France pour se faire soigner, une nouvelle fois, à l'hôpital du Val de Grâce (deux liens intéressants http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=56404 et aussi http://www.elwatan.com/2006-04-22/2006-04-22-40962.
Si Le Monde consacrait bien un petit article au sujet http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-763954@..., ii faut savoir qu'ici la querelle s'étalait à la "une" du Midi Libre http://www.midilibre.com/actuv2/article.php?num=1145476352, ce qui n'est somme toute pas classique pour un tel sujet de politique internationale.
Au delà des journaux, il suffisait, par ailleurs, de discuter quelques instants avec des gens du bas pour comprendre qu'un tel sujet les hérisse apparemment bien plus que les gens du haut. Alors que dans la capitale et ses alentours le débat se concentrait rapidement sur l'état de santé du Président et le secret médical http://www.liberation.fr/page.php?Article=376757 ici beaucoup considèrent globalement qu'il faudrait "renvoyer Bouteflika chez lui", "l'empêcher de se faire soigner à nos frais", "le laisser mourir dans son pays"- autant de propos entendus et pas du tout chez des militants d'extrême droite proches de Jean-Marie Le Pen.
Différence de perception donc et différence de traitement logique par des journalistes qui savent que le sujet algérien génère en bas intérêt et polémiques (je ne reviens pas sur le lamentable épisode Frêche, un lien pour ceux que cela intéresse : http://www.midilibre.com/dossiers_v2/un_dossier.php?id_ru...).

Allez, c'est pas tout ça, mais maintenant, il faut bien que je (re)monte comme on dit ici !

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vendredi, 21 avril 2006

Vous avez aimé 2002 ? Vous allez adorer 2007 !

D'après un sondage IFOP/Acteurs publics publié par Métro, plus d'un tiers des Francais pense que l'extrême droite "enrichit le débat politique" et "est proche de leurs préoccupations". 35% des personnes interrogées répondent "Oui, plutôt" à la question de savoir si l'extrême droite enrichit le débat politique (65% sont d'avis contraire). 34% des sondés pensent même que "l'extrême droite est proche des préoccupations des Français" (66% affirment le contraire). Enfin, ceux qui trouvent que l'extrême droite enrichit le débat politique estiment que sa contribution est la plus utile en matière d'immigration (43% des réponses) et sur la sécurité (31%). Viennent ensuite le chômage (14%), l'éducation (7%) et la protection sociale (5%).

Je me méfie professionnellement des sondages depuis bien longtemps. Comme je l'écris cette semaine dans VSD, il est totalement vain de croire un an avant aux chiffres que nous balancent quotidiennement les instituts (je ne l'écris pas exactement comme ça d'ailleurs parce que sinon ça aurait eu du mal à passer !).

Pour autant, concernant le FN, une question de taille se pose. Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à empêcher Jean-Marie Le Pen d'avoir ses 500 signatures. La tentative menée il y a quelques mois par un proche de Nicolas Sarkozy (Manuel Aeschlimann, député-maire d'Asnières) de rendre publique la liste des 500 élus signataires a échoué.
Cependant, peu de gens savent qu'en fait, cette liste est...publique, il suffit en effet juste de demander à la consulter au Conseil Constitutionnel.
Nous nous faisions d'ailleurs, la remarque, il y a quelques jours, avec une amie journaliste, qu'il serait intéressant - partant de cette liste - d'aller voir ceux qui ont donné leur signature en 2002 (ou en 1995 d'ailleurs) pour savoir quelles étaient désormais leurs intentions ; sans compter que cette chasse a déjà commencé depuis longtemps au FN.
Au delà de cette question cruciale - une présidentielle avec ou sans Le Pen, avec ou sans au moins 15% d'électeurs "fixés" au premier tour donc - le contexte politique général Français rend la probabilité de le voir effectuer un très gros résultat m'apparaît assez évidente.
L'effondrement du chiraquisme, une gauche plutôt aux abonnés absents, la revanche dans les urnes des émeutes de novembre dernier, la même revanche au sujet de la crise du CPE sont autant de facteurs qui risquent de pousser bien des électeurs à accomplir un même choix. D'ailleurs, depuis plus de deux ans, Jean-Marie Le Pen répète à qui veut l'entendre, sur tous les tons, qu'en 2007, il affrontera Ségolène Royal au second tour !

Pour ceux qui aiment vraiment se faire peur, enfin, cette analyse (déjà publiée il y a quelques mois en partie dans VSD mais tout à fait d'actualité aujourd'hui) d'une drôle de rumeur, alors parvenue jusqu'à mes oreilles :

"C’est l’histoire d’une rumeur discrète qui a démarré, il y a une dizaine de jours, dans les couloirs feutrés de RTL. Untel que l’on ne citera pas, et qui est réellement très proche de l’Elysée, est détenteur d’une information confidentielle de la plus haute importance qu’il lâche devant quelques témoins du bout des lèvres. Les renseignements généraux auraient réalisé un sondage confidentiel ; une simulation à grande échelle d’une élection présidentielle. Et le « résultat » de cette enquête serait plus qu’affligeant, terrible même : le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, arriverait largement en tête au « premier tour » avec plus de 20% des intentions de vote. Sidéré par l’annonce, on entreprend de vérifier un minimum le sérieux de l’information. Après un contact aux Renseignements Généraux de la Préfecture de Police de Paris (RGPP), on se souvient qu’officiellement plus aucune enquête de ce genre ne serait plus réalisée depuis des années par les fonctionnaires de ce service. Cela pourrait alors venir éventuellement, nous concède-t-on, de la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG). Mais on voit mal, tout de même, comment les fonctionnaires parisiens des renseignements généraux pourraient alors ne pas être au courant d’un sondage d’une telle ampleur. Sans compter qu’ils auraient forcément du y participer, à leur niveau géographique, pour sonder les habitants de la capitale et de la région parisienne… Quant aux préfets, s’ils avaient diligenté une telle enquête, ils auraient eu recours justement aux services des RG locaux… On finit, en désespoir de cause, par contacter directement quelqu’un dans l’entourage du ministre de l’intérieur qui part aux nouvelles mais semble aussi surpris par « l’information » que celui qui l’interroge. Bilan des opérations : un sale bruit circule qui mine le moral de ceux qui l’ont entendu et cru mais tout indique, pour le moment, qu’il ne s’agit pourtant que d’une rumeur infondée voir même d’une manip. A qui profitent-elles ? Ou plutôt, que nous disent-elles du climat politique – délétère -, plus de trois ans et demi après le 21 avril 2002 ? Si certains ont cru aussi facilement une telle nouvelle, c’est que les conditions d’un nouveau séisme électoral sont en vérité encore plus nombreuses ; en dépit des promesses et des incantations des politiques de tous bords. Vous avez « aimé » 2002 ? Vous allez adorer 2007 !"

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jeudi, 20 avril 2006

Du "privé" selon Arlette Chabot...

Ce matin, un papier publié dans 20 minutes m'interpelle.
La journée d'hier a été agitée par une rumeur puis un démenti concernant "Arrêt sur images". Voici ce qu'explique R. Baillot dans 20 minutes ce matin :

Qui veut la peau d'« Arrêt sur images » ? Depuis une semaine, le tam-tam médiatique bat son plein. L'émission de décryptage télévisuel de France 5 serait à l'agonie et passerait à la trappe en fin de saison. Des funérailles souvent promises à Daniel Schneidermann, au détail près que, cette année, le siège de l'animateur semble un peu plus éjectable que de coutume.

La machine s'emballe le 31 mars lorsque le décrypteur du PAF conteste l'intégrité journalistique de Béatrice Schönberg dans un article de Libération. Mariée au ministre des Affaires sociales Jean-Louis Borloo, la présentatrice des JT du week-end de France 2 ne pouvait, selon lui, aborder la crise du CPE en toute objectivité. L'article déclenche l'ire d'Arlette Chabot, directrice de l'info de la chaîne : « Béatrice Schönberg sera toujours journaliste quand son mari quittera le gouvernement », précisait-elle hier encore. Daniel Schneidermann « aggrave » son cas le 7 avril en retranscrivant sur son blog une conversation rugueuse avec Arlette Chabot. « Il est invraisemblable d'avoir rapporté cet échange privé », notait hier cette dernière.

Dans son édition du 13 avril, Paris Match taxe Schneidermann de « maccarthysme nouvelle sauce ». Les confrères enchaînent : le même jour, L'Express évoque le manque de « patriotisme d'entreprise » de l'animateur, dont le magazine relève du groupe France Télévisions. Le 18 avril, le site du Point avance que Patrick de Carolis aurait « pris Daniel Schneidermann en grippe » et qu' « Arrêt sur images » pourrait en faire les frais. Sur son blog, ce dernier écrit pourtant que « personne à la direction de France Télévisions ne m'a avisé d'une non reconduction ».

Hier matin sur Europe 1, Jean-Marc Morandini économise le conditionnel et annonce la suppression du magazine dès juin. Dans la foulée, Claude-Yves Robin, directeur de France 5, allume un contre-feu par dépêche AFP interposée : « L'émission n'est pas remise en question. » Bastien Millot, directeur délégué de France Télévisions, certifie qu'il « n'y a pas de problème Schneidermann », mais rappelle que « les grilles de rentrée ne seront validées qu'en juin ». Contacté hier, Jean-Marc Morandini n'en démordait pas. Selon des sources « sollicitées après les démentis du groupe », « Arrêt sur images » vivrait bien ses dernières heures. Daniel Schneidermann refusait hier soir de commenter ces infos non sourcées.


Pendant ce temps sur son blog Daniel Schneidermann après avoir hier lancé l'alerte http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=348 fait redescendre la pression http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=350

Au delà de l'emballement général, le concept d'"emballement médiatique" a été judicieusement mis au jour par Schneidermann dans Le cauchemar médiatique, dont j'étais alors l'éditeur (http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070317048/qid=1145...), ce qui retient ici mon attention c'est un petit passage de l'article de 20 minutes :

La machine s'emballe le 31 mars lorsque le décrypteur du PAF conteste l'intégrité journalistique de Béatrice Schönberg dans un article de Libération. Mariée au ministre des Affaires sociales Jean-Louis Borloo, la présentatrice des JT du week-end de France 2 ne pouvait, selon lui, aborder la crise du CPE en toute objectivité. L'article déclenche l'ire d'Arlette Chabot, directrice de l'info de la chaîne : « Béatrice Schönberg sera toujours journaliste quand son mari quittera le gouvernement », précisait-elle hier encore. Daniel Schneidermann « aggrave » son cas le 7 avril en retranscrivant sur son blog une conversation rugueuse avec Arlette Chabot. « Il est invraisemblable d'avoir rapporté cet échange privé », notait hier cette dernière.

Un échange privé ! Le coup de fil menaçant d'une directrice de l'information à un journaliste qui anime et produit une émission de décryptage des médias serait donc un échange privé selon Arlette Chabot (voir le récit de Schneidermann ici http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=340)


Et bien ma chère Arlette, ce temps là est révolu. Grâce notamment aux blogs - à nos blogs - les tentatives de pressions, les menaces même amicales et les admonestations en tous genres sont désormais des techniques et des manoeuvres vouées à l'échec puisque nous pouvons les uns et les autres les dénoncer en temps réel !
Il va donc falloir changer de méthodes pour mener au bout tes efforts d'intimidation.

Je te rassure cependant, tu peux toujours, comme c'est le cas pour ce qui me concerne, interdire aux animateurs des émissions de ta chaîne d'inviter les emmerdeurs de mon genre.

Petite expérience personnelle vécue. Pour ceux qui l'ignore, j'ai révélé dans "Nos délits d’initiés", en septembre 2003, la relation entre Jean-Louis Borloo et Béatrice Schönberg. A cette époque Arlette n'était pas directrice de l’information de la chaîne et elle m’avait expliqué (p. 64 de l’édition de poche de mon livre) qu’à son sens il s’agissait là "d’un problème de conscience personnelle".
Du jour où elle a pris ses responsabilités, Arlette que je respecte (ais) et avec qui j’ai travaillé sur France 2 m’a blacklisté. Ainsi, il y a quelques mois Yves Calvi avait conçu le projet de m’inviter sur France 2 dans "Mots croisés" qu’il présente désormais à la place d’Arlette. L’émission concernait notamment alors les problèmes posés par l’exposition de sa vie privée par Nicolas Sarkozy. Après tous les préliminaires nécessaires à une invitation en bonne et due par une émission de télévision, je n’ai plus eu de nouvelles pendant 24 heures. La personne qui m’avait contacté m’a finalement fait comprendre, alors que les bandes annoncés défilaient déjà à l’antenne, que ma présence sur le plateau posait un problème...
J’ai alors envoyé un mot manuscrit quelques jours plus tard à Arlette pour lui exposer à quel point je trouvais sa réaction ridicule, mais il est resté lettre morte.
De fait je retiens de cette histoire, sans en regretter les conséquences, qu’il ne fait pas bon poser en France une bête question déontologique de conflit d’intérêts, a fortiori lorsque l’on est le premier à la poser publiquement.
Avant que "Nos délits d’initiés" ne sorte deux journalistes avaient en effet déjà envisagés d’évoquer la question dans leurs rédactions respectives (Le Monde pour l’une, France Inter pour l’autre) mais n’avaient pas réussi à imposer le sujet en conférences de rédaction en dépit de leurs courageuses tentatives. On peut certes affirmer que "cela ne nous regarde pas". Surtout que désormais, contrairement à 2003, ils se sont mariés.
Mais lorsque l’on sait, par exemple, que si Dominique de Villepin a choisi TF1 et Claire Chazal pour répondre aux questions sur le CPE en pleine crise, c’est en raison de la présence de la femme de son ministre sur la 2, on ne peut plus dire que cela relève de l’anecdote et de la sacro-sainte vie privée. Et je n’évoque pas ici les problèmes relevés par Daniel Schneiderman sur son blog et dans Libération sur le traitement même de la crise du CPE.
On se souvient qu’en son temps Anne Sinclair démissionna lorsque DSK devint ministre des Finances, à l’inverse d’une Christine Ockrent qui continue elle à présenter une émission politique sans que cela ne semble choquer quiconque.
Pourtant, cette confusion des genres, ces conflits d’intérêts potentiels ne sont pas sains.
Bien sûr, il n’est pas satisfaisant de décider arbitrairement qu’une femme ou un homme doit sacridier sa vie professionnelle de journaliste parce que son conjoint(e) exerce des responsabilités politiques.
Mais il n’est pas davantage satisfaisant de se demander quotidiennement si l’information est manipulée d’une manière ou d’une autre.
Pour information, enfin, ayant attaqué VSD qui avait publié à l’époque les bonnes feuilles de mon livre et une photo du couple en vacances, Béatrice Schönberg a été déboutée le 7 janvier 2004 par la 17ème chambre du TGI de Paris qui a expliqué notamment en invoquant la Convention européenne des Droits de l’Homme, qu’il était "nécessaire de concilier le respect des droits d’autrui avec le principa à valeur constitutionnelle de la liberté d’expression et de prendre en compte le droit du public à être pleinement informé de tout ce qui peut avoir une incidence sur la vie publique ou la formation de l’opinion". La cour ajoutait : "Attendu que dans le cadre du journal télévisé qu’elle présente à l’antenne de la chaîne publique France 2 Mme Schönberg est appelée notamment à analyser l’actualité, à rendre compte des actions du gouvernement et à interroger les ministres sur la politique qu’ils mettent en oeuvre ; qu’elle fournit ainsi les informations permettant au public de juger de la manière dont est menée la politique de l’Etat et joue, de ce fait, un rôle particulier sur la formation de l’opinion. Attendu que la relation privilégiée qu’elle ne conteste pas entretenir avec M. Jean-Louis Borloo, ministre de l’actuel gouvernement, constitue un fait que le public est en droit de connaître afin d’être à même d’apprécier l’objectivité des informations qu’elle présente ; que dés lors, il doit être admis que la reproduction d’un passage du livre faisant état de tels liens ne peut pas faire obstacle à la liberté d’expression du magazine VSD sur un sujet qui relève d’un débat légitime, dans une société démocratique sur l’incidence que peut avoir la relation entretenue par une jounaliste et un homme politique sur l’objectivité du traitement de l’information. (...) Béatrice Schönberg a fait appel de ce jugement et depuis je ne crois pas qu’il se soit passé quoi que ce soit concernant cet appel.
Cette décision d’importance de première instance est en tout cas passée totalement inaperçue ce qui n’est pas forcément un hasard non plus...

En tous cas, pour en revenir au fait du jour, chère Arlette, grâce aux petits blogs - il faut que tu t'y fasses - tes colères privées ne le sont plus.
Pas davantage que ta triste manière de décider de blacklister tel ou tel "connard", pour reprendre un terme que tu utilises presque aussi souvent, et tout aussi brillamment, que notre cher Premier ministre !

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mercredi, 19 avril 2006

Ni putes, ni soumises... en vacances !

Il y a quelques années, j’éditais chez denoël le livre d’une jeune femme formidable, Samira Bellil, Dans l’enfer des tournantes.
Enorme succès, la une de tous les journaux, la contribution au décollage de « Ni putes ni soumises », la reconnaissance surtout de la vie impossible de beaucoup de filles dans les quartiers.
Après des mois et des mois à assurer de ville en ville la promotion de la formidable cause, Samira épuisée et plutôt lasse – elle m’avait toujours dit « Guy, je ne veux pas être ‘Miss tournante’ » tombait gravement malade.
Elle est morte à l’été 2004 et j’en ai conservé une infinie tristesse.
Mais je suis toujours resté en contact avec sa maman, Nadia, plutôt remontée d’ailleurs contre les « Ni putes ni soumises » à qui elle reprochait d’avoir sollicité voire exploité l’image de sa fille.

Il y a quelques mois, j’ai rencontré Karima.
Son histoire est aussi très simple.
La voici résumée en quelques lignes rédigées pour l’argumentaire de son livre paru jeudi dernier en librairies :

Le Prix du Silence

"On n’est pas sérieux quand on a 17 ans, sauf Karima. Elle est sage. D’accord, elle ne travaille pas beaucoup à l’école mais sa mère lui a appris à être polie, bien habillée, à être respectueuse. A obéir, à être disciplinée. Dans son quartier, à Roubaix, comme à la maison, il y a des règles mais celles-ci inventées par des caïds sans scrupule et violents.
Karima croise le regard de Samir, 32 ans, l’un de ces prédateurs qui règnent dans la cité. Une malheureuse coïncidence qui la condamne à l’emprise d’un redoutable fauve. Elle devient sa chose. Elle se laisse faire car il brandit l’arme absolue, la menace de s’en prendre à ceux qu’elle aime, sa mère, sa grand-mère…
Humiliée sur un parking, violée et battue à répétition dans une chambre d’hôtel, séquestrée dans un foyer Sonacotra, Karima fait l’expérience de l’enfer. Aidée par sa famille, elle finit par échapper à la vigilance de son tortionnaire, et retrouve sa mère. Mais il rôde encore sous ses fenêtres et Karima s’en plaint à un autre caïd du coin, Morad. Sans qu’elle en soit le témoin ou l’instigatrice, celui-ci tue Samir. On la jette en prison pour complicité de meurtre. On l’accuse d’avoir commandité l’assassinat d’un voyou qui avait le mérite, aux yeux des flics, d’être un indic.
Après les griffes de Samir, Karima connaît pendant huit ans celles de la justice. Libérée, elle est contrainte de fuir la région par peur de représailles. Et peine à reconstruire sa vie piétinée par deux fois : ruinée par les procès, Karima, 27 ans, se nourrit de petits boulots et d’espoir.
Plus que de révéler son histoire, ce livre la lave de toutes les souillures qu’elle a eu à subir. Et lui rend la vie qu’on lui a volée, il y a dix ans.

➢ L’histoire effrayante d’une adolescente kidnappée par un loup des villes
➢ La description impitoyable des mœurs d’une cité du Nord
➢ Le bruit des rouages d’une justice injuste".


Injustice, racisme, discrimination sociale, sort misérable des filles dans les cités, dysfonctionnements divers et variés, de quoi mobiliser la presse aux lendemains d’Outreau par exemple et surtout peu après le verdict concernant l’assassin de Sohane, brûlée vive…

Le livre est donc paru jeudi dernier.

Mais Karima aux yeux de nos "formidables" journalistes et autres grands animateurs producteurs a visiblement de très gros défauts : elle est bien vivante.
Elle n’a même pas été brûlée vive, ni simplement assassinée…
Elle s’en est sortie ! Et la tête haute.

Du coup, comme elle n’est malheusement pas la première à qui arrive ce genre de bien triste histoire… tout le monde s’en fout ! Et même, certains vous avouent rapidement qu'ils trouvent son histoire bien trop glauque pour en parler…

Ayant demandé hier un point précis de la situation à Bob - la chargée de com. de Privé - voilà le texte – très très NRV - qu’elle m’envoie et qui j’en suis sûr va vous intéresser :

« Vous comprenez, Karima n’est pas un sujet… »
Oui, je comprends, Je suis d’accord même. Comment Karima, bonne à être un objet friable entre les mains d’un caïd puis de la justice, pourrait-elle prétendre être un sujet en soi ?

« Vous comprenez, c’est dommage, mais le procès de l’assassin de Sohane est fini… »
Oui, je comprends. Je comprends que le plus intéressant dans l’histoire de Sohane, c’est la conclusion du procès, c’est-à-dire le rapport juste de l’acte au châtiment. Une fois la question tranchée, de l’immolation de Sohane, ne restent que quelques cendres infertiles.

« Vous comprenez, on n’a pas la place là… »
Oui, je comprends. Que les magazines féminins dont la vertu première est de rassurer les femmes qui les lisent, fassent preuve de pusillanimité quand il faut parler de pipe et de sodomie autrement qu’en version strass et lubrifiée. Que ces mêmes journaux dont certains ont fondé leur réputation sur des revendications féministes craignent de céder quelques lignes à Karima quand leurs pages sont occupées par Ségolène ou Ségolène, le retour du blanc, et la lutte contre la peau d’orange.

« Vous comprenez, c’est bon signe, la red. chef n’a pas mis le livre dans le placard… »
Oui, je comprends que je l’ai échappé belle. Ce pourrait être pire, le livre pourrait être déjà à la poubelle, chez le soldeur, ou transformé en tapis de souris.
Karima, elle, elle s’en fout. Sa vie est déjà passée au vide-ordures. Ce qu’il en reste ose à peine palpiter sous les pages de son livre.

« Vous comprenez, c’est une vieille histoire… »
Oui, je comprends parce qu’il faut bien regarder la date de péremption pour éviter l’intoxication. Pour toutes ces mémoires malingres et polluées, deux ans c’est l’éternité. Sauf que pour Karima, la souffrance ne connaît pas de prescription.

« Vous comprenez, elle n’est pas connue comme Samira…»
Oui, je comprends qu’un exemple devrait suffire. Mais qu’il n’a pas suffi. Je comprends qu’une bonne victime est une victime célèbre, pire qu’une bonne victime est une victime morte.
Soumise à la loi du plus fort pendant 10 ans, Karima doit maintenant se plier à la loi du silence. Vous comprenez, c’est ça le prix à payer.

Non, justement, je ne comprends pas.



Et moi non plus, Bob, je ne comprends pas du tout…
Ou plutôt je comprends trop bien que le cancer d’une starlette ou la cyrrhose d'un acteur sont bien plus intéressants, surtout si ils peuvent venir le raconter de l’intérieur chez Mireille Dumas.
Pas assez Fuck me i'm Famous ma Karima !!!

Ou plutôt je comprends trop bien que quand on est une simple inconnue il faut crever...

Heureusement me direz-vous que, dans ce genre de cas, il y a au moins « Ni putes ni soumises » qui aide les filles …

Voici donc, rien que pour vous, les deux mails envoyés par mon équipe à NPNS... deux mails restés à ce jour sans la moindre réponse (11 avril et 18 avril).

Les vacances sûrement…


De: bob.presse
Date: 11 avril 2006 17:50:44 GMT+02:00
À: infos@niputesnisoumises.com
Objet: l'histoire de Karima

Bonjour
Je cherche à contacter chez vous la présidente ou la(ou le) responsable de la communication. Nous faisons paraître ce jeudi un livre qui raconte l'histoire de Karima. Elle vous avez contactés au moment des faits (vous êtes cités dans le livre). Je voudrais vous faire parvenir le livre et venir vous voir avec Karima pour que nous en parlions.
Nous pourrions nous rencontrer pour voir comment conjuguer nos efforts pour que la parole de Karima passe et que votre combat en soit fortifié.
Merci de me répondre en me donnant un contact précis que je puisse vous faire porter le livre et vous appeler pour un rendez-vous.
Cordialement,


De: Aline
Date: 18 avril 2006 17:38:58 GMT+02:00
À: Bob
Objet: franck.c@niputesnisoumises.com

Bonjour,
Nous vous avons fait parvenir aujourd'hui un exemplaire de "Karima, le prix du
silence".Elle avait contacté l'association au moment des faits et vous cite dans le livre. Je souhaiterais donc venir vous voir avec Karima pour que nous en parlions et que nous puissions conjuguer nos efforts, pour que la parole de Karima passe et que le combat de Ni putes Ni soumises en soit fortifié.Pourrions-nous convenir d'un rendez-vous avec Fadela Amara et vous, mardi matin par exemple, afin d'en discuter. Dans cette attente, je vous remercie.
Bien cordialement.
Bob


Voilà, depuis…rien.

Alors, j'en ai ras le bol et j’ai donc décidé de tout raconter ici pour tenter d’aider Karima en faisant enfin parler de son histoire.

A suivre…

08:35 Lien permanent | Commentaires (123) | Envoyer cette note

mardi, 18 avril 2006

Bien fait pour moi...

C’est l’heure d’une sorte de premier bilan.

« Alors, ce blog, ça marche ? » me demande-t-on couramment.
Quantitativement ? Certainement.
Et qualitativement ? Ça dépend des jours !
Pour ce qui me concerne, je suis plutôt satisfait de ces échanges même si je trouve que parfois les directions prises sont fumeuses ou … bizarres.
Je suis en revanche très très mais alors très très étonné de la violence de certaines réactions ou des commentaires de quelques-uns.

Finalement… MERDE !
Ce blog est le mien et, après tout, je suis, je devrais être plutôt entièrement libre des thèmes que j’y traite, de mes NRVements, de mes colères, de mes engouements, de mes nunucheries – rares les nunucheries - etc.

Et bien à l’usage, je découvre que ce n’est pas du tout le cas.
Ce blog ne m’appartient déjà plus.
Machin me trouve trop ceci.
Truc trop comme ça.
Bidulette est déçue.
Le sujet du jour est « con-con », etc.

Drôle d’exercice, il est vrai, que de balancer en ligne, à la vue de tous des papiers, des humeurs, des questions, des infos qui vont instantanément être reçu(e)s, remâché(e)s puis décrypté(e)s par des gens qui dans la majorité des cas ne me calculent pas... mais décident souverainement devant leur clavier que « oui » j’ai bien raison ou que « pas du tout » et que je suis « super gonflé », limite même parfois franchement « gonflant ».

Et en plus, si ça se trouve, "ils" ne pensent même pas ce qu’ils écrivent...
Et puis, surtout, "ils" sont anonymes, bien planqués, tranquilles, invisibles pour la plupart.

C’est, je vous l’avoue volontiers, parfois juste INSUPPORTABLE, HORRIPILANT.
J’ai même de temps en temps envie de dire d’aller se FAIRE FOUTRE à ces sales intrus qui me cherchent la petite bête dans ma propre cuisine.

Sans compter que contrairement aux blogs proprets de certains « petits camarades », le mien n’est pas du tout modéré et que je reçois donc en pleine poire, et en temps réel s’il vous plaît, les lazzis et autres vacheries des « gentils » bloggueurs. Et que donc, tout le monde voit en direct live les pruneaux que je me prends, en essayant tant bien que mal de faire bonne figure sous la grêle.

Quand je pense que j’ai même été traité d’arrogant hier !
Arrogant ! Moi ! Moi ! ARROGANT ! Mais, mais c’est…ignoble !
L’arrogance, la vraie, la malhonnêteté surtout, ce serait simplement de couper le sifflet à ceux qui me GONFLENT et les autres n’en sauraient jamais rien puisque ces messages pourris ne passeraient pas le filtre… ! Comme sur le blog de…. Ou celui de….

Et bah non, je suis arrogant – et surtout vachement vexé –, – mais je devrais quand même continuer stupidement à encaisser et à accepter vos critiques ; et parfois même donc les pires saloperies ?

D’autres sont plus rusés – ou bien plus vicieux - et c’est par mail qu’ils m’envoient le fond de leurs affectueuses pensées ; puisque j’ai aussi commis l’erreur fatale de donner ma vraie adresse mail sous ma photo (ici, je fais volontairement l'impasse sur les propositions indécentes de "rencontres"... Et oui ça existe aussi ! Je tiens les mails à la disposition de ceux qui doutent...)

Vous ne me croyez pas ? Vous voulez rire à mes dépens, à bon compte, une fois de plus ?
Voilà un mail reçu récemment de la part d’un ami (et oui en plus c’est vrai, c’est un ami que j’aime – [que j’aimais ?]) :

« Cher Guy,
je lis depuis quelque temps les textes que tu produis sur ton blog.
Je me suis abstenu jusqu'alors de te faire part de mes impressions sur ces analyses erronées, où l'à-peu près le dispute à la réflexion de café du commerce.

Mais ton appel énamouré à Arnaud Montebourg atteint les sommets du ridicule. Que tu sois l'ami de cet escroc mondain est ton problème. Pourquoi vouloir le faire partager au plus grand nombre ?

Je vais désormais m'épargner la lecture de tes pensées profondes, ainsi que de celle de tes admirateurs.
Ce sera toujours autant de temps de gagné pour m'occuper des enfants, la seule chose qui vaille. »


Sympa non ? « analyses erronées », «à-peu-près », « réflexion de café du commerce », « pensées profondes »…

Avec des amis pareils, vous me direz - et vous aurez raison - que des ennemis, on s’en passe aisément !

Et en plus, je suis assez con et immature pour vous livrer - et en gras en plus - la teneur de ce mail pourtant privé… qui m’a vraiment estomaqué !

Je ne m’arrange pas.

Je parie qu’il y en a quelques-uns parmi vous qui allez là tout de suite me soupçonner de l’avoir écrit moi-même ce sale mail.
Mon propre corbeau quoi !
Pfffff.
Vous êtes de vrais salauds quand même !

Il y aussi ceux qui se servent de leur propre blog pour vous admonester, un peu comme ça :

D’autre part, il peut y avoir une tendance des journalistes bloggeurs à importer les mauvaises habitudes de leur profession, et de se servir de leur blog pour exercer la même langue de bois, défendre leurs intérêts personnels, effectuer de la désinformation et de la censure, ou l’utiliser pour vendre leur dernier bouquin (ce sont d’ailleurs toutes ces raisons qui ont conduit au déclin prévisible du blog de Morandini). Bref, on peut penser que certains journalistes, qui parlent en leur nom sur leur blog, ne peuvent être totalement délivrés des contraintes contractuelles et relationnelles qui pèsent sur eux, ce qui nuit sans doute beaucoup à leur crédibilité. Par ailleurs, cette tendance contribue à donner une vision restrictive et élitiste des blogs, qu’on essaye d’enfermer à tout prix, de plus en plus, dans le carcan d’une hypothétique « blogosphère ».

Et, en plus, ce n’est même pas idiot ! Pour lire l’analyse complète http://www.vip-blog.com/vip/blogs/oneblogger.html


Bref, pour me résumer, ce blog, la démocratie et la liberté d’expression ont du bon… jusqu’à ce qu’on s’en prenne plein la gueule et que l’on en arrive à en questionner la finalité.

Sans compter que n’étant, pour ma part, ni pervers, ni masochiste, je ne prends aucun plaisir à recevoir des critiques que je trouve souvent injustes !

En fait, ça me rend FOU DE RAGE !

Enfin, finalement, je suis tout aussi couillon (au sens Berlusconien) de vous poster ça ce matin, parce que je suis certain qu’un bon nombre de petits malins vont encore en profiter pour me rentrer dedans.

Qui a dit « bien fait » ?

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lundi, 17 avril 2006

ELLE pris en flagrant délit.

Extrait du ELLE de ce matin. Un portrait de Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP, "Une femme bien droite".
Juste ses première lignes :

"Porter du Prada ne suffit pas à transformer une femme en diable. Et Valérie Pécresse ne ressemblera jamais au personnage du best-seller de Lauren Weisberger (NDLR Le Diable s'habille en Prada). Si le sigle de la célèbre maison italienne s'accroche au sac noir de la porte-parole de l'UMP, son total look est de l'ordre du costume gris, l'uniforme des élus du Palais Bourbon. Avec pourtant un clin d'oeil : un panier en osier pour transporter ses dossiers et une parka beige qui semble avoir connu des kilomètres de couloirs officiels...et des bacs à sable aussi."
Légende des quatres photos qui illustrent la première page :
"Tailleur gris, cabas et parka...un look très politique de terain". So chic !

Cette attaque de papier - signé Marie-Françoise Colombani le papier - dans le ELLE donc (on doit dire le ELLE...), ce journal qui se veut la bible du féminisme et surtout de la défense de la Femme politique avec un F majuscule.
Chassez le naturel, il revient au galop : un portrait de femme politique commence forcément par des considérations, passionnantes il est vrai, sur son look.

Les mêmes s'insurgèrent sûrement lorsque certains machos osèrent évoquer les talons aiguilles de Ségolène Royal au Chili.
Et elles grimpent certainement au rideau dès que l'on s'intéresse trop au physique ou au look des femmes politiques ; ou qu'on les critique uniquement parce qu'elles sont des femmes, voire avec des arguments sexistes.

Décidément, oui, le Diable s'habille en Prada...

12:21 Lien permanent | Commentaires (78) | Envoyer cette note

dimanche, 16 avril 2006

Au pays réel.

Dans la grande série Guy Guy au contact de la réalité - que vous aimez tant... -, une ou deux petites remarques depuis le sud (7 ou 8 km de Nîmes) où je suis exilé. Loin des concentrations de bobos, du luBEron et autres drôme provençale pour parisiens friqués en goguette, le séjour habituel, en famille, dans un vrai village, sans tambours ni trompettes.
C'est ici, dans le Gard, que le FN réalise depuis toujours des "performances" exceptionnelles et nous sommes même tout prêts notamment de ce Saint-Gilles qui se donna corps et biens.
Le petit café pris, entre un jeune chômeur et un vieux paysan, après l'achat des journaux, les discussions quotidiennes ou la balade au marché du samedi suffisent à comprendre la gigantesque fracture qui séparent la capitale et ses satellites de ce(s) pays bien réel(s).
Juste écouter les conversations, sans s'en mêler, et comprendre en quelques minutes que les débats nationaux sur Gallouzeau de... contre Sarkozy, Ségolène au pays des élephants ou "Clearstream mon amour" ne concernent pas du tout, mais alors pas du tout, les gens ici.
Certes, ils ont bien vu que le gouvernement a calé sur le CPE mais c'est davantage en terme de recul de l'autorité de l'entité "Etat" et de difficultés pour le commerce et la vie de tous les jours que la question s'est posée ici.
Le "succès" des "jeunes" ne passionne pas vraiment et ne réjouit pas grand monde, doux euphémisme...
Pour compléter le tableau, un conseiller municipal UMP à la mairie de Nîmes dort en prison, suspecté de trafic d'influence, depuis quelques heures...
Là où le contraste est le plus flagrant c'est que dans l'édition du dimanche du Midi Libre, des chroniqueurs parisiens (multi-récidivistes de la "pensée" inutile) qui cachetonnent s'essoufflent à mailer, depuis leurs bureaux germanopratins ou leurs villégiatures (corse et/ou provençale), des papiers mille fois rabachés que, fort heureusement, personne ici ne lira.
L'ignoble Stéphane Denis (règlement de comptes personnel) défend vaguement Villepin, Christine Clerc questionne l'amitié franco-algérienne, Jacques Julliard et Claude Imbert (un Muppet show pathétique) radotent sur le CPE...
S'ils venaient de temps en temps au pays réel - hors la Féria, so chic ! - et qu'ils entendaient un peu les préoccupations des gardois (ici on remplacera évidemment "gardois" en fonction du lieu normal où l'on se trouve), ils auraient déjà compris qu'en 2007 une nouvelle claque monumentale les attend. Le pire c'est qu'ils la méritent...

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samedi, 15 avril 2006

Résistance !

Pour tous ceux qui veulent baisser les bras.
Pour tous ceux qui doutent.
Pour tous qui n'osent pas.

Un appel fondamental remixé par polemix et la voix off.

Il s'agit en avant-première d'un DVD à paraître en mai 2006 du texte de l'appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil National de la Résistance adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944, lu par les figures historiques de la Résistance.

D'abord le texte original :

Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte. Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succèderont d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :
• Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l'éducation pour tous, presse délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
• Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.
• Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c'est résister. Résister, c'est créer. »


Signataires :
Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.
www.alternatives-images.net

le remix de polemix et la voix off

podcast


Le bon lien pour avoir accès à l'intiative originale : http://www.alternatives-images.net/

09:08 Lien permanent | Commentaires (53) | Envoyer cette note

vendredi, 14 avril 2006

Impunité française : Toulouse.

Suivre une affaire de la gravité du ou des dossier(s) Alègre c'est souvent commenter à distance des faits si incroyables qu'on se croit rapidement dans une fiction, un mauvais remake des aventures d'Hannibal Lecter, un silence des agneaux à la toulousaine.

Sauf que là c'est VRAI.

Mais lorsque quittant la lointaine capitale, vous vous rapprochez des lieux où se sont effectivement passées les choses et que vous pouvez mettre des visages sur les noms des victimes et de leurs proches, tout bascule.

Hier soir nous étions donc invités à Toulouse, Sébastien Fontenelle et moi, par "Stop à l'oubli", association regroupant des familles de victimes de la région pour parler de l'impunité à la Française (Impunité française est un livre de Sébastien paru chez Privé.

Une chose est d'avoir suivi les méandres connus de ces dossiers, questionné son explosion médiatique de 2003, affronté le courroux d'un Dominique Baudis et de ses conseils, accompagné (comme éditeur) l'ex gendarme Roussel dans ses difficultés ; le fameux volet "notables" du dossier qui a fait "pschiittt" comme dirait l'Autre...

Une autre est de passer quelques trop courtes heures avec les VRAIES VICTIMES ; de leur serrer la main, de les regarder dans les yeux, d'écouter sans broncher leur terrible souffrance, leurs doutes et surtout de vous demander avec eux pourquoi et comment on a pu en arriver là dans un pays dans lequel la justice, la police, la gendarmerie ou l'expertise médicale sont des services en pointe...

J'ai, pour ma part, rarement croisé autant d'incompréhension et de douleur en aussi peu de mètres carrés :
cette ancienne prostituée venue demander ce qu'était devenue ses amies et regretter que "le trottoir ne parle pas", l'énergie douloureuse mais aussi la lassitude de Gabriel Loubradou (président de Stop à l'oubli) dont la fille a disparu et qui a compris que l'enquête avait été sabotée, le regard triste de monsieur Alayrac, la paranoïa assumée, revendiquée même de certains "qui en on trop vu", les questions fièvreuses de la salle auxquelles vous ne savez pas répondre parce que c'est ENORME ; la déception de ceux qui pensaient que vous alliez apporter quelques chose de plus ; la solidarité de ces gens blessés et leur chaleur à votre égard ; la crainte que parfois le couvercle de la marmite ne saute et qu'en sorte le pire ; les lourdes accusations portées contre ceux qui se taisent et qui savent, contre ceux qui ont couvert ; l'incompréhension totale devant l'injustice ; la difficulté à expliquer pourquoi à Paris la presse est couchée, servile, aux ordres ; les silences lourds de certains témoins présents qui en disent plus loin que les tirades alambiquées des plus bavards, etc.

Des applaudissements, des remerciements mais un goût très amer...

Je vais longtemps conserver le sentiment d'avoir été, hier soir, aussi utile qu'inutile, aussi sincère que confiné dans un rôle, aussi efficace que tristement inopérant.
Je vais longtemps me souvenir que ces gens nous font confiance, nous respectent et ont besoin de nous.
Je vais longtemps me demander ce qui s'est vraiment passé à Toulouse et pourquoi certaines têtes ne tombent pas.
Je vais longtemps contineur à chercher avec eux et sans doute bien davantage POUR EUX qu'avant.

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jeudi, 13 avril 2006

Ségolène Royal, jusqu'où ?

Je suis vraiment intéressé par vos réactions sur la "percée" de Ségolène Royal.
Je m'explique.
Pour ce qui me concerne, j'ai encore tendance à penser que nous sommes typiquement là dans une "bulle médiatique" qui risque d'éclater dans quelques semaines, comme bien d'autres avant elle dans ce pays (Balladur, Villepin, etc).
Mais en discutant avec l'un de ses proches, je me suis rendu compte qu'elle y croit vraiment, qu'elle ira sûrement jusqu'au bout et qu'ils semblent surtout absolument persuadés autour d'elle qu'elle va l'emporter sans problème dans la compétition interne au Parti socialiste.
Au delà du flou qui reste total sur ses propositions, il n'en demeure pas moins que cette percée sondagière et médiatique révèle déjà que l'aspiration au changement est à l'heure qu'il est LE critère de fond qui motive dans ce pays.
Ségolène R. semble pour le moment capitaliser sur cet item : c'est une femme et elle est plus jeune que la plupart des autres candidats.
2002 se joua sur l'insécurité, 2007 pourrait donc se jouer là autour de la nouveauté et du changement, la "rupture" du côté de Sarkozy.
Je vous avoue que je reste encore relativement perplexe.
Mais la bulle enfle, les ralliements de barons locaux du PS se multiplient et les "éléphants" sont aphones ou tétanisés.
Alors, votre avis m'intéresse beaucoup.


PS : j'anime ce soir à Toulouse en compagnie de Sébastien Fontenelle, une conférence sur l'impunité à la Française : nous sommes invités par l'Association Stop à l'oubli. S'il y a des toulousains parmi vous... (pour connaître le lieu se renseigner auprès de bob.presse@editions-prive.com).
Du coup, je ne réagis à vos commentaires que demain matin...

07:19 Lien permanent | Commentaires (135) | Envoyer cette note

mercredi, 12 avril 2006

Des questions gonflées pour Aphatie !

Hier matin avant de prendre la route du sud, je prenais mon café tranquille en écoutant Borloo chez Aphatie sur la radio qui m'emploie comme chroniqueur (RTL). Et tout d'un coup, alors que l'interview s'achevait, Aphatie a osé. Voilà comment il raconte lui-même les choses sur son blog (http://blog.rtl.fr/rtl-aphatie)

Le journalisme n'est pas un loisir, mais un métier. Il impose de poser toutes les questions que provoquent l'action et les attitudes des femmes et des hommes qui, à des titres divers, par nature, fonction ou accident, font l'actualité. Certaines interrogations sont évidentes et faciles à poser, d'autres plus délicates et difficiles à formuler. Au delà de ces considérations, toutes doivent, à un moment ou à un autre, être formulées, sous peine de donner le sentiment aux lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, d'intérêts cachés, de connivences discrètes, qui conduiraient à l'escamotage de ce qui gène ou dérange.
Durant l'après-midi d'hier, j'ai donc hésité, consulté au sein de la rédaction de RTL, avant finalement d'opter pour une question de fin d'interview à Jean-Louis Borloo sur la position particulière de Béatrice Schönberg et les critiques que cela suscite.
J'ai décidé de le faire parce que, tout compte fait, taire la polémique déjà engagée, faire comme si rien n'existait, c'est contribuer à faire d'un questionnement public un tabou et, du coup, entretenir un malaise qui n'a pas lieu d'être puisque chacun est à même de dire et de se défendre dans cette histoire. Pour cette raison, j'ai choisi de formuler la question de façon très ouverte. Je n'ai pas pris le problème à mon compte. Je n'ai pas considéré, dans ma question, que ceux qui jugent incompatibles la fonction de la journaliste et son statut matrimonial avait raison. J'ai, simplement, parce que professionnellement, fait écho aux critiques et sollicité, en toute fin d'interview, la réaction de Jean-Louis Borloo.

J'ai introduit ce thème par une petite phrase de rupture, évoquant une question personnelle. Comme souvent, puisque la question était écrite après avoir été mûrement pensée et que je ne voulais pas faire d'impair au micro, je tenais la feuille où elle était inscrite devant moi, suffisamment haute pour pouvoir la lire devant le micro.
Réagissant au quart de tour, comprenant visiblement tout de suite où je voulais aller, Jean-Louis Borloo m'a pris la feuille, tout en me disant qu'il ne souhaitait pas de question personnelle. Je l'ai formulé quand même, de mémoire donc. Il a répondu que chacun avait sa conscience pour lui et qu'il refusait de faire le moindre commentaire.
Sitôt les micros coupés, il m'a fait connaître son désaccord, me laissant libre de mes questions, il l'a dit ainsi, mais manifestant sa colère d'avoir posé celle là qui, selon lui, ne présente aucune légitimité.


Ayant révélé en septembre 2003 dans Nos délits d'initiés cette relation, qui n'était alors connue que du microcosme, je ne peux que me réjouir qu'Aphatie ait posé cette question qui s'imposait.
Du coup, moi, j'ai toute une liste de questions impertinentes à lui soumettre pour ses prochains invités. Et je suis sûr que c'est aussi votre cas.
Alors comme je sais que Jean-Michel passe souvent par ici, je trouve qu'en hommage à cet acte journalistique bien trop rare nous devons tous le soutenir en lui suggérant d'autres questions "gonflées". On s'y met ?

07:08 Lien permanent | Commentaires (129) | Envoyer cette note

mardi, 11 avril 2006

Présidentielle : l'amnésie des électeurs.

Evidemment, j'ai regardé Villepin hier soir.
La tranformation physique visible de l'homme, son rictus terrible, son teint gris, son bafouillement inaugural même sur le nom de Poivre d'Avor...
J'ai peu de souvenirs d'un tel reniement, d'une telle marche arrière.
Cela pose question. Pourquoi venir ainsi se livrer à cet exercice si éreintant ?
Esprit de sacrifice répondent certains qui ont lu du Villepin, orgueil démesuré analysent d'autres qui connaissent Villepin.
Je crois que la réponse cumule les deux explications mais les dépasse.
Villepin n'a ni changé, ni appris, ni compris "l'épreuve".
Contrairement à ses propos convenus sur le fait qu'il ne pense pas à la Présidentielle, Villepin joue encore sur le soutien à long terme des électeurs de l'UMP qui souhaitaient en majorité le maintien du CPE.
Il va sans doute tenter de mettre l'année qui vient à profit, se "regrouper", reprendre des forces et, s'il le peut, tout faire pour concurrencer l'ennemi, Nicolas Sarkozy.
De plus, ce qu'il y a de fascinant c'est qu'en dépit du bon questionnement de PPDA qui ne l'a pas ménagé, le Premier ministre continue à pratiquer la langue de bois : unité de la majorité, soutien de Nicolas Sarkozy, etc.
Il se rapproche en cela de son tuteur en politique, Jacques Chirac, qui a encore fait récemment la démonstration de sa capacité à ne pas se soucier du tout de ce qu'il dit du jour au lendemain.
Et vous savez quoi ? Je me demande finalement si Villepin n'a pas raison...
Les électeurs Français font depuis plus de vingt ans la triste démonstration - à chaque présidentielle en tous cas et 2002 compris - qu'ils ne retiennent pas grand chose des énormes mensonges proférés par les politiques au moment de leur(s) choix.
Mitterrand élu deux fois, Chirac élu deux fois, en dépit de leurs incohérences respectives.
Le pari de Villepin - et de Chirac - c'est donc qu'en 2007, les Français seront de nouveau saisis de cette crise d'amnésie qui les a très régulièrement atteints tous les 7 ans (tous les 5 ans désormais).

Nous moquons ici en permanence l'inconsistance des politiques.
Oserons-nous interroger avec autant de sévérité les incohérences des électeurs ?

07:27 Lien permanent | Commentaires (85) | Envoyer cette note

lundi, 10 avril 2006

Ni relu, ni amendé.

Quelques lignes ce matin dans Le Figaro.
Le quotidien explique à quel point une interview de Nicolas Sarkozy - toujours pas parue - a causé des problèmes dans l'exécutif depuis jeudi dernier.
Au delà de ce fait, ce qui m'intéresse ici en particulier c'est ce passage de l'article, signé Alexis Brézet :

"Au même instant, Nicolas Sarkozy travaille le texte de l'entretien qui comme le veut la règle, lui a été envoyé avant publication"

comme le veut la règle

Mais quelle règle monsieur Brézet ?
D'où vient-elle ?
Qui l'a édictée ?
Et que se passe-t-il si vous ne la respectez pas cette règle ?
Vous n'avez pas le droit de publier l'interview ?

Je pense qu'il faut arrêter de faire relire les interviews aux hommes politiques et à leurs entourages.
Une relecture qui leur permet généralement de gommer la moindre aspérité et de s'auto-censurer lorsqu'ils en ont trop dit.

Lorsqu'ils sont en direct dans une radio ou sur une chaîne de télévision, reprennent-ils leurs propos une fois qu'ils les ont prononcés ?

Pourquoi les patrons de presse ne s'entendent-ils pas pour que cesse cette pratique qui revient en pratique à donner le "final cut" ou le "Bon à tirer" des interviews aux politiques et à leurs conseillers ?

Sans compter que désormais ce ne sont plus les politiques seuls qui demandent à relire pour amender voire censurer leurs propos les plus francs ; les attaché(e) de presse des stars du show-biz procèdent de même. Et je ne vous parle même pas des empoignades au sujet des photos des uns et des autres.

Je ne pense pas qu'une interview soit une co-production.
Un homme politique peut, par exemple, s'il souhaite contrôler sa parole publier une tribune.

A quand donc des interviews de presse écrite "dans les conditions du direct" ? Ni relues, ni amendées ?

Quant à attendre comme ici l'autorisation de l'interviewé - qui attend lui-même le feu vert de l'Elysée (!) - pour publier l'interview, histoire de ne pas faire exploser la majorité, c'est encore une autre histoire...qui en dit très long sur la presse de ce pays !

07:50 Lien permanent | Commentaires (72) | Envoyer cette note

dimanche, 09 avril 2006

Ta gueule Giscard !

J’adore ce pays.
Le Premier ministre a jusqu’ici fait capoter les possibilités de sorties de crise pour ne pas être humilié par l’abrogation - inévitable et programmée – du CPE sous les coups de boutoir du Ministre de l’Intérieur. Ce dernier repousse depuis samedi une interview à paraître dans le Figaro sous la pression de l’Elysée et Matignon.
Le Président de la République cède, lui, depuis des semaines à tous les caprices d’un Premier ministre qui l’a « marabouté » depuis une dizaine d’années. Ce dernier lui aura donc pourri son premier septennat en le poussant à dissoudre au bout de deux ans, puis gâché son quinquennat en refusant de céder devant l’évidence.
Et du coup, alors que le pays s’enfonce comme un Titanic - sans orchestre - et que la solution serait désormais pour…demain matin ( !) à qui le Journal du Dimanche demande-t-il, ce matin, son avis ; juste histoire de rajouter un peu d’huile sur le feu ?
VGE bien sûr. Ex Président, ennemi mortel de Jacques Chirac depuis sa démission de 1976 (!) mais aussi membre de droit du Conseil Constitutionnel et accessoirement ancien défenseur du « oui » au traité constitutionnel européen avec le succès que l’on sait…
Selon l’oracle, le gouvernement doit abroger l'article de loi instituant le contrat première embauche afin de rétablir le fonctionnement normal des institutions et "sortir" la France du "bourbier : "Le gouvernement devrait inscrire à l'ordre du jour du prochain conseil des ministres un projet de loi comportant comme seul article l'abrogation de l'article 8 de la loi instaurant le contrat première embauche, et demander son adoption d'urgence", lâche VGE. On pourrait certes objecter "qu'il s'agirait d'un recul consistant à céder aux pressions de la rue" note-t-il. Mais, le "recul a eu lieu lorsqu'on a décidé de ne pas appliquer la loi!". En effet, le président "a signé et promulgué une loi votée par le Parlement". Mais, d"'une manière surprenante", il a annoncé "le même jour que cette loi ne serait pas appliquée".
Certes. Le vieux fusil a raison. Mais pourquoi n’a-t-il pas, par exemple, tenté de convaincre le Conseil constitutionnel de cette bonne idée avant que Jacques Chirac ne s'exprime ?
Surtout, et là la question s'adresse au JDD, était-il vraiment nécessaire de convoquer l’ancien Président pour constater cela ?
Plus précisément, quel est donc ce drôle de pays dans lequel les hommes politiques ne quittent jamais la scène ?
Pourquoi alors ne pas demander aussi leur avis à Jacques Delors, Raymond Barre ou au dernier « poilu » vivant ?
Et qu’en pense René Monory ?
Stop à la naphtaline ! Halte au formol !
Je ne cède pas ici au jeunisme à outrance mais ce que montre aussi cette crise c’est l’incroyable décalage générationnel entre les politiques et l’opinion.
Regardez la différence avec nos voisins : quel âge ont Blair, Merkel, Zapatero et même Berlusconi ? Clinton est lui à la retraite forcée.
Alors que certains osent encore se demander si, par hasard, Lionel Jospin ne va pas être candidat…
Je propose donc de fixer une mesure simple, imposer aux politiques de prendre leur retraite au même âge que tous les citoyens. Chiche ?
Et puis juste après, on s'occupe des journalistes...

10:38 Lien permanent | Commentaires (70) | Envoyer cette note

samedi, 08 avril 2006

Cauet et les politiques sur LCI ?

Un bruit de couloir, une rumeur, une intox et peut-être même une info : Cauet serait pressenti par LCI pour mener des interviews de politiques en prévision de la Présidentielle. Voilà c'est tout...

10:00 Lien permanent | Commentaires (107) | Envoyer cette note

vendredi, 07 avril 2006

Le mépris.

Non. Il ne s’agit pas du bloc notes de BHL dans Le Point. De sa promotion déguisée et subliminale pour son propre Tocqueville, de sa défense de Villepin, de son analyse erronée de la démocratie http://www.lepoint.fr/edito/document.html?did=176946

Non. Il ne s’agit pas ce Premier ministre dessaisi, destitué, dénaturé et retiré qui s’accroche et s’accroche encore. (voir l’analyse implacable de Christine Clerc (http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=338)

Non. Il ne s’agit pas de la promotion au rang d’officier de la Légion d’honneur de Robert Namias chez Christies en la présence de Bernadette Chirac, Ségolène Royal, Robert Hue, Philippe de Villiers, Jean Pierre Raffarin, Jack Lang… (voir Le Point pour la liste exhaustive). C'est François Pinaut qui l'a décoré.

Et puis, ce n’est pas de mon mépris à moi dont il s’agit.

Le mépris dont je parle c’est celui d’un écrivain.

L’histoire est simple.
Dans son roman L'enfant d'octobre qui paraît chez Grasset, Philippe Besson raconte l'affaire Grégory (l’assassinat de Grégory Villemin, retrouvé le 16 octobre 1984 dans la Vologne).
Christine Villemin, la mère de Grégory, veut le poursuivre en justice et lui a envoyé un courrier. Le Point qui raconte l’histoire sous la plume de Denis Demonpion donne la parole aussi bien à Christine Villemin qu’à l’écrivain. D’après le Point, Christine Villemin reproche à l’écrivain que le livre soit « cousu d’invraissemblances, d’erreurs » ; elle évoque par ailleurs les « inepties » qui la « mettent en danger ainsi que ses enfants ». Elle ajoute « Vous avez mis dans ma bouche des propos qui ont vraiment dépassé toutes les pensées que j’ai pu avoir envers la famille Laroche à cette époque ». Elle anticipe même : « Je sais, vous allez vous défendre en disant que c’est un roman mais monsieur Besson mon fils Grégory, n’est pas un simple prénom couché sur une feuille blanche. C’est un enfant qui aujourd’hui irait sur ses 26 ans et nous nous devons de faire éclater toute la vérité sur son assassinat ».

Je ne vais pas entrer ici dans le débat stérile sur ce que l’on aurait le droit d’écrire sous couvert du « roman » posé sur la couverture d'un livre. Même si, pour ma part, je regrette que pas mal d’auteurs se planquent sous ce "loup" parce que sinon leurs propos – souvent autobiographiques - risquent de tomber sous le coup de la loi… Mais là je m’éloigne du sujet.

Revenons donc à Philippe Besson.

Ce dernier justifie sa démarche littéraire, forcément littéraire (!), dans les termes suivants cités par Le Point :