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vendredi, 30 juin 2006
On va bien voir.
D'où vient cette difficulté - ma difficulté - à poser les premières phrases de cette brève note ?
Je sais déjà que ça va être difficile. Difficile pour tout le monde. Tant pis, il me faut la faire. Et l'écrire.
Il est évidemment inadmissible d'enlever tout ou partie d'un gouvernement élu démocratiquement comme l'ont décidé les autorités israéliennes. (http://www.20minutes.fr/articles/2006/06/29/actualite_int....)
Voilà c'est dit. C'est évident. L'attitude d'Israël est inacceptable. On n'enlève pas des élus, des ministres. Ce n'est pas possible.
On n'enlève pas un soldat non plus d'ailleurs.
Mais la riposte choisie est scandaleuse ; l'image donnée catastrophique.
Pas besoin d'explications laborieuses, ni de circonvolutions.
Une fois que j'ai énoncé ces banalités depuis mon lointain confort, d'où vient ma quasi-certitude que je vais lire ici - dans quelques heures ou dans quelques minutes - sous mes deux phrases modestes et indignées, des propos, au mieux irrationnels, au pire détestables ?
Que des dérapages non contrôlés vont se multiplier ?
Que des mots vont être utilisés - par certains - qui seront disproportionnés ?
Que des comparaisons insupportables - historiquement ou politiquement - vont tomber, tout près de nous ?
Tiens, tout simplement, à partir de quel moment, à quelle heure, quelqu'un glissera-t-il de "l'attitude du gouvernement israélien" à "l'attitude des israéliens" ?
Et puis quand passera-t-on d' "Israël" à "État juif" ?
Et d'"Israéliens" à "juifs" ? (surtout pas de capitale à "juif" Guy, sinon quelqu'un va justement te demander pourquoi !...)
D'où viendra la question sur la légitimité politique de l'antisionisme ?
Et qui soulèvera l'idée que l'antisionisme est forcément une forme dissimulée d'antisémitisme ?
Et quelqu'un demandera-t-il si on est forcément solidaire d'Israël lorsque l'on est soi même juif ?
Et le mot "nazi", quand et comment va-t-il nous tétaniser ?
Et "Shoah", ça va sortir du chapeau ou pas ?
On devrait pourtant juste pouvoir écrire, sans prévention aucune et sans la moindre contrariété d'avance, qu'un gouvernement qui envoie son armée enlever des ministres et des députés d'un État voisin a forcément tort.
On va bien voir.
07:55 Lien permanent | Commentaires (232) | Envoyer cette note | Tags : Israël, Hamas
jeudi, 29 juin 2006
Ça suffira pour aujourd'hui...
Quelqu'un que je vois peu - mais qui nous lit quotidiennement -, l'ami Pierre Charvet - m'a fait passer l'autre jour, par mail, quelques lignes.
Juste quelques lignes.
Elles ont , semble-t-il, été écrites directement en Français par Vladimir Nabokov (l'auteur de Lolita).
Visiblement, ces quelques lignes sont issues d'une étude de Nabokov sur Alexandre Serguïéievitch Pouchkine, jamais republiée depuis sa parution, en 1937, dans la NRF.
Mon lecteur a, lui, découvert ce texte lorsque Le Magazine littéraire l'a inclus dans un numéro spécial Nabokov en septembre 1986 (Magazine littéraire, no. 233, septembre 1986) :
Quelques fois peut-être l'artiste le plus pur est tenté de dire son mot, lorsque la clameur de son siècle, les cris de ceux qu'on égorge ou le grognement de quelque brute arrivent jusqu'à lui : mais c'est une tentation à laquelle il ne doit pas succomber, car il peut-être sûr que si la chose vaut la peine elle mûrira et produira plus tard un fruit inattendu. Non, décidément la vie dite sociale et tout ce qui émeut mes concitoyens n'a rien à faire dans le rayon de ma lampe : et si je ne réclame pas ma tour d'ivoire, c'est parce que je me contente de mon grenier.
Chut...
Juste quelques précisions pour qui veut (venues de là : http://www.libraries.psu.edu/nabokov/vncrit5.htm).
“Pouchkine ou le vrai et le vraisemblable,” one of the few texts Nabokov composed directly in French, is here reprinted for the first time since its appearance in La nouvelle revue française in 1937 on the 100th anniversary of Pushkin’s death. Nabokov emphasizes Pushkin’s colossal importance to Russian letters and the (nearly?) insurmountable difficulty of translating his poetry. After expressing his distaste for “biographie romancée,” Nabokov lays out a series of vivid imaginary instants from Pushkin’s life to demonstrate how impossible biography is: “la pensée même, en dirigeant son rayon sur l’histoire d’un homme, la déforme inévitablement” [thought itself, in directing its beam on the story of a man inevitably deforms it].
Abandoning the man, Nabokov moves to his work, providing several very deft French versions of his verse. Nabokov writes that in translating Pushkin he was trying “non pas de rendre Pushkin en français, mais de me mettre moi-même dans une sorte de transe pour que, sans ma participation consciente, un miracle se produisit, la métamorphose complète” [not to render Pushkin in French, but to put myslef in a kind of trance so that, without my conscious participation, a miracle would occur, the transformation complete]. (It is interesting to compare this approach to translating Pushkin to the one Nabokov embraced twenty-five years for Eugene Onegin.) The undeniable flair of his French versions notwithstanding, Nabokov concedes that “C’est du Pouchkine assez vraisemblable, voilà tout : le vrai est ailleurs” [It’s rather plausible Pushkin, that’s all: the true is elsewhere].
The essay concludes with typically Nabokovian optimism: “Si la vie semble quelquefois bien brumeuse, c’est parce que l’on est myope. Pour qui sait regarder, la vie quotidienne est aussi pleine de révélations et de jouissances qu’elle l’était aux yeux des grands poètes de jadis” [If life sometimes seems hazy, it is because one is myopic. For him who knows how to look, daily life is as full of revelations and joys as it was to the eyes of the great poets of yesteryear]. Already as intransigent as his much later strong opinions would reveal him to be, Nabokov extols the lone artist: “Aujourd’hui plus que jamais le poète doit être aussi libre, sauvage et solitaire que le voulait Pouchkine il y a cent ans … Non, décidément la vie dite sociale et tout ce qui émeut mes concitoyens n’a rien à faire dans le rayon de ma lampe : et si je ne réclame pas ma tour d’ivoire, c’est parce que je me contente de mon grenier” [Today more than ever the poet must be as free, wild and solitary as Pushkin so desired one hundred years ago … No, so-called social life and everything that moves my fellow citizens has decidedly no business in my lamp’s light: and if I don’t demand my ivory tower, it’s because I’m content with my garret].
Salut et merci Pierre.
05:55 Lien permanent | Commentaires (120) | Envoyer cette note
mercredi, 28 juin 2006
Parole.
Si, comme on peut le penser, les estimations sont exactes, le résultat du premier tour de l’élection présidentielle vient de tomber comme un coup de tonnerre. Voir l’extrême droite représenter 20 % des voix dans notre pays et son principal candidat affronter celui de la droite au second tour est un signe très inquiétant pour la France et pour notre démocratie. Ce résultat, après cinq années de travail gouvernemental entièrement voué au service de notre pays, est profondément décevant pour moi et ceux qui m’ont accompagné dans cette action. Je reste fier du travail accompli. Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conséquences en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle. Jusque-là, je continuerai naturellement d’exercer ma fonction de chef du gouvernement. J’exprime mes regrets et mes remerciements à tous ceux qui ont voté pour moi et je salue les Français que j’ai servis de mon mieux pendant ces cinq années. J’invite les socialistes et la gauche à se mobiliser et à se rassembler dès maintenant pour les élections législatives afin de préparer l’avenir.
Lionel Jospin. 21 avril 2002.
Après tout, pourquoi une candidature de Lionel Jospin serait-elle inadmissible, provocante, indécente…?
Après tout, ce serait la troisième fois qu'il se présente (1995, 2002, 2007) et nos deux précédent présidents ont aussi pris trois fois leur élan.
Après tout, même si Lionel Jospin revenait sur son engagement du 21 avril 2002, serait-il le premier politique à avoir menti ou à simplement changer d’avis ?
Après tout, même si la campagne de 2002 fut lamentable, celle de 1997 (législatives) et celle de 1995 (Présidentielle) furent plutôt réussies : rappelons qu’à la surprise quasi générale le candidat socialistes fût en tête au premier tour de cette Présidentielle.
Après tout, Lionel Jospin n’est-il pas un candidat aussi honorable que Ségolène Royal ou que n’importe lequel des autres prétendants à l’investiture socialiste ?
Je peux comprendre cette litanie que les jospinistes ressassent jusqu’au bout de leurs nuits.
Entendre là même quelques arguments fondés.
Mais là n’est pas du tout le sujet.
Il ne se situe pas davantage dans une querelle de générations, dans un combat des Anciens contre les Modernes, dans un débat sur la rénovation - des pratiques et des Hommes - qu’interdirait sa candidature.
Ni même dans l’incroyable carambolage télévisuel que constituent les prises de parole successives (à 48 heures d’intervalle) de Jacques Chirac et de Lionel Jospin dans les deux 20 heures de France 2 et TF1 (ce soir pour Lionel Jospin). Comme un mauvais remake.
C’est d’abord et avant tout d’un strict problème de cohérence personnelle et de parole politique dont il est question.
Une question d'éthique.
De morale même.
Dans un pays où dès qu’un politique s’exprime, le soupçon est généralisé, le doute immédiat, une candidature de Lionel Jospin serait la preuve matérielle et irréfutable que la parole politique, d'où qu'elle vienne, ne vaut strictement rien.
Absolument rien du tout.
Si après avoir annoncé qu’il se retirait de la vie politique, Lionel Jospin y revient, il montrera objectivement que les mots d’un politique, que les promesses d’un politique, que les discours d’un politique, que les engagements d’un politique, que les actes d'un politique…aussi solennels soient-ils - prononcés qui plus est dans un contexte de chaos électoral - n’ont aucune valeur.
Aucun sens.
Aucune vérité.
Nous serons donc fondés à ne plus jamais croire aucun politique.
Il y a des actes lourds, des moments fondateurs, des gestes forts, sur lesquels on ne peut pas revenir sans tuer la croyance en la sincérité de ces actes, de ces moments et de ces gestes.
Des actes, des moments, des gestes qui dépassent, de la tête de des épaules, leurs auteurs ou leurs acteurs.
L'Histoire.
Si Lionel Jospin ne l’admet pas, sa défaite sera encore plus terrible que la précédente et ce, même s’il venait à l’emporter dans les urnes.
Ce serait la défaite de la politique.
Parce que plus personne dans ce pays ne croira, avant bien longtemps, en la parole politique, en la parole d’un politique.
S’il veut donc éteindre la dernière étincelle de crédit qui subsiste en (la) politique, Lionel Jospin peut le faire.
À ce titre, il est désormais confronté à un dilemme bien plus grave que celui du 21 avril 2002 à 20 heures.
Après avoir blessé la gauche en 2002, Lionel Jospin peut tuer la politique en 2007.
La France ne peut pas s'offrir sans risque un nouveau rendez-vous manqué avec le peuple » écrit-il à juste titre, hier dans Le Monde.
Pourvu qu'il ne pense pas simplement, en fait : La France ne peut pas s'offrir sans risque un nouveau rendez-vous manqué avec MOI.
07:17 Lien permanent | Commentaires (228) | Envoyer cette note | Tags : Jospin, Retour, Parjure
mardi, 27 juin 2006
Le stagiaire du mois est là !
Magnifique trouvaille de l'un d'entre vous (merci charles swann) dans Direct Soir le GVVB (gratuit vespéral de Vincent Bolloré).
L'édito a été confié vendredi 23 juin à un stagiaire - Olivier Palle - dont la prose devrait ENCHANTER tous nos amis précaires. http://www.directsoir.net
Olivier si tu nous lis, nous t'attendons sur le DEL...
Faites passer !
06:40 Lien permanent | Commentaires (247) | Envoyer cette note | Tags : OLIVIER PALLE IS ALL YOU NEED
lundi, 26 juin 2006
Le stagiaire du mois demain sur le DEL !
Plus fort que l'employé du mois, le stagiaire du mois !
Demain sur le DEL, un gars bien comme on en croise pas souvent.
Vous auriez tort de le manquer...
Vous pourriez le regretter.
Vous seriez désespéré.
Stagiaires de tous les pays donnez vous la main et venez ici !
20:35 Lien permanent | Commentaires (57) | Envoyer cette note | Tags : Tu es précaire ? Tu aimes ton patron ? Demain une leçon...
Grippe aviaire : encore un effort pour être crédible.
Christian Lehmann intervient aujourd'hui sur le DEL au sujet de la grippe aviaire.
Les premiers cas de transmission interhumaine de la grippe aviaire en Indonésie viennent d’être rendus publics.
Et ceci alors qu’en France, la missi on parlementaire sur «l'évaluation du plan gouvernemental de prévention » de la grippe aviaire présidée par Jean Marie Le Guen, député PS, s’apprête à remettre les conclusions de son rapport, mercredi 28 Juin.
Dans Libération, dès le 14 Juin, Jean Marie Le Guen, interviewé par Eric Favereau, révélait les conclusions de la mission qu’il préside, dans un article intitulé : « La France n’est pas prête à faire face à une pandémie ».
http://www.liberation.fr/page.php?Article=390034
Une telle prise de position, fort éloignée de l’autosatisfaction affichée par le Ministère de la Santé, provoque depuis dix jours quelques remous au sein même de la mission.
http://www.humanite.fr/journal/2006-06-16/2006-06-16-831744
Dans son interview, le député PS dresse un constat qu’à leur niveau individuel, nombre de professionnels de santé, en ville dans leur cabinet, à l’hôpital dans leur service, partagent : il existe un monde entre les effets d’annonce répétés du Ministère sur les millions de traitements et les centaines de millions de masques stockés, et la réalité d’une épidémie vécue à hauteur de stéthoscope.
Les généralistes s’en sont émus à plusieurs reprises. En Janvier dernier, ils avaient été reçus par Xavier Bertrand et Dominique de Villepin, et avaient exprimé leurs inquiétudes. La conduite à tenir en cas d’apparition d’une pandémie sur le territoire français leur semblait ne pas tenir compte de leur expérience de terrain. Ainsi on les enjoignait, pour limiter la transmission éventuelle du virus, à privilégier le maintien à domicile des patients, donc à se déplacer à domicile sur chaque appel, munis bien entendu de tout le matériel de protection, de kits de prélèvement. Quid de la prise en charge des autres pathologies, qui ne disparaissent pas par enchantement du seul fait d’une épidémie ? Quid de la gestion pratique au quotidien de cette charge de travail, de leurs déplacements en voiture, de la possibilité de bénéficier de la présence d’un accompagnant, de la prise en charge des déchets médicaux, du lien avec l’hôpital ? Comment sécuriser leurs déplacements au sein d’une population inquiète, alors que, cédant à la panique, certains pourraient vouloir leur extorquer des médicaments, des prescriptions inappropriées ? Quid de leur hébergement, car dans les premiers temps d’une pandémie, il leur apparaissait incohérent de courir le risque de contaminer leurs proches, tant que le risque de transmission n’était pas défini ? Quid enfin du risque personnel qu’ils encouraient, au contact rapproché des malades, et ce alors que même en temps normal, les pouvoirs publics n’ont toujours pas réglé le problème du risque assurantiel pour les médecins effectuant des gardes de nuit ?
A demi-mot, ceux d’entre eux qui suivaient le dossier crurent comprendre que le flou du plan gouvernemental de prévention tenait, pour les professionnels de santé libéraux, à l’embarras du gouvernement. Car en cas de pandémie, les médecins libéraux appelés à remplir une mission de service public, seraient bien entendu en droit d’exiger des conditions de travail correctes et de sécurité maximales. Or, et c’est l’un des nœuds du problème, le gouvernement a perdu la confiance des médecins généralistes, comme il a perdu la confiance des Français. Et ce constat, déprimant en période « normale », devient franchement inquiétant en situation de pandémie éventuelle.
A l’approche de la publication du rapport, et alors qu’un exercice de simulation de secours à l’arrivée d’un avion transportant une personne suspectée d’être atteinte par la grippe aviaire a fait fiasco samedi matin à l’aéroport de Strasbourg Entzheim, (http://www.alsapresse.com/aujourdhui/une/) le Ministre de la Santé, Xavier Bertrand annonce, selon l’agence Reuters : "A partir de la rentrée, je veux des exercices dans tous les départements et dans tous les établissements de santé…Je vais aussi évaluer la montée en charge du dispositif de formation des professionnels de santé."
Ce dispositif de formation, dont les conditions de mise en place sont vivement critiquées par les organismes de formation médicale continue, semble participer d’une politique de prévention du risque politique ( assurer que tout va bien, assurer que tout est en place) plutôt que d’une réelle prise en compte du terrain.
Quand à l’absence actuelle de réponse aux interrogations posées par les médecins généralistes depuis Janvier dernier, l’annonce par le Ministre d’un colloque organisé en septembre sur "l'éthique en cas de pandémie grippale" intrigue.
Pendant des années, c’est en effet au nom de l’éthique, sous couvert de la déontologie, que les gardes de nuit furent imposées par l’Ordre des Médecins et les préfets aux seuls généralistes, condamnés jusque récemment, et encore aujourd’hui lors de réquisitions, à travailler parfois plus de 72 heures d’affilée, au mépris de la loi et de la sécurité des médecins comme des patients.
Ce colloque sur « l’éthique en cas de pandémie grippale » ressemble à un aveu, la tentative de culpabiliser, voire de contraindre les médecins à n’envisager leur participation à la prise en charge de l’épidémie qu’au titre d’un devoir médical, plutôt que comme l’exercice librement consenti d’une mission de service public, nécessitant par là même une définition du statut, des fonctions, des moyens, des protections à mettre en œuvre, jusqu’à la prise en charge en cas de décès, car les DDASS situent ces pertes à 5 % du corps médical.
Cette statistique, peu ébruitée jusqu’ici, pose le problème crûment. Au Canada, seuls 20% des infirmières libérales ont répondu favorablement à une demande de participation au dispositif en cas d’épidémie de grippe.
http://radio-canada.ca/nouvelles/regional/modele.asp?page...
La gestion d’une éventuelle pandémie de grippe aviaire dépasserait très largement la seule question des stocks de médicaments, des stocks de masques. Comme l’ont finement analysé Fred Vargas et d’autres spécialistes des épidémies passées, une pandémie, au-delà même d’une crise médicale, est avant tout une crise sociale majeure, dans laquelle, si la société doit survivre, si les solidarités entre ceux qui sont indemnes et ceux qui sont atteints, jusqu’au sein du groupe familial, doivent perdurer, il importe de responsabiliser en amont les individus, en leur expliquant clairement les choix, les précautions à mettre en œuvre, les conduites à tenir. Parce que c’est du flou que naît l’angoisse, et que l’information, sereine, est aussi un facteur de résistance.
Jean Marie Le Guen le dit dans cet interview: « Il faut un discours beaucoup plus clair à destination de l'opinion publique. Il faut responsabiliser les gens et la société. »
Or pour tenir ce discours, il faut être crédible.
Il est délicat de tenir un discours fort de mobilisation du service public, des enseignants, des médecins, lorsqu’on prône inlassablement la diminution du nombre des fonctionnaires considérés comme improductifs, lorsqu’on reste sourd aux revendications des généralistes, laissés pour compte de la réforme.
Etre crédible, c’est annoncer quelques évidences :
C’est dire, à nouveau, que nous sommes encore pour l’instant devant un risque hypothétique, que cette pandémie pourrait fort bien ne jamais se développer.
C’est dire que nos sociétés doivent aider, plus et mieux, les pays moins favorisés, à lutter contre la pandémie, non pas seulement par altruisme mais par nécessité.
C’est dire que nos sociétés sont fragilisées par le délitement du lien social, par une économie de marché essentiellement tournée vers le profit, et que la gestion d’une pandémie, à HxNx ou à un autre virus, nécessite de redéfinir nos priorités.
C’est dire qu’en cas de pandémie, nous serons tous dépendants les uns des autres, et que, bien loin des lois du marché et de la télé-réalité, nous ne nous en sortirons qu’ensemble.
Et que cette société qui prône les stock-options pour tous et les golden parachutes pour certains, ne tiendra que par le médecin ou l’infirmière qui restent sur le pont, le fonctionnaire de GDF qui tient son poste, le fils qui brave son inquiétude pour rester au chevet d’un parent malade.
Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain
www.christianlehmann.net
06:37 Lien permanent | Commentaires (120) | Envoyer cette note
dimanche, 25 juin 2006
Grippe aviaire : Christian Lehmann demain sur le DEL.
Aujourd’hui on a bien ri tous ensemble.
Demain ce sera beaucoup moins drôle. Nous allons parler de grippe aviaire.
Alors qu’un premier cas de transmission interhumaine est apparu http://www.liberation.fr/page.php?Article=392884, le docteur Christian Lehmann nous expliquera ici comment, en vérité, en France nous ne sommes pas du tout préparés à la gestion sociétale d’une éventuelle pandémie d’ampleur.
Ni à l’hôpital, ni en ville.
16:20 Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note
Parce que c'était LUI...
(Groucho démissionnant d'un club de Hollywwod, cité par Arthur Sheekman dans The Groucho Letters, Simon & Schuster, 1967. Correspondance de Groucho Marx, Champ Libre, 1971, 1982.)
08:55 Lien permanent | Commentaires (59) | Envoyer cette note
samedi, 24 juin 2006
Mon soutien...
Je sais. Je sais.
Je vous avais promis de ne soutenir personne.
Je suis désolé.
Mais quand j'ai appris qu'IL y pensait, qu'IL se tâtait, qu'IL se disait "pourquoi pas moi ?", j'ai commencé à craquer tout seul dans mon coin.
Je me suis d'abord dit que je ne pouvais pas me parjurer, vis à vis de vous surtout.
Je me suis repris.
Et puis les infos ont commencé à venir de partout, comme des confirmations d'une évidence.
J'ai continué à résister. Après tout, je ne savais rien officiellement.
Il était possible que ce ne soit que des bruits...
Mais en même temps ais-je le droit de LE laisser y aller sans participer d'une manière ou d'une autre, s'IL se décide ?
Ne suis-je pas lié à LUI par une sorte de devoir moral ?
Un pacte !
Peut-IL, surtout, se passer complètement de mes services ?
Vous savez, lui et moi c'est quand même une vieille histoire, un truc de mecs quoi !
Alors je pense que vous ne m'en voudrez pas.
Ou pas longtemps.
Demain matin, ici et pas ailleurs, un vrai scoop : je LE soutiens !
20:55 Lien permanent | Commentaires (72) | Envoyer cette note
Télérama & Boborama : la réaction de Bruno Patino.
Comme cela était prévu, voici donc le texte de Bruno Patino, directeur de Télérama, en réponse au propos de David Angevin, publié ici hier.
Donc, David Angevin a écrit un roman, Boborama. Je l’ai lu. J’ai mon avis sur ce livre, il m’est personnel. La meilleure façon de savoir quoi penser de Boborama, c’est de le lire.
Toutefois, je réagis au post de David Angevin, car j’y lis un regret et une accusation, qui, semblent-ils, me concernent. Le regret, c’est qu’il n’y ait pas de débat dans les colonnes –ou sur le site- de Télérama autour de Boborama, et l’accusation, c’est que nous serions à l’origine –nous, la direction de Télérama, ou nos actionnaires, le groupe Le Monde- de multiples manœuvres visant à empêcher que l’on parle de ce livre, en utilisant la connivence des autres médias, et l’intimidation à l’encontre de l’ensemble de l’équipe.
Sur ces deux points, des éclaircissement s’imposent.
Sur l’absence de débat :
Boborama est un roman. Il se présente comme tel, et, effectivement, c’en est un. Certaines scènes sont proches de la réalité, d’autres sont exagérées et relèvent de la façon dont l’auteur / narrateur a vécu, avec sa propre sensibilité, ses dernières années à Télérama, d’autres sont de pure invention, d’autres, enfin, sont clairement omises afin de ne pas pondérer le propos. Aucun problème à cela : c’est la liberté, pleine et entière, du romancier. A chacun de juger si ce roman dit quelque chose de l’évolution des médias, de la presse, ou des industries culturelles, s’il est bien ou mal écrit, de lecture agréable ou non.
Mais du point de vue de Télérama, le débat est impossible. Pourquoi ? Parce que l’on débat avec l’auteur d’un essai, sur la véracité des faits mentionnés, et la validité des arguments avancés. On réagit à un roman. Ce n’est pas la même chose.
Là où je suis fondamentalement en désaccord avec David Angevin, c’est lorsqu’il s’abrite derrière un roman en prétendant que celui-ci n’en est pas un, que tout serait vrai « à 99% ». En ce cas, David, il fallait faire un essai, et viser la véracité des faits à 100%. Le « 1% » inventé (évidemment, bien plus que cela, d’après moi) change tout. L’éditeur peut vouloir vendre le livre comme le roman vrai de Télérama, mais nous avons, chacun d’entre nous à Télérama, la liberté absolue de considérer que ce roman est un peu, beaucoup, ou pas du tout, notre histoire. Chacun de nous a la liberté d’aimer, d’être indifférent, ou de détester ce livre, de se reconnaître ou non derrière les pseudonymes utilisés, d’être heureux de se voir caricaturer ou non. C’est une question de sensibilité individuelle.
Sur l’Omerta :
Reste, maintenant, l’omerta qu’on nous accuse d’organiser. Cela est faux. Evidemment, j’ai conscience que le directeur d’un journal qui écrit cela, fait naître chez les internautes un indice de crédibilité proche de zéro. C’est l’air du temps. Mais qu’il me soit permis quand même d’avancer deux faits, qui viennent s’ajouter aux recensions de Metro (quart de page quand même, signé du directeur de la rédaction), du Figaro, et d’autres supports.
L’Omerta, c’est la loi du silence. Si nous avions la volonté et le pouvoir d’organiser un silence de plomb autour de son livre, si, vraiment, Olivier de Lagarde était aux ordres de la direction de Télérama sous prétexte que sa femme travaille aux relations presse du journal (au fait, Anne travaillait déjà à Télérama du temps de David Angevin), l’auteur de Boborama n’aurait pas été invité à une heure de grande écoute. Or il l’a été. J’imagine déjà la réponse : « oui, il l’a été, mais cela s’est mal passé car on lui a posé une question déplaisante sur le contexte de son départ, contexte qui pouvait expliquer une certaine aigreur, perceptible dans le livre ». Il me semble qu’enquêter sur le romancier enquêteur n’est pas illégitime, que c’est même le fondement du journalisme, même si je n’ai pas, ici, à parler au nom d’Olivier de Lagarde, que je n’ai croisé qu’une fois dans ma vie. Toute personne chargée de la promotion d’un livre sait malgré tout que le plus important est, pour son auteur, d’avoir la possibilité de le défendre à une heure de grande écoute, quand bien même cela ne se ferait pas dans un contexte de brosse à reluire (c’est ce qui explique la présence des auteurs dans des émissions comme celles de Thierry Ardisson ou Marc Olivier Fogiel).
Mais le meilleur contre-argument est, me semble-t-il , l’existence, mentionné dans un des posts du blog, d’un article d’une page entière de Paris Match, signé Gilles Martin-Chauffier, favorable à Boborama, plutôt défavorable à Télérama, très défavorable au Monde, et qui affirme des choses totalement fausses (par exemple, il y a eu des départs au moment du changement d’actionnaire, cela s’appelle la clause de cession, c’est le droit des journalistes de partir volontairement à ce moment là, avec des indemnités, il n’y a pas eu de « charrettes organisées », c’est-à-dire de départs collectifs non volontaires comme le prétend Gilles Martin-Chauffier). Paris Match est, je le rappelle, un journal du groupe Lagardère, lequel est désormais actionnaire, à 15% du groupe le Monde, actionnaire de Télérama… Le moins que l’on puisse dire est que, si nous avions voulu organiser une omerta, nous nous y serions pris comme des manches…
Voilà les deux précisions que je voulais apporter. Après, bien sur, personne ne dit que Télérama est parfait, que les gens qui le font sont sans défauts, et qu’il ne faut pas, régulièrement, se remettre en cause. Un journal est une collectivité humaine, pas une machine. Personne ne dit non plus que l’entrée du Monde à son capital s’est passée au meilleur des moments économiques (oui, je sais, c’est une litote)… Mais je suis plutôt fier d’être à Télérama, et je crois que de nombreuses personnes qui y travaillent le sont aussi.
Pour le reste, aux lecteurs de juger. Le dernier mot leur appartient.
Bruno Patino
Directeur de Télérama
PS : J’ai appelé Guy Birenbaum vendredi après-midi pour lui demander s’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que j’écrive, es-qualité (et non sous pseudo), une réaction, une fois le match fini, à l’ensemble des posts de ce blog.
Je n’ai pas eu de «couteau à aiguiser», et personne, donc, ne m’a «aidé à le faire». Je remercie Guy pour son accueil.
12:30 Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note
DEL à 12h30 : Bruno Patino répond.
Comme prévu hier, je viens de recevoir un texte de Bruno Patino, patron de Télérama, en réponse à la note publiée hier ici même par David Angevin au sujet de son roman Boborama.
Ce texte sera en ligne à partir de 12H30.
10:05 Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
L'avis d'un expert.
Le Nouvelobs.com révélait, il y a peu, le contenu intégral de l'audition d'Edwy Plenel par les juges en charge de l'affaire Clearsrtream.
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060622.OBS2714...
Partie civile, parce que son nom se trouve dans le fameux listing, l'ancien boss du Monde a, en effet, été entendu, le 13 juin dernier, par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons.
Au sujet de Denis Robert, dont il est beaucoup question dans cette audition, un passage m'a frappé :
Ma position est qu’il ne suffit pas d’avoir politiquement raison pour avoir journalistiquement raison.
Je pense que vous aurez beaucoup de choses à dire sur cette petite phrase...
07:25 Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note
vendredi, 23 juin 2006
IT'S NOW OR NEVER !
16:44 Lien permanent | Commentaires (58) | Envoyer cette note
Omerta des Prés.
Ce matin, un écrivain, David Angevin, qui vient de publier un très bon roman Boborama (Le Rocher) nous raconte pourquoi et comment personne - ou presque... - ne parle de son livre dans la presse.
Pour montrer comment fonctionnent nos médias, rien de mieux qu'un cas pratique !
http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1822894&Or...
Boborama, L’impossible promo.
Les journalistes n’aiment pas beaucoup, d’une manière générale, qu’on parle de l’arrière-boutique, des dessous de la profession. C’est comme ça. Il s’agit de ne pas briser l’image du métier. De ne pas écorner le mythe de l’incorruptible détenteur de carte de presse, sorte de surhomme au service de la vérité. Il en va de la survie de la profession, coco. Si le quidam de base commence à connaître les dessous du métier, comment veux-tu qu’on continue à lui fourguer des journaux et des émissions de télé ? D’une manière générale, les journalistes dénoncent volontiers les politiques et les magouilles financières, mais jamais leurs propres errances. Ils font comme si elles n’existaient pas. On n’attaque jamais les confrères. La presse est une grande famille qui se serre les coudes. Le journaliste kamikaze qui se risque à franchir la ligne jaune trouve vite un supérieur pour censurer son papier, voire une huile pour lui signifier son licenciement. Vu le taux de chômage dans la profession, les courageux ne sont pas légion pour parler des dérives du Monde, des pressions politico-économiques qui font et défont les hiérarchies des journaux (Alain Genestar), et des attachés de presse qui remplissent les pages culturelles (pourquoi croyez-vous que les sommaires sont partout les mêmes au même moment), etc…. Les candidats au suicide professionnel se font rare. C’est humain. Ils ont des loyers à payer, des teenagers à habiller. Pourquoi ruer dans les brancards et risquer de tout perdre ? Ce n’est pas la seule raison, mais une des raisons qui font la mièvrerie et la médiocrité de la presse française. Une des raisons aussi de sa mauvaise santé aujourd’hui. Les conflits d’intérêts sont partout. Les journalistes, comme les autres, marchent sur des œufs. Tout le monde le sait, mais peu le disent.
C’est, en gros, le sujet de Boborama, le roman que j’ai publié le 11 Mai dernier aux éditions du Rocher. J’ai travaillé pendant sept ans au sein du journal Télérama. J’ai vécu de l’intérieur le rachat du vieil hebdomadaire catho par le groupe le Monde. Un mariage dont les salariés de Télérama attendaient monts et merveilles, et qui s’est révélé un cauchemar, un pillage en règle. En tant que romancier, j’ai trouvé cette période fascinante. Je me suis dit qu’il fallait m’en inspirer (très largement) pour raconter cette belle aventure capitaliste entre deux titres « aux valeurs communes, humanistes et chrétiennes », comme disait Jean-Marie Colombani à l’époque. Bref, Boborama raconte cette période bien distincte et met les pieds dans le plat. A 99%, ce que racontent les personnages du livre est une reconstitution de ce que racontaient mes ex-collègues à la machine à café. Ni plus ni moins. Il n’y a pas de scoops (le microcosme connaît les méthodes de Colombani et Minc, à nouveau à l’œuvre en ce moment avec les journaux du midi) ni d’exagérations (non, le voyage de presse dans le livre n’a rien de farfelu, ça se passe bien comme ça). Rien que du vécu. Une histoire d’entreprise, qui serait banale si elle se passait dans une usine de boulons située dans la Creuse. Sauf qu’il y a des vérités qu’on n’a, semble-t-il, pas le droit de raconter quand elles touchent le « métier », le quotidien de « référence » et la bible culturelle du pays. J’ai eu, à ma grande surprise, un mal de chien à faire publier Boborama. Les éditeurs aimaient le texte. « Formidable, c’est du jamais lu sur le sujet », ils disaient. « Mais ça ne va pas être possible, tu comprends, je ne peux pas me griller à vie avec deux titres aussi importants pour un simple livre. Je risque ma tête ». Pour tout dire, Guy voulait à un moment le sortir chez Privé, mais la forme du roman le gênait. Bref, le livre paraît enfin au Rocher le 11 mai dernier. « Nous, on s’en fout du Monde, me dit l’éditeur. Ils ne font jamais un papier sur nos bouquins ». Soit. Quand on publie un livre aussi vénéneux, on guette évidemment les réactions de ses confrères. On se demande qui va oser se mouiller, au risque de ne jamais travailler un jour pour le Monde ou Télérama. On devine qui va se dégonfler. On s’amuse des réactions de ses ex-collègues. Particulièrement ceux qui depuis cinq ans occupent leur temps libre à pester contre le cynisme du Monde de Minc et Colombani (il y a quand même eu un préavis de grève l’année dernière pour la première fois de l’histoire du journal suite à la vente de l’immeuble de Télérama pour éponger les dettes du Monde), et qui s’offusquent en réunion (une augmentation se joue parfois à pas grand-chose) du grand déballage public que constitue Boborama.
Résultat des courses, rien ou presque sur le livre. L’omerta fonctionne à bloc. Le sujet met à l’évidence beaucoup de gens mal à l’aise. Et je sais de source sûre que les réseaux de Télérama font tout pour que personne n’en parle. On peut ne pas aimer le livre, son style, sa forme, son auteur, son éditeur, que sais-je encore. Mais personne ne peut sérieusement en critiquer le contenu. Pas un journaliste ne peut me dire dans les yeux que Boborama n’est pas un roman réaliste sur le quotidien de la profession, avec ses petits chefs, ses compromissions, ses renvois d’ascenseur, etc. Je pensais naïvement que le livre servirait à lancer un débat de fond. J’espère qu’il n’est pas trop tard, mais c’est assez mal parti. L’impossible promo de ce livre confirme finalement ce que je raconte tout au long de ses pages. Une anecdote tragi-comique résume à elle seule la situation. Olivier de Lagarde m’invite au moment de la sortie pour parler de Boborama sur France Info. Je ne connais pas ce type, mais peu importe, j’y vais. Sans me méfier. Le matin à 8h 30, heure de grande écoute, je me retrouve nez à nez avec ce gars qui me serre la main en regardant ses chaussures, mal à l’aise. Bizarre. Il attaque « l’entretien » au micro avec un tir de barrage sur le thème corporatiste, avec ton indigné de circonstance, « comment osez-vous parler ainsi des journalistes ». J’ai à peine le temps de répondre maladroitement deux phrases qu’il enfonce le clou sans lever les yeux de son texte. Ce mec est manifestement en service commandé. Le ton est condescendant, méprisant. Il est là pour défendre l’honneur du métier et me dégommer en place publique une bonne fois pour toutes. « Il y a tout de même des journaux pires que Télérama, il dit. Pourquoi tant de haine ? » Encore une fois, je tente de dire qu’il n’y a pas de haine de ma part, juste une volonté de raconter l’envers du décor aux lecteurs qui se demandent ce qui se passe et qui, sans ce livre, ne le sauront jamais. Salve finale, grandiose : « Ce livre est tout de même méchant, le fruit d’un auteur aigri », il dit d’un ton condescendant. « D’ailleurs, je me dois de dire aux auditeurs que vous avez été viré de Télérama pour plagiat, non ? Et la déontologie dans tout ça ?». La totale. Je tente de répondre que j’ai été viré pour un motif bidon, mais pas le temps de me défendre. De Lagarde a déjà envoyé la météo. Du grand art. Un traquenard bien orchestré. En sortant du studio, je me renseigne sur ce type. Je me dis que c’est probablement un vieux grognard copain de Colombani. Je me trompais. Olivier de Lagarde est simplement le mari d’Anne De Lagarde, attachée de presse de Télérama. On vit dans un pays formidable, non ?
David ANGEVIN

Précisions habituelles : je ne connaissais pas David avant qu'il nous propose son manuscrit l'en dernier. Nous n'avons pas publié Boborama parce que nous n'éditions alors pas de fiction.
À partir d'août prochain, ça va changer : Privé sort ses deux premiers romans.
Il va de soi que David est sur le blog et prêt à répondre à vos questions.
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jeudi, 22 juin 2006
La lâcheté.
Merci à Polemix et la voix off...
20:43 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
Lapsus calami.
En vérité, beaucoup d'observateurs de la situation politique ne pensent qu'à ça mais personne n'ose en parler vraiment.
Chaque jour qui passe avec son cortège de lâcheté, d'avanies et de compromissions nous rapproche d'un nouveau 21 avril 2002.
Du coup, c'est l'insconscient des uns ou des autres qui s'exprime et cela donne parfois des résultats...étonnants.
Lisez donc ce billet de Christophe Barbier (L'Express/LCI) (sur son blog en date d'hier, http://blogs.lexpress.fr/elysee2007/) :
Fièvre fatale
"Villepin le fébrile", titrait l'Express dans le courant de l'hiver 2003. Le Premier ministre a mérité une fois de plus le qualificatif en s'emportant dans l'hémicycle, accusant de "lâcheté" le premier secrétaire du PS.
C'est une chose d'être fébrile quand on est secréatire général de l'Elysée, tout aux combionazione d'une cohabitation, ou quand on est chef de la diplomatie, tout aux entrelacs des chancelleries. C'en est une autre d'être fébrile quand on dirige un gouvernement. Steward du président ou planeur international, Villepin pouvait être fébrile; pilote de l'avion France, il n'en a pas le droit.
Si l'incident prouve une fois de plus que le Premier ministre est en bout de course ("lâcheté" ne visait-il pas les députés UMP qui, au sens propre, l'ont "lâché"?), il a eu une saveur particulière en advenant ce 20 avril. En effet, l'affaire a parasité et gâché l'inauguration du musée des Arts premiers, seul moment de gloire que le Président pouvait s'autoriser dans sa dernière année. Chirac voulut en faire un moment de "paix des braves", de réunion des bonnes volontés: il avait même invité pour cela Lionel Jospin. Villepin fit de ce mardi un jour de guerre civile. a-t-il signé sa perte?
20 avril ! Il s'agit bien sûr d'une simple erreur. Un lapsus calami qui sera réparé ce jour.
Mais pour moi, il parle et dit tout de l'état d'esprit réel des politiques et des commentateurs.
Mon papier pour VSD de la semaine prochaine concerne d'ailleurs précisément ce non-dit. En voici la primeur (merci de ne pas trop l'ébruiter).
Bis repetita ?
Question. Il est peu contestable que le gouvernement s’enfonce dans une déprime à peu près proportionnelle à la sinistre cote de popularité d’un Premier ministre autiste et totalement démonétisé. Les crises politique, institutionnelle et morale que traverse le pays pourraient alors – devraient même - inciter ceux qui nous gouvernent à se poser une ou deux questions plutôt sérieuses ; bien loin des rodomontades quotidiennes puis des marches arrières qui leur tiennent lieu de politique. Au registre de ces interrogations légitimes et nécessaires, il en est - au moins - une qui mérite sans doute d’être évoquée avec force dès aujourd’hui. Bis. Imaginons ainsi que, comme plusieurs enquêtes d’opinion tendent à la signifier, le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen, (largement servi par le climat délétère, « le poisson pourrit par la tête ») soit de nouveau qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. Mais, imaginons aussi, que l’éliminé de ce premier tour ne soit pas, cette fois, le ou la postulante socialiste, mais, à l’inverse de 2002, le candidat de l’UMP. Dans ce cas de figure - et voilà LA question - que feraient précisément au soir du scrutin les hommes politiques de l’actuelle majorité ? Décision. Clairement, les politiques de droite appelleraient-ils à voter pour le candidat de la gauche, comme un seul homme, comme le firent quasiment tous les soutiens de Lionel Jospin, dès 20h15, au soir du 21 avril ? Ou bien tergiverseraient-ils, avant de manifester leur préférence suffisamment du bout des lèvres pour que les bulletins se dispersent ou se volatilisent en un dangereux désordre ? Silence. La question n’est pas dénuée d’intérêt à moins d’un an d’une échéance aussi capitale. Qui, à droite, osera(it) s’y confronter immédiatement ? Sans s’abriter derrière les circonvolutions d’usage et sans prétendre que la question « ne se pose pas du tout en ces termes » ? Ne vaut-il pas mieux, pourtant, se garantir contre les effets du pire de manière préventive – pour l’éviter - plutôt que d’attendre le dernier moment pour n’agir, une fois de plus, que sous la contrainte d’une émotion collective dénuée de la moindre rationalité politique ? Précédent. On devrait désormais poser cette question clairement à Nicolas Sarkozy, notamment. Qu’elle lui plaise ou non. Qu’il l’entende ou pas. Peu importe que, tout à ses certitudes, elle lui apparaisse insultante, ridicule voire incongrue. On sait que Lionel Jospin, pourtant sollicité, n’accepta pas d’y répondre à quelques jours de l’issue du scrutin, en 2002. Le candidat socialiste refusa, en effet jusqu’au bout d’imaginer, ne serait ce qu’un seul instant, qu’il pourrait ne pas se qualifier pour le second tour de la Présidentielle. On sait ce qu’il advint. Et combien il fût la triste victime d’une funeste mascarade. Aussi vaut-il sans doute mieux, cette fois, exorciser le sujet en l’énonçant, en le verbalisant. Dans un an, il sera bien trop tard. Une fois de plus ?
© Didier Lefèvre
Le 21 avril 2002 au soir, à l'Atelier, QG de campagne du candidat Lionel Jospin, alors Premier Ministre.
A l'annonce de sa défaite face à Jean Marie LePen, celui ci annonce son retrait définitif de la vie politique.
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mercredi, 21 juin 2006
À qui le tour ?
Une dépêche de l'AFP datée d'hier soir.
MÉDIAS-PRESSE - 20/06/2006 18h57 - AFPIMPRIMER
Origine : France
La rédaction de Paris Match s'inquiète d'une "mise à l'écart" de M. Genestar
PARIS, 20 juin 2006 (AFP) - La rédaction de Paris Match s'est inquiétée mardi dans un communiqué d'une "mise à l'écart" d'Alain Genestar, à qui la direction du groupe HFM (Hachette Filipacchi Medias/Lagardère) aurait demandé de quitter ses fonctions de directeur de la rédaction de l'hebdomadaire.Selon ce communiqué, M. Genestar a déclaré mardi devant la rédaction "avoir refusé +de manière ferme et définitive+ une proposition d'une autre +activité au sein du groupe+ émanant de la direction générale d'HFM" et il a aussi fait part "de sa décision de ne pas démissionner" du poste qu'il occupe depuis 1999.Dans ce communiqué, la rédaction "déplore cette mise à l'écart pour des raisons politiques". Elle se dit "déstabilisée par neuf mois de rumeurs constantes suite à la publication d'une couverture (sur) Cécilia Sarkozy en août 2005"."Dans ce contexte, poursuit le communiqué, les journalistes de Paris Match présents à la réunion soutiennent Alain Genestar à la suite d'un vote ayant recueilli l'unanimité". 80 journalistes participaient à cette réunion convoquée par la Société des journalistes.
La direction d'HFM, interrogée par l'AFP, ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet. M. Genestar n'a pu être joint.
La crise couvait depuis longtemps: déjà en novembre 2005, M. Genestar assurait à l'AFP qu'il n'était pas menacé dans ses fonctions, après des propos tenus par Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe Lagardère.
Interrogé sur i-TELE sur un éventuel "changement à Match", Arnaud Lagardère avait répondu: "il y a ceux que l'on vire, oui, absolument! C'est la vie... Je crois que c'est parfois nécessaire et il faut effectivement prendre un peu de recul par rapport à ces choses-là. Ca ne veut pas dire qu'on est cruel parce qu'en écartant un journaliste, on en crée un autre aussi en même temps! Ou en tous cas, on laisse la chance à d'autres".
Des rumeurs d'une éventuelle mise à l'écart couraient depuis la "une" de Paris Match du 25 août. Celle-ci montrait Cécilia Sarkozy avec un homme présenté comme son compagnon, ce qui, selon Le Canard enchaîné, aurait mécontenté Nicolas Sarkozy, par ailleurs ami proche d'Arnaud Lagardère.
cp/bb/def
Copyright © 1994-2006 Agence France-Presse
Pour ceux qui l'ignorent, je n'ai aucune affinité avec Alain Genestar (http://birenbaum.blog.20minutes.fr/archive/2006/05/20/che...).
Mais le problème n'est pas là.
Beaucoup de bloggueurs passent leur temps à taper sur Nicolas Sarkozy pour le principe.
Ils tiennent là l'occasion de le critiquer et de s'insurger pour des faits précis.
Si il se confirme que Genestar est viré, nous devons réagir (comme nous l'avons fait dès hier soir sur RTL).
Pas par solidarité, pas par corporatisme, pas de manière confraternelle.
Juste parce qu'il avait fait son boulot.
Comme il devrait d'ailleurs le faire concernant tous les politiques qui instrumentalisent leur vie privée et s'étalent dans des doubles pages indécentes avec leur compagne ou leur compagnon, voire - pire - leurs enfants mineurs : on n'élit pas un couple, ni une famille, mais une femme ou un homme !
Défendre aujourd'hui Genestar, c'est d'abord défendre le peu d'espace qui nous reste.
07:05 Lien permanent | Commentaires (334) | Envoyer cette note
mardi, 20 juin 2006
Harcèlement judiciaire.
Le Premier ministre "a décidé de porter plainte pour diffamation envers un membre du gouvernement" contre l'auteur de Clearstream, l'enquête, Denis Robert,
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2352040221/qid=1150...
mais aussi contre Jean-Marie Pontaut et Gilles Gaetner, auteurs de Règlements de compte pour l'Elysée
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2915056463/qid=1150..., a annoncé lundi le service de presse de Matignon.
Selon 20 minutes http://www.20minutes.fr/articles/2006/06/19/actualite_Cle..., les éditeurs de deux ouvrages, respectivement Les Arènes/Julliard et la société Oh éditions, sont également visés par la plainte, précise le communiqué.
20 minutes explique : "On ne peut accepter que des ouvrages entiers consacrés à des 'constructions' mettent en cause le Premier ministre sans fondement", a indiqué son entourage.
Formellement, Matignon a transmis au garde des Sceaux la plainte lundi pour qu'il puisse ensuite lancer la procédure.
La vie est décidemment bien faite...
J'attirais votre attention sur la manière dont on tentait de plus en plus de nous faire taire, nous les éditeurs, ce samedi http://birenbaum.blog.20minutes.fr/archive/2006/06/17/harcelement-judiciaire.html et, de l'autre côté de la rue, Sébastien demande à juste titre des soutiens financiers pour l'ami Michel Roussel (dont j'étais l'éditeur du livre), harcelé par des adversaires prêts à lui faire subir le pire. http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2006/06/20/sol....
Pas plus tard qu'hier matin, enfin, j'étais comme je vous l'avais annoncé, au tribunal avec Rodolphe Albert, Canal schtroumpf nous attaquant pour contrefaçon de sa marque sur la couverture des Secrets du PSG http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760286/qid=1150....
Le jugement - en référé - tombe lundi prochain...
Nous en sommes là et il faut bien évidemment laisser à chacun le droit de se défendre s'il se juge diffamé, atteint.
Je veux juste rappeler que pour ce qui me concerne, j'ai choisi, depuis que j'exerce des jobs "visibles", de ne faire aucun procès à qui que ce soit.
J'ai été attaqué (trois fois en justice par Philippe de Villiers, qui a déjà été débouté deux fois), humilié, sali parfois, diffamé (largement) et Stéphane Denis s'est même livré sur moi à deux reprises à une belle démonstration d'antisémitisme "mondain".
Rien n'y fera, je ne veux pas règler mes comptes en justice et je n'encourage aucun de mes auteurs à le faire.
Question de cohérence.
Mais la justice n'est pas le seul moyen utilisé pour tenter de nous museler.
Les pressions (remember l'épisode Cécilia chez First,) les contrôles fiscaux inopinés, les licenciements abusifs (le co-auteur de Dominique Ambiel pour Tsunami sur l'Élysée http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2841863395/qid=1150..., Antoine Rault, vient d'être viré par son ministre Christian Jacob http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=politique/20..., les coups tordus divers et variés sont le lot commun des quelques éditeurs qui ont choisi de faire leur job.
L'édition d'actualité ? Un sport de combat !
PS : "Afin que 20 Minutes blog reste à la pointe des services de blogs, nous allons entreprendre une mise à jour du service mardi 20 juin. Cette mise à jour nécessitera une fermeture du service une bonne partie de la journée. Nous vous prions par avance de nous excuser pour cette fermeture".
Si ce blog s'éteint dans la journée ne criez donc pas tout de suite à la censure !
07:35 Lien permanent | Commentaires (229) | Envoyer cette note
lundi, 19 juin 2006
La berlu...
...sconi !
L'éditeur italien Mondadori, contrôlé par la holding Fininvest de Silvio Berlusconi, a annoncé lundi le rachat pour 545 millions d'euros du groupe de presse Emap France, filiale d'Emap Plc mise en vente en février.
(...)
Mondadori, contrôlé à hauteur de 50,2% par la holding Fininvest de la famille Berlusconi, est le plus important groupe éditorial italien.
http://www.20minutes.fr/articles/2006/06/19/culture_L_edi...
21:05 Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
Appel du 19 juin.
LES JOURNALISTES, ILS NE CROIENT PAS AUX MENSONGES DES HOMMES POLITIQUES, MAIS ILS LES RÉPÈTENT, C'EST PIRE !
Coluche est mort il y a vingt ans aujourd'hui.
06:55 Lien permanent | Commentaires (188) | Envoyer cette note
dimanche, 18 juin 2006
The - Blog - Party.
Allez, dans quelques heures France/Corée.
J'ai décidé de lancer un concours de pronostic.
Ma proposition est la suivante.
Celui, celle ou ceux qui donne(nt) le bon résultat (le bon score) déjeunent tous ensemble dès que possible, et je me joins à la party (mon film culte), obligatoirement - forcément - dans un restau indien.
Alors, je me lance et je reste un optimiste indécrottable : France 3 Corée 2.
Les pronostics s'arrêtent à 21h01 (l'heure des commentaires apparaît, inutile de tricher).
Je reviens donner les résultats tard ce soir ou demain matin.
Amis de province et de l'étranger n'hésitez pas à participer car on peut délocaliser le dej !!!
C'est PARTY...
16:34 Lien permanent | Commentaires (89) | Envoyer cette note
Publicité clandestine.
C'est dimanche. temps estival. Envie de parler d'un peu autre chose. Ce soir la France va s'arrêter à partir de 20h30 because les bleus. Ici ce n'est pas relâche mais le coin des copains. Des amis nuance. Jetez un oeil.
Comment vous expliquer. Yves Hirschfeld pour moi c'est un frère. C'est ma famille.
Quoi qu'il fasse je ris. Je l'aime d'amour. Il fut des aventures d'Au bonheur des Dames et de Ramon Pipin.
Il sait faire un helicoptère avec un gant de boxe , un bout de ventilo et s'il le filme vous revoyez Apocalypse now.
C'est le seul gars qui m'a enfermé des heures dans une cave pour jouer la foule d'un concert (de faux Sex Pistols).
Il y a longtemps il avait une rubrique à la télévision, "deux doigts d'info" : l'actu jouée par des doigts grimés et maquillés. Et on y croyait... En plus, il a une carte de visite sur laquelle est écrit "spécialiste" !
Ce sont les trois dernières représentations de sa pièce.
Ceux qui sont parisiens n'hésitez pas.
Allez voir. Dites que vous venez de ma part. Ce sera plus cher !
Maintenant un deuxième ami. Un talent brut comme un diamant. Un auteur.
Si Yves est un grand frère, Diastème c'est un plus jeune frère.
Il faut lire tous ses livres (beaucoup en poche) et aller voir ses pièces.
Ecorché vif mais méchamment humain, Patrick - Diastème - tint longtemps le courrier des lectrices dans Vingt ans, ça ne s'invente pas ! Ses modèles sont Brautigan et Harrison (Jim).
Il écrit sur ses douleurs et ses erreurs, sans pudeur.
Doué pour tout, il chante et écrit aussi pour le cinéma.
Un mec bien.
08:00 Lien permanent | Commentaires (68) | Envoyer cette note
samedi, 17 juin 2006
MORITURI TE SALUTANT
Hier à 13h30 j'étais avec Pierre Martinet au tribunal.
Il a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour violation du secret défense dans son livre DGSE service action http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760200/qid=1150....
MÉDIAS-CANAL-JUSTICE-DÉFENSE-DGSE - 16/06/2006 14h31 - AFP
IMPRIMER
Origine : France
Six mois avec sursis pour atteinte au secret défense par un ex de la DGSE
PARIS, 16 juin 2006 (AFP) - L'ex-agent secret Pierre Martinet a été reconnu coupable vendredi d'atteinte au secret de la défense nationale dans son livre "DGSE Service action. Un agent sort de l'ombre", et condamné à six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris.
Le procureur de la République avait requis une peine de 8 à 10 mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'une amende de 15.000 euros, contre cet ex-membre de la DGSE, dont le conseil n'était pas en mesure de dire vendredi s'il comptait faire appel.
C'est la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, dont dépend la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui avait saisi le parquet de Paris, à la suite de la parution du livre de Pierre Martinet. Elle estimait qu'il avait trahi ses obligations de réserve en matière de secret défense en racontant son parcours au sein des services secrets, d'août 1997 à septembre 2001.
Il était notamment reproché à M. Martinet d'avoir donné trop d'indications sur sa formation au sein de la DGSE, d'avoir décrit de manière détaillée un exercice de pénétration au sein d'une centrale nucléaire ou encore d'avoir fourni un organigramme du service action de la DGSE.
"Je n'ai fait que raconter ma formation et mon parcours", avait expliqué à la barre le prévenu, affirmant n'avoir "rien révélé de nouveau" ni d'interdit.
L'ouvrage avait fait sensation en avril 2005, non pas au sujet de la DGSE mais parce qu'il dévoilait que l'ex-responsable de la sécurité de Canal+, Gilles Kaehlin, avait utilisé les services de Pierre Martinet pour filer Bruno Gaccio, l'auteur des "Guignols".
pjl/pmg/bg
Copyright © 1994-2006 Agence France-Presse
Interdit d'éclater de rire au pays du Général Rondot (j'attends la plainte contre lui pour violation du secret défense vu le contenu de ses carnets...) et d'un gouvernement dont les membres s'espionnent les uns les autres... Sachant que MAM qui poursuit Martinet n'a rien à voir avec l'affaire Clearstream...
Lundi matin à 10h j'accompagne Rodolphe Albert au tribunal.
Nous sommes poursuivis conjointement pour contrafaçon de la marque Canal Pluche sur la couverture de son livre (Les secrets du PSG, La danseuse de C....+)http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760286/qid=1150...
Les auteurs du Dossier noir du transport aérien seront bientôt poursuivis par l'un de ceux qu'ils mettent en cause http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760170/qid%3D11....
Nous avons obtenu un non lieu dans une affaire de diffamation concernant le livre Suzy contre mon gros loup (l'affaire AZF)http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760057/qid=1150...
Je crois que j'ai été mis en examen trois ou quatre fois cette année.
Pour ce qui concerne mon ami Martinet plusieurs autre procédures courent encore (diffamations + plainte contre X de Bruno Gaccio). Nous espérons que cette dernière plainte permettra de faire la lumière sur les activités des "donneurs d'ordre" de surveillance sur les salariés qui sévissaient au sein de la chaîne cryptée.
De la même manière nous attendons avec impatience que le PSG et/ou Canal + porte plainte pour diffamation de manière à ce que Rodolphe Albert produise les... 7000 documents qui appuient son raisonnement !
Ce bref résumé d'une semaine bien remplie est en vérité aussi un cordial hommage à ceux qui écrivent, comme un bloggueur nommé Peter Covel hier chez Seb (pas encore de procès l'AJT on croise les doigts !) que je suis "le prototype de l'élite gauche caviar pleine de morgue et de cynisme, complètement intégré à l'époque "esprit canal tous des fachos sauf moi", le genre de gars qui a une posture de faux rebelle tout en vivant grassement du système (éditeur, universitaire...)
"L'esprit canal"...
Un dernier pour la route ? Le scandale que réprésentent les poursuites contre mon ami l'ex gendarme Michel Roussel, notamment pour son livre dont j'étais alors l'éditeur aux éditions Denoël(Homicide 31)
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2207255646/qid=1150....
Dernier épisode du harcèlement judiciaire constant qu'il subit grâce à ce petit mot reçu de Michel la semaine dernière :
Dans la Dépêche du Midi du 15/5/04 et sur France Info le 13/5/04 j’avais déclaré, à la suite de la diffusion sur France 3 National d’un reportage indiquant que des policiers entendus par l’IGPN avaient affirmés que Bourragué était bien présent sur la scène de crime Galbardi :
« je suis choqué qu’un magistrat en exercice ait pu mentir à la justice à laquelle il appartient. Etc… »
Voici la décision de la 17ème chambre du TGI de Paris, dans le premier procès pour diffamation (il y en a deux pour les mêmes faits) :
1/ mes offres de preuve sont jugées irrecevables (j’ignore encore pourquoi…)
2/ la relaxe est prononcée pour la Dépêche du Midi
3/ je suis jugé coupable et condamné à :
- 1.000 euros d’amende
- 8.000 euros de dommages et intérêts au profit de Bourragué (versement provisoire ordonné donc même si je fais appel il me faut payer…)
- 3.000 euros à verser à Bourragué au titre de l’article 475-1
- une publication dans la Dépêche à mes frais…
Ceci malgré les témoignages de la journaliste de France 3 qui a confirmé à la barre la teneur de son reportage et le dépôt des procès verbaux indiquant que contrairement à ses déclarations, Bourragué se trouvait sur la scène de crime. Vrai donc mais diffamatoire…
Champagne donc pour Bourragué (c’est moi qui régale).
A bientôt pour d’autres bonnes nouvelles ?
Quelques-uns de mes amis les faux rebelles et moi te saluons bien bas Peter Covel...
Morituri te salutant.
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vendredi, 16 juin 2006
L'UMP, on l'aime ou on la quitte ?
C'est donc dans le journal iisraélien Haaretz que Xavier Lemoine, le maire UMP de Montfermei a déclaré ceci :
"Ce sera eux ou nous. S'ils gagnent, on est morts. Moi je suis catholique, Français et fier de l'être, et je n'ai pas l'intention de vivre comme un dhimmi (un non-musulman bénéficiant d'un statut particulier dans les pays musulmans) dans mon propre pays. Nous sommes différents d'eux et ces gens ne représentent pas la France".
Ou encore : "Quand la France renie sa propre histoire et passe son temps à s'excuser de l'esclavage, de ses conquêtes et du colonialisme, faut-il s'étonner que les immigrés relèvent la tête, qu'ils s'en prennent à la France, et qu'ils ne la respectent pas?. Malheureusement, la France ne leur a pas demandé de changer. Elle les autorise à parler arabe, et à cultiver leur héritage, aux dépens de la culture française".
Bien sûr, selon le site de l'Obs Lemoine se défend (à l'AFP en fait) : "Ce sont des extraits, des bribes de conversation, totalement déconnectés de tout le contexte" sur "une discussion qui a duré deux heures". "Je ne renonce pas à aborder un certain nombre de questions qui méritent d'être posées", assurant n'avoir pas voulu désigner l'ensemble des musulmans, mais "une minorité" (http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060615.OBS1951...).
Nous avions déjà parlé sur ce blog de Xavier Lemoine http://birenbaum.blog.20minutes.fr/archive/2006/04/25/mon...
Je ne m'intéresse pas ici à l'aspect juridique des choses, aux procès que le MRAP ou je ne sais qui lui feront, mais j'ai une question politique.
Maintenant, que va dire et faire le Président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, accessoirement ministre de l'Intérieur et donc aussi des cultes, face à ces déclarations de l'un des membres de son parti ?
(Même sujet que chez l'AJT mais il y a des jours où...il y a des jours !)
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jeudi, 15 juin 2006
Implicite et superflu.
Une dépêche de l'AFP qui vient de tomber :
ACCIDENT-IMMEUBLE - 15/06/2006 05h37 - AFP
IMPRIMER
Origine : France
Effondrement d'un jardin suspendu dans une cour d'immeuble à Paris
PARIS, 15 juin 2006 (AFP) - Une terrasse arborée et suspendue s'est effondrée jeudi peu avant 02h00 dans la cour intérieure d'un immeuble de bureaux de six étages, 65-67 rue de la Victoire à Paris (IXe), a-t-on appris auprès des sapeurs-pompiers qui, peu avant 05h30, ne faisaient pas état de victimes.
Le souffle provoqué par l'effondrement de la dalle à O1h47, sur les quatre niveaux d'un parking souterrain, a provoqué un bruit analogue à celui d'une explosion.
Le laboratoire central de la préfecture de police, ainsi que l'architecte de la préfecture, se sont rendus sur place pour tenter de découvrir l'origine de cet effondrement.
Les sapeurs-pompiers, a précisé à l'AFP le capitaine Laurent Vibert porte-parole de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), ont procédé à des recherches avec des chiens dans les quatre niveaux du parking souterrain pour vérifier si des victimes ne se trouvaient pas sous la partie effondrée.
Quelques vingt-cinq engins participent aux opérations de déblaiement.
Le préfet de police Pierre Mutz s'est rendu sur les lieux de l'effondrement qui se situe dans la même rue que la grande synagogue de Paris qui se trouve au 44, de la rue de la Victoire.
pmg/dpn/beCopyright © 1994-2006 Agence France-Presse
Une définition du Littré :
IMPLICITE
(in-pli-si-t') adj.
Qui, sans être exprimé en termes formels, résulte naturellement, par déduction et conséquence, de ce qui est formellement exprimé. Ceci est contenu dans le contrat d'une manière implicite. Volonté implicite, celle qui se manifeste moins par des paroles que par certains actes ou faits habituels. Foi implicite, la créance d'un point de doctrine, sur la simple autorité d'un témoignage, sans explication qui éclaire autrement l'esprit. Par extension. Foi implicite, confiance absolue dans les paroles, dans l'autorité de quelqu'un. Terme de grammaire. Proposition implicite, celle qui contient à la fois sujet, verbe, attribut ; par exemple : mourez. XVIe s. Ils ont basti une fantaisie de foi qu'ils appellent implicite ou enveloppée, CALV. Inst. 418. Lat. implicitus, de implicare, impliquer. IMPLICITE. Ajoutez : Terme d'algèbre. Fonction implicite, se dit d'une grandeur reliée à une autre par une équation qui n'est pas résolue par rapport à la première ; se dit aussi de l'équation qui exprime ces conditions.
Au moment où je rédige ce billet, je n'ai aucune autre information que cette dépêche.
Je me dis juste que s'il s'agit d'un simple accident, quelques mots me gênent : "l'effondrement qui se situe dans la même rue que la grande synagogue de Paris".
La "chute" de la dépêche...
Quelques mots, une chute, que les médias vont certainement tous reprendre en boucle dans les minutes qui viennent dans leurs reportages, la radio notamment, les télés du matin, pour s'interroger : terrasse/effondrement/accident/rue de la Victoire/Grande synagogue de Paris/enquête/attentat ?
Litanie.
Et pourtant, peut être s'agit-il tout simplement comme le dit sobrement l'intitulé de la dépêche d'un ACCIDENT : de "l'effondrement d'un jardin suspendu dans une cour d'immeuble à Paris"...
Ces quelques mots, cette chute, seraient alors totalement superflus. (http://francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?rand=&...).
06:35 Lien permanent | Commentaires (145) | Envoyer cette note
mercredi, 14 juin 2006
Libé donc...
Je vais tout vous dire. Je n'ai jamais aimé Libé.
Je ne fais pas partie de ces gens qui ont grandi ce journal à la main et je n'ai donc ni peine, ni regret, à voir Serge July sur le départ (ou pas). Je m'en fous absolument.
(À lire ici le communiqué de la société des rédacteurs de libé tombé hier soir : http://www.liberation.fr/page.php?Article=389888)
Au delà de Libé, je pense, pour le dire quotidiennement ici, que les journaux, tous les journaux, vont mal, très mal pour de très nombreuses raisons.
De la même manière que l'édition (d'actualité) va mal, pour des raisons finalement assez parallèles.
Au milieu de la dizaine d'explications qui peuvent permettre de comprendre pourquoi ça va si mal (le prix élevé, la distribution, la fabrication, la dépendance à la pub, la soumission aux actionnaires, le manque d'indépendance, la gestion somptuaire, la fuite en avant, le manque de contenu, l'inertie des équipes, l'inamovibilité des hommes, l'aide publique qui sert de bouffée d'oxygène à intervalles réguliers à des titres en survie artificielle, la concurrence des gratuits, d'internet, etc....) l'élément qui m'intéresse forcément le plus - même s'il n'est pas obligatoirement le plus déterminant - c'est la perte de crédit, confirmée chaque année, des journalistes.
Plus précisément le décalage entre les journaux et leurs lecteurs.
Un décalage que les patrons de presse, assis sur leurs petits tas d'or respectifs, sont pour la plupart incapables de comprendre, tant ils sont coupés de la réalité.
C'est ce débat là qu'il faut engager.
De la même manière que nos politiques refusent de se demander pourquoi les citoyens désertent les urnes, les patrons des journaux devraient de temps en temps se demander pourquoi les kiosques sont si peu fréquentés.
Sans compter - si justement ! - qu'il faut payer pour lire, pas pour voter.
Je ne prétends nullement posséder LA ou les solutions à la "crise de la presse".
Je vous propose juste d'en discuter ensemble en prenant comme base de départ deux courriers envoyés au patron de Libé, Serge July, par un certain Denis Robert.
C'est ici que ça se passe : http://www.libelutte.org/index.php?q=denis+robert.
Merci Anne.
Derière cette photo, une "affaire" de baiser qui fit couler "beaucoup d'encre" sur internet et nulle part ailleurs :
http://www.arenes.fr/livres/page-livre2.php?numero_livre=...
http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=269.
07:10 Lien permanent | Commentaires (158) | Envoyer cette note
mardi, 13 juin 2006
Cuisine et dépendance.
Je vais vous faire un peu entrer dans ma cuisine.
Tous les matins très tôt quand je travaille sur cette note, je commence par faire un tour du net.
Et à un moment ou à un autre je passe par l'AFP.
Et tous les matins, absolument tous les matins, et encore plus ces jours-ci, je tombe sur une dépêche comme celle là :
IRAK-VIOLENCE-KIRKOUK - 13/06/2006 06h11 - AFP
IMPRIMER
Origine : Irak
URGENT Dix morts et 20 blessés dans un attentat à la voiture piégée à Kirkouk
BAGDAD, 13 juin 2006 (AFP) - Au moins dix personnes ont été tuées et 20 blessées mardi matin par l'explosion d'une voiture piégée sur un marché populaire de Kirkouk, la grande ville pétrolière du nord de l'Irak, a annoncé la police.
str-jds/mf/mpd eaf.tmf
Copyright © 1994-2006 Agence France-Presse
Tous les matins, je la lis et je n'en parle pas.
Ni à vous ni à personne.
SI j'étais honnête, je devrais plutôt dire que je la survole et qu'elle n'imprime pas.
Encéphalogramme plat...
Je me sens totalement dépassé. Incapable de commenter ça. Pas en position de donner un avis.
C'est souvent aussi le problème sur RTL : je ne suis pas un spécialiste de politique internationale. Je ne me reconnais aucune compétence particulière.
Surtout, et c'est l'essentiel, je trouve d'une grande indécence de parler de l'horreur qui sévit dans des pays dont, pour savoir ce qui s'y passe, je suis totalement dépendant de ce que j'ai lu dans les journaux, les livres ou vu à la télévision.
Alors que nous passons notre temps ici à contester ces moyens d'information...
Et puis, au delà des sources d'information, cette dépêche - ces infos - me pose(nt) un autre problème.
Quel courage ou quelle pertinence y-a-t-il à raisonner - depuis ma banlieue parisienne - sur ces sinistres nouvelles ?
Que sommes-nous (vous et moi) capables de produire de plus immédiat, de plus sommaire et de plus tripal que "Bush est méchant" ? Et là, une voix surgit derrière qui dit "Saddam c'était pire".
Et les deux propositions sont exactes.
Et tous le monde s'empaille et s'envoie des morts à la gueule.
Une petite fille par ci, d'autres enfants par là.
Même difficulté évidemment sur Israël et la Palestine.
Même silence sur l'Afrique.
Etc.
Et pourtant, parfois - sur RTL surtout - il faut plonger, il faut y aller, il faut avoir son mot à dire.
Et là, ça peut être pathétique : une sorte de club des péremptoires dans lequel je m'inclus.
Voilà.
Je pense que je devais cette explication à ceux d'entre-vous qui me "tirent par la manche" quotidiennement pour que je réagisse ou que je traite aussi ces sujets-là.
Je la devais aussi aux très nombreux internautes installés à l'étranger [qui fréquentent ce blog en nombre tous les jours] et qui doivent trouver, entre une note sur le "vilain" Alain Genestar et une facétie anti Villepin, que je suis long du compte.
Je suis au courant...
Ces images ne correspondent pas à la dépêche de ce matin.
07:00 Lien permanent | Commentaires (128) | Envoyer cette note
lundi, 12 juin 2006
Sarkozy : un droit de suite.
Je passe mon temps à râler après les médias et les journalistes.
Et ce matin alors que j'étais dans ma salle de bains j'ai entendu un pur joyau de journalisme sur RTL.
Je vous conseille d'écouter rapidement ce reportage de Thomas Prouteau (que je ne connais pas) avant qu'il ne soit plus en ligne.
France : La Courneuve 12/06/06
Retour sur les promesses de Nicolas Sarkozy
Il y a près d'un an, le 19 juin 2005, mourrait dans des conditions tragiques le petit Sidi Ahmed dans la cité des 4.000 de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). S'étant rendu sur les














































