« 2006-05 | Page d'accueil | 2006-07 »

vendredi, 30 juin 2006

On va bien voir.

D'où vient cette difficulté - ma difficulté - à poser les premières phrases de cette brève note ?

Je sais déjà que ça va être difficile.  Difficile pour tout le monde. Tant pis, il me faut la faire. Et l'écrire.

Il est évidemment inadmissible d'enlever tout ou partie d'un gouvernement élu démocratiquement comme l'ont décidé les autorités israéliennes. (http://www.20minutes.fr/articles/2006/06/29/actualite_int....)

Voilà c'est dit. C'est évident. L'attitude d'Israël est inacceptable. On n'enlève pas des élus, des ministres. Ce n'est pas possible.

On n'enlève pas un soldat non plus d'ailleurs.

Mais la riposte choisie est scandaleuse ; l'image donnée catastrophique.

Pas besoin d'explications laborieuses, ni de circonvolutions.

Une fois que j'ai énoncé ces banalités depuis mon lointain confort, d'où vient ma quasi-certitude que je vais lire ici - dans quelques heures ou dans quelques minutes - sous mes deux phrases modestes et indignées, des propos, au mieux irrationnels, au pire détestables ? 

Que des dérapages non contrôlés vont se multiplier ?

Que des mots vont être utilisés - par certains - qui seront disproportionnés ?

Que des comparaisons insupportables - historiquement ou politiquement - vont tomber, tout près de nous ? 

Tiens, tout simplement, à partir de quel moment, à quelle heure, quelqu'un glissera-t-il de "l'attitude du gouvernement israélien" à "l'attitude des israéliens" ?

Et puis quand passera-t-on d' "Israël" à "État juif" ?

Et d'"Israéliens" à "juifs" ? (surtout pas de capitale à "juif" Guy, sinon quelqu'un va justement te demander pourquoi !...)

D'où viendra la question sur la légitimité politique de l'antisionisme ?

Et qui soulèvera l'idée que l'antisionisme est forcément une forme dissimulée d'antisémitisme ?

Et quelqu'un demandera-t-il si on est forcément solidaire d'Israël lorsque l'on est soi même juif ? 

Et le mot "nazi", quand et comment va-t-il nous tétaniser ?

Et "Shoah", ça va sortir du chapeau ou pas ?

On devrait pourtant juste pouvoir écrire, sans prévention aucune et sans la moindre contrariété d'avance, qu'un gouvernement qui envoie son armée enlever des ministres et des députés d'un État voisin a forcément tort. 

On va bien voir. 

 

 

 

 

 

07:55 Lien permanent | Commentaires (232) | Envoyer cette note | Tags : Israël, Hamas

jeudi, 29 juin 2006

Ça suffira pour aujourd'hui...

Quelqu'un que je vois peu - mais qui nous lit quotidiennement -, l'ami Pierre Charvet - m'a fait passer l'autre jour, par mail, quelques lignes. 

Juste quelques lignes. 

Elles ont , semble-t-il, été écrites directement en Français par Vladimir Nabokov (l'auteur de Lolita).

 

medium_lolita.jpg

 

Visiblement, ces quelques lignes sont issues d'une étude de Nabokov sur Alexandre Serguïéievitch Pouchkine, jamais republiée depuis sa parution, en 1937, dans la NRF.

 

medium_mosco-7.jpg

 

Mon lecteur a, lui, découvert ce texte lorsque Le Magazine littéraire l'a inclus dans un numéro spécial Nabokov en septembre 1986 (Magazine littéraire, no. 233, septembre 1986) :

 

Quelques fois peut-être l'artiste le plus pur est tenté de dire son mot, lorsque la clameur de son siècle, les cris de ceux qu'on égorge ou le grognement de quelque brute arrivent jusqu'à lui : mais c'est une tentation à laquelle il ne doit pas succomber, car il peut-être sûr que si la chose vaut la peine elle mûrira et produira plus tard un fruit inattendu. Non, décidément la vie dite sociale et tout ce qui émeut mes concitoyens n'a rien à faire dans le rayon de ma lampe : et si je ne réclame pas ma tour d'ivoire, c'est parce que je me contente de mon grenier.

 

Chut... 

 

 

Juste quelques précisions pour qui veut (venues de là : http://www.libraries.psu.edu/nabokov/vncrit5.htm).

“Pouchkine ou le vrai et le vraisemblable,” one of the few texts Nabokov composed directly in French, is here reprinted for the first time since its appearance in La nouvelle revue française in 1937 on the 100th anniversary of Pushkin’s death. Nabokov emphasizes Pushkin’s colossal importance to Russian letters and the (nearly?) insurmountable difficulty of translating his poetry. After expressing his distaste for “biographie romancée,” Nabokov lays out a series of vivid imaginary instants from Pushkin’s life to demonstrate how impossible biography is: “la pensée même, en dirigeant son rayon sur l’histoire d’un homme, la déforme inévitablement” [thought itself, in directing its beam on the story of a man inevitably deforms it].

Abandoning the man, Nabokov moves to his work, providing several very deft French versions of his verse. Nabokov writes that in translating Pushkin he was trying “non pas de rendre Pushkin en français, mais de me mettre moi-même dans une sorte de transe pour que, sans ma participation consciente, un miracle se produisit, la métamorphose complète” [not to render Pushkin in French, but to put myslef in a kind of trance so that, without my conscious participation, a miracle would occur, the transformation complete]. (It is interesting to compare this approach to translating Pushkin to the one Nabokov embraced twenty-five years for Eugene Onegin.) The undeniable flair of his French versions notwithstanding, Nabokov concedes that “C’est du Pouchkine assez vraisemblable, voilà tout : le vrai est ailleurs” [It’s rather plausible Pushkin, that’s all: the true is elsewhere].

The essay concludes with typically Nabokovian optimism: “Si la vie semble quelquefois bien brumeuse, c’est parce que l’on est myope. Pour qui sait regarder, la vie quotidienne est aussi pleine de révélations et de jouissances qu’elle l’était aux yeux des grands poètes de jadis” [If life sometimes seems hazy, it is because one is myopic. For him who knows how to look, daily life is as full of revelations and joys as it was to the eyes of the great poets of yesteryear]. Already as intransigent as his much later strong opinions would reveal him to be, Nabokov extols the lone artist: “Aujourd’hui plus que jamais le poète doit être aussi libre, sauvage et solitaire que le voulait Pouchkine il y a cent ans … Non, décidément la vie dite sociale et tout ce qui émeut mes concitoyens n’a rien à faire dans le rayon de ma lampe : et si je ne réclame pas ma tour d’ivoire, c’est parce que je me contente de mon grenier” [Today more than ever the poet must be as free, wild and solitary as Pushkin so desired one hundred years ago … No, so-called social life and everything that moves my fellow citizens has decidedly no business in my lamp’s light: and if I don’t demand my ivory tower, it’s because I’m content with my garret].

 

Salut et merci Pierre. 

 

05:55 Lien permanent | Commentaires (120) | Envoyer cette note

mercredi, 28 juin 2006

Parole.

 

medium_21_avril_.jpg

 

Si, comme on peut le penser, les estimations sont exactes, le résultat du premier tour de l’élection présidentielle vient de tomber comme un coup de tonnerre. Voir l’extrême droite représenter 20 % des voix dans notre pays et son principal candidat affronter celui de la droite au second tour est un signe très inquiétant pour la France et pour notre démocratie. Ce résultat, après cinq années de travail gouvernemental entièrement voué au service de notre pays, est profondément décevant pour moi et ceux qui m’ont accompagné dans cette action. Je reste fier du travail accompli. Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conséquences en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle. Jusque-là, je continuerai naturellement d’exercer ma fonction de chef du gouvernement. J’exprime mes regrets et mes remerciements à tous ceux qui ont voté pour moi et je salue les Français que j’ai servis de mon mieux pendant ces cinq années. J’invite les socialistes et la gauche à se mobiliser et à se rassembler dès maintenant pour les élections législatives afin de préparer l’avenir.
Lionel Jospin. 21 avril 2002.

Après tout, pourquoi une candidature de Lionel Jospin serait-elle inadmissible, provocante, indécente…?

Après tout, ce serait la troisième fois qu'il se présente (1995, 2002, 2007) et nos deux précédent présidents ont aussi pris trois fois leur élan.

Après tout, même si Lionel Jospin revenait sur son engagement du 21 avril 2002, serait-il le premier politique à avoir menti ou à simplement changer d’avis ?

Après tout, même si la campagne de 2002 fut lamentable, celle de 1997 (législatives) et celle de 1995 (Présidentielle) furent plutôt réussies : rappelons qu’à la surprise quasi générale le candidat socialistes fût en tête au premier tour de cette Présidentielle.

Après tout, Lionel Jospin n’est-il pas un candidat aussi honorable que Ségolène Royal ou que n’importe lequel des autres prétendants à l’investiture socialiste ?

Je peux comprendre cette litanie que les jospinistes ressassent jusqu’au bout de leurs nuits.

Entendre là même quelques arguments fondés.

Mais là n’est pas du tout le sujet.

Il ne se situe pas davantage dans une querelle de générations, dans un combat des Anciens contre les Modernes, dans un débat sur la rénovation - des pratiques et des Hommes - qu’interdirait sa candidature.

Ni même dans l’incroyable carambolage télévisuel que constituent les prises de parole successives (à 48 heures d’intervalle) de Jacques Chirac et de Lionel Jospin dans les deux 20 heures de France 2 et TF1 (ce soir pour Lionel Jospin). Comme un mauvais remake.

C’est d’abord et avant tout d’un strict problème de cohérence personnelle et de parole politique dont il est question.

Une question d'éthique.

De morale même.

Dans un pays où dès qu’un politique s’exprime, le soupçon est généralisé, le doute immédiat, une candidature de Lionel Jospin serait la preuve matérielle et irréfutable que la parole politique, d'où qu'elle vienne, ne vaut strictement rien.

Absolument rien du tout.


Si après avoir annoncé qu’il se retirait de la vie politique, Lionel Jospin y revient, il montrera objectivement que les mots d’un politique, que les promesses d’un politique, que les discours d’un politique, que les engagements d’un politique, que les actes d'un politique…aussi solennels soient-ils - prononcés qui plus est dans un contexte de chaos électoral - n’ont aucune valeur.

Aucun sens.

Aucune vérité.

Nous serons donc fondés à ne plus jamais croire aucun politique.

Il y a des actes lourds, des moments fondateurs, des gestes forts, sur lesquels on ne peut pas revenir sans tuer la croyance en  la sincérité de ces actes, de ces moments et de ces gestes.

Des actes, des moments, des gestes qui dépassent, de la tête de des épaules, leurs auteurs ou leurs acteurs.

L'Histoire. 

Si Lionel Jospin ne l’admet pas, sa défaite sera encore plus terrible que la précédente et ce, même s’il venait à l’emporter dans les urnes.

Ce serait la défaite de la politique.

Parce que plus personne dans ce pays ne croira, avant bien longtemps, en la parole politique, en la parole d’un politique.

S’il veut donc éteindre la dernière étincelle de crédit qui subsiste en (la) politique, Lionel Jospin peut le faire.

À ce titre, il est désormais confronté à un dilemme bien plus grave que celui du 21 avril 2002 à 20 heures.

Après avoir blessé la gauche en 2002, Lionel Jospin peut tuer la politique en 2007.

La France ne peut pas s'offrir sans risque un nouveau rendez-vous manqué avec le peuple » écrit-il à juste titre, hier dans Le Monde.

Pourvu qu'il ne pense pas simplement, en fait : La France ne peut pas s'offrir sans risque un nouveau rendez-vous manqué avec MOI.










07:17 Lien permanent | Commentaires (228) | Envoyer cette note | Tags : Jospin, Retour, Parjure

mardi, 27 juin 2006

Le stagiaire du mois est là !

Magnifique trouvaille de l'un d'entre vous (merci charles swann) dans Direct Soir le GVVB (gratuit vespéral de Vincent Bolloré).

L'édito a été confié vendredi 23 juin à un stagiaire - Olivier Palle - dont la prose devrait ENCHANTER tous nos amis précaires. http://www.directsoir.net

 

Olivier si tu nous lis, nous t'attendons sur le DEL...

Faites passer ! 

 

 
medium_nouvel_essai.jpg

06:40 Lien permanent | Commentaires (247) | Envoyer cette note | Tags : OLIVIER PALLE IS ALL YOU NEED

lundi, 26 juin 2006

Le stagiaire du mois demain sur le DEL !

Plus fort que l'employé du mois, le stagiaire du mois !

Demain sur le DEL, un gars bien comme on en croise pas souvent.

Vous auriez tort de le manquer...

Vous pourriez le regretter.

Vous seriez désespéré. 

Stagiaires de tous les pays donnez vous la main et venez ici ! 

 

 

20:35 Lien permanent | Commentaires (57) | Envoyer cette note | Tags : Tu es précaire ? Tu aimes ton patron ? Demain une leçon...

Grippe aviaire : encore un effort pour être crédible.

Christian Lehmann intervient aujourd'hui sur le DEL au sujet de la grippe aviaire.

 

medium_lehm.jpg




Les premiers cas de transmission interhumaine de la grippe aviaire en Indonésie viennent d’être rendus publics.
Et ceci alors qu’en France, la missi on parlementaire sur «l'évaluation du plan gouvernemental de prévention » de la grippe aviaire présidée par Jean Marie Le Guen, député PS, s’apprête à remettre les conclusions de son rapport, mercredi 28 Juin.

Dans Libération, dès le 14 Juin, Jean Marie Le Guen, interviewé par Eric Favereau, révélait les conclusions de la mission qu’il préside, dans un article intitulé : « La France n’est pas prête à faire face à une pandémie ».

http://www.liberation.fr/page.php?Article=390034

Une telle prise de position, fort éloignée de l’autosatisfaction affichée par le Ministère de la Santé, provoque depuis dix jours quelques remous au sein même de la mission.

http://www.humanite.fr/journal/2006-06-16/2006-06-16-831744

Dans son interview, le député PS dresse un constat qu’à leur niveau individuel, nombre de professionnels de santé, en ville dans leur cabinet, à l’hôpital dans leur service, partagent : il existe un monde entre les effets d’annonce répétés du Ministère sur les millions de traitements et les centaines de millions de masques stockés, et la réalité d’une épidémie vécue à hauteur de stéthoscope.

Les généralistes s’en sont émus à plusieurs reprises. En Janvier dernier, ils avaient été reçus par Xavier Bertrand et Dominique de Villepin, et avaient exprimé leurs inquiétudes. La conduite à tenir en cas d’apparition d’une pandémie sur le territoire français leur semblait ne pas tenir compte de leur expérience de terrain. Ainsi on les enjoignait, pour limiter la transmission éventuelle du virus, à privilégier le maintien à domicile des patients, donc à se déplacer à domicile sur chaque appel, munis bien entendu de tout le matériel de protection, de kits de prélèvement. Quid de la prise en charge des autres pathologies, qui ne disparaissent pas par enchantement du seul fait d’une épidémie ? Quid de la gestion pratique au quotidien de cette charge de travail, de leurs déplacements en voiture, de la possibilité de bénéficier de la présence d’un accompagnant, de la prise en charge des déchets médicaux, du lien avec l’hôpital ? Comment sécuriser leurs déplacements au sein d’une population inquiète, alors que, cédant à la panique, certains pourraient vouloir leur extorquer des médicaments, des prescriptions inappropriées ? Quid de leur hébergement, car dans les premiers temps d’une pandémie, il leur apparaissait incohérent de courir le risque de contaminer leurs proches, tant que le risque de transmission n’était pas défini ? Quid enfin du risque personnel qu’ils encouraient, au contact rapproché des malades, et ce alors que même en temps normal, les pouvoirs publics n’ont toujours pas réglé le problème du risque assurantiel pour les médecins effectuant des gardes de nuit ?

A demi-mot, ceux d’entre eux qui suivaient le dossier crurent comprendre que le flou du plan gouvernemental de prévention tenait, pour les professionnels de santé libéraux, à l’embarras du gouvernement. Car en cas de pandémie, les médecins libéraux appelés à remplir une mission de service public, seraient bien entendu en droit d’exiger des conditions de travail correctes et de sécurité maximales. Or, et c’est l’un des nœuds du problème, le gouvernement a perdu la confiance des médecins généralistes, comme il a perdu la confiance des Français. Et ce constat, déprimant en période « normale », devient franchement inquiétant en situation de pandémie éventuelle.


A l’approche de la publication du rapport,  et alors qu’un exercice de simulation de secours à l’arrivée d’un avion transportant une personne suspectée d’être atteinte par la grippe aviaire a fait fiasco samedi matin à l’aéroport de Strasbourg Entzheim, (http://www.alsapresse.com/aujourdhui/une/) le Ministre de la Santé, Xavier Bertrand annonce, selon l’agence Reuters : "A partir de la rentrée, je veux des exercices dans tous les départements et dans tous les établissements de santé…Je vais aussi évaluer la montée en charge du dispositif de formation des professionnels de santé."
Ce dispositif de formation, dont les conditions de mise en place sont vivement critiquées par les organismes de formation médicale continue, semble participer d’une politique de prévention du risque politique ( assurer que tout va bien, assurer que tout est en place) plutôt que d’une réelle prise en compte du terrain.

Quand à l’absence actuelle de réponse aux interrogations posées par les médecins généralistes depuis Janvier dernier, l’annonce par le Ministre d’un colloque organisé en septembre sur "l'éthique en cas de pandémie grippale" intrigue.

Pendant des années, c’est en effet au nom de l’éthique, sous couvert de la déontologie, que les gardes de nuit furent imposées par l’Ordre des Médecins et les préfets aux seuls généralistes, condamnés jusque récemment, et encore aujourd’hui lors de réquisitions, à travailler parfois plus de 72 heures d’affilée, au mépris de la loi et de la sécurité des médecins comme des patients.

Ce colloque sur « l’éthique en cas de pandémie grippale » ressemble à un aveu, la tentative de culpabiliser, voire de contraindre les médecins à n’envisager leur participation à la prise en charge de l’épidémie qu’au titre d’un devoir médical, plutôt que comme l’exercice librement consenti d’une mission de service public, nécessitant par là même une définition du statut, des fonctions, des moyens, des protections à mettre en œuvre, jusqu’à la prise en charge en cas de décès, car les DDASS situent ces pertes à 5 % du corps médical.

Cette statistique, peu ébruitée jusqu’ici, pose le problème crûment. Au Canada, seuls 20% des infirmières libérales ont répondu favorablement à une demande de participation au dispositif en cas d’épidémie de grippe.

http://radio-canada.ca/nouvelles/regional/modele.asp?page...


La gestion d’une éventuelle pandémie de grippe aviaire dépasserait très largement la seule question des stocks de médicaments, des stocks de masques. Comme l’ont finement analysé Fred Vargas et d’autres spécialistes des épidémies passées, une pandémie, au-delà même d’une crise médicale, est avant tout une crise sociale majeure, dans laquelle, si la société doit survivre, si les solidarités entre ceux qui sont indemnes et ceux qui sont atteints, jusqu’au sein du groupe familial, doivent perdurer, il importe de responsabiliser en amont les individus, en leur expliquant clairement les choix, les précautions à mettre en œuvre, les conduites à tenir. Parce que c’est du flou que naît l’angoisse, et que l’information, sereine, est aussi un facteur de résistance.

Jean Marie Le Guen le dit dans cet interview: « Il faut un discours beaucoup plus clair à destination de l'opinion publique. Il faut responsabiliser les gens et la société. »
Or pour tenir ce discours, il faut être crédible.
Il est délicat de tenir un discours fort de mobilisation du service public, des enseignants, des médecins, lorsqu’on prône inlassablement la diminution du nombre des fonctionnaires considérés comme improductifs, lorsqu’on reste sourd aux revendications des généralistes, laissés pour compte de la réforme.

Etre crédible, c’est annoncer quelques évidences :

C’est dire, à nouveau, que nous sommes encore pour l’instant devant un risque hypothétique, que cette pandémie pourrait fort bien ne jamais se développer.

C’est dire que nos sociétés doivent aider, plus et mieux, les pays moins favorisés, à lutter contre la pandémie, non pas seulement par altruisme mais par nécessité.

C’est dire que nos sociétés sont fragilisées par le délitement du lien social, par une économie de marché essentiellement tournée vers le profit, et que la gestion d’une pandémie, à HxNx ou à un autre virus, nécessite de redéfinir nos priorités.

C’est dire qu’en cas de pandémie, nous serons tous dépendants les uns des autres, et que, bien loin des lois du marché et de la télé-réalité, nous ne nous en sortirons qu’ensemble.

Et que cette société qui prône les stock-options pour tous et les golden parachutes pour certains, ne tiendra que par le médecin ou l’infirmière qui restent sur le pont, le fonctionnaire de GDF qui tient son poste, le fils qui brave son inquiétude pour rester au chevet d’un parent malade.


Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain

www.christianlehmann.net





06:37 Lien permanent | Commentaires (120) | Envoyer cette note

dimanche, 25 juin 2006

Grippe aviaire : Christian Lehmann demain sur le DEL.

Aujourd’hui on a bien ri tous ensemble.


Demain ce sera beaucoup moins drôle. Nous allons parler de grippe aviaire.


Alors qu’un premier cas de transmission interhumaine est apparu http://www.liberation.fr/page.php?Article=392884, le docteur Christian Lehmann nous expliquera ici comment, en vérité, en France nous ne sommes pas du tout préparés à la gestion sociétale d’une éventuelle pandémie d’ampleur.

Ni à l’hôpital, ni en ville.

 

16:20 Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note

Parce que c'était LUI...

medium_DSC00538.JPG
medium_DSC00537.3.JPG
 
 
Mais qu'avez vous donc cru, craint ou conçu mes bons amis ?
 
Que j'allais, dès sa candidature annoncée, jeter ma gourme pour
jouer les groupies d' Arnaud Montebourg ?
 
M'enticher d'un José Bové ?
 
Mobiliser pour Olivier Besancenot ?
 
Craquer pour la Maréchale Royale ?
 
Rallier Laurent Fabius ?
 
... 
 
Profond soupir
 
 
Eh bah... la réponse est non. 
 
Trois fois NON !!! 
 
On ne se refait pas... 
 
Le DEL est et restera Marxiste
 
 OUI Marxiste...
 
...Mais Marxiste tendance GROUCHO
 
medium_Groucho_Marx.jpg
 
« I would not join a club who would
accept me as a member ! ».
 
« Je me soucie peu d'appartenir à un club qui veut bien
me compter parmi ses membres »

(Groucho démissionnant d'un club de Hollywwod, cité par Arthur Sheekman dans The Groucho Letters, Simon & Schuster, 1967. Correspondance de Groucho Marx, Champ Libre, 1971, 1982.)
 
 
 
 
 
Bon dimanche à tous ! 
 
;) 
 
 
À la Saint Prosper...
...un canular tu peux faire !
 
 
 
 
 
 
Le ras de cou "Raffarin 2020" (collector) que portent (ci-dessus) nos mannequins est une création originale des Jalons© 
(Rien à voir avec un maillot vintage/1958). 
 
 
 

 
 

08:55 Lien permanent | Commentaires (59) | Envoyer cette note

samedi, 24 juin 2006

Mon soutien...

Je sais. Je sais.

Je vous avais promis de ne soutenir personne.

Je suis désolé.

 

medium_monsieur_x4.jpg

 

Mais quand j'ai appris qu'IL y pensait, qu'IL se tâtait, qu'IL se disait "pourquoi pas moi ?", j'ai commencé à craquer tout seul dans mon coin.

Je me suis d'abord dit que je ne pouvais pas me parjurer, vis à vis de vous surtout.

Je me suis repris.

Et puis les infos ont commencé à venir de partout, comme des confirmations d'une évidence.

J'ai continué à résister. Après tout, je ne savais rien officiellement. 

Il était possible que ce ne soit que des bruits... 

Mais en même temps ais-je le droit de LE laisser y aller sans participer d'une manière ou d'une autre, s'IL se décide ?

Ne suis-je pas lié à LUI par une sorte de devoir moral ?

Un pacte !

Peut-IL, surtout, se passer complètement de mes services ?   

Vous savez, lui et moi c'est quand même une vieille histoire, un truc de mecs quoi !

Alors je pense que vous ne m'en voudrez pas.

Ou pas longtemps. 

Demain matin, ici et pas ailleurs, un vrai scoop : je LE soutiens !

 

medium_XX.jpg

 

20:55 Lien permanent | Commentaires (72) | Envoyer cette note

Télérama & Boborama : la réaction de Bruno Patino.

Comme cela était prévu, voici donc le texte de Bruno Patino, directeur de Télérama, en réponse au propos de David Angevin, publié ici hier.  

 

medium_Patino.jpg

 

 

Donc, David Angevin a écrit un roman, Boborama.  Je l’ai lu. J’ai mon avis sur ce livre, il m’est personnel. La meilleure façon de savoir quoi penser de Boborama, c’est de le lire.

Toutefois, je réagis au post de David Angevin, car j’y lis un regret et une accusation, qui, semblent-ils, me concernent. Le regret, c’est qu’il n’y ait pas de débat dans les colonnes –ou sur le site- de Télérama autour de Boborama, et l’accusation, c’est que nous serions à l’origine –nous, la direction de Télérama,  ou nos actionnaires, le groupe Le Monde- de multiples manœuvres visant à empêcher que l’on parle de ce livre,  en utilisant la connivence des autres médias, et l’intimidation à l’encontre de l’ensemble de l’équipe.

Sur ces deux points, des éclaircissement s’imposent.

Sur l’absence de débat :

Boborama est un roman. Il se présente comme tel, et, effectivement, c’en est un. Certaines scènes sont proches de la réalité, d’autres sont exagérées et relèvent de la façon dont l’auteur / narrateur a vécu, avec sa propre sensibilité, ses dernières années à Télérama, d’autres sont de pure invention, d’autres, enfin, sont clairement omises afin de ne pas pondérer le propos. Aucun problème à cela : c’est la liberté, pleine et entière, du romancier. A chacun de juger si ce roman dit quelque chose de l’évolution des médias, de la presse, ou des industries culturelles, s’il est bien ou mal écrit, de lecture agréable ou non.

Mais du point de vue de Télérama,  le débat est impossible. Pourquoi ? Parce que l’on débat avec l’auteur d’un essai, sur la véracité des faits mentionnés, et la validité des arguments avancés. On réagit à un roman. Ce n’est pas la même chose.  

Là où je suis fondamentalement en désaccord avec David Angevin, c’est lorsqu’il s’abrite derrière un roman en prétendant que celui-ci n’en est pas un, que tout serait vrai « à 99% ». En ce cas, David, il fallait faire un essai, et viser la véracité des faits à 100%. Le « 1% » inventé (évidemment, bien plus que cela, d’après moi) change tout. L’éditeur peut vouloir vendre le livre comme le roman vrai de Télérama,  mais nous avons, chacun d’entre nous à Télérama, la liberté absolue de considérer que ce roman est un peu, beaucoup, ou pas du tout, notre histoire. Chacun de nous a la liberté d’aimer, d’être indifférent, ou de détester ce livre, de se reconnaître ou non derrière les pseudonymes utilisés, d’être heureux de se voir caricaturer ou non. C’est une question de sensibilité individuelle.

Sur l’Omerta :

Reste, maintenant, l’omerta qu’on nous accuse d’organiser. Cela est faux. Evidemment, j’ai conscience que le directeur d’un journal qui écrit cela, fait naître chez les internautes un indice de crédibilité proche de zéro. C’est l’air du temps. Mais qu’il me soit permis quand même d’avancer deux faits, qui viennent s’ajouter aux recensions de Metro (quart de page quand même, signé du directeur de la rédaction),  du Figaro, et d’autres supports.

L’Omerta, c’est la loi du silence. Si nous avions la volonté et le pouvoir d’organiser un silence de plomb autour de son livre, si, vraiment, Olivier de Lagarde était aux ordres de la direction de Télérama sous prétexte que sa femme travaille aux relations presse du journal (au fait, Anne travaillait déjà à Télérama du temps de David Angevin),  l’auteur de Boborama n’aurait pas été invité à une heure de grande écoute. Or il l’a été. J’imagine déjà la réponse : « oui, il l’a été,  mais cela s’est mal passé car on lui a posé une question déplaisante sur le contexte de son départ, contexte qui pouvait expliquer une certaine aigreur, perceptible dans le livre ». Il me semble qu’enquêter sur le romancier enquêteur n’est pas illégitime, que c’est même le fondement du journalisme, même si je n’ai pas, ici, à parler au nom d’Olivier de Lagarde, que je n’ai croisé qu’une fois dans ma vie. Toute personne chargée de la promotion d’un livre sait malgré tout que le plus important est,  pour son auteur, d’avoir la possibilité de le défendre à une heure de grande écoute, quand bien même cela ne se ferait pas dans un contexte de brosse à reluire (c’est ce qui explique la présence des auteurs dans des émissions comme celles de Thierry Ardisson ou Marc Olivier Fogiel).

Mais le meilleur contre-argument est, me semble-t-il , l’existence, mentionné dans un des posts du blog, d’un article d’une page entière de Paris Match, signé Gilles Martin-Chauffier, favorable à Boborama, plutôt défavorable à Télérama, très défavorable au Monde, et qui affirme des choses totalement fausses (par exemple, il y a eu des départs au moment du changement d’actionnaire, cela s’appelle la clause de cession, c’est le droit des journalistes de partir volontairement à ce moment là, avec des indemnités, il n’y a pas eu de « charrettes organisées », c’est-à-dire de départs collectifs non volontaires comme le prétend Gilles Martin-Chauffier). Paris Match est, je le rappelle, un journal du groupe Lagardère, lequel est désormais actionnaire, à 15% du groupe le Monde, actionnaire de Télérama… Le moins que l’on puisse dire est que, si nous avions voulu organiser une omerta, nous nous y serions pris comme des manches…

Voilà les deux précisions que je voulais apporter.  Après, bien sur, personne ne dit que Télérama est parfait, que les gens qui le font sont sans défauts, et qu’il ne faut pas, régulièrement, se remettre en cause. Un journal est une collectivité humaine, pas une machine. Personne ne dit non plus que l’entrée du Monde à son capital s’est passée au meilleur des moments économiques (oui, je sais, c’est une litote)… Mais je suis plutôt fier d’être à Télérama, et je crois que de nombreuses personnes qui y travaillent le sont aussi.

Pour le reste, aux lecteurs de juger. Le dernier mot leur appartient.

Bruno Patino
Directeur de Télérama

PS : J’ai appelé Guy Birenbaum vendredi après-midi pour lui demander s’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que j’écrive, es-qualité (et non sous pseudo), une réaction, une fois le match fini, à l’ensemble des posts de ce blog.

Je n’ai pas eu de «couteau à aiguiser», et personne, donc, ne m’a «aidé à le faire».  Je remercie Guy pour son accueil.

12:30 Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note

DEL à 12h30 : Bruno Patino répond.

Comme prévu hier, je viens de recevoir un texte de Bruno Patino, patron de Télérama, en réponse à la note publiée hier ici même par David Angevin au sujet de son roman Boborama

Ce texte sera en ligne à partir de 12H30.  

10:05 Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note

L'avis d'un expert.

 

medium_plenel.jpg

 

Le Nouvelobs.com révélait, il y a peu, le contenu intégral de l'audition d'Edwy Plenel par les juges en charge de l'affaire Clearsrtream.

 http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060622.OBS2714...

Partie civile, parce que son nom se trouve dans le fameux listing, l'ancien boss du Monde a, en effet, été entendu, le 13 juin dernier, par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons.

Au sujet de Denis Robert, dont il est beaucoup question dans cette audition, un passage m'a frappé : 

Ma position est qu’il ne suffit pas d’avoir politiquement raison pour avoir journalistiquement raison.

Je pense que vous aurez beaucoup de choses à dire sur cette petite phrase... 


 

07:25 Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note

vendredi, 23 juin 2006

IT'S NOW OR NEVER !

Merci à  Polemix & la voix off podcast

16:44 Lien permanent | Commentaires (58) | Envoyer cette note

Omerta des Prés.

Ce matin, un écrivain, David Angevin, qui vient de publier un très bon roman Boborama (Le Rocher) nous raconte pourquoi et comment personne - ou presque... - ne parle de son livre dans la presse.

Pour montrer comment fonctionnent nos médias, rien de mieux qu'un cas pratique !

http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1822894&Or...

 

Boborama, L’impossible promo.

Les journalistes n’aiment pas beaucoup, d’une manière générale, qu’on parle de l’arrière-boutique, des dessous de la profession. C’est comme ça. Il s’agit de ne pas briser l’image du métier. De ne pas écorner le mythe de l’incorruptible détenteur de carte de presse, sorte de surhomme au service de la vérité. Il en va de la survie de la profession, coco. Si le quidam de base commence à connaître les dessous du métier, comment veux-tu qu’on continue à lui fourguer des journaux et des émissions de télé ? D’une manière générale, les journalistes dénoncent volontiers les politiques et les magouilles financières, mais jamais leurs propres errances. Ils font comme si elles n’existaient pas. On n’attaque jamais les confrères. La presse est une grande famille qui se serre les coudes. Le journaliste kamikaze qui se risque à franchir la ligne jaune trouve vite un supérieur pour censurer son papier, voire une huile pour lui signifier son licenciement. Vu le taux de chômage dans la profession, les courageux ne sont pas légion pour parler des dérives du Monde, des pressions politico-économiques qui font et défont les hiérarchies des journaux (Alain Genestar), et des attachés de presse qui remplissent les pages culturelles (pourquoi croyez-vous que les sommaires sont partout les mêmes au même moment), etc…. Les candidats au suicide professionnel se font rare. C’est humain. Ils ont des loyers à payer, des teenagers à habiller. Pourquoi ruer dans les brancards et risquer de tout perdre ? Ce n’est pas la seule raison, mais une des raisons qui font la mièvrerie et la médiocrité de la presse française. Une des raisons aussi de sa mauvaise santé aujourd’hui. Les conflits d’intérêts sont partout. Les journalistes, comme les autres, marchent sur des œufs. Tout le monde le sait, mais peu le disent.

C’est, en gros, le sujet de Boborama, le roman que j’ai publié le 11 Mai dernier aux éditions du Rocher. J’ai travaillé pendant sept ans au sein du journal Télérama. J’ai vécu de l’intérieur le rachat du vieil hebdomadaire catho par le groupe le Monde. Un mariage dont les salariés de Télérama  attendaient monts et merveilles, et qui s’est révélé un cauchemar, un pillage en règle. En tant que romancier, j’ai trouvé cette période fascinante. Je me suis dit qu’il fallait m’en inspirer (très largement) pour raconter cette belle aventure capitaliste entre deux titres « aux valeurs communes, humanistes et chrétiennes », comme disait Jean-Marie Colombani à l’époque. Bref, Boborama raconte cette période bien distincte et met les pieds dans le plat. A 99%, ce que racontent les personnages du livre est une reconstitution de ce que racontaient mes ex-collègues à la machine à café. Ni plus ni moins. Il n’y a pas de scoops (le microcosme connaît les méthodes de Colombani et Minc, à nouveau à l’œuvre en ce moment avec les journaux du midi)  ni d’exagérations (non, le voyage de presse dans le livre n’a rien de farfelu, ça se passe bien comme ça). Rien que du vécu. Une histoire d’entreprise, qui serait banale si elle se passait dans une usine de boulons située dans la Creuse. Sauf qu’il y a des vérités qu’on n’a, semble-t-il, pas le droit de raconter quand elles touchent le « métier », le quotidien de « référence » et la bible culturelle du pays. J’ai eu, à ma grande surprise, un mal de chien à faire publier Boborama. Les éditeurs aimaient le texte. «  Formidable, c’est du jamais lu sur le sujet », ils disaient. « Mais ça ne va pas être possible, tu comprends, je ne peux pas me griller à vie avec deux titres aussi importants pour un simple livre. Je risque ma tête ».  Pour tout dire, Guy voulait à un moment le sortir chez Privé, mais la forme du roman le gênait. Bref, le livre paraît enfin au Rocher le 11 mai dernier. « Nous, on s’en fout du Monde, me dit l’éditeur. Ils ne font jamais un papier sur nos bouquins ». Soit. Quand on publie un livre aussi vénéneux, on guette évidemment les réactions de ses confrères. On se demande qui va oser se mouiller, au risque de ne jamais travailler un jour pour le Monde ou Télérama. On devine qui va se dégonfler. On s’amuse des réactions de ses ex-collègues. Particulièrement ceux qui depuis cinq ans occupent leur temps libre à pester contre le cynisme du Monde de Minc et Colombani (il y a quand même eu un préavis de grève l’année dernière pour la première fois de l’histoire du journal suite à la vente de l’immeuble de Télérama pour éponger les dettes du Monde), et qui s’offusquent en réunion (une augmentation se joue parfois à pas grand-chose) du grand déballage public que constitue Boborama.

Résultat des courses, rien ou presque sur le livre. L’omerta fonctionne à bloc. Le sujet met à l’évidence beaucoup de gens mal à l’aise. Et je sais de source sûre que les réseaux de Télérama font tout pour que personne n’en parle. On peut ne pas aimer le livre, son style, sa forme, son auteur, son éditeur, que sais-je encore. Mais personne ne peut sérieusement en critiquer le contenu. Pas un journaliste ne peut me dire dans les yeux que  Boborama n’est pas un roman réaliste sur le quotidien de la profession, avec ses petits chefs, ses compromissions, ses renvois d’ascenseur, etc. Je pensais naïvement que le livre servirait à lancer un débat de fond. J’espère qu’il n’est pas trop tard, mais c’est assez mal parti. L’impossible promo de ce livre confirme finalement ce que je raconte tout au long de ses pages. Une anecdote tragi-comique résume à elle seule la situation. Olivier de Lagarde m’invite au moment de la sortie pour parler de Boborama sur France Info. Je ne connais pas ce type, mais peu importe, j’y vais. Sans me méfier. Le matin à 8h 30, heure de grande écoute, je me retrouve nez à nez avec ce gars qui me serre la main en regardant ses chaussures, mal à l’aise. Bizarre. Il attaque « l’entretien » au micro avec un tir de barrage sur le thème corporatiste, avec ton indigné de circonstance, « comment osez-vous parler ainsi des journalistes ». J’ai à peine le temps de répondre maladroitement deux phrases qu’il enfonce le clou sans lever les yeux de son texte. Ce mec est manifestement en service commandé. Le ton est condescendant, méprisant. Il est là pour défendre l’honneur du métier et me dégommer en place publique une bonne fois pour toutes. « Il y a tout de même des journaux pires que Télérama, il dit. Pourquoi tant de haine ? » Encore une fois, je tente de dire qu’il n’y a pas de haine de ma part, juste une volonté de raconter l’envers du décor aux lecteurs qui se demandent ce qui se passe et qui, sans ce livre, ne le sauront jamais. Salve finale, grandiose : « Ce livre est tout de même méchant, le fruit d’un auteur aigri », il dit d’un ton condescendant. « D’ailleurs, je me dois de dire aux auditeurs que vous avez été viré de Télérama pour plagiat, non ? Et la déontologie dans tout ça ?». La totale. Je tente de répondre que j’ai été viré pour un motif bidon, mais pas le temps de me défendre. De Lagarde a déjà envoyé la météo. Du grand art. Un traquenard bien orchestré. En sortant du studio, je me renseigne sur ce type. Je me dis que c’est probablement un vieux grognard copain de Colombani. Je me trompais. Olivier de Lagarde est simplement le mari d’Anne De Lagarde, attachée de presse de Télérama. On vit dans un pays formidable, non ?

David ANGEVIN

 

medium_11_telerama_ffff_klein.jpg

Précisions habituelles : je ne connaissais pas David avant qu'il nous propose son manuscrit l'en dernier. Nous n'avons pas publié Boborama parce que nous n'éditions alors pas de fiction.

À partir d'août prochain, ça va changer : Privé sort ses deux premiers romans.

Il va de soi que David est sur le blog et prêt à répondre à vos questions. 

 

06:35 Lien permanent | Commentaires (264) | Envoyer cette note

jeudi, 22 juin 2006

La lâcheté.

 

medium_villepin_lache.jpeg

Merci à Polemix et la voix off... podcast

20:43 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note

Lapsus calami.

En vérité, beaucoup d'observateurs de la situation politique ne pensent qu'à ça mais personne n'ose en parler vraiment.

Chaque jour qui passe avec son cortège de lâcheté, d'avanies et de compromissions nous rapproche d'un nouveau 21 avril 2002.

Du coup, c'est l'insconscient des uns ou des autres qui s'exprime et cela donne parfois des résultats...étonnants.

Lisez donc ce billet de Christophe Barbier (L'Express/LCI) (sur son blog en date d'hier, http://blogs.lexpress.fr/elysee2007/) :

 

medium_barbier.jpg

 

Fièvre fatale

"Villepin le fébrile", titrait l'Express dans le courant de l'hiver 2003. Le Premier ministre a mérité une fois de plus le qualificatif en s'emportant dans l'hémicycle, accusant de "lâcheté" le premier secrétaire du PS.

C'est une chose d'être fébrile quand on est secréatire général de l'Elysée, tout aux combionazione d'une cohabitation, ou quand on est chef de la diplomatie, tout aux entrelacs des chancelleries. C'en est une autre d'être fébrile quand on dirige un gouvernement. Steward du président ou planeur international, Villepin pouvait être fébrile; pilote de l'avion France, il n'en a pas le droit.

Si l'incident prouve une fois de plus que le Premier ministre est en bout de course ("lâcheté" ne visait-il pas les députés UMP qui, au sens propre, l'ont "lâché"?), il a eu une saveur particulière en advenant ce 20 avril. En effet, l'affaire a parasité et gâché l'inauguration du musée des Arts premiers, seul moment de gloire que le Président pouvait s'autoriser dans sa dernière année. Chirac voulut en faire un moment de "paix des braves", de réunion des bonnes volontés: il avait même invité pour cela Lionel Jospin. Villepin fit de ce mardi un jour de guerre civile. a-t-il signé sa perte?

20 avril ! Il s'agit bien sûr d'une simple erreur. Un lapsus calami qui sera réparé ce jour.

Mais pour moi, il parle et dit tout de l'état d'esprit réel des politiques et des commentateurs.

Mon papier pour VSD de la semaine prochaine concerne d'ailleurs précisément ce non-dit. En voici la primeur (merci de ne pas trop l'ébruiter).

Bis repetita ?

Question. Il est peu contestable que le gouvernement s’enfonce dans une déprime à peu près proportionnelle à la sinistre cote de popularité d’un Premier ministre autiste et totalement démonétisé. Les crises politique, institutionnelle et morale que traverse le pays pourraient alors – devraient même - inciter ceux qui nous gouvernent à se poser une ou deux questions plutôt sérieuses ; bien loin des rodomontades quotidiennes puis des marches arrières qui leur tiennent lieu de politique. Au registre de ces interrogations légitimes et nécessaires, il en est - au moins - une qui mérite sans doute d’être évoquée avec force dès aujourd’hui. Bis. Imaginons ainsi que, comme plusieurs enquêtes d’opinion tendent à la signifier, le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen, (largement servi par le climat délétère, « le poisson pourrit par la tête ») soit de nouveau qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. Mais, imaginons aussi, que l’éliminé de ce premier tour ne soit pas, cette fois, le ou la postulante socialiste, mais, à l’inverse de 2002, le candidat de l’UMP. Dans ce cas de figure - et voilà LA question - que feraient précisément au soir du scrutin les hommes politiques de l’actuelle majorité ? Décision. Clairement, les politiques de droite appelleraient-ils à voter pour le candidat de la gauche, comme un seul homme, comme le firent quasiment tous les soutiens de Lionel Jospin, dès 20h15, au soir du 21 avril ? Ou bien tergiverseraient-ils, avant de manifester leur préférence suffisamment du bout des lèvres pour que les bulletins se dispersent ou se volatilisent en un dangereux désordre ? Silence. La question n’est pas dénuée d’intérêt à moins d’un an d’une échéance aussi capitale. Qui, à droite, osera(it) s’y confronter immédiatement ? Sans s’abriter derrière les circonvolutions d’usage et sans prétendre que la question « ne se pose pas du tout en ces termes » ? Ne vaut-il pas mieux, pourtant, se garantir contre les effets du pire de manière préventive – pour l’éviter - plutôt que d’attendre le dernier moment pour n’agir, une fois de plus, que sous la contrainte d’une émotion collective dénuée de la moindre rationalité politique ?  Précédent. On devrait désormais poser cette question clairement à Nicolas Sarkozy, notamment. Qu’elle lui plaise ou non. Qu’il l’entende ou pas. Peu importe que, tout à ses certitudes, elle lui apparaisse insultante, ridicule voire incongrue. On sait que Lionel Jospin, pourtant sollicité, n’accepta pas d’y répondre à quelques jours de l’issue du scrutin, en 2002. Le candidat socialiste refusa, en effet jusqu’au bout d’imaginer, ne serait ce qu’un seul instant, qu’il pourrait ne pas se qualifier  pour le second tour de la Présidentielle. On sait ce qu’il advint. Et combien il fût la triste victime d’une funeste mascarade. Aussi vaut-il sans doute mieux, cette fois, exorciser le sujet en l’énonçant, en le verbalisant. Dans un an, il sera bien trop tard. Une fois de plus ?

medium_mediumS02.jpg

 

© Didier Lefèvre


Le 21 avril 2002 au soir, à l'Atelier, QG de campagne du candidat Lionel Jospin, alors Premier Ministre.
A l'annonce de sa défaite face à Jean Marie LePen, celui ci annonce son retrait définitif de la vie politique.

 

 

07:11 Lien permanent | Commentaires (132) | Envoyer cette note

mercredi, 21 juin 2006

À qui le tour ?

Une dépêche de l'AFP datée d'hier soir.

MÉDIAS-PRESSE - 20/06/2006 18h57 - AFPIMPRIMER    
Origine : France

La rédaction de Paris Match s'inquiète d'une "mise à l'écart" de M. Genestar

PARIS, 20 juin 2006 (AFP) - La rédaction de Paris Match s'est inquiétée mardi dans un communiqué d'une "mise à l'écart" d'Alain Genestar, à qui la direction du groupe HFM (Hachette Filipacchi Medias/Lagardère) aurait demandé de quitter ses fonctions de directeur de la rédaction de l'hebdomadaire.Selon ce communiqué, M. Genestar a déclaré mardi devant la rédaction "avoir refusé +de manière ferme et définitive+ une proposition d'une autre +activité au sein du groupe+ émanant de la direction générale d'HFM" et il a aussi fait part "de sa décision de ne pas démissionner" du poste qu'il occupe depuis 1999.Dans ce communiqué, la rédaction "déplore cette mise à l'écart pour des raisons politiques". Elle se dit "déstabilisée par neuf mois de rumeurs constantes suite à la publication d'une couverture (sur) Cécilia Sarkozy en août 2005"."Dans ce contexte, poursuit le communiqué, les journalistes de Paris Match présents à la réunion soutiennent Alain Genestar à la suite d'un vote ayant recueilli l'unanimité". 80 journalistes participaient à cette réunion convoquée par la Société des journalistes.
La direction d'HFM, interrogée par l'AFP, ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet. M. Genestar n'a pu être joint.
La crise couvait depuis longtemps: déjà en novembre 2005, M. Genestar assurait à l'AFP qu'il n'était pas menacé dans ses fonctions, après des propos tenus par Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe Lagardère.
Interrogé sur i-TELE sur un éventuel "changement à Match", Arnaud Lagardère avait répondu: "il y a ceux que l'on vire, oui, absolument! C'est la vie... Je crois que c'est parfois nécessaire et il faut effectivement prendre un peu de recul par rapport à ces choses-là. Ca ne veut pas dire qu'on est cruel parce qu'en écartant un journaliste, on en crée un autre aussi en même temps! Ou en tous cas, on laisse la chance à d'autres".
Des rumeurs d'une éventuelle mise à l'écart couraient depuis la "une" de Paris Match du 25 août. Celle-ci montrait Cécilia Sarkozy avec un homme présenté comme son compagnon, ce qui, selon Le Canard enchaîné, aurait mécontenté Nicolas Sarkozy, par ailleurs ami proche d'Arnaud Lagardère.
cp/bb/def
Copyright © 1994-2006 Agence France-Presse

Pour ceux qui l'ignorent, je n'ai aucune affinité avec Alain Genestar (http://birenbaum.blog.20minutes.fr/archive/2006/05/20/che...).

Mais le problème n'est pas là.

Beaucoup de bloggueurs passent leur temps à taper sur Nicolas Sarkozy pour le principe.

Ils tiennent là l'occasion de le critiquer et de s'insurger pour des faits précis.

Si il se confirme que Genestar est viré, nous devons réagir (comme nous l'avons fait dès hier soir sur RTL).

Pas par solidarité, pas par corporatisme, pas de manière confraternelle.

Juste parce qu'il avait fait son boulot.

Comme il devrait d'ailleurs le faire concernant tous les politiques qui instrumentalisent leur vie privée et s'étalent dans des doubles pages indécentes avec leur compagne ou leur compagnon, voire - pire - leurs enfants mineurs : on n'élit pas un couple, ni une famille, mais une femme ou un homme !

Défendre aujourd'hui Genestar, c'est d'abord défendre le peu d'espace qui nous reste.

medium_Cecilia_Attias.jpg

 

 

07:05 Lien permanent | Commentaires (334) | Envoyer cette note

mardi, 20 juin 2006

Harcèlement judiciaire.

medium_paris72.jpg


Le Premier ministre "a décidé de porter plainte pour diffamation envers un membre du gouvernement" contre l'auteur de Clearstream, l'enquête, Denis Robert,
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2352040221/qid=1150...
mais aussi contre Jean-Marie Pontaut et Gilles Gaetner, auteurs de Règlements de compte pour l'Elysée
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2915056463/qid=1150..., a annoncé lundi le service de presse de Matignon.
Selon 20 minutes http://www.20minutes.fr/articles/2006/06/19/actualite_Cle..., les éditeurs de deux ouvrages, respectivement Les Arènes/Julliard et la société Oh éditions, sont également visés par la plainte, précise le communiqué.
20 minutes explique : "On ne peut accepter que des ouvrages entiers consacrés à des 'constructions' mettent en cause le Premier ministre sans fondement", a indiqué son entourage.
Formellement, Matignon a transmis au garde des Sceaux la plainte lundi pour qu'il puisse ensuite lancer la procédure.

La vie est décidemment bien faite...

J'attirais votre attention sur la manière dont on tentait de plus en plus de nous faire taire, nous les éditeurs, ce samedi http://birenbaum.blog.20minutes.fr/archive/2006/06/17/harcelement-judiciaire.html et, de l'autre côté de la rue, Sébastien demande à juste titre des soutiens financiers pour l'ami Michel Roussel (dont j'étais l'éditeur du livre), harcelé par des adversaires prêts à lui faire subir le pire. http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2006/06/20/sol....

Pas plus tard qu'hier matin, enfin, j'étais comme je vous l'avais annoncé, au tribunal avec Rodolphe Albert, Canal schtroumpf nous attaquant pour contrefaçon de sa marque sur la couverture des Secrets du PSG http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760286/qid=1150....
Le jugement - en référé - tombe lundi prochain...

Nous en sommes là et il faut bien évidemment laisser à chacun le droit de se défendre s'il se juge diffamé, atteint.
Je veux juste rappeler que pour ce qui me concerne, j'ai choisi, depuis que j'exerce des jobs "visibles", de ne faire aucun procès à qui que ce soit.

J'ai été attaqué (trois fois en justice par Philippe de Villiers, qui a déjà été débouté deux fois), humilié, sali parfois, diffamé (largement) et Stéphane Denis s'est même livré sur moi à deux reprises à une belle démonstration d'antisémitisme "mondain".
Rien n'y fera, je ne veux pas règler mes comptes en justice et je n'encourage aucun de mes auteurs à le faire.
Question de cohérence.

Mais la justice n'est pas le seul moyen utilisé pour tenter de nous museler.
Les pressions (remember l'épisode Cécilia chez First,) les contrôles fiscaux inopinés, les licenciements abusifs (le co-auteur de Dominique Ambiel pour Tsunami sur l'Élysée http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2841863395/qid=1150..., Antoine Rault, vient d'être viré par son ministre Christian Jacob http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=politique/20..., les coups tordus divers et variés sont le lot commun des quelques éditeurs qui ont choisi de faire leur job.

L'édition d'actualité ? Un sport de combat !

PS : "Afin que 20 Minutes blog reste à la pointe des services de blogs, nous allons entreprendre une mise à jour du service mardi 20 juin. Cette mise à jour nécessitera une fermeture du service une bonne partie de la journée. Nous vous prions par avance de nous excuser pour cette fermeture".

Si ce blog s'éteint dans la journée ne criez donc pas tout de suite à la censure !

07:35 Lien permanent | Commentaires (229) | Envoyer cette note

lundi, 19 juin 2006

La berlu...

...sconi !

L'éditeur italien Mondadori, contrôlé par la holding Fininvest de Silvio Berlusconi, a annoncé lundi le rachat pour 545 millions d'euros du groupe de presse Emap France, filiale d'Emap Plc mise en vente en février.
(...)
Mondadori, contrôlé à hauteur de 50,2% par la holding Fininvest de la famille Berlusconi, est le plus important groupe éditorial italien.

http://www.20minutes.fr/articles/2006/06/19/culture_L_edi...

21:05 Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note

Appel du 19 juin.

medium_coluche2.jpg


LES JOURNALISTES, ILS NE CROIENT PAS AUX MENSONGES DES HOMMES POLITIQUES, MAIS ILS LES RÉPÈTENT, C'EST PIRE !

medium_coluche1.jpg


Coluche est mort il y a vingt ans aujourd'hui.

06:55 Lien permanent | Commentaires (188) | Envoyer cette note

dimanche, 18 juin 2006

The - Blog - Party.

medium_6301972066.01._pe33_.the-party._sclzzzzzzz_.jpg



Allez, dans quelques heures France/Corée.
J'ai décidé de lancer un concours de pronostic.
Ma proposition est la suivante.
Celui, celle ou ceux qui donne(nt) le bon résultat (le bon score) déjeunent tous ensemble dès que possible, et je me joins à la party (mon film culte), obligatoirement - forcément - dans un restau indien.

Alors, je me lance et je reste un optimiste indécrottable : France 3 Corée 2.

Les pronostics s'arrêtent à 21h01 (l'heure des commentaires apparaît, inutile de tricher).

Je reviens donner les résultats tard ce soir ou demain matin.

Amis de province et de l'étranger n'hésitez pas à participer car on peut délocaliser le dej !!!

C'est PARTY...

16:34 Lien permanent | Commentaires (89) | Envoyer cette note

Publicité clandestine.

C'est dimanche. temps estival. Envie de parler d'un peu autre chose. Ce soir la France va s'arrêter à partir de 20h30 because les bleus. Ici ce n'est pas relâche mais le coin des copains. Des amis nuance. Jetez un oeil.


medium_la_seance_flyer.jpg



Comment vous expliquer. Yves Hirschfeld pour moi c'est un frère. C'est ma famille.
Quoi qu'il fasse je ris. Je l'aime d'amour. Il fut des aventures d'Au bonheur des Dames et de Ramon Pipin.
Il sait faire un helicoptère avec un gant de boxe , un bout de ventilo et s'il le filme vous revoyez Apocalypse now.
C'est le seul gars qui m'a enfermé des heures dans une cave pour jouer la foule d'un concert (de faux Sex Pistols).
Il y a longtemps il avait une rubrique à la télévision, "deux doigts d'info" : l'actu jouée par des doigts grimés et maquillés. Et on y croyait... En plus, il a une carte de visite sur laquelle est écrit "spécialiste" !
Ce sont les trois dernières représentations de sa pièce.
Ceux qui sont parisiens n'hésitez pas.
Allez voir. Dites que vous venez de ma part. Ce sera plus cher !

Maintenant un deuxième ami. Un talent brut comme un diamant. Un auteur.
medium_tract_la_tour.jpg


Si Yves est un grand frère, Diastème c'est un plus jeune frère.
Il faut lire tous ses livres (beaucoup en poche) et aller voir ses pièces.
Ecorché vif mais méchamment humain, Patrick - Diastème - tint longtemps le courrier des lectrices dans Vingt ans, ça ne s'invente pas ! Ses modèles sont Brautigan et Harrison (Jim).
Il écrit sur ses douleurs et ses erreurs, sans pudeur.
Doué pour tout, il chante et écrit aussi pour le cinéma.
Un mec bien.

08:00 Lien permanent | Commentaires (68) | Envoyer cette note

samedi, 17 juin 2006

MORITURI TE SALUTANT

medium_ave.jpg


Hier à 13h30 j'étais avec Pierre Martinet au tribunal.
Il a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour violation du secret défense dans son livre DGSE service action http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760200/qid=1150....

MÉDIAS-CANAL-JUSTICE-DÉFENSE-DGSE - 16/06/2006 14h31 - AFP
IMPRIMER
Origine : France
Six mois avec sursis pour atteinte au secret défense par un ex de la DGSE
PARIS, 16 juin 2006 (AFP) - L'ex-agent secret Pierre Martinet a été reconnu coupable vendredi d'atteinte au secret de la défense nationale dans son livre "DGSE Service action. Un agent sort de l'ombre", et condamné à six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris.
Le procureur de la République avait requis une peine de 8 à 10 mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'une amende de 15.000 euros, contre cet ex-membre de la DGSE, dont le conseil n'était pas en mesure de dire vendredi s'il comptait faire appel.
C'est la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, dont dépend la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui avait saisi le parquet de Paris, à la suite de la parution du livre de Pierre Martinet. Elle estimait qu'il avait trahi ses obligations de réserve en matière de secret défense en racontant son parcours au sein des services secrets, d'août 1997 à septembre 2001.
Il était notamment reproché à M. Martinet d'avoir donné trop d'indications sur sa formation au sein de la DGSE, d'avoir décrit de manière détaillée un exercice de pénétration au sein d'une centrale nucléaire ou encore d'avoir fourni un organigramme du service action de la DGSE.
"Je n'ai fait que raconter ma formation et mon parcours", avait expliqué à la barre le prévenu, affirmant n'avoir "rien révélé de nouveau" ni d'interdit.
L'ouvrage avait fait sensation en avril 2005, non pas au sujet de la DGSE mais parce qu'il dévoilait que l'ex-responsable de la sécurité de Canal+, Gilles Kaehlin, avait utilisé les services de Pierre Martinet pour filer Bruno Gaccio, l'auteur des "Guignols".
pjl/pmg/bg
Copyright © 1994-2006 Agence France-Presse


Interdit d'éclater de rire au pays du Général Rondot (j'attends la plainte contre lui pour violation du secret défense vu le contenu de ses carnets...) et d'un gouvernement dont les membres s'espionnent les uns les autres... Sachant que MAM qui poursuit Martinet n'a rien à voir avec l'affaire Clearstream...

Lundi matin à 10h j'accompagne Rodolphe Albert au tribunal.
Nous sommes poursuivis conjointement pour contrafaçon de la marque Canal Pluche sur la couverture de son livre (Les secrets du PSG, La danseuse de C....+)http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760286/qid=1150...

Les auteurs du Dossier noir du transport aérien seront bientôt poursuivis par l'un de ceux qu'ils mettent en cause http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760170/qid%3D11....

Nous avons obtenu un non lieu dans une affaire de diffamation concernant le livre Suzy contre mon gros loup (l'affaire AZF)http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760057/qid=1150...

Je crois que j'ai été mis en examen trois ou quatre fois cette année.

Pour ce qui concerne mon ami Martinet plusieurs autre procédures courent encore (diffamations + plainte contre X de Bruno Gaccio). Nous espérons que cette dernière plainte permettra de faire la lumière sur les activités des "donneurs d'ordre" de surveillance sur les salariés qui sévissaient au sein de la chaîne cryptée.

De la même manière nous attendons avec impatience que le PSG et/ou Canal + porte plainte pour diffamation de manière à ce que Rodolphe Albert produise les... 7000 documents qui appuient son raisonnement !

Ce bref résumé d'une semaine bien remplie est en vérité aussi un cordial hommage à ceux qui écrivent, comme un bloggueur nommé Peter Covel hier chez Seb (pas encore de procès l'AJT on croise les doigts !) que je suis "le prototype de l'élite gauche caviar pleine de morgue et de cynisme, complètement intégré à l'époque "esprit canal tous des fachos sauf moi", le genre de gars qui a une posture de faux rebelle tout en vivant grassement du système (éditeur, universitaire...)

"L'esprit canal"...

Un dernier pour la route ? Le scandale que réprésentent les poursuites contre mon ami l'ex gendarme Michel Roussel, notamment pour son livre dont j'étais alors l'éditeur aux éditions Denoël(Homicide 31)
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2207255646/qid=1150....

Dernier épisode du harcèlement judiciaire constant qu'il subit grâce à ce petit mot reçu de Michel la semaine dernière :

Dans la Dépêche du Midi du 15/5/04 et sur France Info le 13/5/04 j’avais déclaré, à la suite de la diffusion sur France 3 National d’un reportage indiquant que des policiers entendus par l’IGPN avaient affirmés que Bourragué était bien présent sur la scène de crime Galbardi :
« je suis choqué qu’un magistrat en exercice ait pu mentir à la justice à laquelle il appartient. Etc… »

Voici la décision de la 17ème chambre du TGI de Paris, dans le premier procès pour diffamation (il y en a deux pour les mêmes faits) :

1/ mes offres de preuve sont jugées irrecevables (j’ignore encore pourquoi…)
2/ la relaxe est prononcée pour la Dépêche du Midi
3/ je suis jugé coupable et condamné à :
- 1.000 euros d’amende
- 8.000 euros de dommages et intérêts au profit de Bourragué (versement provisoire ordonné donc même si je fais appel il me faut payer…)
- 3.000 euros à verser à Bourragué au titre de l’article 475-1
- une publication dans la Dépêche à mes frais…
Ceci malgré les témoignages de la journaliste de France 3 qui a confirmé à la barre la teneur de son reportage et le dépôt des procès verbaux indiquant que contrairement à ses déclarations, Bourragué se trouvait sur la scène de crime. Vrai donc mais diffamatoire…

Champagne donc pour Bourragué (c’est moi qui régale).

A bientôt pour d’autres bonnes nouvelles ?

Quelques-uns de mes amis les faux rebelles et moi te saluons bien bas Peter Covel...

Morituri te salutant.

09:55 Lien permanent | Commentaires (155) | Envoyer cette note

vendredi, 16 juin 2006

L'UMP, on l'aime ou on la quitte ?

C'est donc dans le journal iisraélien Haaretz que Xavier Lemoine, le maire UMP de Montfermei a déclaré ceci :
"Ce sera eux ou nous. S'ils gagnent, on est morts. Moi je suis catholique, Français et fier de l'être, et je n'ai pas l'intention de vivre comme un dhimmi (un non-musulman bénéficiant d'un statut particulier dans les pays musulmans) dans mon propre pays. Nous sommes différents d'eux et ces gens ne représentent pas la France".
Ou encore : "Quand la France renie sa propre histoire et passe son temps à s'excuser de l'esclavage, de ses conquêtes et du colonialisme, faut-il s'étonner que les immigrés relèvent la tête, qu'ils s'en prennent à la France, et qu'ils ne la respectent pas?. Malheureusement, la France ne leur a pas demandé de changer. Elle les autorise à parler arabe, et à cultiver leur héritage, aux dépens de la culture française".
Bien sûr, selon le site de l'Obs Lemoine se défend (à l'AFP en fait) : "Ce sont des extraits, des bribes de conversation, totalement déconnectés de tout le contexte" sur "une discussion qui a duré deux heures". "Je ne renonce pas à aborder un certain nombre de questions qui méritent d'être posées", assurant n'avoir pas voulu désigner l'ensemble des musulmans, mais "une minorité" (http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060615.OBS1951...).

Nous avions déjà parlé sur ce blog de Xavier Lemoine http://birenbaum.blog.20minutes.fr/archive/2006/04/25/mon...

Je ne m'intéresse pas ici à l'aspect juridique des choses, aux procès que le MRAP ou je ne sais qui lui feront, mais j'ai une question politique.

Maintenant, que va dire et faire le Président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, accessoirement ministre de l'Intérieur et donc aussi des cultes, face à ces déclarations de l'un des membres de son parti ?

(Même sujet que chez l'AJT mais il y a des jours où...il y a des jours !)

07:30 Lien permanent | Commentaires (261) | Envoyer cette note

jeudi, 15 juin 2006

Implicite et superflu.

Une dépêche de l'AFP qui vient de tomber :

ACCIDENT-IMMEUBLE - 15/06/2006 05h37 - AFP
IMPRIMER
Origine : France
Effondrement d'un jardin suspendu dans une cour d'immeuble à Paris
PARIS, 15 juin 2006 (AFP) - Une terrasse arborée et suspendue s'est effondrée jeudi peu avant 02h00 dans la cour intérieure d'un immeuble de bureaux de six étages, 65-67 rue de la Victoire à Paris (IXe), a-t-on appris auprès des sapeurs-pompiers qui, peu avant 05h30, ne faisaient pas état de victimes.
Le souffle provoqué par l'effondrement de la dalle à O1h47, sur les quatre niveaux d'un parking souterrain, a provoqué un bruit analogue à celui d'une explosion.
Le laboratoire central de la préfecture de police, ainsi que l'architecte de la préfecture, se sont rendus sur place pour tenter de découvrir l'origine de cet effondrement.
Les sapeurs-pompiers, a précisé à l'AFP le capitaine Laurent Vibert porte-parole de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), ont procédé à des recherches avec des chiens dans les quatre niveaux du parking souterrain pour vérifier si des victimes ne se trouvaient pas sous la partie effondrée.
Quelques vingt-cinq engins participent aux opérations de déblaiement.
Le préfet de police Pierre Mutz s'est rendu sur les lieux de l'effondrement qui se situe dans la même rue que la grande synagogue de Paris qui se trouve au 44, de la rue de la Victoire.

pmg/dpn/beCopyright © 1994-2006 Agence France-Presse


Une définition du Littré :

IMPLICITE
(in-pli-si-t') adj.

Qui, sans être exprimé en termes formels, résulte naturellement, par déduction et conséquence, de ce qui est formellement exprimé. Ceci est contenu dans le contrat d'une manière implicite. Volonté implicite, celle qui se manifeste moins par des paroles que par certains actes ou faits habituels. Foi implicite, la créance d'un point de doctrine, sur la simple autorité d'un témoignage, sans explication qui éclaire autrement l'esprit. Par extension. Foi implicite, confiance absolue dans les paroles, dans l'autorité de quelqu'un. Terme de grammaire. Proposition implicite, celle qui contient à la fois sujet, verbe, attribut ; par exemple : mourez. XVIe s. Ils ont basti une fantaisie de foi qu'ils appellent implicite ou enveloppée, CALV. Inst. 418. Lat. implicitus, de implicare, impliquer. IMPLICITE. Ajoutez : Terme d'algèbre. Fonction implicite, se dit d'une grandeur reliée à une autre par une équation qui n'est pas résolue par rapport à la première ; se dit aussi de l'équation qui exprime ces conditions.



Au moment où je rédige ce billet, je n'ai aucune autre information que cette dépêche.
Je me dis juste que s'il s'agit d'un simple accident, quelques mots me gênent : "l'effondrement qui se situe dans la même rue que la grande synagogue de Paris".
La "chute" de la dépêche...
Quelques mots, une chute, que les médias vont certainement tous reprendre en boucle dans les minutes qui viennent dans leurs reportages, la radio notamment, les télés du matin, pour s'interroger : terrasse/effondrement/accident/rue de la Victoire/Grande synagogue de Paris/enquête/attentat ?
Litanie.

Et pourtant, peut être s'agit-il tout simplement comme le dit sobrement l'intitulé de la dépêche d'un ACCIDENT : de "l'effondrement d'un jardin suspendu dans une cour d'immeuble à Paris"...

Ces quelques mots, cette chute, seraient alors totalement superflus. (http://francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?rand=&...).

06:35 Lien permanent | Commentaires (145) | Envoyer cette note

mercredi, 14 juin 2006

Libé donc...

medium_libevieux.jpg


Je vais tout vous dire. Je n'ai jamais aimé Libé.
Je ne fais pas partie de ces gens qui ont grandi ce journal à la main et je n'ai donc ni peine, ni regret, à voir Serge July sur le départ (ou pas). Je m'en fous absolument.
(À lire ici le communiqué de la société des rédacteurs de libé tombé hier soir : http://www.liberation.fr/page.php?Article=389888)

Au delà de Libé, je pense, pour le dire quotidiennement ici, que les journaux, tous les journaux, vont mal, très mal pour de très nombreuses raisons.
De la même manière que l'édition (d'actualité) va mal, pour des raisons finalement assez parallèles.
Au milieu de la dizaine d'explications qui peuvent permettre de comprendre pourquoi ça va si mal (le prix élevé, la distribution, la fabrication, la dépendance à la pub, la soumission aux actionnaires, le manque d'indépendance, la gestion somptuaire, la fuite en avant, le manque de contenu, l'inertie des équipes, l'inamovibilité des hommes, l'aide publique qui sert de bouffée d'oxygène à intervalles réguliers à des titres en survie artificielle, la concurrence des gratuits, d'internet, etc....) l'élément qui m'intéresse forcément le plus - même s'il n'est pas obligatoirement le plus déterminant - c'est la perte de crédit, confirmée chaque année, des journalistes.
Plus précisément le décalage entre les journaux et leurs lecteurs.
Un décalage que les patrons de presse, assis sur leurs petits tas d'or respectifs, sont pour la plupart incapables de comprendre, tant ils sont coupés de la réalité.
C'est ce débat là qu'il faut engager.
De la même manière que nos politiques refusent de se demander pourquoi les citoyens désertent les urnes, les patrons des journaux devraient de temps en temps se demander pourquoi les kiosques sont si peu fréquentés.
Sans compter - si justement ! - qu'il faut payer pour lire, pas pour voter.
Je ne prétends nullement posséder LA ou les solutions à la "crise de la presse".
Je vous propose juste d'en discuter ensemble en prenant comme base de départ deux courriers envoyés au patron de Libé, Serge July, par un certain Denis Robert.

C'est ici que ça se passe : http://www.libelutte.org/index.php?q=denis+robert.
Merci Anne.

medium_july_sarko_.jpg

Derière cette photo, une "affaire" de baiser qui fit couler "beaucoup d'encre" sur internet et nulle part ailleurs :
http://www.arenes.fr/livres/page-livre2.php?numero_livre=...
http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=269.

07:10 Lien permanent | Commentaires (158) | Envoyer cette note

mardi, 13 juin 2006

Cuisine et dépendance.

Je vais vous faire un peu entrer dans ma cuisine.
Tous les matins très tôt quand je travaille sur cette note, je commence par faire un tour du net.
Et à un moment ou à un autre je passe par l'AFP.
Et tous les matins, absolument tous les matins, et encore plus ces jours-ci, je tombe sur une dépêche comme celle là :

IRAK-VIOLENCE-KIRKOUK - 13/06/2006 06h11 - AFP
IMPRIMER

Origine : Irak

URGENT Dix morts et 20 blessés dans un attentat à la voiture piégée à Kirkouk


BAGDAD, 13 juin 2006 (AFP) - Au moins dix personnes ont été tuées et 20 blessées mardi matin par l'explosion d'une voiture piégée sur un marché populaire de Kirkouk, la grande ville pétrolière du nord de l'Irak, a annoncé la police.
str-jds/mf/mpd eaf.tmf


Copyright © 1994-2006 Agence France-Presse


Tous les matins, je la lis et je n'en parle pas.
Ni à vous ni à personne.
SI j'étais honnête, je devrais plutôt dire que je la survole et qu'elle n'imprime pas.
Encéphalogramme plat...

Je me sens totalement dépassé. Incapable de commenter ça. Pas en position de donner un avis.

C'est souvent aussi le problème sur RTL : je ne suis pas un spécialiste de politique internationale. Je ne me reconnais aucune compétence particulière.

Surtout, et c'est l'essentiel, je trouve d'une grande indécence de parler de l'horreur qui sévit dans des pays dont, pour savoir ce qui s'y passe, je suis totalement dépendant de ce que j'ai lu dans les journaux, les livres ou vu à la télévision.
Alors que nous passons notre temps ici à contester ces moyens d'information...

Et puis, au delà des sources d'information, cette dépêche - ces infos - me pose(nt) un autre problème.

Quel courage ou quelle pertinence y-a-t-il à raisonner - depuis ma banlieue parisienne - sur ces sinistres nouvelles ?
Que sommes-nous (vous et moi) capables de produire de plus immédiat, de plus sommaire et de plus tripal que "Bush est méchant" ? Et là, une voix surgit derrière qui dit "Saddam c'était pire".
Et les deux propositions sont exactes.
Et tous le monde s'empaille et s'envoie des morts à la gueule.

Une petite fille par ci, d'autres enfants par là.

Même difficulté évidemment sur Israël et la Palestine.
Même silence sur l'Afrique.
Etc.

Et pourtant, parfois - sur RTL surtout - il faut plonger, il faut y aller, il faut avoir son mot à dire.
Et là, ça peut être pathétique : une sorte de club des péremptoires dans lequel je m'inclus.

Voilà.
Je pense que je devais cette explication à ceux d'entre-vous qui me "tirent par la manche" quotidiennement pour que je réagisse ou que je traite aussi ces sujets-là.
Je la devais aussi aux très nombreux internautes installés à l'étranger [qui fréquentent ce blog en nombre tous les jours] et qui doivent trouver, entre une note sur le "vilain" Alain Genestar et une facétie anti Villepin, que je suis long du compte.

Je suis au courant...

medium_2c_enieme_attentat_irak_80morts.jpg


medium_irak_2.jpg


Ces images ne correspondent pas à la dépêche de ce matin.

07:00 Lien permanent | Commentaires (128) | Envoyer cette note

lundi, 12 juin 2006

Sarkozy : un droit de suite.

medium_sarko_courneuve_.jpg


Je passe mon temps à râler après les médias et les journalistes.

Et ce matin alors que j'étais dans ma salle de bains j'ai entendu un pur joyau de journalisme sur RTL.

Je vous conseille d'écouter rapidement ce reportage de Thomas Prouteau (que je ne connais pas) avant qu'il ne soit plus en ligne.

France : La Courneuve 12/06/06
Retour sur les promesses de Nicolas Sarkozy

Il y a près d'un an, le 19 juin 2005, mourrait dans des conditions tragiques le petit Sidi Ahmed dans la cité des 4.000 de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). S'étant rendu sur les lieux, le Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait promis de "nettoyer" la cité et de doper les embauches de jeunes de la cité. Le reporter de RTL Thomas Prouteau a enquêté douze mois après ces promesses et les a mises à l'épreuve des faits. Selon le maire de la ville, Gilles Poux, qui dénonce une politique marketing, "le bilan de l'Etat est indigent au regard des urgences sociales". Ainsi, seulement deux établissements scolaires supplémentaires ont été placés en ZEP (Zone d'Education Prioritaire). Le plan de rénovation urbaine a été avancé de quelques semaines et seulement une trentaine d'emplois ont été créés par l'équipe de M. Sarkozy pour les jeunes de La Courneuve. Le chômage des jeunes reste stable et n'a baissé que de 0,8%. En contrepartie, la délinquance a explosé. Un bilan bien mince, que Gilles Poux dénoncera lundi matin lors d'une conférence de presse.


http://www.rtl.fr/info/breves.asp?rubid=48#448829

podcast



medium_sarkozy-courneuve2.jpg

10:35 Lien permanent | Commentaires (116) | Envoyer cette note

Des promesses 2...

Dans notre série observons ce que font nos politiques de leurs promesses, une fois qu'ils sont au pouvoir où lorsqu'ils sont réélus, la preuve - pour ceux qui en doutaient - qu'il n'y a pas qu'à gauche qu'on a la mémoire très courte...

Voici quelques documents extraits de la plaquette des candidats aux législatives de l'UMP en 2002.

medium_chiracdroite_1_2002.jpg

En pleine affaire Clearstream le dernier alinéa ci-dessous n'est-il pas hilarant ?
medium_transparence_fonds_ethiques.jpg

Prenons donc toute une série de promesses et régalons-nous.
Tiens, repensons à la manière dont Villepin a géré le CPE.
medium_1dial_social.jpg

Apprécions ces engagements précis au regard des méthodes de Nicolas Sarkozy...
medium_delinquance_responsabiite.jpg

...ou de ses collègues.

Et cela...
medium_creation_d_entreprises.2.jpg

Encore ?
medium_referendum_populaire.jpg

Et puis ...
medium_socialistes_suite.jpg

Ou encore...
medium_speciale_restaurateurs.jpg


Bref, les députés UMP ont été élus en 2002 pour que la majorité présidentielle mette en oeuvre des propositions dont beaucoup n'ont pas été réalisées -ouf - ; quand ce n'est pas exactement le contraire de ce qui a été proposé qui a été fait...

Merci Jean-Luc.

07:20 Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note

dimanche, 11 juin 2006

Schneidermann bat Morandini par KO !

medium_daniel_schneidermann.jpg

Le 19 avril dernier Jean-Marc Morandini annonçait sur Europe 1 la fin d'Arrêts sur image, l'émission de l'ami Schneidermann (http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=350) .
Dans quatre heures environ, Daniel annoncera à la fin de la diffusion du dernier numéro de la saison que l'émission est...
reconduite.
Ici une interview de Daniel par John Paul Le Pers. (http://johnpaullepers.blogs.com/john_paul_lepers_leblog/)
Morandini avait récidivé une deuxième fois à l'antenne pour confirmer son "information" et Le Point notamment avait participé à la campagne de rumeurs.
Lundi, Morandini reviendra-t-il sur le sujet ?
Je propose que nous tentions de le questionner par tous les moyens...
medium_jeanmarcmorandini_couvlivre.jpg

compteur Blogger.com




08:30 Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note

Un inconnu vous offre des fleurs...

medium_pam_grier2.jpg


Demain, c'est le 12 juin, c'est la Saint Guy ; c'est ma fête ! Alors je fais ce qui me plaît, ce qui me plaît...

Comme, au fond, je suis un gars sympa, ma fête, j'ai décidé que vous alliez pouvoir me la fêter ou plutôt me la faire dès aujourd'hui !

Vous connaissez le théorème de Luis Fernandez (ex coach de PSG notamment ) ?
"T'es visible ! T'es visé !"

Ce petit exemple trouvé sur le net le démontre.
Je vous conseille vivement de cliquer sur ce lien et surtout d'aller jusqu'au bout du texte car la chute vaut son pesant de dynamite !


http://cafeducommerce.blogspot.com/2006/06/domaine-dexten...


medium_cible.jpg

08:01 Lien permanent | Commentaires (71) | Envoyer cette note

samedi, 10 juin 2006

Des promesses...

En politique, il y a les les questions d'hommes (ou de femmes) : qui sera candidat ?
Il y a les idées : "c'est quoi le projet du PS" ?
Et il y a les bilans : "qu'ont-ils fait lorsqu'ils étaient aux affaires" voire "ont-ils tenu leurs promesses" ?
Généralement la presse Française ne s'intéresse pas beaucoup à cette dernière dimension qui oblige à revenir parfois loin en arrière pour exercer un droit de suite souvent exigeant.
Aujourd'hui, grâce à Mathieu, l'un des bloggueurs les plus assidus - je précise que je ne le connais pas en dehors du net - un très joli cas pratique illustrant la différence entre ce qu'avait promis le PS et ce qu'il a fait.


medium_salut.jpg
©J.-P. Guilloteau (l'Express)

Professeur. Et si l'avenir c'était vous?

"Professeur. Et si l'avenir c'était vous?" titrait la très large campagne "d'information et de sensibilisation destinée à penser l'avenir dans le domaine du recrutement des professeurs et à valoriser auprès des étudiants le choix du métier de professeur" lancée en mai 2001 par le Ministre de l'Éducation Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Jack Lang.
Qui ne se souvient de cette "campagne nationale", et en particulier de la campagne télévisée ("conçue par Publicis") dont le but affiché était de "mettre en valeur la noblesse et les joies du métier d'enseignant"?
L'un des spots montrait un homme d'une quarantaine d'années courant dans la forêt en jogging et arrivant "à la croisée des chemins". "Il s'arrête, regarde dans toutes les directions. On comprend qu'il s'est un peu égaré. Voix-off: "Ça l'a vraiment touché ce coup de fil. L'un de ses anciens élèves en chaudronnerie qui l'appelle pour lui dire qu'il vient d'entrer dans l'aérospatiale. Il y était peut-être un peu pour quelque chose.

C'est avec des milliers de petites choses comme ça que la société se construit".

Voix-off + surimpression : "professeur. Et si l'avenir c'était vous?"

Dans le passage du dossier de presse (http://www.education.gouv.fr/discours/2001/recrutement/dp...) consacré à la campagne "d'information et de sensibilisation" on peut lire: "Près d’un professeur sur deux devra être remplacé dans les 10 ans à venir. Le Ministre, Jack Lang, a décidé de lancer une campagne d’information et de sensibilisation destinée à penser l’avenir dans le domaine du recrutement des professeurs et à valoriser auprès des étudiants le choix du métier de professeur.
En effet, il y a un vrai désir chez les jeunes de choisir ce métier. Le but est donc à la fois d’amplifier le mouvement et de programmer le futur au mieux."

Et maintenant voici l'évolution du nombre de postes ouverts aux concours de l'agrégation et du capes de philosophie (ils sont représentatifs de l'évolution des postes ouverts aux concours qui, toutes matières confondues, ont été diminués d'environ un millier de 1997 à 2002) pendant la période durant laquelle la gauche, et le Parti Socialiste en tête, était en responsabilité:

Agrégation externe de philosophie
1997: 73 postes
1998: 60 postes
1999: 90 postes
2000: 80 postes
2001: 80 postes
2002: 82 postes

Capes externe de philosophie
1997: 180 postes
1998: 130 postes
1999: 60 postes
2000: 50 postes
2001: 53 postes
2002: 60 postes

Au moment même où la gauche, le Parti Socialiste, à grand renfort d'une campagne visant à "maintenir et à renforcer l'élan vers les métiers de l'éducation" présentait des "perspectives de recrutement pour les prochaines années" dans le cadre d'un "plan pluriannuel de création d'emplois et de recrutement de professeurs", elle divisa par trois le nombre de postes ouverts aux milliers d'étudiants qu'elle incitait à préparer le capes et les concours.

A titre de comparaison la droite "ne" l'a, depuis, divisé "que" par deux (de 60 postes au capes en 2002 à 30 postes en 2006, et de 82 à l'agrégation en 2002 à 47 en 2006).

L'Éducation et la Recherche sont aujourd'hui encore affichées par le Parti Socialiste comme des priorités.


medium_jospin.gif

compteur Blogger.com

09:20 Lien permanent | Commentaires (56) | Envoyer cette note

vendredi, 09 juin 2006

MERDES SOIR...

Mardi, alors que Direct Soir le quotidien gratuit de Bolloré déboulait dans la rue, j'ai reçu ce texte de quelqu'un de bien informé dont je protège l'anonymat :

Sans la liberté de dépenser …

Qu’on les lise en ligne ou dans le métro, qu’ils aient entraîné des résignations d’abonnements au Figaro ou des souscriptions de soutien au Monde, les « gratuits » se sont imposés dans le paysage de la presse écrite en un temps record. On connaissait déjà Métro ou 20minutes, dont les formules allégées, jeunes et ouvertement non exhaustives ont pu séduire ; voilà qu’ils sont rejoints par le dernier-né de la famille Bolloré : Direct Soir. Le journal est distribué tous les jours de la semaine à la criée vers 17 heures. Il dit être un mélange entre un gratuit d’infos classique et un picture magazine et son équipe de rédaction est composée par les journalistes de la chaîne TNT de l’industriel breton : Direct8. Pourtant, ne cherchez pas, vous ne trouverez pas dans la version papier le sympathique Thuithui -mascotte à plume de la chaîne- car pour ainsi dire vous ne trouverez pas la moindre plume dans ce journal …« Le choc des images, le poids des mots » devise Paris-Match, ici le mot est léger … vraiment très léger … Nihil novi ! à moins de sortir de 3 ans d’hibernation vous n’apprendrez et ne découvrirez rien de plus que les news rabâchées de « votre journal du 13h » (sic) d’Elise Lucet ou les coups de cœur de Jean-Pierre Pernaud.
Ainsi, avec une maquette graphique style La Foire Fouille et une ligne éditoriale comparable à Paris-Boum-Boum, Direct Soir entend s’inscrire dans la prestigieuse tradition des faux médias décérébrants. On y parle politique comme au café, people comme chez le coiffeur et culture comme en vacances.Que le salarié fatigué par une journée de boulot se rassure, en prenant un Direct Soir avant de s’engouffrer dans le métro il a au moins l’assurance qu’on ne lui demandera pas de réfléchir. Qu’il ne craigne pas de manquer de pubs ou de risquer d’apprendre quelque chose, il n’en est rien : que des réclames, des infos prémâchées, de la couleur, des faux scoops et des gros titres. Diffusé à 500 000 exemplaires avec un objectif d’équilibre à 7 ans, ça aurait peut-être valu la peine de tenter l’aventure : essayer de divertir en instruisant, de porter un regard neuf, de diffuser des découvertes, de permettre l’évasion … voire même -soyons fous- de susciter la pensée … Dommage, car la principale réflexion produite par Direct Soir c’est celle d’un miroir renvoyant le reflet de notre société lobotomisatrice dans laquelle le citoyen ne s’informe plus mais consomme de l’information. Rien ne changera donc dans les métros qui dévorent et recrachent chaque jour le flot des Parisiens … avec Direct Soir le transit aurait pu être pimenté … il sera simplement encore un peu plus aigre.
Certes lire un gratuit « ça ne coûte rien », mais -avouons-le- ne pas lire Direct Soir ça n’est pas perdre grand-chose.



medium_bollore.jpg



Après quelques vérifications, ce premier mail a été complété à ma demande par ces infos :

Voilà plus d'un an et demi, j'ai appris que Vincent Bolloré allait lancer une nouvelle chaîne de TV.(...) Quelques mois plus tard, la chaîne était lancée ... Au début c'est l'euphorie et l'enthousiasme ... puis la désillusion et la déception ... Les flashs infos sont un patchwork de fils AFP et de brèves de France Info, il n'y a pas de rédac chef, pas ou peu de hierarchie reflechie dans les news et je ne parle pas des sujets "interdits"... Pour les emissions, les invités en font parfois 3 la même semaine et quand ils sont prestigieux ce sont des amis du président (VB, pas l'autre !). On a ainsi cru que Cornette de St Cyr habitait la tour tellement il y était !!! Marc Menant monopolise l'antenne (c'est moins le cas aujourd'hui) et une des rares émissons vraiment utiles -"J'aimerais comprendre" (sorte de C'est dans l'air)- disparaît de la grille au profit de "Fashion 8", "indiscrétions", "Dites-moi tout" et je passe sur les émissions politiques aux noms apocalyptiques de "face à alain minc", "le monde d'adler" ou "parole d'afrique" (présentée par Michel Roussin -sic et resic-) ! on est où ???? C'est d'autant plus dommage que l'équipe de la chaîne est très sympathique, à peu près saine d'esprit et assez talentueuse globalement, mais quel gachis. Un fonctionnement de mauvaise tv associative et une qualité TF1 (sans le budget qui va avec)... je m'attendais à autre chose. Ensuite, je le confesse, quand j'ai entendu parlé du journal j'étais à nouveau emballé, 500 000 exemplaires, un gratuit, le soir : quelle formidable occasion de créér du neuf et de distiller de l'intelligence par voie homeopathique ... que nenni ... on m'a rapidement fait comprendre que ce n'était pas l'ambition ... articles courts et déclaratifs .... bonne humeur obligatoire ... même équipe de journaliste (déjà débordée) ... Philippe Labro dans le rôle de l'absent pour la caution morale et Jacques Séguela aux manettes ... AU SECOURS ! Voilà, vous savez tout, à décharge le communiqué de presse et les articles déjà parus sur Direct Soir sont honnêtes, on y parle surtout gros sous et pubs ... le contenu du premier numero (pourtant bien moins mauvais que les editions off précédentes) est explicite ... apres la peoplisation de la politique ... la gadgetisation du journalisme ....

Le lendemain matin France Soir ressortait en kiosques. Un seul mot pour le définir : un torchon.

D'un ancien de France Soir j'ai également reçu ce petit mot après que nous ayons dit mercredi soir dans On refait le Monde sur RTL ce que nous pensions sans détours :

Bonjour Guy

Ce petit mot pour dire à quel point votre coup de gueule et celui de vos camarades, hier, dans "On refait le monde" nous a fait du bien à nous, les anciens de France Soir. On aurait pas mieux dit. Merci du soutien.

Il est clair que les nouveaux patrons du journal ne sont pas initiés à la presse, et c'est presque un délit ;-)

Ils ne le sont pas davantage sur le plan de l'honnêteté. Les quelque 20 "clausés" de "France Soir" n'ont à ce jour rien reçu, même pas leur solde de tout compte. Personne ne peut s'inscrire à l'ANPE ni prétendre au ASSEDIC. Nous sommes dans une merde noire, disons-le simplement.

Merci encore pour votre solidarité et à très bientôt !


Au delà de ce que dit ce journaliste sur les difficultés de ceux qui ont quitté le quotidien, il ne s'agissait pourtant pas pour moi de manifester une quelconque solidarité journalistique ou un peu de cette horrible "confraternité", un concept que je déteste.

Juste de produire une réflexion plus large.

Tout en étant strictement sans intérêt, le gratuit est moins mauvais que le payant mais, surtout, France Soir ne saurait à mon sens durer plus de quelques jours tant son contenu est absolument inepte. Qui peut payer 90 centimes d'euros pour ça ? Hériter d'un titre aussi important pour en faire un tel ramassis est d'une tristesse infinie au regard de l'histoire du journal. Mais malheureusement et sans langue de bois, cela fait assez longtemps que France Soir a tourné le dos à son passé et ses derniers repreneurs sont loin d'être les seuls responsables de ce crash. Nombreux sont ceux qui ont vécu sur la bête...

Plus largement, au moment où la diffusion de tous les journaux baisse, mardi et mercredi dernier resteront donc comme deux sales jours de plus pour la presse Française.
Du coup, le syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) a protesté hier dans un communiqué contre le contenu des deux quotidiens : "En l'espace de 48 heures, la presse écrite vient de subir deux nouveaux revers cinglants avec le lancement de Direct Soir et la reparution d'un clone de France Soir", écrit le syndicat, estimant que "les deux titres maltraitent l'information, entièrement livrée à la publicité". Selon le SNJ-CGT, dans ces deux journaux, "l'information n'est plus qu'un habillage; elle est réduite à la portion congrue dans des rédactions réduites à leur plus simple expression". Estimant qu'il n'y a plus de place "pour l'information qui dérange, qui donne à réfléchir, qui met le lecteur en situation d'acteur et de citoyen", le SNJ-CGT note que "les vrais quotidiens d'information sont mis en difficulté dans une indifférence quasi générale". Il appelle à "mettre en échec cette presse fleuron d'un monde libéral où le fric est la seule valeur connue".

La critique est intéressante mais camarades syndicalistes, on peut aussi se demander - vous demander - si la presse française ne crève pas aussi de son système inepte de fabrication et de distribution et là, pour le coup, la CGT ne devrait-elle pas se faire toute petite ?

Enfin, je n'entre pas ici dans le débat nécessaire sur le statut des pigistes et autres précaires qui hantent les couloirs des rédactions dans des conditions absolument indignes ; tandis que des journalistes assis depuis des lustres sous les mêmes lambris et cumulant les avantages, les maltraitent et les exploitent.
Sans parler non plus de la réflexion à mener sur la carte de presse et sur ses conditions d'attribution.

Nos journaux et nos journalistes ne vont pas mieux que notre politique et nos politiques ; et ce n'est pas un hasard.

medium_paris-france-soir-news.2.jpg


compteur Blogger.com

07:30 Lien permanent | Commentaires (168) | Envoyer cette note

jeudi, 08 juin 2006

Exemplarité et politique.

Lisez attentivement ces lignes, en faisant abstraction des fautes...

Verdict...
Verdict: 20000 euros et six mois avec sursis... Un verdict clément me dit-on de toute part. Une peine amnistiée, le tribunal n'aura pas cru tout ce que l'on a déliré sur mon compte ! Je suis bien soulagé mais perplexe. Si j'étais coupable, je méritais plus. Si j’étais innocent, je ne méritais rien. La page est tournée, mais je n'oublierais pas de si tôt ceux qui à droite, puis à gauche, ont monté cette affaire, ceux qui l'ont fait prospérée et ceux qui l'ont utilisée !


Allez maintenant sur ce lien :http://cambadelis.over-blog.net/

Vous avez compris ?

Il s'agit du "jugement" de Jean-Christophe Cambadélis sur sa propre condamnation.

medium_camba.jpg



En effet, le député PS, une ancienne collaboratrice de Lionel Jospin, Marie-France Lavarini, et l'ancien directeur de la MNEF Olivier Spithakis ont été condamnés, vendredi dernier, à des peines de prison avec sursis pour des emplois fictifs payés par cette mutuelle étudiante dans les années 1990.
Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, a donc été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis et 20.000 euros d'amende. Il était poursuivi pour avoir touché 620.000 francs (94.500 euros) d'une filiale de la MNEF de 1991 à 1995. Le député assurait avoir exercé une activité « bien réelle » de conseil, mais le tribunal a estimé qu'il s'agissait d'un emploi fictif. La peine infligée à Jean-Christophe Cambadélis est amnistiable et ne comporte pas de période d'inéligibilité.
C'est Olivier Bonnet sur son blog http://olivierbonnet.canalblog.com/qui a relevé ces propos choquants.

Mais le problème, c'est qu'il ne s'agit pas là de la première condamnation de Cambadélis.

Il a été déjà jugé pour avoir occupé un emploi fictif de mars 1993 à septembre 1995 au sein de la société Agos, filiale de l'Agence des foyers et résidences hôtelières privées (AFRP) (une structure de gestion de foyers pour travailleurs immigrés et personnes défavorisées). Cambadélis qui venait de perdre son mandat de député (il est élu depuis 1988) dans la débacle socialiste - et était également salarié à la même époque par Policité (une agence de communication travaillant notamment pour la MNEF, et dont il fut administrateur de 1976 à 1983) - a été employé à un salaire de 14.000 francs nets (2.134,2862 €) par mois pour une mission de « conseils en stratégie et d’image » par l'AFRP. Poursuivi pour recel d'abus de biens sociaux, pour un montant de plus de 442.000 francs (67.382,466 €), Jean-Christophe Cambadélis a alors été condamné en janvier 2000 par le tribunal correctionnel de Paris à 5 mois de prison avec sursis et 100 000 francs (15.244,902 €) d'amende.
Le parquet avait alors requis huit mois à un an d'emprisonnement avec sursis et 500.000 francs d'amende contre Jean-Christophe Cambadélis (http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=politique/20...).

Il me semblait donc nécessaire de signaler ici d'abord la manière dont un parlementaire de premier plan, totalement au centre du Parti socialiste dans la campagne qui s'annonce - et déjà condamné dans une affaire comparable - se permet de commenter la décision de justice qui le concerne.

On ne peut pas s'indigner ici des miasmes et des turpitudes de l'actuel pouvoir et accepter un tel comportement de la part d'un membre aussi éminent de l'opposition. Qui plus est "spécialiste" du combat contre l'extrême droite et fondateur d'un fameux Manifeste contre le Front national...

Il me semble donc évident qu'il est désormais nécessaire - vu le climat politique délétère et au delà du cas Camba - d'aller bien plus loin dans la mise en oeuvre de règles d'une sévérité accrue à l'égard des politiques.

Je pense ainsi que tout élu condamné par la justice - pour des faits commis dans l'exercice de ses fonctions ou de ses mandats (mais sans doute pas pour des faits commis avant) - devrait être écarté d'une manière ou d'une autre de la "carrière politique".

Il est inadmissible que les bancs de nos assemblées soient encombrés par des parlementaires condamnés.
Et encore, je ne vise en aucun cas les simples mis en examen, dont la présomption d'innocence doit être respectée tant qu'ils n'ont pas été jugés coupables, même si les règles qui régissent l'immunité leur permettent d'échapper à la justice bien plus longtemps que le commun des citoyens.

Il faut désormais passer à un régime politique, à un système dans lequel l'exemplarité des élus soit totale.

Toute condamnation liée à l'activité politique (hors la diffamation) devrait automatiquement entrainer une inéligibilité d'au moins cinq à dix ans (selon la gravité des faits), voire une inéligibilité définitive en cas de récidive.

Le parti socialiste, l'UMP et les autres sont-ils prêts à intégrer une telle proposition dans leurs projets ?

07:45 Lien permanent | Commentaires (247) | Envoyer cette note

mercredi, 07 juin 2006

Peopolitique

Ils n'ont rien compris.

Affolés par la percée de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, d'autres candidats ont choisi la voie de la peopolisation pour exister. DSK arpente les plateaux de télévision avec Anne Sinclair.

medium_dsk.jpg


François Bayrou, pourtant discret, pose en famille chez lui dans Match.
Cochet et Voynet s'embrassent sur la bouche mais ne peuvent se départager dans les urnes.
Béatrice Schönberg attend la nomination de son mari à Matignon pour quitter l'antenne.
On lit même sidéré dans Paris Match que la belle soeur de Lionel Jospin et l'agent de Nathalie Baye démentent toute liaison entre Lionel Jospin et l'actrice...
Quant aux leaders des sondages, ils suscitent eux-aussi les commentaires les plus variés.

On nous annonce ainsi la séparation de "Ségolène et François" deux fois par jour.
medium_sego_et_f.jpg

Et Le Parisien nous apprenait ce Week end dans un encadré que le ministre de l'Intérieur avait été chez TOD'S en compagnie de Cécilia. Alors que depuis des semaines, on nous prévenait que tout était déjà dealé avec les journaux people pour l'officialisation de sa "nouvelle vie" avec la journaliste Anne Fulda d'ici septembre...
medium_sarkocecilia.jpg


Et puis, dans un genre différent mais assez parallèle Stéphane Pocrain est candidat. Dieudonné l'était déjà. Steevy soutient publiquement Sarkozy qui a lui-même participé au lancement des Bronzés 3...

Ils n'ont rien compris.

Je veux donc rappeler encore ici ce que j'écrivais, il y a trois ans déjà, dans Nos délits d'initiés :

Une femme ou un homme publics, et plus particulièrement une femme ou un homme politiques ont-ils droit à une vie privée ?
Poser la question ainsi revient évidemment à y répondre.
Bien sûr, comme tout citoyen, un politique a tous les droits dont celui, bien naturel, à son intimité.
Il existe cependant des différences entre les statuts des personnalités publiques et ceux des citoyens anonymes.
Ainsi – comme pour tout un chacun –, il n'est ni gênant ni impropre qu'un politique ait des maîtresses (ou des amants), ni qu'il ou elle fume quelques pétards en passant. C'est comme ça. Il ou elle vit sa vie. La sphère privée est faite pour cela et le regard des autres n'a pas à s'en emparer. Il est d'ailleurs bon nombre d'élus d'audience nationale, voire de ministres d'hier ou d'aujourd'hui, dont nous n'avons jamais vu le conjoint, ni visité la chambre à coucher. Rien de choquant dans ce cloisonnement : on élit des individus pas des familles. Nous n'avons rien à savoir.
Là où les choses se gâtent passablement, c'est lorsque la même personne qui multiplie les infidélités conjugales ou sniffe à l'occasion un rail de coke, vient, le plus souvent pour des motifs électoraux, nous vendre son intimité, sa vie de famille, sa morale exemplaire, ses pratiques saines, ses qualités humaines.
La situation devient intenable et doit être signalée dès lors qu'il y a contradiction flagrante entre ce que la personnalité politique fait de sa vie dans le privé et ce qu'elle prescrit, dit ou montre publiquement en fonction de ses intérêts politiques du moment, sans compter que, bien souvent, ce sont des fonds publics qui sont alors sollicités.
Soyons ici précis. Le terme « vie privée » n'a plus le même sens lorsque le privé est sollicité par la personnalité politique, qui en fait alors un instrument, un moyen de campagne électorale. Si elle décide de se servir de sa vie privée à des fins électorales, elle fait donc évoluer elle-même la frontière entre privé et public. Elle est ensuite malvenue de solliciter la justice pour protéger une vie privée qu'elle a elle-même « publicisée » et « politisée », lorsque cela l'arrangeait.


Je pensais ne plus avoir à reparler de "ça".
Je croyais qu'on en était sortis.
Qu'ils avaient appris qu'à la Présidentielle on élit un homme ou une femme pas un homme et une femme...

Ils n'ont rien compris.

En guise de dessert une dépêche AFP du 16 avril 2004.

AMIENS (AFP) - Elle a quitté "La ferme" pour le Conseil régional: Elodie Gossuin, Miss France 2001, a siégé vendredi à Amiens à l'assemblée régionale de Picardie, sur fond de polémique autour de sa participation à l'émission de télé-réalité de TF1, "La Ferme Célébrités".
La jeune femme blonde de 23 ans, élue sur la liste UDF-UMP du ministre des Transports Gilles de Robien (UDF) en mars, est arrivée vers 10h30 en souriant, vêtue d'un tailleur blanc et noir à petits carreaux, veste et pantalon, cheveux noués et portant des lunettes teintées.
"Je suis là et c'est normal, j'ai été élue et je viens participer aux réunions, il n'y a rien d'extraordinaire à cela", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Nous sommes donc toujours dans ce pays là...

08:25 Lien permanent | Commentaires (139) | Envoyer cette note

mardi, 06 juin 2006

Les absents ont - vraiment - toujours tort.

medium_sarkoafrique.jpg

La "nouvelle" est à la "une" du Figaro : Nicolas Sarkozy aurait décidé de régulariser la situation des enfants sans-papiers menacés par une mesure d'expulsion dès la fin de l'année scolaire. 800 familles représentant 1.200 parents et enfants, "ne seront pas expulsés et se verront délivrer un titre de séjour", explique le quotidien.
Nicolas Sarkozy enverrait aux préfets une circulaire leur demandant de faire preuve de clémence à l'égard de ces familles. "Les familles concernées seront celles dont les enfants sont nés en France, ont toujours été scolarisés et ne parlent pas la langue de leur pays d'origine", précise Le Figaro.
Si Nicolas Sarkozy a pris cette décision c'est lié, toujours selon Le Figaro , à la sensibilation de l'opinion publique au problème des enfants qui risquaient d'être expulsés avec leurs parents sans papiers à la fin de l'année scolaire.
J'avais consacré ici un post à l'initiative du Réseau éducation sans frontière (RESF) qui suggérait de cacher des enfants sans-papiers menacés d'expulsion. http://birenbaum.blog.20minutes.fr/archive/2006/05/23/les....
Je vous rappelle que l'on avait très peu entendus les candidats socialistes à l'investiture présidentielle sur le sujet.
Je n'avais alors repéré que Jack Lang dans les pétitionnaires.
Soyez donc sûrs que désormais le débat va se politiser suivant une tradition bien Française.
"Sarkozy a cédé devant l'opinion de gauche, devant la rue et l'intelligentsia bobo" vont surrenchérir les LePen/Villiersetcie.
C'est prévisible mais cela ne m'intéresse pas aujourd'hui.
En revanche, ce qui me questionne c'est la manière dont vont se rattraper les socialistes qui avaient très largement oublié - pour des raisons matérielles ? [comme Ségolène Royal absente de l'Assemblée nationale le jour du vote de la loi Sarkozy sur l'immigration...] - de soutenir l'initiative ?
À suivre...

08:25 Lien permanent | Commentaires (191) | Envoyer cette note

lundi, 05 juin 2006

Mon nom est... "Personne".

medium_monnomestpersonne.jpg


Quel chantier. Depuis que ce blog existe, une nouvelle gymnastique. Quotidienne.
Écrire, vous écrire.
Tous les matins, parfois deux fois. Ou même trois.
Vous répondre. Beaucoup.

Alors aujourd'hui en cette pentecôte anarchique, je profite du répit de l'actu pour vous faire une annonce importante.
De nombreuses questions reviennent sur le thème "à quoi peut servir ce blog d'ici à 2007".
Je ne suis pas manipulateur, ni cynique quand je dis que je ne sais pas vraiment.
J'ai simplement l'intention de continuer mon bombardement quotidien de manière à peser un peu.
En cumulant avec mes autres activités, je pense qu'il est possible de gêner ceux dont nous ne voulons pas ou plus.


medium_mnep_gb.jpg


Le problème - mon problème - c'est que très franchement, il n'y a personne que je peux avoir un jour envie de soutenir.

Je vais donc être très clair : je ne vais soutenir personne.
Je ne vais soutenir personne dans la course à l'investitute au PS - je ne suis pas socialiste. Même si un bon score d'Arnaud Montebourg - ami - me ferait plaisir pour la suite. Pour lui. Mais pas plus.
Je ne vais soutenir personne au premier tour.
Je ne vais soutenir personne au second tour, non plus.
Comme ça vous êtes prévenus.
Vous pourrez me le reprocher, mais vous aurez été avertis.
Beaucoup d'entre-vous jugeront sans doute cela puéril, stérile, inutile, facile...
Mais je pressens déjà que, dans très peu de temps, beaucoup de blogs vont se transformer en comités de soutien.


medium_mnep_all.jpg


Pas le DEL.
Le DEL va rester un instrument critique et subjectif.
Ça, c'est fait...

medium_personne_2.jpg

compteur Blogger.com

09:00 Lien permanent | Commentaires (199) | Envoyer cette note

dimanche, 04 juin 2006

Au nom du père...

medium_tenue-enfant.jpg


Encore du courrier reçu...mais dans un genre très différent.

J’en appelle aux candidats, aux candidates du prochain scrutin présidentiel, sur un thème qui défraie rarement la chronique, et qui concerne un nombre à la fois important et malheureusement croissant de nos concitoyens: l’inégalité des droits dans la sphère familiale. Il est de notoriété publique qu’ils n’ont plus la main sur la chose économique et financière, et ne peuvent donc se permettre de promettre des chimères sur ces questions . Qu’à cela ne tienne, il n’est que temps que nous nous alignions sur les pays d’Europe du Nord, qui ont sur ces questions des positions d’avant garde éminemment respectables, et qui déclinent une vraie parité en la matière. L’occasion est trop belle pour nos prétendants au pouvoir suprême de montrer qu’ils peuvent vraiment agir dans le concret, avec efficacité, en démontrant de nobles dispositions, humanistes et responsables, et dépoussiérer enfin ces questions si sensibles .

Il convient de rappeler un chiffre éloquent : un tiers des mariages se conclut par un divorce, ce taux atteignant les 50% dans nos grandes villes ; De très nombreux parents et enfants sont en souffrance dans ces séparations : pourquoi, dans ces conditions, persiste-t-on à refuser d’appliquer et d’imposer par défaut, le principe de résidence alternée ? Et que toute autre solution qui serait préconisée ne le soit qu’à titre exceptionnel, motivée seulement par des raisons bien spécifiques ? Que le postulat de départ, le principe par défaut soit celui là, contre vents et marées, afin que s’instille progressivement dans les familles cette notion belle et subtile d’égalité des droits des parents et des rôles dévolus à chacun, qui n’est en l’état actuel des choses qu’une splendide vue de l’esprit . Cela imposerait d’ailleurs aux hommes qui, parfois, fuient leurs responsabilités, d’être mis en demeure de les assumer. D’éminents spécialistes décrivent la résidence alternée comme une solution qui permet aux enfants de rester en contact équitable avec chacun de leurs parents. Elle ne saurait être la Panacée, bien sûr, puisque ces situations sont, par définition, douloureuses, mais l’imposer aurait le mérite de mettre chacun en face de ses responsabilités pour que tout se passe au mieux.

Actuellement le papa n’est perçu que comme un pourvoyeur de fonds qui doit subvenir aux besoins de la pauvre épouse qu’il a délaissée et qui doit faire en sorte que le ou les enfants soient au mieux dans le foyer qu’ils n’occupent pourtant pas avec lui. Les frais qu’on lui demande au titre de la contribution sont calculés sans discernement, sans justification, en déclinant les standards en vigueur selon la méthode du copier coller, standards erronés et iniques, car résultant d’une époque révolue où l’homme tenait les cordons de la bourse, et où les femmes étaient majoritairement sans ressource. En aucun cas la nouvelle donne sociale, qui met de plus en plus souvent chaque sexe sur un pied d’égalité (et c’est heureux) n’est prise en considération, quoi que l’on puisse entendre ça et là.

Plus de 95 % des intervenants décisionnaires sur ces situations (juges, avocates, psychologues) sont des femmes .Ce qui n’est ni répréhensible, ni suspect a priori , mais qui soulève question lorsque certains jugements considérés comme iniques émanent toujours des mêmes personnes, qui n’ont probablement pas choisi cette orientation professionnelle par hasard et qui n’ont visiblement pas toujours de très louables intentions par rapport à une gent masculine avec laquelle elles peuvent avoir quelque contentieux à régler. Leurs sur-représentation n’est en tout cas, ni un détail sans importance, ni anecdotique, ni neutre, ni fortuite, ni sans conséquence parfois désastreuses. Imagine-ton un conseil de prud’hommes uniquement constitués de patrons, ou bien à l’inverse d’ouvriers syndiqués ? Même si nombre d’employeurs ou d’ouvriers sont probablement capables d’objectivité, il ne viendrait à l’esprit de personne de faire statuer un collège de décideurs aussi uniformes et « marqués » a priori !!!

Il ne s’agit pas de rallumer une quelconque guerre des sexes, mais d’instituer une situation véritablement paritaire. Que les aides familiales soient enfin partagées entre les foyers de l’enfant, que les déductions fiscales le soient également, que le remboursement des frais médicaux puisse se faire pour les deux parents en offrant la possibilité aux enfants d’être inscrit sur la carte de sécurité sociale de ses deux parents. Il est presque surprenant de devoir suggérer ces mesures de simple bon sens.

Dans le cas où l’enfant est néanmoins contraint d’avoir une résidence principale et une autre, « secondaire », il serait plus qu’opportun que l’on calcule la contribution du parent qui a simplement un hébergement partiel en considérant le VRAI gap de frais supplémentaire que le parent « principal » a, en tenant compte de ses aides familiales ou déductions fiscales . Il est par exemple courant, voire permanent, que soient allègrement occultés les frais que le ou les enfants occasionnent pourtant bel et bien chez le parent « secondaire », cette dénomination peu glorieuse mais ô combien explicite étant hélas la plus adaptée aux circonstances. En bref, gommer ainsi toute tentation d’effet d’aubaine pour des mamans peu scrupuleuses et éviter que les papas, bien que spoliés de leurs enfants, financent leur vie lorsqu’ils sont loin d’eux, ce qui n’avait de sens que lorsque, seuls, ils disposaient de revenus.

L’actrice Anny Duperey a écrit un texte magnifique sur le sujet, dans lequel elle dit entre autres, s’agissant de sa propres expérience de séparation « Mais je sais, sans vouloir m’en glorifier, que cela tenait beaucoup à moi que tout se passe bien, et que, s’il m’avait pris une envie de guerre à travers les enfants, j’avais toutes les armes en main et lui aucune. C’est affreux. ». Sa grandeur d’âme l’a rapidement rendue consciente de cette surpuissance dévolue aux femmes dans ce pan de nos vies. Pour quelques unes qui ont cette honnêteté intellectuelle, cette acuité, cet humanisme, cette lucidité, combien qui profitent de leurs prérogatives de manière éhontée et qui règlent sans vergogne des comptes personnels, avec l’assentiment complice et complaisant d’un système pour le moins défaillant ?

Il nous appartient TOUS de refuser que perdurent ces injustices, a fortiori ceux qui détiennent déjà ou briguent si ardemment le pouvoir. Il n’est que temps qu’ils ou elles en fassent bon usage et empêchent que des décisions aussi arbitraires que dogmatiques viennent introduire la zizanie dans les familles.

Comment peut-on ne pas concevoir qu’une situation d’emblée égalitaire, à défaut de gommer définitivement les éventuels ou inévitables contentieux, constituerait assurément les jalons d’une situation assainie, contribuant ainsi à l’épanouissement de chaque membre de la famille ?

Il serait stupide et absurde de considérer qu’on ne saurait tendre vers l’égalité dans ce domaine parce que d’ancestrales inégalités entre les sexes, parfois persistantes, justifient des chasses gardées, reconstituées comme autant de bastions malsains et passéistes

On peut mourir à petit feu de cette dichotomie choquante, pour peu que l’on ait une sensibilité, un cœur. Qui ne sont pas l’apanage des femmes, qu’on se le dise….On peut péter les plombs-certains l’ont fait, le feront encore et l’on feindra de s’en étonner - de tant d’inertie, de cette lutte du port de terre contre le pot de fer, de ces positions irrationnelles qui éloignent les unes de la vie professionnelle ou sociale, et les autres de la sphère familiale. Combien d’hommes qui lâchent l’affaire, dégoûtés, las et brisés dans leurs velléités pourtant chaleureuses, paternelles, d’amour tout simplement ?

En vertu de quel principe archaïque la parité familiale serait-elle négligée et passée sous silence, alors que la parité sociale et professionnelle recueillerait, elle, spontanément l’adhésion de principe de chacun ? Parce que le sens du mouvement nécessaire pour rétablir l’équilibre ne serait pas considéré communément comme étant le bon dans le premier cas de figure ? L’argument est mince !!! Parce que l’argent et la réussite -des valeurs aujourd’hui déifiées- sont en filigrane de la seconde, là où seul l’amour- connoté mièvre- est au cœur de la première ? L’argument est cette fois ci spécieux…

Alors, combien de temps encore cette inégalité, l’une des rares sur laquelle il serait si facile d’agir, pour peu que l’on s’en donne les moyens ? Ségolène, Nicolas, Dominique, DSK, Lionel, François, Arnaud, Olivier, Arlette, Alain, qu’attendez vous pour exprimer une position claire et résolue en l’objet, pour éveiller les consciences, réhabiliter les pères, changer les mentalités, partager résolument l’amour? Peur que les femmes, qui jusqu’alors bénéficient de cette inégalité, ne vous en tiennent rigueur et vous le fassent payer, trop heureuses qu’elles étaient jusqu’alors d’avoir des prérogatives dans un domaine au moins de leur vie ? Ce serait leur prêter de sombres intentions !Peur que les hommes, vers qui se dirigeraient a priori ces mesures, s’en désintéressent au fond et considèrent ces questions comme vénielles ? Croyez-moi, la communauté aurait tout à y gagner, il suffirait simplement de trouver les mots d’apaisement pour que les uns et les autres se respectent, dans ce domaine et, qui sait, dans d’autres par ricochet? Et vous aurez tout à y gagner à titre personnel, de ce cheval de bataille qui vous sera associé, car vous aurez été le ou la précurseur d’un mouvement qui ne peut, à terme, qu’aller que dans le bons sens : je refuse de croire qu’il puisse en être autrement.
C’est pas beau, quand on revendique, l’égalité à sens unique.

François


Puis, quelques semaines plus tard, ce nouveau message est arrivé dans ma boîte :

J'ai adressé à Arnaud Montebourg, Dominique Strass Kahn et Ségolène Royal
le texte que je vous avais envoyé il y a quinze jours environ

Pas de réponse. Ils croulent sans doute sous diverses sollications, nous en
sommes tous là. Exposés comme ils le sont , ce doit être pire encore. Ce
paroxysme de communication confine au néant le plus absolu.

Ou bien alors ils s'en tapent.

Mon mail initial vous signifiait combien la cause intéressait finalement
peu de monde, bien que concernant pourtant une quantité croissante
d'individus. Je ne découvre donc rien...

Dont acte.

Je vais donc m'amuser à l'envoyer à Marine Le Pen.

Imaginons un instant qu'elle réponde, elle, contrairement aux autres.
Voire même, pire, pour moi qui déteste ses idées , qu'elle abonde dans mon
sens .

Que devrai-je en conclure ? J'ai peur....

En arriverai-je à glisser d'une probable abstention, seule attitude
actuellement possible vis vis à vis de gens qui pourraient témoigner
aisément de leur capacité d'action mais se refusent pourtant à le faire,
vers un vote de colère et de dépit pour une extrême droite dont les
discours certes anauséabonds trouvent un écho de plus en plus patent dans
une classe politique indigne et incapable ? Ce n'est pas que leurs discours
se normalisent où se lissent, d'ailleurs, contrairement à ce que l'on
entend ici où là, c'est que malheureusement la réalité se met à dépasser
l'affliction que nous avions en les écoutant jusqu'alors!!!

Si, MOI, j'en viens à me poser cette question, comme on se jette du 75 ème
étage d'une tour dans laquelle un avion vient de s'encastrer, non pour
sauver sa peau mais pour minorer l'agonie, je peux par projection me dire
que beaucoup d'autres y songent.....

Il y a vraiment du souci à se faire....


Un sujet difficile, je sais, mais un vrai sujet.

medium_enfant_2.jpg

21:17 Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note

Domaine d'extension du cynisme.

Ce mail reçu m'a touché.
J'ai décidé de vous faire passer ce qui suit avec l'accord de l'intéressé.
J'attends son livre.
Mais le ton du mail, son sujet et la démarche suivie m'ont déjà donné envie de vous le faire partager.


Bonjour Guy,

Tu collabores à beaucoup de media et ton CV est impressionnant. Bravo. Pour ma part, je ne collabore à rien puisque je suis chômeur de longue durée, même si je viens d'obtenir un doctorat de Lettres préparé en autodidacte à partir du niveau des classes de collèges, et même si ma thèse vient d'être acceptée sans recommandation pour une publication intégrale en deux volumes aux éditions Champion.

Je viens juste te signaler que je suis le modeste auteur atypique d'un petit pamphlet, pourtant historique par son unicité (tu verras), intitulé Chômologie portative ou Dictionnaire du cynisme social. (http://precaires.free.fr/chomolo.htm)

Capusa est une anagramme de mon nom. Il faut préciser que je soutenais ma thèse en même temps que paraissait cet ouvrage : les universitaires ne m'auraient pas pardonné. Si la première atteste, en principe, de ma crédibilité, le second est à ce jour l'oeuvre de ma vie et j'aimerais bien que quelqu'un en parle.

Tu auras une idée de ma personne et de mon parcours en jetant un œil sur l'article de la Dépêche locale ci-joint.

Il y a trois ans, j'ai mis en ligne un site intitulé Le Défouloir des Précaires (http://precaires.free.fr) sur lequel un petit éditeur parisien est passé plus ou moins par hasard. Le site lui a plu, le bonhomme m'a contacté pour me demander si j'étais prêt à en faire un livre, l'ouvrage a été imprimé en 15 jours.

Depuis, je suis désespérément à la recherche de publicité. Nous n'arrivons pas, pour l'instant, à obtenir de critique sur ce bouquin, pourtant sans concurrence pour ce qui est de l'association du thème et du ton. Lorsqu'on joue sur la notion de cynisme et qu'on l'associe au tabou du chômage, il faut croire que beaucoup se reconnaissent ou se font peur. N'hésite pas à me donner une adresse postale où t'envoyer un exemplaire de l'ouvrage, si le titre t'interpelle.

Meilleures pensées,

Stéphan Pascau



PS : Tu peux également jeter un œil sur un autre site que je consacre à l'auteur marginal des Lumières sur lequel j'ai construit ma thèse. Tu y découvriras un original, provocateur et quelque peu inconscient, un peu comme moi peut-être :
Henri-Joseph Dulaurens (1719-1793)
http://du.laurens.free.fr



medium_la-depeche-22-02-2006-web.jpg

08:37 Lien permanent | Commentaires (112) | Envoyer cette note

samedi, 03 juin 2006

Batman reviens, Robin me les b....

medium_robin_23.jpg


Lisez cela - un texte de Jean Robin - et ensuite faites ce que vous voulez...

"Résumons...


Pour celles et ceux qui n'auraient pas tout suivi, et qui voudraient pourtant comprendre le fin mot de l'histoire de la polémique entre Daniel Schneidermann, Guy Birenbaum, Christophe Deloire, quelques autres et moi sur le Big Bang Blog dimanche dernier, cette note est pour vous.

Ca commence comme ça : Daniel Schneidermann (que nous appellerons DS) poste sur son blog une nouvelle note sur le départ d'Ardisson, et en profite pour rappeler son papier qu'il avait consacré dans Libé il y a un mois à mon livre, excellente critique s'il en est.

Puis quelques énergumènes l'informent publiquement dans les commentaires de cette note que le diabolique Jean Robin n'avait pas tout dit, et qu'il soutenait en cachette cet affreux Dieudonné, sur un liste semi-privée appelée "yahoogroupes". Mais là n'était pas le pire, affirmaient-ils. Le pire, c'est que Jean Robin postait des messages antisémites sur cette liste, ce qui est plutôt normal vu qu'elle est consacrée à Dieudonné. Et de donner notamment pour exemple la citation par le trublion Jean Robin d'un article paru dans Le Point, sous la plume de Christophe Deloire (par ailleurs mentionné dans "Ils ont tué la télé publique", comme l'une des victimes d'Ardisson, mais le rapprochement s'arrête là), qui affirmait qu'une Ministre de la République française, Nicole Guedj pour ne pas la nommer, avait participé pendant qu'elle était ministre à une réunion publique, uniquement ouverte aux femmes, et organisée par l'Agence juive pour Israël. Cela ne serait pas plus choquant que cela, si cette agence n'avait pas pour objectif statutaire de faire partir les Français juifs pour Israël, non pas pour des vacances, mais pour y vivre définitivement, et ne jamais revenir dans notre beau pays. Et, comble de l'horreur, cet article informait les lecteurs du Point que la Ministre en question s'était targuée, dans cette réunion, de faire manger casher tous les membres de son cabinet ministériel, ce qui est pour le moins criticable dans une République dite laïque.
Guy Birenbaum, éditeur irréprochable tant sur le point du patriotisme (cf "Le crime de Napoléon") que sur celui de la morale (cf "Mes délits d'initiés"), ajoutait que oui, Jean Robin, vous alliez trop loin, que lui avait déjeûné avec la Ministre en question, et qu'elle avait démenti tout cela, qu'il s'agissait d'une entreprise de déstabilisation dont elle était la victime. En tant que Secrétaire d'Etat aux victimes, elle s'y connaît ! C'était d'ailleurs encore elle qui avait reçu la mytho Marie-Léonie de l'affaire du RER D, mais elle ne s'est jamais excusée d'avoir ainsi ruiné la crédibilité liée à sa fonction.
Manque de chance, d'autres blogueurs informaient ce cher Guy de la confirmation des informations de Christophe Deloire par l'Observatoire du Communautarisme, référence dans le domaine.

Re-manque de chance, une majorité de bloggeurs du big bang blog prend ma défense en expliquant pourquoi cet article du Point mérite d'être lu et commenté, et que les informations qu'il contient, et qui n'ont pas été démenties officiellement par le ministère en question, sont proprement scandaleuses pour notre République.

Re-re-manque de chance pour Birenbaum et pour DS, qui s'était carrément emballé en qualifiant de "bobards" cet article du Point, Christophe Deloire lui-même me contacte personnellement, et me dit qu'il cherche à comprendre pourquoi on qualifie de tissus de mensonges le travail sérieux qu'il a mené et dont il peut attester la réalité. Il me dit qu'il va contacter de suite DS, et voici ce qu'il publie sur le blog de ce dernier peu après :
"De la manière la plus sobre, et sans ajouter au débat, je veux apporter quelques précisions sur l’article du Point consacré le 17 mars 2005 à Nicole Guedj. Journaliste au service Politique, je suis l’un des deux auteurs de cet article factuel reproduit plus haut. En voilà l’origine. Avant la réunion de l’Agence juive pour Israël du 13 mars 2005, j’avais aperçu dans Le Monde une petite annonce selon laquelle cette association chargée d’organiser l’alya allait accueillir la secrétaire d’Etat. Cela m’a intrigué. Il était écrit : "entrée libre et réservée aux femmes". De sexe masculin, je ne pouvais y assister. J’ai donc demandé à une journaliste pigiste régulière du Point de s’y rendre. Cette dernière a scrupuleusement noté les propos du discours de Nicole Guedj. Etonnamment, l’oratrice y critiquait le président de la République, se targuait de manger kasher, d’avoir "mis au pas" son cabinet et enfin appelait à prier pour la paix en Israël. J’ignore si la ministre disait vrai, ou si elle exagérait pour séduire son auditoire, en tout cas elle a prononcé ces paroles, et ce seul fait suffisait à justifier un article. Je précise que le "papier" rapportait ses propos et rien de plus, et qu’aucune phrase ne relevait du commentaire. Affirmer qu’il s’agit de "ragots" relève de l’erreur. Je viens de le dire au téléphone à Daniel Schneidermann, qui a eu l’amabilité de répondre à un message que je lui avais laissé. "

Ni DS, ni ce cher Guy, ni mes autres diabolisateurs du moment n'ont daigné lui répondre publiquement, ce qui est tout de même triste je trouve.
Pour clore le sujet, on apprend que cette chère Mme Guedj a été prise en photo, voilée, en train de se prosterner devant le mur des Lamentations, alors qu'elle était en visite officielle en Israël en sa qualité de ministre...
Bref, qui se frotte à la discussion s'y pique
".

Ce garçon est donc celui qui explique dans son livre qu'Ardisson est obsédé par les juifs...
Ce garçon est celui dont l'agent est celui de Dantec...
Ce garçon est celui qui avait oublié qu'il était un habitué des forums de discussion des amis de Dieudonné, jusqu'à ce que des bloggueurs le lui rappellent et exhument notamment ses messages sur Nicole Guedj. Vous savez, la ministre dont tout le cabinet a été forcé à manger casher...

Pour lire la suite c'est là : http://telepublique.blogspirit.com/

Masque à gaz recommandé.

21:10 Lien permanent | Commentaires (259) | Envoyer cette note

Ralenti.

medium_ralenti.jpg

Samedi du week end de la Pentecote.
Les privilégiés - dont je suis évidemment - sont partis souffler pour plusieurs jours.
Lundi sera férié en dépit des efforts d'un précédent gouvernement chiraquien pour faire davantage travailler les Français.
Mais quelque chose me dit que cette année, cependant, vu l'affaire Clearstream, le pouvoir se réjouit vraiment de cette "relâche".
Roland-Garros bat son plein mais les choses sérieuses y commencent seulement.
Johnny revient au Palais des Sports (depuis hier soir ; c'était en direct sur RTL et plutôt punchy).
La coupe du monde est là.
A la sortie du "pont", les bleus affronteront la Chine (mercredi) [ceci n'est pas une contrepèterie...]
Les politiques et les journalistes vont désormais caler leurs emplois du temps sur les horaires des matchs de l'équipe de France.
Dans les journaux justement, les rédactions sont déjà au ralenti.
Bien peu de coups de fil chez Privé depuis plusieurs jours.
La plupart des émissions de télévision saisonnières s'arrêtent dans moins de deux semaines.
Et Clearstream donc ?
Gergorin est ressorti.
Lahoud va rentrer...
Villepin retient son souffle.
Sarkozy décompresse.
Au PS ?
Ségolène commence à comprendre que les choses ne sont pas du tout gagnées.
Les couteaux sortent.
L'insécurité est déjà le sujet qui clive dans "l'agenda" poitique.
Et Le Pen ? Qui ça ?
Jacques Chirac observe son monde. Son objectif ? Tenir sans qu'il ne se passe rien jusqu'au 14 juillet, où il trouvera une formule amusante genre "plouf" ou "pouet" voire "bingo".
Et puis, si jamais les Bleus ont bien joué, l'anesthésie sera totale.
De fait, je pense désormais avec tristesse qu'à moins d'un séisme - par définition imprévisible - nous sommes partis pour trois mois de calme plat. A peu près jusqu'au 20 août.
Pendant ce temps là, les stagiaires courent les boîtes, les clandestins se planquent avec leurs mômes, les précaires comptent leurs derniers euros, les saisonniers se préparent à trimer...

Bon week end...

09:35 Lien permanent | Commentaires (97) | Envoyer cette note

vendredi, 02 juin 2006

Fana mili ?

medium_pantalons_mili.jpg

Bon, alors on va se confronter aux propositions musclées de Ségolène Royal, qui elle-même a déjà l'air de mesurer ses propos...
D'après l'Associated press en effet Ségolène Royal a reconnu au micro de France 2 que "Le mot militaire a pu surprendre".
"Je ne me place pas sur le terrain de Nicolas Sarkozy, je me place sur le terrain des gens qui souffrent", s'est défendu Ségolène Royal : "Etre socialiste, c'est répondre aux problèmes des gens qui souffrent". Elle a estimé que "les deux principales souffrances aujourd'hui, c'est le chômage et la précarité et la question de la sécurité et des violences". "Bien souvent, les deux sont liés car lorsque des parents sont en situation de précarité, ils ont du mal à assurer leur responsabilité de parents."
Concernant la sécurité, la candidate à l'investiture socialiste a jugé que "la droite fait faillite" et qu'elle a laissé perdurer une situation "extrêmement dangereuse". "Il y a d'autres façons de faire: c'est la République du respect (...) et de la fermeté".
"C'est par rapport à un constat de faillite de la politique de Nicolas Sarkozy que la gauche fait des propositions nouvelles", a-t-elle dit, souhaitant que le PS trouve "des mesures nouvelles en restant fidèles à nos valeurs". Elle a notamment défendu son intention de remettre les adolescents délinquants "dans le droit chemin avant qu'ils ne plongent dans la délinquance la plus dure", notamment en leur proposant des stages encadrés par des militaires.
"Le mot militaire a pu surprendre", a-t-elle donc reconnu. Mais elle a maintenu sa proposition de proposer aux jeunes délinquants "le choix entre la prison ou refaire un chantier humanitaire", notamment encadré par l'armée. "L'encadrement militaire, ce n'est pas un encadrement d'un service militaire où on apprend à tirer ou à conduire un char (...), il s'agit de redonner un certain nombre de repères dans le respect, dans l'affection des jeunes, dans la volonté de les mettre dans le droit chemin avant qu'ils ne basculent dans la délinquance la plus dure", a-t-elle précisé.
Quant à la mise sous tutelle des allocations familiales des familles dépassées par le comportement de leurs enfants, "c'est une mesure respectueuse des familles mais qui cherche à les réinstaller dans leur position d'autorité parentale", a-t-elle affirmé.
Ségolène Royal a défendu ses propositions en soulignant que "tous les enfants sont nos enfants". "Je veux faire pour les enfants de ce pays ce que je ferais pour mes propres enfants", a-t-elle ajouté, suggérant qu"'une femme peut peut-être mieux régler ces problèmes" liés à l'insécurité.

Place au débat...

10:40 Lien permanent | Commentaires (308) | Envoyer cette note

Blog Power !

medium_fils.jpg


Reçu cela il y a 48 heures :

Guy Birenbaum,

La blogosphère anime déjà la vie politique et jouera un rôle majeur dans les campagnes à venir. Le parti socialiste est en train de se bouger sur le net et souhaite accréditer de façon pérenne des "bloggers" aux opinions diverses à ses conférences de presse et grands événements.

Nous avons retenu votre blog et le service de presse du parti socialiste vous fera dorénavant parvenir, sauf votre avis contraire, ses invitations.

À noter d'ores et déjà, demain jeudi à 11h, le point presse rue de Solférino consacré au bilan de la campagne d'adhésion et les États généraux du projet à Strasbourg samedi 3 juin (pièce jointe).

Espérant vous rencontrer bientôt lors de ces prochaines occasions, recevez mes sincères salutations.

Vincent Feltesse
Secrétaire national adjoint aux NTIC

Pour plus de renseignements :

Dominique Bouissou
Service de presse
dominique.bouissou@parti-socialiste.fr
01 45 56 77 03

Julien Bézille
Chef de projet internet
julien.bezille@parti-socialiste.fr
01 45 56 78 66

Le lendemain, précisions sur le blog du secrétariat national du PS aux TIC :

Pourquoi le PS a décidé d’accréditer des blogueurs à ses conférences de presse

Ce jour, le PS a envoyé une accréditation officielle à plusieurs blogueurs pour leur permettre d’assister aux conférences de presse du PS. Cette initiative a été reprise, commentée par plusieurs blogs. Voici donc quelques explications :

- Nous ne l’avons pas fait plus tôt car nous étions très en retard sur le net. Celui-ci a été comblé en partie depuis le mois de janvier.

- La campagne d’adhésion qui est surtout passée par le net s’achève dans sa première phase demain soir. À l’heure, où j’écris ce billet, nous en sommes à plus de 75.000 adhésions par le net, dont 55.000 avec des paiements déjà encaissés. Cette campagne a commencé le 9 mars.
Vous pourrez d’ailleurs trouver sur notre site dès demain après-midi les résultats de l’enquête sur le profil de ces nouveaux militants. Cette enquête a été faite que par le net avec un taux de retour excellent. 17.500 mails envoyés, 27 questions et 8000 questionnaires entièrement remplis en 96 heures (Télécharger l’enquête sur le profil des nouveaux adhérents).

- Notre site n’est toujours pas un modèle du genre, mais il est au moins d’une très grande réactivité. Nous atteignons régulièrement les 10.000 VU/jour alors que nous en étions à 1500 en janvier.
La newsletter est quotidienne. Elle existe depuis le mois de février et nous avons plus de 70.000 abonnés.

- Nous achevons de développer notre plate-forme de blogs, d’abord pour les 100 fédérations, 3500 sections et 30.000 élus avec l’objectif de près de 1000 sites à l’été. Nous ouvrirons ensuite cette plate-forme à l’ensemble des militants. Cette plate-forme sort tout juste de sa version béta et nous avons volontairement retenu une formule qui permettra des évolutions souples.

Bref, on a le sentiment de commencer à s’y être mis sérieusement et donc d’être un peu moins ridicule en lançant cette invitation.

- Nous le faisons car nous pensons qu’aujourd’hui les blogs font partie de la constitution de l’opinion publique. Nous ne sommes pas encore aux Etats-Unis ou le Parti démocrate a décidé récemment de privilégier les blogueurs influents par rapport aux journalistes traditionnels, mais quand même.

Nous avons donc lancé des invitations à 3 types de blogueurs:

- ceux qui ont des blogs avec forte audience et qui parlent occasionnellement de politique. Cela se fait bien sûr dans le respect de la diversité des opinions des uns et des autres.

- les bloggeurs qui parlent plus particulièrement de net-politique.

- des journalistes, classiques mais qui aujourd’hui ont décidé de mener une démarche originale par le net. Les Web-TV vont par exemple sûrement se développer…

À la différence, des autres partis français, ces invitations sont pérennes et ne sont pas limitées à une seule conférence de presse ou à un congrès… Cette règle évoluera peut-être, notamment si le succès est trop grand.

Voilà, pourquoi le PS accrédite désormais des blogueurs pour ses conférences de presse.

Et bien sûr la première est sur la conclusion de la campagne sur le net.

Vincent Feltesse

Secrétaire national adjoint, en charge des NTIC.


Blog Power ! Voilà le DEL accrédité ! Et vous tous avec lui !

De fait, l'enquête sur les nouveaux adhérents est très intéressante, parce que l'une des questions cruciales qui se pose désormais au sujet du PS concerne justement ces adhérents de la dernière heure.
Je m'explique.
A quel présidentiable (non je n'ai pas mis le féminin !) va donc profiter le passage de 140 000 à 200 000 adhérents ?
Je ne suis pas sûr qu'ils connaissent eux-même la réponse.
Mais une telle augmentation du nombre des votants peut provoquer un séisme lors du vote pour le choix du candidat.
Du coup, si vous voulez télécharger l'enquête, grâce à nos nouveaux "amis", elle est ici : http://sntic.parti-socialiste.fr/

Le DEL attends désormais l'accréditation de l'UMP !

Ouh ouh Nicolas ! Ouh ouh...


medium_media_ecosystem_nieman.2.gif

07:15 Lien permanent | Commentaires (81) | Envoyer cette note

jeudi, 01 juin 2006

Tsunami

medium_dakar_2005_-_092_-_les_falaises_de_tanger.jpg


Lorsqu’une histoire vraie rencontre un vrai talent, cela peut donner, parfois, des textes remarquables.
L’histoire qui suit est donc parfaitement authentique.
Elle m’a été racontée et m’a stupéfié.
J’ai donc demandé à celui qui me l’a racontée de l’écrire pour vous.
Et il l’a fait.
Il s’appelle Antonius Moonen.
Il est Hollandais et vous allez vite vous en rendre compte écrivain.
Tout ce qui suit et qui est arrivé au Maroc entre le 24 et le 25 mai est rigoureusement exact.
Nous n’en avons rien su.
Cela m’aurait ennuyé que vous n’en sachiez jamais rien.
Ce blog est aussi là pour cela.

Un tsunami nommé Bouchra

Aux Pays-Bas, pays de mes origines, il est coutume de dire qu’on voit Abraham, ancêtre des juifs, chrétiens et musulmans, le jour de sa 50ème année. Afin que la rencontre avec le patriarche biblique ne passe pas inaperçue, les amis, la famille, et les voisins dressent un mannequin barbu (qui ressemble à un épouvantail) dans le jardin devant la maison du quinquagénaire fêté. Exilé, je comptais bien profiter de l’absence de cette coutume à Paris. Mais, stressé par les allusions des uns à mon anniversaire et les remarques insistantes des autres sur la nécessité d’organiser de stupéfiantes festivités, dignes des Mille et une nuits, je décidai de m’échapper. En pèlerinage au Maroc. Mon amie Bouchra m’y attendait. Quelques heures avant de partir (après lui avoir acheté bien sûr les dernières merveilles Sephora, dont la brosse magique pour se lisser les cheveux), la plus belle et pétillante présentatrice que la télévision marocaine a connue à ce jour me téléphona. D’une voix spasmodique et anxieuse, elle me dit la rumeur : un tsunami était attendu le jour de mon anniversaire. Sur le web, on trouvait toutes sortes d’informations, y compris l’horaire quasi exact auquel la vague géante allait effacer toutes les villes sur la côte Atlantique du Maroc, en commençant par Tanger. Elle atteindrait Casablanca quelques minutes plus tard. Selon un spécialiste des phénomènes fugitifs observés dans l’atmosphère, il semblait qu’une comète du nom de SW-3 s’écraserait sur les Iles Tenerifes, le matin du 25 mai, créant une vague qu’on sentirait jusqu’à New York. Né dans un pays très sensibilisé aux niveaux instables de la mer, je vérifiai quelques quotidiens hollandais. Rien. Je regardai dans la presse française. Rien non plus. Le vol Air France pour Casablanca était maintenu.
Pour Bouchra, cela n’avait rien de surprenant étant donné que des rumeurs avaient couru, prétendant que le tsunami qui avait détruit une grande partie de l’Asie avait aussi été tenu secret pour des raisons commerciales, pour ne pas affoler les foules. Et puis le Web était assez explicite. Menaçant. De « nouveaux » intégristes, qui brandissent des tsunamis plutôt que des attentats ou des détournements d’avions, se répandaient sur la honte au front des villes marocaines comme Marrakech qui a gagné son surnom de « prostituée du Maroc » en accueillant des pédophiles et une jet-set souvent bas de gamme, et sur le châtiment divin qui résulterait. Ajoutez à cela le souvenir des attentats terroristes au Golden Tulip Hotel (une chaîné hollandaise !) à Casablanca, et le temps, c’est-à-dire les aspects purement climatologiques qui selon Bouchra étaient « un peu bizarres » : voilà le cocktail explosif que je m’apprêtais à boire et qui me rappelait les couvre-feu de la première guerre du Golfe.
Je tentais de rassurer Bouchra en insistant sur la solidité de son immeuble (ancien pied-à-terre d’une autorité royale) qui datait de l’époque coloniale et sur l’étage, 7ème, qui nous protègerait du désastre. Les circumambulations de la Mecque ne comprennent-elles pas 7 tours ? J’ai évité par contre d’évoquer les 7 têtes de la Bête dans l’Apocalypse. Malgré tous les mauvais présages, nous avions la baraka.
Le lendemain, jour de mon arrivée, Bouchra annonce le départ pour Marrakech qui, selon les dernières infos virtuelles, serait épargnée malgré sa vilaine réputation. Dieu est parfois si pervers ! La vague ne pourrait franchir l’Atlas. Par contre, elle atteindrait de plein fouet les pauvres des bidonvilles de la route côtière. Il paraît que les autorités craignent des émeutes. Nous sommes partis à 6h du matin avec l’avis du réceptionniste qui affirmait que toute cette histoire était un coup monté des hôteliers marrakchi qui faisaient le plein de clients ! Après que Bouchra a vérifié, en fouillant dans son Kelly, qu’elle a bien pris son dernier relevé de compte bancaire, nous montons avec son mari, ses trois enfants, son beau-père, Amina (ex-cuisinière d’un grand architecte français) et Belle (une bergère allemande avec pedigree princier) dans deux voitures, chargées abondamment de gourmandises marocaines. L’exode peut commencer. La route est noire de ceux qui ont les moyens de fuir. Marrakech est irrespirable tant elle fourmille. Le soir, à la ferme, où nous buvons du Boulaouane gris, la nature s’énerve. Un vent fort souffle sur les oliviers et les arbres d’agrumes. On scrute le ciel à la recherche d’une comète et on s’endort.

Pas de comète, pas de tsunami. Le Maroc a été pardonné.
Une mauvaise blague cette rumeur ou de la propagande sévère ? Au moment de fêter la grâce, il se met à pleuvoir violemment. Un authentique déluge. Et si la prophétie s’était trompée d’un jour ? Non, le soleil revient. Et nous rentrons à Casablanca. Là, le chauffeur du petit taxi rouge qui nous conduit rigole « Vous avez entendu parler du tsunami ? Il y a même des gens qui ont fui vers Marrakech ! ».
Oui, on en a entendu parler. Je n’avais rencontré ni Abraham, ni Noé, mais j’étais fier de cet exceptionnel anniversaire. Et je remerciai Bouchra pour ses talents d’organisatrice d’événements.



Dernier livre d’Anton paru en France : Petit bréviaire du snobisme, L’inventaire 2000.
Il va de soi qu’aujourd’hui, Anton est là sur le blog pour vous répondre si vous avez des questions ou des remarques.

medium_marrakech.jpg

07:30 Lien permanent | Commentaires (192) | Envoyer cette note