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samedi, 29 juillet 2006
Visite.
Un bref passage.
Je franchis juste la barre des 100 000 signes dans l'écriture de mon bouquin qui prend assez bien forme...
Je surfe un minimum sur le net rapport à mes petits soucis de santé mais je vous lis tout de même.
Allez. J'y retourne.
19:02 Lien permanent | Commentaires (251) | Envoyer cette note
lundi, 24 juillet 2006
Un singe en été.
Chers ennemis, chers amis.
Me revoilà. Mais pour vous annoncer que ce blog prend ses quartiers d'été d'une manière "spéciale".
Un pépin de santé m'a permis ces derniers jours d'y voir bien plus clair sur ce qui est essentiel.
Rien de grave chers ennemis, je vous rassure, mais quelque chose de suffisamment effrayant pour se replier sur l'important.
Les examens passés ont confirmé un diagnostic sans gravité mais les gênes occasionnées ne me permettront pas de passer du temps sur mon écran au delà de l'écriture de mon livre.
Je laisse donc ce blog ouvert à votre convenance mais je ne peux rien publier personnellement jusqu'à la fin du mois d'août, date à laquelle le DEL reviendra encore plus fort...si tout va bien.
Je jette un oeil de temps en temps.
Guy
17:23 Lien permanent | Commentaires (183) | Envoyer cette note
jeudi, 20 juillet 2006
Rideau.
Je me débarrasse de mon ordinateur et de ma connexion internet au minimum jusqu'à mardi.
Après nous verrons bien.
Mais je ne suis plus du tout certain finalement d'avoir envie de continuer pendant l'été.
En tous cas, la place est libre et reste ouverte.
14:35 Lien permanent | Commentaires (357) | Envoyer cette note
Le test de la tente.
Un papier signé de Michaël Hajdenberg dans 20 minutes ce matin pourrait nous conduire à une véritable petite cure de franchise et d'auto-critique, tant il est révélateur du caractère ubuesque de notre société et de notre incapacité collective à la moindre forme intelligente de prévention.
Lisez-le.
Il y a quelques mois, au coeur de l'hiver, Médecins du monde leur distribuait des tentes. Aujourd'hui, on voudrait leur enlever. Les SDF ne comprennent pas. Réunis autour d'une table devant leurs tentes plantées au bord du canal Saint-Martin, Eric et quatre de ses compagnons d'infortune s'agacent : « Notre site est propre. On ne gêne personne. Et maintenant, on voudrait nous chasser ? »La préfecture de police a fait savoir que dans plusieurs arrondissements, des riverains se plaignaient de ces campings improvisés. La Mairie de Paris a donc réagi et indiqué hier avoir engagé une « démarche pour convaincre » les SDF « de se déplacer et d'accepter des solutions d'hébergement ». Bertrand Delanoë a ajouté que « la canicule qui sévit accroît les risques sanitaires encourus par les sans-abri ». La Mairie a notamment demandé à deux associations, Emmaüs et Coeur des Haltes, de convaincre les SDF de rejoindre des foyers. Emmaüs juge que ces campements ne sont « pas viables » mais se défend d'être « là pour nettoyer la ville ».Beaucoup de SDF racontent que des policiers leur ont demandé de quitter la capitale. Franck, qui partage sa tente avec son amie, affirme que « dans les foyers, il n'y a pas de place. Et quand il y en a, il faut généralement se séparer de sa compagne. Surtout, c'est dangereux. » Eric renchérit : « Avec une tente on a enfin un espace privé. Là, on veut nous enlever notre appartement.
Bien sûr, être correct, dans la ligne, c'est défendre ces malheureux que l'on veut virer, une fois de plus, pour les parquer je ne sais où.
Mais une fois que j'ai affirmé cela, je n'ai rien dit, ni rien fait d'ailleurs.
Alors, pour être honnête avec vous, et surtout avec moi, je me suis placé "en situation" et je me suis interrogé (au conditionnel) sur l'attitude qui serait la mienne, s'il y avait des tentes en bas de chez moi.
Eh bien je suis sûr et certain de ma réponse.
Je voudrais qu'elles soient enlevées et ce depuis le premier jour.
Et vous...
Parce que loger à la va-vite des gens dans des tentes dans une ville comme Paris où des milliers de bureaux et d'appartements sont vides est une ineptie.
Si je comprends évidemment l'urgence de la mesure prise cet hiver, je ne parviens pas à accepter que dans notre beau pays, riche/civilisé/développé, il soit systématiquement nécessaire d'agir dans l'urgence.
Donc trop tard.
Il fait froid l'hiver. Il fait chaud l'été (de plus en plus). Depuis longtemps...
Nous "réagissons" systématiquement à contre-temps et du coup les frustrations se multiplient. Toutes les frustrations.
Et la précarité avec.
08:15 Lien permanent | Commentaires (155) | Envoyer cette note
mercredi, 19 juillet 2006
Être outil.
Je me suis réveillé de cette courte nuit infernale - la chaleur... - encore fou furieux des conneries (il n'y a pas d'autre mot) que je lis ici, parfois, sous certaines plumes ou quelques claviers pour être exact.
La limite extrême, la ligne rouge, ayant été franchie hier soir par ce commentaire :
"Pourtant, les éléments se précisent. L'attitude d'Israël ressemble à celle de l'Allemagne hitlérienne mais je n'ai pas les moyens de le démontrer" (gloire à toi Fulcanelli...).
Il n'est donc pas possible, comme je l'ai pressenti et écrit, il y a plusieurs jours, de dialoguer vraiment sur ce sujet là sans qu'imanquablement quelqu'un finisse par ramener Hitler. Le pire est que finalement cela a suscité peu d'émotion derrière, sans doute l'heure tardive...
Sur d'autres sujets, graves eux-aussi, il n'est pas possible de dialoguer, de débattre, sans qu'immanquablement quelqu'un convoque Dieudonné à la barre.
Par ailleurs, puisque l'on en est aux critiques, une autre catégorie de bloggueurs devient de plus en plus insupportable.
Les donneurs de leçon patentés qui, généralement, se plantent totalement, car n'ayant lu qu'un commentaire sur 163, il n'ont qu'un objectif en tête : expliquer à votre hôte tout à la fin de tous les commentaires d'une note (objectif être lu de tous) qu'il est "en dessous de tout", minable, etc...
Je n'épilogue pas - autre sujet d'amusement - sur le feuilleton jeanpetitrobin qui se développe sous nos yeux ; simplement quitte à avoir un biographe, autant qu'il soit talentueux et là, je vous avoue que j'ai un doute. J'aurais préféré Jean Lacouture ! (Blague/Humour/Plaisanterie/Farce/Gaudriole : maintenant je précise pourles grincheux).
Les blagues justement, venons-y, lorsque je décide de monter ici un canular, une partie de ceux qui tombent dans le panneau, me tirent la gueule jusqu'au sous-sol de leurs propres blogs pendant des heures, parce que ce n'est pas sérieux. Et patati et patata. Mais non, un canular ce n'est pas sérieux et je ne suis pas sérieux 24 h sur 24 !!! Il faut se décoincer du c.. !
Enfin, je n'évoque pas ceux qui ramènent leur science en permanence, mais à qui personne n'ose dire que leurs propos sont incompréhensibles, incohérents...
Bref, j'adore ce blog !
Si si...
Il va évidemment continuer.
Je ne vais toujours pas censurer les commentaites.
De toute façon, il marche si bien qu'il m'a totalement dépassé.
Mais le DEL est également un révélateur de tant de pathologies, de tellement de frustrations rentrées et, en fait, de tels dysfonctionnements de notre société, qu'il me conduit à penser (au bout de plusieurs mois) qu'il s'agit, (sans que j'en ai conçu une seconde le projet) d'un incroyable laboratoire. Un outil sociologique même, sans doute bien plus pertinent et plus fiable que les sondages dont on nous rebat les oreilles. (Et je m'inclus DANS l'analyse).
Vous voyez, tout en étant NRV ce matin, j'essaye d'en tirer quelque chose de positif, même si, parfois, ce que j'observe ici me semble tout simplement navrant, désespérant voire écoeurant.
La vie.
08:10 Lien permanent | Commentaires (264) | Envoyer cette note
mardi, 18 juillet 2006
Narcisses
C'est à une petite réflexion presque philosophique que je vous-nous pousse aujourd"hui.
Jugez-en plutôt.
François Hollande invité dimanche du "Grand rendez-vous" Europe1/Le Parisien/TV5Monde" a évoqué Nicolas Sarkozy. Il a estimé, je le cite, qu'avec son livre Témoignage le ministre de l'intérieur "poussait le narcissisme politique jusqu'à son paroxysme: il s'aime donc il faut que les Français l'aiment". François Hollande a ajouté : Nicolas Sarkozy "a envie du pouvoir, il a envie d'être président et il faudrait que l'on cède à cette inclination". Puis : "L'intérêt de Nicolas Sarkozy pour lui-même me paraît exagéré. Dans la vie politique, il faut avoir un intérêt pour les Français". François Hollande a même qualifié de "livre miroir" l'ouvrage du ministre de l'Intérieur.
Eh bien ma remarque sera brève. Je pense, bien sûr, que l'analyse de François Hollande est judicieuse mais, en même temps, je la trouve très inquiétante et/ou très hypocrite.
Je m'explique.
Venant d'un simple observateur, ces reproches seraient fondés.
Venant d'un concurrent politique, ils ne tiennent pas la route.
Parce qu'à ce niveau politique, et notamment lorsque l'on vise la Présidence de la république, sans narcissisme, la prise du pouvoir m'apparaît impossible ; les socialistes ont donc du souci à se faire...
Je précise immédiatement que je ne m'en réjouis pas, mais que c'est la Vè République et, surtout, l'élection du Président au suffrage universel direct (depuis 1962) qui a fait évoluer la fonction en ce sens. D'où une véritable question sur la pertinence de ce mode de scrutin...
Enfin, en matière de narcissisme politique, les conseilleurs ne sont décidemment pas les payeurs...
Je n'ai vraiment pas pu résister à un petit souvenir. Une photo, juste une photo, tirée de la série qui fit - tout de même ! - la couverture de Paris Match, à la veille du vote sur le Traité Constitutionnel Européen.
Ah l'amour de soi...
07:29 Lien permanent | Commentaires (73) | Envoyer cette note
lundi, 17 juillet 2006
Limites.
Les uns le faisaient hier sur le DEL avec finesse et subtilité :
"Bonjour, Le livre de Sarko me semble une futilité par rapport à ce qu'il se passe au moyen orient. Pourquoi pas de mots d'humeur, ces derniers jours, sur les représailles disproportionnées d'Israël contre la Palestine ou contre le Liban ?... Merci de votre réponse". Ecrit par : Glace à la Fraise | dimanche, 16 juillet 2006 14:46
"@ glace à la fraise à la cour, il n'est question que de marivaudages mais pas pas de ce qui fâche !" Ecrit par : sorbet citron dimanche, 16 juillet 2006 15:50
D'autres, plus directs, m'envoient des mails et j'imagine un rictus figé sur leurs lèvres : "A quand le sujet dénonçant la barbarie israelienne au liban et en palestine , sujet au centre de l'actualité actuelle ??"
Des gens que j'ai croisé tout au long du week end m'ont demandé également ce que cela m'inspirait.
Alors je vais essayer de vous le dire.
Au delà de la compassion pour les victimes et leurs familles, de l'émotion, je suis, en fait, totalement incapable de commenter de tels événements.
Je pense, pour être franc, que c'est bien joli d'avoir un avis sur tout - et surtout un avis... - mais pour ce qui concerne la GUERRE, - parce que cela s'appelle la GUERRE - prétendre écrire au jour le jour, à une telle distance de ce qui se passe - sans compter que, (comme d'habitude) nous n'avons aucune maîtrise sur les informations dont nous disposons - m'apparaît illusoire et même indécent.
Je suis par aileurs troublé, je ne vous le cache pas, par la manière dont je sens que, si je suis véritablement sommé par certains d'évoquer le sujet, c'est simplement parce que je suis juif. "Troublé" n'est d'ailleurs pas le bon terme. Je me sens à la fois blessé et insulté que l'on puisse imaginer que, si je me tais (jusqu'à aujourd'hui), c'est évidemment par solidarité avec Israël.
Évidemment. Comment n'y avais-je pas pensé ?
juif = israélien. ÇA RECOMMENCE... Je lis cela derrière certaines remarques. Et c'est ennuyeux. Plutôt triste en fait.
Passons.
Hier, Bernard Langlois, que j'ai appris à connaître via les blogs, posait, lui, sur Vive le feu une analyse avec laquelle je suis totalement en désaccord : "Et puis, mais c'est ouvrir un autre débat, jusque dans quelle mesure peut-on considérer un peuple, n'importe lequel, totalement innocent des actes commis en son nom par son Etat et son armée ?" Langlois expliquait un peu plus loin : "Je me sens néanmoins responsable quelque part de n'avoir sans doute pas assez dépensé d'énergie dans ma vie de citoyen pour réussir à infléchir le cours des choses. Pour prendre un exemple : les Français, dans leur grande majorité, n'étaient pas "comptables" de la déportation de juifs sous Pétain, mais ils ont laissé faire. Et seuls quelques-uns peuvent être appelés "justes" … Gloire à eux. Et je n'échappe pas à cette interrogation lancinante : aurais-je eu, si j'avais vécu cette période, le courage de planquer des juifs, ou d'entrer dans la Résistance ?"
Je ne partage pas du tout cette vision des choses. Les israéliens, - le PEUPLE israélien - n'y sont, n'y est pour rien.
Décréter la responsabilté d'un peuple, en l'occurence sa culpabilité, c'est postuler que nous (collectif) aurions un pouvoir sur ceux qui nous dirigent. Ce n'est pas le cas. Hors des périodes électorales, nous n'avons AUCUN pouvoir sur ceux que nous élisons. C'est LA raison qui me conduit à boycotter les élections ; l'absence de contrôle sur nos gouvernants en "démocratie".
Mais ne croyez pas que je cherche à m'éloigner du sujet du jour, à l'éluder par ce détour.
J'y reviens. Comme je peux. Je lis ici et là des marques de soutien, des signes de solidarité.
Alors, moi aussi je suis solidaire.
Oui.
Pas d'un pays.
Pas d'une armée.
Pas d'un peuple.
De chaque victime qui tombe quelle que soit sa nationalité ou son origine.
Je ne sais rien dire d'autre aujourd'hui.
08:15 Lien permanent | Commentaires (238) | Envoyer cette note
dimanche, 16 juillet 2006
Partez en vacances avec Nicolas Sarkozy.
Pendant que la gauche fait semblant d'avoir un tas d'idées - alors qu'elle n'a qu'une flopée de candidats - et que la plupart des éléphants et autres élephanteaux dansent au bord de l'eau, il y a un gars dans ce pays qui suit sa feuille de route et agit comme il l'avait prévu de A à Z.
Nicolas Sarkozy - puisque c'est de lui dont il s'agit - sort demain son bouquin en librairies et je crains que nous tenions là le p..... de best seller de l'été, le livre de plage que l'on va retouver sur toutes les serviettes du même nom.
Quelques bribes ce jour dans le JDD pour apâter le chaland comme l'expose la dépêche de l'AP ci dessous :
PARIS (AP) -- Dans la préface de son nouveau livre qui doit paraître lundi, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy se pose en chantre de l"'action", de "l'effort (...) payant", valeurs qui justifient à ses yeux "de vouloir conquérir les plus hautes responsabilités". "J'aime construire, agir, résoudre les problèmes", écrit le ministre de l'Intérieur dans la préface de "Témoignages", dont des extraits sont publiés dans le "Journal du Dimanche". Assurant que "l'immobilisme est la posture la plus risquée pour notre pays comme pour chaque Français", M. Sarkozy dit vouloir "donner un espoir à des millions de gens". "Je veux expliquer ici qu'il n'y a pas de fatalité pour celui qui veut bien oser, tenter, entreprendre", écrit-il.
"Je crois que tout se mérite et qu'au final, l'effort est toujours payant. Voilà mes valeurs. Voilà pourquoi je fais de la politique, voilà ce qui justifie, à mes yeux, de vouloir conquérir les plus hautes responsabilités", explique-t-il.
"Transformer le quotidien, rendre l'impossible envisageable, trouver des marges de manoeuvre m'a toujours passionné", observe-t-il encore, soulignant cependant que "la politique n'était pas une tradition familiale".
"Tout, même, aurait dû m'en éloigner: je n'avais ni relations ni fortune, je n'étais pas fonctionnaire et j'avais un nom qui, par sa consonance étrangère, en aurait convaincu plus d'un de se fondre dans l'anonymat", écrit M. Sarkozy. AP
Un passage au 20h de TF1 ce soir.
Des papiers à paraître dans tous les journaux. Etc.
Un lancemement réussi, croyez-moi.
But de la manoeuvre, prouvez par un succès de vente inévitable que l'homme Sarkozy attire et ce même au coeur de l'été.
La stratégie est sans risque, le livre va évidemment s'arracher vu sa considérable mise en place.
Il est à noter qu'en revanche plus personne n'évoque le fameux livre que Ségolène Royal était censée écrire en temps réeel avec la collaboration des talentueux internautes via son merveilleux blog. Je parie un dinar que, soudainement, on va reparler de ce bouquin et annoncer son imminence (pour la xième fois) mais en attendant, Sarkozy aura gagné cette première bataille par défaut.
Le site du livre est déjà en ligne sur la page d'accueil de google.
Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu'on a pas fini du tout de s'NRVer.
Au fait, les expulsions de sans papiers continuent mais Cécilia est revenue...
08:55 Lien permanent | Commentaires (54) | Envoyer cette note
samedi, 15 juillet 2006
"Retenez-moi ou je fais un malheur"...
C'est en rentrant du feu d'artifice du 14 juillet que j'ai appris la nouvelle, sur le net.
Tu parles d'un bouquet final...
Arnaud Montebourg a non seulement renoncé à se présenter à l'investiture socialiste pour 2007 mais, en plus, il a exprimé hier sa préférence pour Ségolène Royal, invitée d'honneur de la 34e Fête de la Rose, le 20 août à Frangy-en-Bresse : "Je crois que Ségolène Royal incarne une part de la rénovation que nous portons", a-t-il déclaré, ajoutant "et qu'il est utile pour la victoire de nos idées, et celles de toute la gauche en 2007, de se préparer, dans le respect de ce qui nous tient à cœur, à travailler ensemble". "C'est d'abord une invitation et ensuite une ouverture", a tenté de minimiser Montebourg en jouant, en fait, sur les mots.
Mouais.
Enfin, une fois qu'on a rangé la langue de bois, le rabot qui va avec, et ramassé le gros tas de copeaux, la question est : Montebourg vote-t-il Royal ?
À lire le texte ci-dessous qui est en fait le communiqué interne du courant "Rénover Maintenant" pour expliquer le revirement aux militants, je dois constater que la clarté est moins au rendez-vous qu'une éreintante vulgate politicarde.
Cher(e) Camarade, Suite au conseil d'administration de mardi 11 juillet au soir, tu trouveras ci-dessous un communiqué de Thierry Mandon, notre porte parole, qui résume à la fois l'esprit et la problématique de la réunion.
Ce texte sera disponible sur le site web du courant : http://www.renover-maintenant.org/ Bien amicalement. Eric Loiselet responsable du pôle communication de Rénover Maintenant.
Articuler rénovation et ancrage à gauche pour gagner en 2007 Par Thierry Mandon, porte parole de Rénover maintenant
Plus de la moitié des associations départementales Rénover Maintenant étaient représentées au Conseil d'Administration qui s'est déroulé le 11 juillet dernier à Paris. Des débats très riches et animés auront permis, durant 4 heures environ, à plus de 50 orateurs de donner leur point de vue sur la situation politique dans le parti à quelques mois de la désignation du candidat socialiste à la présidence de la République. En introduction, Arnaud MONTEBOURG a informé les participants de son impossibilité d'être candidat à la candidature du fait de l'évolution des discussions relatives aux 30 signatures qui désormais devront accompagner toute déclaration de candidature à l'investiture du parti. Depuis cette « innovation » de la Direction Nationale issue du Congrès du Mans, destinée à rendre impossible les candidatures autres que celle des traditionnels éléphants du parti, toutcandidat doit être agréé par 30 membres titulaires du Conseil National ou 1er Secrétaires Fédéraux. Inutile de préciserl'objectif de ces candidatures officielles. Depuis le Mans, un courant comme le notre ne peut compter que sur 15 titulaires et 1er Fédéraux. Cette représentation réduite est d'ailleurssans rapport avec la force militante qui a rejoint RénoverMaintenant depuis décembre 2005. Autant dire que, hors contexte exceptionnel, une candidature émanant de nos rangs estimpossible. C'est ce que recherchait la direction nationale :Interdire une fois de plus à la diversité dans le parti d'exister. Derrière la gestion souriante et débonnaire du parti, se cacheune véritable captation de l'appareil qui broie les minorités au bénéfice systématique du 1er Secrétaire et de ses amis en premier lieu, de ses alliés en second lieu. Gageons que nous en aurons d'autres regrettables démonstrations sous peu. Candidature nécessaire, mais candidature impossible : à partir de cette réalité difficile, les débats se sont ouverts sur notre stratégie dans les mois qui viennent. Au-delà de la diversité des interventions, la même idée a traversé les débats. Dans les choix que nous aurons immanquablement à fairedans les semaines qui viennent, la volonté de tous les intervenants a été de définir une stratégie collective qui réunirait l'ensemble du courant. Soudés depuis Dijon et le Mans, les camarades veulent traverser ensemble la période del'investiture puis de la campagne Présidentielle. Ce désir d'unité du courant n'a rien d'artificiel : il se construit au contraire sur nos convictions partagées : la VIème République,la régulation du capitalisme financier, la relance de l'Europe politique, la domestication environnementale et sociale de la Mondialisation. C'est à partir de ces contenus et de la promotion de nos convictions que nous devrons déterminer nos choix. Parlons-en clairement : Qui ? Quand et comment ? Sur ces questions essentielles, la totalité des points de vue possibles s'est exprimée, ce qui, pour un courant comme le nôtre est à la fois parfaitement logique, compte tenu du rassemblement de camarades venant de différents horizons, et heureux, car on ne peut vouloir et organiser la démocratie sans accepter la diversité des opinions. Impossible donc à l'issue de ce 1er débat d'arrêter une position définitive. Cela eut été à la fois prématuré et inapproprié, la participation de la totalité des représentants du courant à la finalisation de nos choix stratégiques devant être sollicitée. Néanmoins, à travers les 4 heures de débats, les boussoles de ce que pourraient être nos choix ont été clairement exprimées.Toute la difficulté tient en effet à la capacité que nous aurons, par notre engagement, à soutenir le ou la candidature qui saura articuler rénovation et ancrage à gauche. La rénovation, car c'est notre combat fondateur, celui du Congrès de Dijon après le désastre de 2002, renouvelé sur le fond au Mans. L'ancrage à gauche, car c'est la condition d'unereconstruction durable de la gauche et celle du succès face à la candidature SARKOZY. Sera-t-il possible de faire en sorte que ces deux combats se rejoignent ? A cette étape du débat interne dans le parti il faut bien reconnaître qu'il n'ya pas de réponse claire portée par quelque candidat que ce soit. Il y a des candidatures qui privilégient la rénovation, d'autres l'ancrage à gauche. Mais le compromis ou plutôt l'articulation des deux reste à bâtir. Nous devons soutenir celui ou celle qui s'engagera le plus nettement possible dans cette voie et serons prêts, sur la base de notre plateforme, à participer pleinement à la dynamique de rassemblement qui seule permettra à nos convictions de l'emporter face à la droite. Ce choix sera formalisé d'ici au 2 octobre, date du début de la campagne interne, Fouras sera une étape sur le parcours.
Fouras ? Une énigme du Père Fouras ? Celui de Fort-Boyard ?
Mais non, pas le père Fouras, l'Université d'été de Rénover Maintenant à Fouras ! (http://www.rm86.org/v2/2324258__Universite_dete_de_RM_a_F...)
Donc, résumons la situation.
Oui, évidemment Arnaud Montebourg, après avoir hésité trois mois à se présenter lui même - "J'y vais ? J'y vais pas !" - va finalement soutenir la canditature de Ségolène Royal.
Mais attention !
Il ne faut SURTOUT pas le dire tout de suite, ni le dire tout à fait comme ça, parce qu'on ne sait jamais...
Mais, en fait, Montebourg, lui, le dit quand même...
Vous savez quoi ? Chaque jour qui passe la politique me désespère un peu plus...
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vendredi, 14 juillet 2006
Champomy.

20:35 Lien permanent | Commentaires (57) | Envoyer cette note
Garden Party.
Un truc de dingues.
Hier entre deux visites d'huissiers (assignations de mes amis de Canal +) dans les anciens locaux de Privé - anciens car nous déménageons lundi - un motard est passé.
Un motard. Un vrai. Il a demandé à me parler. Il m'a d'abord salué.
"Bonjour monsieur. On m'a demandé de vous remettre cette enveloppe en mains propres". Je l'ai remercié presque salué à mon tour. Il a quitté le gourbi surchauffé rempli de cartons.
J'ai tapoté l'enveloppe, peu épaisse, et constaté qu'elle était "siglée" Présidence de la République. J'ai évidemment cru à une blague. Puis j'ai un peu manqué d'air. Je venais de parler la veille sur RTL de la relative qualité du discours présidentiel sur Dreyfus et je m'étais interrogé sur les raisons pour lesquelles dès qu'il était question de racisme, d'antisémitisme, de ce "genre" de sujet, Jacques Chirac habituellement mauvais correspondait aux exigences de sa fonction.
Je me suis dit là mon pote tu as du franchir une borne et tu vas le payer.
J'étais tout à ma perplexité lorsque j'ai ouvert l'enveloppe.
Vous me croirez si vous voulez, il s'agissait d'une invitation personnelle à la Garden Party du 14 juillet !
Moi à la Garden-Party.
Panique immédiate.
Je n'ai pas de costume.
Je n'ai pas de cravate.
Et je ne possède qu'une seule chemise blanche, achetée la semaine dernière, pour une cérémonie familiale. Du coup la dite cérémonie ayant eu lieu, ma chemise est au pressing jusqu'à lundi prochain.
Surtout, je partais le soir même à la mer et l'aller-retour le 14 juillet, 400 Km dans la journée...
En même temps, comment manquer cela ? Comment ne pas s'approcher de ce monde ?
Surtout que, peu après, j'ai un un appel de l'Elysée. Sur mon fixe à moi. Sur ma ligne drecte. Un certain monsieur XXX me faisait savoir qu'en raison de la publication aux Editions Privé du livre du rabbin haïm Korsia sur Jacob Kaplan préfacé par...Jacques Chirac (si si c'est vrai) http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2350760235/qid%3D11..., il avait été décidé de me convier ce 14 juillet sur le contingent personnel du Président. Et on m'a fait comprendre que ma présence était plutôt souhaitée...
Alors j'ai réfléchi - peu de temps - et j'ai décidé d'abord d'aller faire les soldes. Je suis parti en courant au Bon Marché et j'ai acheté tous les accessoires nécessaires à une telle fiesta.
Du coup, au mement où j'écris cette note, je suis revenu à Paris pour la journée et dans quelques minutes je vais enfiler mon habit de lumière.
Comprenez-moi, une occasion pareille ne se rate pas.
Sachant que j'allais avoir peu de temps pour rédiger un texte ce matin, je me suis dis que j'allais juste vous raconter cette histoire et que du coup cela vous intéresserait sûrement.
Du coup je n'ai pas tout de suite checké mes mails. Et soudain je me suis souvenu...
J'avais demandé à l'un des nôtres s'il pensait qu'il était possible de me donner en avant-première le texte de la fausse allocution présidentielle qu'Albert Dupontel doit prononcer à midi ce jour.
Vous savez Dupontel qui joue dans un film dans lequel il interprète le Président de la République...
Du coup, le mail est là bien arrivé - L. est de parole - et j'ai l'air sacrément malin.
J'ai ce texte là dans ma boîte mail, je vais donc bien le coller là dessous, mais mon effet du jour est complètement raté !
Ma note genre, "j'ai un scoop les gars, je sais ce que Chirac va dire à 13h, lisez ça" fait flop.
Totalement flop. Allez je vous mets quand même ce texte très drôle :
Mes chers compatriotes,
Comme vous le savez, le 20 septembre, vous aurez à vous
déterminer.
Il m’a semblé nécessaire de vous demander de participer à ce
grand débat sur la fonction présidentielle. Malgré les crises
que nous avons traversées, j’ai maintenu, grâce à votre
confiance, l’autorité de ma fonction. C’est de cette confiance
que je me réclame pour que nous tirions, ensemble, la leçon
des évènements.
J’ai entrepris la réforme de l’Etat, remis l’exigence de
justice sociale au premier plan et modernisé la Défense
Nationale, avec le soutien permanent du Premier Ministre et du
gouvernement. J’ai rendu à la justice son indépendance, j’ai
moralisé la vie politique, en coupant les liens incestueux
qu’elle a trop longtemps entretenu avec la haute finance.
Je mène un combat personnel en faveur de l’Afrique. Certains
me le reprochent. Je veux leur dire, ici et maintenant, que
l’action politique est aussi une affaire de conviction,
éloignée des calculs électoraux ou des sondages d’opinion.
J’ai pu, peut-être, aller parfois trop vite, voire commettre
des erreurs… Mais les choix d’un Président ne se font pas
entre le bien et le mal. Même si certains le disent, même si
d’autres le croient.
Pour ma part, j’ai mené mon action dans un souci permanent de
transparence. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai choisi de publier
deux fois par an mon bilan de santé. Mais la transparence doit
concerner le chef de l’Etat, le gardien des institutions, et
pas l’homme, qui a droit à la protection de sa vie privée.
L’homme qui, le soir, rentré chez lui, redevient un mari et un
père. Un père déterminé à protéger sans relâche sa famille.
J’accepte la dureté de la vie publique et donc les critiques
de la presse qui joue là son rôle démocratique. Mais je sais
que les attaques d’ordre privé, intime, familial, dont j’ai
été récemment la victime ont choqué beaucoup d’entre vous.
Je veux aujourd’hui vous remercier pour les nombreux
témoignages d’affections que vous avez bien voulu m’adresser.
Ils me donnent le courage de continuer la mission que vous
m’avez confiée.
Mes chers compatriotes, le 20 septembre, je compte sur vous.
Bon voilà c'est drôle et vous savez en avant-première ce que Dupontel va dire mais mon gag à moi a totalement foiré quand même...
Du coup pour me faire pardonner de cette note moins drôle que prévu :
Le site officiel du film : http://www.dupontelpresident.com
Le site "pirate" du film : http://www.dupontelpresident.net
Et plus d'infos sur le film : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=59636.html
Voilà. je vais continuer de me préparer pour la vraie garden party.
1° Opération rasage sans se couper.
2° Opération "cirage-de-pompes mais je ne sais pas où est le cirage".
3° Opération habillage du "costume à la bonne taille trouvé par miracle dans les soldes mais qui coûte un bras quand même" !
4° Opération "trouve un taxi le 14 juillet".
5° Opération réussir son entrée.
6° Opération ne pas manquer sa sortie.
Bon je m'y mets. Je dois repartir à la mer dans l'après-midi donc pas de passage avant la soirée.
Soyez sage.
Et ne loupez pas à midi pétante l'allocution du Président Dupontel, même si vous connaissez - avant tout le monde quand même - le fond de son propos !
09:05 Lien permanent | Commentaires (83) | Envoyer cette note
jeudi, 13 juillet 2006
Cire-pompes.
J'avais déjà lu la dépêche hier soir, mais sa reprise dans 20 minutes me pousse à vous en parler ce matin.
http://www.20minutes.fr/articles/2006/07/12/people_Nicola...
Hier Nicolas Sarkozy a découvert son double de cire au musée Grévin.
La statue sera exposée au public à partir de ce matin.
Quelques extraits :
"Arrivé main dans la main avec son épouse Cécilia, le numéro deux du gouvernement a eu droit à un accueil dithyrambique de la part des responsables de l'institution parisienne qui ont justifié son entrée au musée par sa "longue carrière d'homme politique", sa "forte médiatisation" et son "implication passionnée dans la vie" du pays".
Déjà pas mal non ? Et Cécilia, pas encore de statue ?
Encore.
"Le président de l'Académie Grévin, Bernard Pivot, a souligné que c'était à la fois "un honneur" et "un paradoxe" de se faire immortaliser ainsi, car "ici, on est réduit au silence"."Est-il bon d'entrer au Musée Grévin avant une élection présidentielle ?", a-t-il lancé, en rappelant que cela avait été profitable à Charles de Gaulle et Jacques Chirac, immortalisés avant leur accession à l'Elysée, mais pas à Edouard Balladur, ni Lionel Jospin, ni Georges Marchais, tous battus".
Toujours plus.
A côté de son double habillé en costume sombre, chemise bleue et cravate club, M. Sarkozy a répondu que c'était pour lui "un honneur". "Si on fait depuis si longtemps le métier que je fais, c'est pour aller à la rencontre du public", a-t-il dit.Il n'a pas manqué d'emboîter le pas à M. Pivot, qui venait d'affirmer que la candidature de M. Chirac en 2007 était "très improbable": "si vous le dites, je n'ai rien à rajouter", a-t-il lâché."Vous vous rendez compte du cauchemar! Il y avait un Nicolas Sarkozy, il y en aura deux. Je sais qu'il y en a certains à qui ça va faire plaisir. Envoyez leur la photo surtout", a-t-il ironisé.Soulignant que le musée Grévin était "beaucoup plus discret" sur les départs que sur les arrivées des statues de cire, M. Sarkozy a souhaité que son double n'ait pas à quitter les lieux "dans dix mois", sous-entendu en cas d'échec à la présidentielle.
Mais qu'est-ce qu'on s'amuse en France...
Tiens, j'ai quelques petites suggestions de statues à inaugurer vite.
Comme les patrons de Grévin aiment bien reconstituer de véritables sainettes, deux ou trois idées pour eux.
Arno Klarsfedl dans son bureau envahi par des sans papiers. Ça ça aurait de la gueule non ?
Dominique de Villepin remettant la légion d'honneur, dans son propre bureau ministériel, à Jean-Louis Gergorin. C'est le moment ou jamais !
Noël Forgeard en grande discussion avec Arnaud Lagardère devant une maquette de l'Airbus A 380. Pas beau ça peut être pour l'image et la grandeur de la France ?
Lionel Jospin en bicyclette à Ré à côté d'un Fabius en moto. Ça le fait ou pas ?
Et Ségolène et François ! Le mariage à Tahiti avant même qu'il ait lieu... ou pas !
Il y a des matins, on peut vraiment être fier d'être né ici !
Vive le Musée Grévin !
Vive la République !
Vive la France !
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mercredi, 12 juillet 2006
Message Présidentiel.
Merci à Polemix & La Voix Off.
16:38 Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
Coups de sonde.
Ah les sondages et les sondeurs…
Objets et sujets de tous les courroux et de tous les mépris, tant ils se sont parfois trompés ne voyant pas venir certains résultats électoraux.
En même temps, un an avant, aucun outil – aucun ! - ne permet de savoir ce qui peut se passer dans une élection.
Là où le sondage joue cependant un rôle important, et bien avant l’élection, c’est en servant de tests successifs, de moyens de validation même, du sérieux de la candidature de tel ou tel candidat. Ségolène Royal en est l’exemple le plus évident.
En dépit du caractère très contestable de nombre de ces enquêtes, elles fournissent cependant, parfois - loin de ces questions de personnes et de candidats - des indications qualitatives – et non uniquement quantitatives – d’importance.
Ainsi, hier, dans La Croix, un sondage de l’Ifop offrait quelques éléments de réflexion de fond sur les échéances à venir.
D'abord, concernant le Parti socialiste.
En 2006, le taux de proximité envers le PS affiché par les salariés s'est établi à 32,5% et, pour les chômeurs, à 29,2%.
Il s’agit du niveau le plus élevé de ces 8 dernières années (1999 = 27,2% chez les salariés, 24,9% chez les chômeurs ; 2003 = 25,8%, 22,7% ; 2004 = 29,8%, 28,1 % ; 2005 = 31,5 % et 28,9 %).
Au sujet du Front national, les mêmes données sont également intéressantes.
L’évolution étudiée depuis 1999 montre que si le FN a bénéficié d'une « prime » auprès des chômeurs, par rapport à son audience dans le salariat, l'écart s'est d’abord significativement réduit pour se creuser de nouveau entre 2005 et 2006.
Le FN recueille ainsi en 2006, 11,5 % de proximité affichée chez les chômeurs contre 9,7% chez les salariés. En 2005, ces chiffres étaient respectivement de 11,8 % et de 9,7%. En 2000, la proximité affichée pour le parti de Jean-Marie Le Pen n’était que de 7,4 % chez les chômeurs et de 7% chez les salariés.
Pas de «surprise » donc concernant le FN qui, d’après cette enquête, captera d'abord beaucoup de ses électeurs dans les «catégories les moins favorisées», comme l’on dit pudiquement en langue-de-sondeur.
Pendant que certains sondages tentent donc réellement de nous aider à cerner les méandres de l’opinion, d’autres instituts - mais parfois les mêmes – posent inlassablemet aux «Français» des questions qu’ils ne se posent... pas parce qu’elles ne se posent pas.
Ainsi, quelques lignes - NRV - sur un sondage particulièrement débile ; un sondage d'"OpinionWay" - rendu public hier aussi - (notamment) à partir de la question : « Avec quel présidentiable préféreriez-vous partir en vacances cet été ? ».
C’est crédible non ? Et passionnant aussi.
On se voit déjà tous accrocher la caravane au break et demander à Ségolène de finir les valises pendant qu’on remplit la glacière !
Sachez-le, en tous cas, c’est bien évidemment Ségolène Royal, qui est en tête avec 16%.
Elle est suivie de Nicolas Sarkozy (15%) et de Jack Lang (9%).
Olivier Besancenot occupe la quatrième place (7%), à égalité avec José Bové (7%), devant Arlette Laguiller (4%) François Bayrou (4%).
Dominique Strauss-Kahn suit (3%).
Puis Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen (2%).
C’est Laurent Fabius (1%) qui est le vacancier le moins « désiré » en la circonstance. C’est vrai, en même temps, qu’un gars qui fait de la moto de location et mange des carottes rapées en regardant la star-Ac, c’est assez peu engageant pour passer l’été…
En plus, et, finalement, c’est encore le plus imbécile, il ne s’est trouvé QUE 29% des personnes interrogées pour envoyer se faire foutre leurs interlocuteurs et leur répondre qu’elles ne souhaitaient partir en vacances avec « aucune » de ces personnalités politiques (ou ne se prononçant pas) !
Et ne pensez pas cette étude statistiquement bidon : elle a « été réalisée par téléphone du 26 au 28 juin auprès d'un échantillon de 1.012 personnes, représentatif de la population française âgée de 16 ans et plus ».
La pêche à la ligne je vous dis, il n’y a que cela de vrai.
08:05 Lien permanent | Commentaires (74) | Envoyer cette note
mardi, 11 juillet 2006
Sous le signe de Z...
19:36 Lien permanent | Commentaires (113) | Envoyer cette note
Crime et châtiment.
Je ne sais exactement que penser du bruit, de la fureur et de l'excès qui se sont emparés du DEL hier.
Au delà de Zinedine Zidane en tous cas, il y avait pour moi derrière une véritable réflexion sur la violence présente en chacun de nous et la manière dont la société la sanctionne, la juge puis la condamne.
Je ne crois pas au hasard.
En me levant dans la fraîcheur du matin, alors que le débat sur le geste de ZZ n’est pas clos, je ne peux pas être tombé « par hasard» sur une information qui ne fera pas la « une » de la presse et n'amènera pas près de 500 messages sur ce blog.
Et pourtant, au fond, beaucoup la relie au sujet d’hier...
J'ai donc décidé de la poser ici.
Quarante-trois personnes se sont données la mort en prison au premier semestre, soit huit suicides de moins que les 51 constatés durant les six premiers mois de l'année 2005, a annoncé vendredi 7 juillet l'Administration pénitentiaire (AP). Sur ce chiffre, "cinq seulement ont eu lieu au quartier disciplinaire", souligne dans un communiqué l'AP, au lendemain de l'annonce qu'un jeune détenu de la maison d'arrêt de Beauvais (Oise) a été retrouvé pendu dans sa cellule du quartier disciplinaire, un suicide remontant au 20 juin que l'AP "déplore". Pour l'Observatoire international des prisons (OIP), ce chiffre n'enlève rien au fait que, en ratio comparé du nombre de détenus et de suicides, on se donne en moyenne "sept fois plus" la mort en quartier disciplinaire que dans une cellule normale de prison, souligne Patrick Marest, l'un des responsables de l'OIP.
500 pour 10.000.
Sur les six premiers mois, a-t-il fait valoir, cinq suicides pour 1.000 places en quartier disciplinaire, cela représente un taux de 500 pour 100.000, alors que les 38 suicides restants pour un peu plus de 59.000 détenus dans les prisons françaises équivalent à un taux de 64 pour 100.000. Il a rappelé qu'en 2005, 122 suicides avaient eu lieu en prison, contre 115 en 2004. "Comment se fait-il qu'alors que la population carcérale se stabilise, le taux de suicide ne cesse de monter", a-t-il dit. Dans son communiqué, l'AP annonce avoir demandé au psychiatre Jean-Louis Terra "d'évaluer les actions mises en œuvre depuis 2002" contre le suicide, prévoyant de présenter ses conclusions "dans les prochains mois". Déjà sollicité par le Garde des Sceaux d'alors Dominique Perben, le professeur Terra avait déjà présenté fin 2003 des propositions pour réduire de 20% sur cinq ans le nombre des suicides en prison.
(http://permanent.nouvelobs.com/societe/20060710.OBS4630.h...)
En ce moment, je n’ai pas d’amis ou de connaissances en prison.
Simplement, lorsque je ressens la chaleur qui règne ces jours-ci sur le pays, rendant la vie "à l’air libre" difficile, je me demande comment il est encore possible d’accepter en 2006 de punir, de châtier même, des Hommes de cette façon-là.
Tous les rapports sortis sur les conditions scandaleuses de "vie" dans le système carcéral n'ont rien donné. Leurs effectifs enflent sans que rien n'y fasse.
Régulièrement des politiques s'insurgent - de bonne foi pour certains - mais rien n'évolue. La prison en France reste une sorte de tabou infernal. Sans parler de la manière dont un bref passage en taule semble rester la meilleure "école" du crime...
Quant à celle qui a le plus fait ces dernières années pour alerter sur les scandaleuses conditions de vie dans l'univers carcéral, l'ex médecin -chef de la Santé, Véronique Vasseur, (http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2253151734/qid=1152...) elle a désormais rejoint les rangs des fameux ... sarkozystes de gauche : «La gauche monopolise une bien-pensance qui commence à être très pesante. Quand j'annonce que je suis pour Nicolas Sarkozy, je suis traitée de réac ou de facho, et j'en ai marre», s'est-elle exclamée lors de la réunion de cette nouvelle tendance politique... Cherchez l'erreur. http://www.lefigaro.fr/france/20060704.FIG000000059_la_no...
Je sais que ce propos va en NRver plus d'un.
Je vais me faire traiter de démago.
De-petit-marquis-mondain-germanopratin-qui-ne-sait-pas-de-quoi-il-parle....
Qui pleure sur les quartiers VIP.
Qui joue sur les émotions à bon compte.
D'autres vont s'insurger que j'ose leur proposer de se lamenter au sujet d'assassins et de voleurs : "ils n'ont que ce qu'ils méritent-racaille-kärcher©-répression etc..."
Je crois pourtant qu'un pays dans lequel il n'y a pas de respect pour les délinquants ne peut pas avoir de considération pour les victimes. Et lorsque j'écris cela, je pense notamment à nos amis de "Stop à l'Oubli", représentant les victimes toulousaines et qui restent si mal considérés.
Voilà.
La 200ème note (!) est posée ici.
Les prisons en France. La condition carcérale. Les suicides en prison.
Il va encore faire beaucoup trop chaud.
07:10 Lien permanent | Commentaires (169) | Envoyer cette note | Tags : Prison, Suicide
lundi, 10 juillet 2006
Tu seras un homme...
Une dépêche de l'AFP trouvée ce matin finit de m'achever. Je vous la livre.
FOOT-MOND-2006-FRA-ITA-SPORT-PRESSE - 10/07/2006 05h44 - AFP IMPRIMER
Origine : France L'Equipe, et d'autres quotidiens, jugent très sévèrement le geste de Zidane
ATTENTION - Revoici avec origine corrigée: Paris et non Rome ///
PARIS, 10 juil 2006 (AFP) - Le journal sportif L'Equipe et d'autres quotidiens jugent très sévèrement ce lundi le coup de tête de Zinedine Zidane contre un joueur italien, qui lui a valu une expulsion à la 110e minute de la finale France-Italie, et parlent de "sortie ratée", de "triste fin de carrière". Le "plus difficile", pour Claude Droussent dans L'Equipe qui interpelle le joueur, "n'est pas d'essayer de comprendre pourquoi les Bleus (...) ont perdu une finale de Coupe du monde à leur portée" mais "d'expliquer à des dizaines de millions d'enfants à travers le monde comment vous avez pu vous laisser aller à asséner ce coup de tête à Marco Materazzi". Comparant le capitaine des Bleus à Ali, Pelé et Owen, L'Equipe constate que ces champions et "aucun monstre sacré de leur dimension, de celle que vous étiez sur le point de rejoindre, n'ont ainsi enfreint les règles les plus élémentaires du sport". Et le quotidien, qui qualifie le geste de "stupide", "irréparable et difficilement pardonnable", s'interroge: "que confiez à nos enfants, à tous ceux pour qui vous étiez redevenu l'exemple vivant, pour toujours"."Je suis certain que vous avez pensé qu'il va falloir aussi expliquer ce coup de tête à vos quatre garçons pour qui vous êtes tant", estime l'éditorialiste, qui conclut sur une cruelle question: "comment cela a-t-il pu arriver à l'homme que vous êtes". "Le pays perd une star sans gagner une étoile", résume Jean-Michel Thénard dans Libération. Yves Thréard, du Figaro, parle lui de "l'ultime et odieux coup de tête", une "inadmissible vengeance" qui "gâche la sortie et l'image" de Zinedine Zidane. "On était sans voix devant une telle bêtise", ajoute-t-il. Pour Pierre Taribo, dans L'Est Républicain, "Zidane a raté sa sortie", "a disjoncté comme il l'avait déjà fait parfois dans sa carrière" et "la France du football (...) frémit de réprobation, d'incompréhension et de tristesse"."Le plus cruel", pour Jacques Camus de La République du Centre, "c'est que les Italiens ne nous ont pas seulement confisqué le trophée, ils ont volé à Zidane la sortie +panthéonesque+ qu'il visait" et le joueur est sorti "frappé du sceau de l'infamie, sur un très vilain coup de tête qui insulte sa carrière exemplaire et renvoie à ses premiers égarements". La faute peut-être a "trop de pression", "trop d'idolatrie autour d'un joueur fait pour la simplicité et la tranquillité". Car des éditorialistes s'accordent à penser que celui dont on a fait un héros n'est finalement qu'un homme, qui "présente des fissures" et parfois "une face moins rayonnante" que celle du champion discret et talentueux. Claude Lesme, de La Montagne, voit cette expulsion comme le "symbole d'un homme qui n'est heureusement pas parfait" et Jean-Christophe Giesbert met en garde "les censeurs qui sermonneront le grand, l'immense Zinedine Zidane pour son mauvais geste en oubliant que le dieu du football est avant tout un homme de chair et de sang sujet, comme chacun de nous, aux faiblesses et aux colères".
fd/jcc
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Il fallait oser.
Ils l'ont évidemment fait.
Il faut bien peu d'étoffe (the right stuff...), bien peu de sentiments, bien peu d'expérience, surtout, de la compétition mais évidemment de la vie pour oser reprocher ainsi son geste à Zidane.
Je suis désolé pour ceux que je vais choquer mais je revendique, haut et fort, le droit de pèter les plombs, le droit de s'emballler, le droit de ne pas être un exemple, le droit d'exploser ou d'imploser, le droit de sortir de soi.
Je n'ai, pour ma part, que faire de ces profils lisses qui à force de donner des leçons, de se coucher ou de tendre la joue droite achèvent leur existence dans des tons gris et de pâles certitudes.
Et j'exècre d'avance ces beaux esprits qui vont venir, aujourd'hui ou demain, avec leur cortège de remarques hypocrites du genre "Je suis certain que vous avez pensé qu'il va falloir aussi expliquer ce coup de tête à vos quatre garçons pour qui vous êtes tant"... ou encore il va falloir "expliquer à des dizaines de millions d'enfants à travers le monde comment vous avez pu vous laisser aller à asséner ce coup de tête à Marco Materazzi".
Et d'affirmer derrière, évidemment, que le dernier message envoyé par Zidane aux "jeunes", de ce pays et d'ailleurs, aura été déplorable...
Eh bien oui, ZZ leur expliquera à "ses garçons".
Il leur expliquera qu'il y a des moments dans la vie où parce que l'émotion est trop forte, où pour un millier d'autres - bonnes ou mauvaise - raisons, qui vont de la frustration à l'injustice, le geste qui vient peut être violent et s'avérer impardonnable.
Et puis, j'en ai assez, plus qu'assez, de ces discours totalement bidons sur la valeur exemplaire du sport, les modèles qui s'en dégagent, les responsabilités qui en découlent...
Assez ! Partout où les Hommes passent c'est avec leur cortège de turpitudes.
Ce coup de boule de Zidane à la face du monde vaut infiniment mieux que les vilénies, les simulations, les hypocrisies, les feintes que chacun d'entre nous commet sournoisement au quotidien...
Parce que cette violence qui explose et qui se brise sur les règles, c'est la notre, c'est la mienne.
Je la revendique et j'en prends ma part.
Et si j'ai aimé Zidane, c'est aussi pour cette humanité là ; qui faisait de lui un être de chair, de sang, de colère, de rage, d'émotion, de violence.
Ni un robot. Ni un Modèle. Ni un Exemple.
LOVE
HATE
Comme sur les phalanges du révérend Harry Powell (Robert Mitchum dans La nuit du chasseur).
Zidane pour toujours...
Juste à hauteur d'homme.
ZI END
merci mathieu pour la photo du bad guy...
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dimanche, 09 juillet 2006
La dernière séance.
16:06 Lien permanent | Commentaires (62) | Envoyer cette note
Harry, un ami qui vous veut du bien.
Il n'y a rien de très rationnel dans la note du jour. Mais je veux vous faire part d'un sentiment qui m'inquiète en espérant VRAIMENT que je me plante.
A partir du lundi 17 juillet, Harry Roselmack présentera du lundi au jeudi le journal de 20H de TF1.
J'ai un cauchemar en tête. Un mauvais rêve.
J'imagine ainsi, à chaque fois que je pense à Roselmack, la sale petite histoire suivante.
Premier 20h le 17 juillet, effets d'annonce et envie de voir se cumulant, le public est au rendez-vous.
L'audience suit quelques jours et puis, patatras, de jour en jour des centaines de milliers de téléspectateurs décrochent les uns derrière les autres.
Avec quelque gêne les médias finissent par en faire un sujet au bout d'une grosse semaine de chute.
La perte d'audience devient assez rapidement un "accident industriel".
Le 20h de Roselmack perd plusieurs millions de téléspectateurs alors que le 13 heures de Jacques Legros ne bouge pas d'un iota.
Les patrons de TF1, pourtant contents de leur bon coup, sont obligés de se rendre à l'évidence, les téléspectateurs Français, un black au 20h, c'est pas du tout leur truc...
Le flop s'aggrave. La polémique enfle. Les chiffres sont désormais si mauvais que tout le monde s'en mêle. Politiques compris.
Le Pen dégaine le premier : "Je n'ai rien contre Monsieur Roselmack, mais nos compatriotes montrent ainsi que la discrimination positive est une erreur. Black is not beautiful si je puis me permettre ! ".
Libération fait sa couverture sur le dérapage du patron du FN : "Noir Le Pen". La presse s'emballe.
Philippe de Villiers embraye depuis sa Vendée "Nous devons comprendre le message que nos compatriotes nous font passer".
Dieudonné se sent alors obligé d'intervenir : "Lorsqu'un un pays refuse de reconnaître sa responsabilité dans l'esclavage et la colonisation, il n'est pas étonnant que son peuple continue à ne pas admettre d'accepter que le noir est son égal".
"Les Ogres" lancent une pétition sur internet et une marche : "Black Pride".
Les médias s'affolent, les ténors politiques rompent alors la trêve estivale pour entrer à leur tour dans la danse, campagne Présidentielle oblige.
Nicolas Sarkozy décide de se faire prendre en photo dans Paris Match regardant le 20h de TF1 dans la villa qu'il loue à la Baule, avec Cécilia et tous leurs enfants.
Dominique de Villepin profite d'un séjour en Martinique pour expliquer qu'il n'y a pas de "problème Roselmack" et déplorer sa médiatisation. La maladresse de l'expression "problème roselmack" fait la une de la presse le lendemain.
Ségolène Royal intervient à son tour depuis Tahiti pour expliquer que "la télévision n'est pas l'un des repères qui permettent de fonder réellement une démarche en direction des citoyens". Elle décide donc de lancer une grande consultation sur son site internet Désirs d'avenir sur "La place de la télévision dans la démocratie d'opinion" et promet d'y consacrer un chapitre de son livre de campagne
Jack Lang est "effondré".
Lionel Jospin fait du vélo à Ré.
Le Président de la République ne s'exprime pas fait-on savoir depuis Brégançon.
PPDA donne une interview en "Une" de Match - il est en Bretagne - pour soutenir Roselmack.
L'état-major de la chaîne se réunit en plein été en cellule de crise (les pertes s'annoncent énormes en termes de pub). Patric Le Lay, Etienne Mougeotte (photo) et Robert Namias décident de maintenir Roselmack en espérant cyniquement que l'intensité de la polémique va ramener les téléspectateurs vers eux.
Bingo.
Quelques jours après, alors que TF1 a été dépassé par France 2 pour la première fois depuis des lustres et alors que la polémique est énorme, le 20h de Roselmack repasse devant.
Le présentateur fait même un vrai score pendant 48 heures. Il dépasse PPDA.
C'est "L'affaire Roselmack" qui a ramené l'audience. Le 20h de TF1 reprend son leadership.
Tout va bien... Mougeotte et Namias se frottent les mains.
Pour peu de temps...
De nouveau l'audience dérape.
Le retour des téléspectateurs n'était lié qu'à la polémique.
France 2 cartonne de nouveau et le 19/20 de France 3 n'a jamais été aussi haut.
Nicolas Sarkozy désormais inquiet des conséquences politiques de l'affaire pour sa propre candidature (il est à l'origine de ce "coup" comme le rappelle désormais tous les journaux tous les jours) téléphone à Martin Bouygues pour conseiller à son ami de "trouver une solution".
Le Canard Enchaîné raconte l'anecdote à la "une".
Nouveau scandale dans l'affaire. Marianne fait sa couverture sur le sujet. Aujourd'hui/Le Parisien en fait aussi sa "une" avec un sondage accablant : 62% des Français ne "sont pas prêts à voir le journal présenté par un représentant d'une minorité visible".
Les tribunes et autres opinions se multiplient dans Le Monde et Libération. L'Obs s'insurge et lance une pétition.
Le Président du CSA, Dominique Baudis, intervient alors pour rappeler à l'ordre "les médias qui s'emballent". S'appuyant sur son expérience de la présentation des journaux télévisés il tente d'expliquer, contre toute évidence, qu'il n'y a pas de lien entre la perte d'audience de TF1 et l'expérience Roselmack.
Levée de boucliers immédiate et nouvelle polémique.
Un 20h comme les autres.
Une dépêche AFP est tombée dans l'après midi (!).
Un mauvais virus cloue Roselmack au lit.
Julien Arnaud qui présente cet été les journaux du week-end le remplace.
En trois jours TF1 retouve son leadership.
La chaîne pond un communiqué alambiqué dans lequel elle explique que la "scandaleuse affaire" et "l'attitude odieuse" de la presse et de "certains extrémistes" ont épuisé Harry qui a demandé de lui-même à quitter l'antenne quelques temps...
C'est ici la fin de mon cauchemar...
Nous avez tous, enfants, fait de sales rêves, dont on se réveille en sueur et rassuré en se disant "ça n'arrivera pas".
Alors, "ça n'arrivera pas".
Et c'est dans ce but que je vous ai raconté ce cauchemar.
09:05 Lien permanent | Commentaires (91) | Envoyer cette note
samedi, 08 juillet 2006
Au bal des hypocrites...
C'est un Point de vue (Images du Monde !) qui n'a jamais si bien porté son nom (!) publié par Le Monde daté de ce jour. Je vous laisse le lire.
Son auteur, Benoît Delmas, est un journaliste qui travaille généralement sur la télévision (dernier livre paru L'histoire secrète d'Endemol). http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2080686631/qid=1152...
"Paris Match" encadre les secrets d'alcôve, par Benoît Delmas
La vraie-fausse démission du patron de Paris Match a tout du vaudeville. Son tempo, son rythme, ses faux-semblants. Dans le "Au théâtre ce soir" du Paris des initiés, le bal des hypocrites fait salle comble. Si les grands mots sont de sortie, lavés et repassés avec compétence, notons que la liberté de la presse aura trébuché sur une nouvelle composante de la vie française : la "peoplisation" des politiques. La raison de ce déferlement d'éditoriaux ou de prises de parole ? Une "une" où la femme d'un ministre s'affiche avec son amant estival. Bref, on le voit, une affaire d'Etat. Difficile, voire dangereux de sortir les banderoles usagées de la mélodie "c'est un peu de démocratie qui s'en va" lorsque le motif du litige est une affaire d'alcôve, une stricte affaire privée qui n'aurait jamais dû quitter les étagères des agences photo dont le chiffre d'affaires "people" dépasse désormais les 20 %. Ainsi, Alain Genestar restera à la postérité comme étant la première victime d'une dérive de la presse et du monde politique : en faire des "people" comme les autres. A moins de considérer les lecteurs comme des dégénérés congénitaux voire de simples légumes, l'affaire Paris Match révèle la confusion des genres où Loana est l'égale de Ségolène, future mariée, Johnny le rival de Villepin... Lorsque Ségolène Royal se fend d'un communiqué pour dire publiquement qu'elle se mariera dans la plus stricte intimité, cela se nomme un oxymore. Le barnum qui entoure le départ de Genestar n'a d'intérêt que si l'on dépasse son cas personnel. La tendance de certains titres à mettre en avant les escapades de tel ou tel élu, de les faire poser en leur demeure, brouille les lignes, met "La Ferme des célébrités" au même niveau qu'une élection, le tout avec un cynisme proche du zénith. Quant aux politiques, ils prennent goût aux journaux "people", tirage oblige. Les 11 millions de lecteurs de Voici & Cie pèsent plus que les 500 000 acquéreurs du Nouvel Observateur ou de L'Express. Pour autant, chacun doit rester dans son rôle sous peine de mettre sens dessus dessous la hiérarchie des valeurs. Genestar paye comptant d'avoir ébréché le vase de Soissons du gentleman's agreement qui régente vie publique et vie privée. A l'orée d'une année électorale qui a tout du grand bazar, aux patrons de presse de fixer le curseur, de faire loi l'adage selon lequel les affaires de coeur et de draps relèvent de la sphère personnelle et non du kiosque. Le cas Genestar, fausse victime d'un dérapage déontologique, peut servir de cas d'école. Non, trois fois non, une bimbo échappée du zoo de la télé-réalité ne peut être l'égale d'un prétendant à l'Elysée.
"Difficile, voire dangereux de sortir les banderoles usagées de la mélodie 'c'est un peu de démocratie qui s'en va' lorsque le motif du litige est une affaire d'alcôve, une stricte affaire privée qui n'aurait jamais dû quitter les étagères des agences photo" écrit Delmas qui ajoute :"A l'orée d'une année électorale qui a tout du grand bazar, aux patrons de presse de fixer le curseur, de faire loi l'adage selon lequel les affaires de coeur et de draps relèvent de la sphère personnelle et non du kiosque".
Eh bien, je pense qu'il a grandement tort...
Qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore - ce qui est mon cas - "les affaires de coeur et de draps" relèvent totalement de la sphère publique à partir du moment où ce sont des politiques - certains politiques - qui ont décidé de leur plein gré de nous traîner dans leurs alcoves, et ce à des fins expressément politiques.
Le politique qui ne montre rien n'a effectivement rien à redouter de la presse ; on ne doit rien apprendre au "public" de sa vie.
En revanche, celui ou celle qui pose, qui s'expose ou qui surexpose sa famille, doit concilier ce qu'il montre avec ses véritables pratiques ou moeurs.
Il ne sagit plus du tout alors d'une "stricte affaire privée".
Pardon pour l'autocitation mais je ne saurais expliquer pourquoi plus précisément que je l'ai déjà fait (en 2003) dans Nos délits d'initiés (Stock) & (Folio 2004).
Une femme ou un homme publics, et plus particulièrement une femme ou un homme politiques ont-ils droit à une vie privée ?
Poser la question ainsi revient évidemment à y répondre.
Bien sûr, comme tout citoyen, un politique a tous les droits dont celui, bien naturel, à son intimité.
Il existe cependant des différences entre les statuts des personnalités publiques et ceux des citoyens anonymes.
Ainsi – comme pour tout un chacun –, il n'est ni gênant ni impropre qu'un politique ait des maîtresses (ou des amants), ni qu'il ou elle fume quelques pétards en passant. C'est comme ça. Il ou elle vit sa vie. La sphère privée est faite pour cela et le regard des autres n'a pas à s'en emparer. Il est d'ailleurs bon nombre d'élus d'audience nationale, voire de ministres d'hier ou d'aujourd'hui, dont nous n'avons jamais vu le conjoint, ni visité la chambre à coucher. Rien de choquant dans ce cloisonnement : on élit des individus pas des familles. Nous n'avons rien à savoir.
Là où les choses se gâtent passablement, c'est lorsque la même personne qui multiplie les infidélités conjugales ou sniffe à l'occasion un rail de coke, vient, le plus souvent pour des motifs électoraux, nous vendre son intimité, sa vie de famille, sa morale exemplaire, ses pratiques saines, ses qualités humaines.
La situation devient intenable et doit être signalée dès lors qu'il y a contradiction flagrante entre ce que la personnalité politique fait de sa vie dans le privé et ce qu'elle prescrit, dit ou montre publiquement en fonction de ses intérêts politiques du moment, sans compter que, bien souvent, ce sont des fonds publics qui sont alors sollicités.
Soyons ici précis. Le terme « vie privée » n'a plus le même sens lorsque le privé est sollicité par la personnalité politique, qui en fait alors un instrument, un moyen de campagne électorale. Si elle décide de se servir de sa vie privée à des fins électorales, elle fait donc évoluer elle-même la frontière entre privé et public. Elle est ensuite malvenue de solliciter la justice pour protéger une vie privée qu'elle a elle-même « publicisée » et « politisée », lorsque cela l'arrangeait. Ainsi, comme le note l'avocat Emmanuel Pierrat, « les faits relatifs à la vie de personnes publiques sollicitant la confiance des électeurs pourraient être révélés au public, dès lors qu'ils peuvent influer sur l'exercice de certaines fonctions. La Cour de cassation a notamment admis qu'il est justifié qu'un journal informe le public, de manière succincte et décente, de la dépression nerveuse d'un magistrat ». L'avocat ajoute qu'une jurisprudence constante considère « que les divulgations concernant un individu entrent dans le cadre de l'exception d'actualité à l'occasion de faits qui peuvent éveiller une curiosité légitime du public, dès lors que ces informations n'ont pas un caractère malsain de nature à heurter les sentiments de la personne intéressée ». Le directeur de la rédaction du Monde, Edwy Plenel, a écrit sur la frontière public–privé quelques-unes des pages les plus justes, lui qui, pourtant, ne révéla pas le « secret Mazarine ». Ainsi, concernant les liens entre François Mitterrand, son ami Roger-Patrice Pelat et l'affaire Péchiney : « Comment oser franchir cette frontière sacro-sainte qui sépare l'espace public, ouvert à nos curiosités journalistiques, et l'intimité privée, interdite à nos indiscrétions coupables ? Tout simplement parce que la caractéristique de cette histoire est que, précisément, cette frontière fut abolie par ses protagonistes eux-mêmes. Ici, le privé s'est emparé du public. Des intérêts privés se sont imbriqués à des devoirs publics. » Plenel ajoute : « La vie privée ne saurait être l'alibi du pouvoir. Il est, pour tout journaliste un tant soit peu soucieux de déontologie, des frontières inviolables dans l'ordinaire de son travail. Transgresser ces limites reviendrait à consacrer un regard panoptique totalitaire, à nier le droit de l'homme privé à s'émanciper du citoyen public [...]. Le périmètre réservé d'intimité intouchable et sacrée est plus restreint dès qu'il s'agit d'individus autorisés à parler, à décider, à diriger et à dominer d'autres hommes . »
Dès lors, en croyant toujours que les écarts entre ce qu'ils disent, ce qu'ils sont et ce qu'ils font ne sont pas appréhendés par le commun des votants, ces politiques se méprennent totalement. De même que derrière le fameux « sentiment d'insécurité » se terraient des formes variées d'insécurité, malheureusement peu contestables, et qui ont fini par devenir un enjeu politique explosif, un « sentiment du mensonge » s'est instillé dans la société française. Ce sentiment, partagé par nombre de nos concitoyens, prend sa source dans leur perception de la réelle propension au mensonge d'élites politiques forcenées de communication. Continuer à le nier serait politiquement suicidaire.
De la privatisation de la politique.
La période actuelle voit, en effet, la communication prendre nettement le pas sur la politique. Un véritable tournant a été franchi depuis la nomination des gouvernements de Jean-Pierre Raffarin. Ce dernier, on le sait, a fait de la mise en scène de son action l'un des vecteurs obligés de son succès escompté. Surtout, jouant des frontières entre privé et public comme peu le firent, imposant notamment leurs femmes au rang d'actrices de et dans leur activité politique, quelques ministres de l'équipe Raffarin ont franchi le Rubicon et ouvert la voie à bien des excès. Nous y reviendrons plus loin, mais les couples Sarkozy et Ferry en particulier auront, sur le long terme, une responsabilité toute particulière dans la modification du regard porté sur la politique par les citoyens. Cette débauche de communication de couple à l'américaine ne plaît apparemment pas à tout le monde. Il n'est qu'à lire cette déclaration, édifiante, de Clara Gaymard, épouse du ministre de l'agriculture Hervé Gaymard : « Isabelle Juppé, Laure Darcos, Cécilia Sarkozy sont des deuxièmes épouses. Elles ont épousé la carrière de leur homme, font carrière avec lui, nous on s'aime . »
Vie privée ou vie publique ?
Mais en l'espèce, Clara a sans doute tort. Nicolas et Cécilia s'aiment eux aussi et surtout nul ne l'ignore ; ou plutôt, ils souhaitent visiblement que nul ne l'ignore. Ils se laissent même photographier s'embrassant sur la bouche dans le bureau ministériel pour Paris Match comme un banal couple présidentiel... américain. La journaliste Laurence Masurel écrit l'article qui accompagne ce reportage photo tout à la gloire de la dream team Sarkozy. Bref extrait de ce papier titré « Sarkozy, le bonheur au ministère » : « Cécilia Sarkozy, que les Français ont découverte presque toujours à ses côtés depuis un an, fait son entrée. [...] “Sa présence près de lui, c'est lui qui toujours la souhaite. Il a besoin d'elle, besoin de ses avis désintéressés et de son dévouement”, explique un de ses proches conseillers. Cécilia le couve du regard et il aime ça. “C'est vrai, confie-t-elle, que Nicolas a pris de l'ampleur. Il s'est, comment dirais-je..., bonifié.” Ce couple-là vit ensemble depuis presque seize ans. Ensemble, ils font de la politique. Ensemble, ils travaillent. Ensemble, ils vivent nuit et jour au ministère. Quand on demande au ministre un rendez-vous, il répond, amoureux, en jetant un regard vers elle : “Ah moi, je ne sais pas ! Demandez ça à la patronne...” Au passage, il lui offre une corbeille de muguet splendide. Elle l'embrasse . »
Vie privée ou vie publique ?
Pour un observateur américain comme Theodore Stanger, qui consacre un chapitre entier de son livre Sacrés Français ! à « l'omerta à la française », ces mœurs sont étonnantes, pour ne pas dire plus : « Les politiques français vont même plus loin que les Américains avec des conjointes qui conseillent leurs époux ministres, et exercent, en plus, leur influence à partir d'un bureau situé au sein même du ministère. Interrogé sur cette nouvelle tendance, inimaginable pour un citoyen américain, un conseiller de Matignon assurait que tout cela ne faisait que refléter “la vie moderne”. Vraiment ? » La question est des plus légitimes. Le même Stanger ajoute, au sujet de l’ex ministre de l’éducation Luc Ferry : « Un ministre de l'Éducation nationale dont les trois filles sont dans le privé, après tout, pourquoi pas, même si cela peut laisser croire à un manque de confiance dans... l'Éducation nationale. Plus révélateur est le réflexe immédiat de ses conseillers interrogés par les médias : brandir le “respect de la vie privée”. » Et Stanger de conclure : « En clair, l'information n'aurait jamais dû être publiée, cela ne regarde pas les Français. Du bon usage de la défense de la vie privée, dernier recours pour cacher des vérités politiques gênantes. »
Effectivement. Et encore Theodore Stanger n'évoque-t-il pas des problèmes bien plus « privés ». Ainsi l'histoire qui suit, évidemment authentique. Rez-de-chaussée du ministère de l'Éducation nationale, non loin du secrétariat particulier du ministre. Un mini-chien blanc, charmant, se laisse caresser. La maison est-elle si libérale qu'on autorise désormais les secrétaires à venir y travailler avec leur animal de compagnie ? Non. Explication ultérieure d'un membre du cabinet : « Le 101 [le cabinet du ministre Xavier Darcos, 101, rue de Grenelle] travaille beaucoup pour Mme Ferry en ce moment. » C'est-à-dire ? Un chargé de mission du 101, qui passe une partie de son temps dans le Sud, a été chargé par (ou pour) Marie-Caroline Ferry de ramener deux chiots de l'unique élevage français où l'on trouve ces petits « cotton » de race anglaise très en vogue. Un beau jouet pour « les filles ». L'un des deux ne survivra malheureusement pas au microclimat du septième arrondissement de Paris. On connaît la suite des aventures du chien grâce au Canard enchaîné. Mais la manière dont il était arrivé rue de Grenelle n'avait pas encore été racontée. Sur le même registre du mélange des genres : octobre 2002, Luc Ferry vient de publier son livre Qu'est-ce qu'une vie réussie ? Un dîner est organisé par les ministres Luc Ferry et Xavier Darcos, accompagnés de leurs épouses, avec quelques parlementaires influents de la majorité. L'un de ces derniers manifeste le souhait d'avoir plus d'éléments à livrer à ses électeurs sur la politique éducative. On a lu, dans Le Canard enchaîné notamment, que Marie-Caroline Ferry s'emporta alors : « Vous osez vous servir de mon mari à des fins électoralistes. » On a moins su qu'elle ajouta : « Vous, un jour, vous ne serez plus élu, tandis que mon mari, lui, il aura toujours ses livres. » Ah, la société civile ! La femme du ministre avait sans doute oublié qu'elle n'avait pas « atterri » – son mari, plutôt – rue de Grenelle par magie mais bien suite à l'un de ces méprisables rituels nommés « élection »... Quant aux twin-sets panthère, aux ballerines qui valsent dans un sonore « j'ai mal aux pieds » et aux longs après-midi passés à feuilleter des magazines dans le bureau du conseiller presse du ministre, là, pour le coup, c'est vraiment du « privé »...
Que penser, enfin, lorsque le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, en voyage officiel au Canada, apporte son soutien au salon Futurallia consacré aux rencontres entre des chefs d'entreprise, salon créé par... sa sœur, Françoise Vilain, directrice générale de la chambre de commerce et d'industrie de la Vienne. Cette dernière avoue : « Je lui ai dit : “Si tu faisais ta visite officielle au Québec pendant Futurallia, ce serait bien* .” » La sœur du Premier ministre estime sans doute qu'il ne s'agit là que d'un juste retour des choses, elle qui déclare, légèrement pompeuse : « J'ai perdu mon frère, je l'ai donné à la France ! »
Vie publique ou vie privée ?
Il est vrai que l'exemple vient d'en haut. L'instrumentalisation du privé, sa mise en scène à des fins de communication politique, le tout parfois aux dépens du contribuable, a été portée au pinacle par la « tribu Chirac » lors de la campagne présidentielle 2002. Il n'y manqua rien.
Bernadette Chirac dans le rôle de la mère courage, outragée mais fidèle, couchant ses états d'âme de femme bafouée sur le papier d'un livre, tout en récoltant ses pièces jaunes : « À l'heure actuelle, à la première épreuve, les gens se quittent. C'est tout de suite : “Très bien, au revoir !” Changement d'époque. En ce qui me concerne, j'ai hésité parce que j'avais des enfants et peut-être aussi parce que j'étais prisonnière des traditions familiales. Les conventions faisaient que, devant ce genre de situation, on s'offrait une façade et on tenait le coup. Quant à mes beaux-parents, toujours ma belle-mère, elle m'avait dit au moment de mon mariage : “Et surtout pas de divorce dans la famille.” Elle avait un culot formidable ! Et il en a hérité. » Jacques Chirac en grand-père du peuple revenu de l'enfer des affaires et de la trahison. Le tout orchestré par Claude, créature de son père et de feu Jacques Pilhan . C'est Raphaëlle Bacqué, l'une des meilleures biographes du président qui note dans Le Monde, en juillet 2001 : « Démêler ce qui relève de la vie publique et de la vie privée des Chirac a toujours été une affaire compliquée. Car rarement une famille aura autant participé, parfaitement au grand jour, au parcours politique d'un président . » Propos auxquels font étrangement écho ceux que lâche Bernadette Chirac, lors du premier anniversaire de l'élection, organisé le 5 mai 2003 au fameux Tapis rouge, siège de campagne un an plus tôt, dans l'un des accès de sincérité qui font tout son charme : « Peut-être est-ce parce que c'était une petite entreprise familiale que ça a marché. » On ne saurait mieux dire...
Le Canard enchaîné ?
Instruits par cette dérive accélérée, comment pouvons-nous continuer d'accepter que les mêmes qui posent et s'affichent en couverture ou au cœur de nos magazines, sur doubles pages et papier glacé, avec maris ou femmes, enfants, petits-enfants et labradors ou bichon, pour nous convaincre de leurs vertus, se contredisent totalement dans leur pratique privée ? Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Soyons ici de nouveau très clair pour être bien compris : tant que les personnalités politiques n'utilisent pas leur vie privée, n'instrumentalisent pas leur famille à des fins de communication – j'allais presque écrire de propagande – électorale, en sollicitant parfois, de surcroît, l'argent public, il n'y a strictement rien à leur objecter. Mais le jour où Gala, Paris Match ou VSD pénètrent leurs intérieurs et font pleurer dans les chaumières sur la vie rêvée ou difficile de ces couples illustres, nous, initiés, devons écrire ce que nous savons . Ils l'ont bien cherché...
À ce sujet, la ligne officielle du Canard enchaîné, pourtant réputé pour son impertinence, fixée très symboliquement et très visiblement (quatre colonnes en dernière page) par Michel Gaillard, son P-DG et directeur de la publication, suite à la parution du livre de Daniel Carton, Bien entendu... c'est off est d'une frilosité rare : « C'est tout l'honneur de la presse – n'ayons pas peur des mots – de ne pas ouvrir ses colonnes à une rubrique “Qui couche avec qui”, prometteuse de beaux tirages et de belles rigolades. Mais, aussi, source possible de basses insinuations, de vrais malaises et d'affreux chantages qui furent l'apanage de la presse d'avant-guerre . » Le patron du Canard ajoute : « Où s'arrête la vie privée ? Où commence la vie publique ? On s'accorde généralement pour dire que la séparation entre l'une et l'autre n'a plus lieu d'être à partir du moment où la vie privée a une influence manifeste sur la vie publique. Toute la difficulté est de saisir ce moment. »
Concernant notamment l'Innocent Roland Dumas qui fut – hasard... – l'avocat du Canard, ce moment ne fut-il pas pour le moins tardif ? À ce titre, ce qui doit nous servir ici de repère ou de balise a été clairement exprimé – concernant justement Roland Dumas et Christine Deviers-Joncour – dans L'Affaire Dumas . Évoquant celle qu'il nomme avec justesse « la femme fatale », Hervé Gattegno justifie : « Écrire cela, ce n'est pas tant trahir les secrets intimes d'un homme et, ce faisant, violer la sacro-sainte frontière qui doit séparer l'espace public de la sphère privée. C'est d'abord, c'est surtout donner à connaître toutes les pièces d'un puzzle, sans en excepter aucune, pour rendre intelligibles les faveurs hors normes dont bénéficia cette femme devenue l'héroïne d'un de ces vrais-faux mystères parisiens connus des seuls initiés, chuchotés dans des cercles d'influence où le débat d'idées n'a plus cours. » L'auteur ajoute : « C'est encore refuser la confusion des genres, la dissolution des repères, quand certains responsables publics choisissent de s'affranchir des règles communes, tout en se retranchant derrière le paravent commode de la vie privée. »
On ne saurait mieux dire, n'en déplaise à Benoît Delmas qui s'est avancé là - bien imprudemment - sur un terrain qu'il maîtrise mal.
Sa grille d'analyse est en effet totalement obsolète et inadaptée à une classe politique effectivement gagnée par la peopolisation.
Lorsque la Peopolitique est devenue la règle, la norme, comment la presse pourrait-elle se contenter d'annoner que certaines affaires d'alcôves "relèvent de la sphère personnelle et non du kiosque" ?
Le journalisme ne consiste justement pas à passer des gentleman's agreement avec les politiques.
Il serait temps de le comprendre.
09:05 Lien permanent | Commentaires (94) | Envoyer cette note | Tags : Presse, People, Genestar
vendredi, 07 juillet 2006
Tarte à la crème.
Un bonheur matinal se partage entre amis.
J'avais entendu parler, déjà, il y a quelques jours, de la création d'un club de "sarkozystes de gauche" http://www.lefigaro.fr/france/20060704.FIG000000059_la_no... .
Cela m'avait déjà beaucoup amusé.
Mais her soir, en meeting en Indre-et-Loire, notre ministre de l'intérieur - entre deux mouvements de menton concernant la fermeté nécessaire envers les sans-papiers http://www.20minutes.fr/articles/2006/07/06/actualite_San... - s'est laissé aller, encore plus loin, à un doux rêve en forme de tarte à la crème : "faire exploser les clivages".
Vaste programme.
Ci-dessous la dépêche de l'AFP qui relate précisément ses propos.
PARTIS-UMP-PRÉSIDENTIELLE - 06/07/2006 20h57 - AFP
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Origine : France
Sarkozy veut faire "exploser les clivages" droite-gauche
BALLAN-MIRE (Indre-et-Loire), 6 juil 2006 (AFP) - Nicolas Sarkozy a déclaré jeudi être déterminé à "faire exploser les clivages" droite-gauche, car il "y a une gauche à laquelle on peut parler", à l'occasion d'une "réunion champêtre" à Ballan-Mire (Indre-et-Loire) à laquelle participaient quelque 2.500 personnes.
Cette gauche, a expliqué le président de l'UMP, c'est "la gauche qui prend le métro, qui vit dans les quartiers populaires, qui ne demande rien à personne" et qui "peut apporter ses voix dans un grand débat pour l'élection présidentielle".
C'est aussi, selon le numéro deux du gouvernement, "la gauche qui ne veut pas du conservatisme et de l'immobilisme" et qui mise "sur le dynamisme, le changement, la rupture, la promotion sociale, la lutte réelle contre les inégalités".
"Avec le respect de la diversité, on peut rassembler au-delà du camp traditionnel de la droite, rassembler des gens différents autour d'un projet auquel on a donné une cohérence", a insisté M. Sarkozy. "Parce que, qu'est-ce qui nous motive tous ? C'est l'amour de la France !".
"Je me reconnais davantage dans la gauche de Blum et Jaurès que dans celle de Royal et Jospin", a encore assuré le probable candidat à la présidentielle de 2007.
npk-bd-cgd/chc/def
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Comme on aimerait que cette "gauche qui prend le métro, qui vit dans les quartiers populaires, qui ne demande rien à personne" fasse savoir une bonne fois pour toutes à Nicolas Sarkozy, et aux candidats socialistes d'ailleurs, que leurs discours sonnent totalement creux !
Comme j'aimerais, surtout, pour ce qui me concerne, qu'ils restent tous chez eux en 2007 et que les clivages explosent...faute d'électeurs !
À chacun ses chimères...
Place à Polemix & la voix off, eux au moins ils sont - vraiment - drôles !
08:10 Lien permanent | Commentaires (192) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Droite, Gauche
jeudi, 06 juillet 2006
Bleu France ou bleu nuit ?
Yves Klein. Monochrome bleu. 1960.
Ce n'est pas du tout par fainéantise mais plutôt parce que j'espère que cela va vous intéresser que je publie ce matin ici - une semaine en avance - le papier qu



















































