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samedi, 30 septembre 2006

"Façon puzzle"...

Non mais t'as déjà vu ça ? en pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! Mais moi les dingues j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j'vais lui montrer qui c'est Raoul. Au 4 coins d'Paris qu'on va l'retrouver éparpillé par petits bouts façon puzzle... Moi quand on m'en fait trop j'correctionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile...

 

Je vous signale que ça commence à sentir le roussi.

Certains reçoivent des menaces explicites comme l'ami Fraise des Bois (que je ne connais pas). Il avait écrit cela le 28 septembre sur son blog :

"Pendant que le Ségolèn' Circus s'éclate au Sénégal, le débat politique a franchi un degré supplémentaire avec le concert de remerciements chaleureux de camarades éminents saluant le "retrait" de Lionel, l'acrobate vedette du politicus interruptus. Réagissant à chaud à ces barrissements empressés, j'avais comparé ce spectacle politique à la course victorieuse de la Vorace contre les Coriaces. Un grand classique du répertoire tragique français.

Or, je viens de recevoir un appel courroucé de quelqu'un qui s'est présenté comme l'un des porte-paroles de Ségolène. "Tu déconnes, Fraise ! Comment tu traites la présidente et nos valeureux camarades ? Elle est socialiste, quand même, Ségolène ! Vorace ? Coriaces ? Non seulement tu es complètement contre-productif mais tu es injurieux ! Si tu n'étais pas un camarade, je te traînerais en correctionnelle ! Va falloir changer de ton, mon garçon ! Tu n'as pas le droit de traîter la présidente, tu dois t'expliquer ! Ton blog est terriblement lu, tu te rends pas compte de ta responsabilité historique !? "

D'autres se font injurier, diffamer ou pourrir.
 
Pour ma part, j'ai appris en quelques jours par des messages gentiment transmis par des proches que ma maison d'édition "ne se portait pas très bien", que "j'étais un vrai salopard", que si je continuais sur mon blog j'allais être "poursuivi en justice" (je me marre) et qu'ils "auraient ma peau" !!!
 
De quoi s'agit-il ?
Qui sont "ils" ?
Des soudards, des malfrats, des gansters ? Des fachos ?
 
Non non. pas du tout.
 
Juste des socialistes qui perdent leurs nerfs et leurs moyens dans la campagne interne de désignation de leur candidat pour l'élection Présidentielle !
 
À force de moquer les dérives et les barbouzeries du camp d'en face, nos bons camarades ont désormais sortis les couteaux - grands et petits.
Les crocs de boucher ne devraient pas tarder à apparaître.
Ou les dossiers de moeurs montés contre tel ou tel candidat ? Pourquoi pas...
Cela existe. Je les ai vus passer.
 
En tous cas, si par mégarde ou par accident, il devait y avoir par ici, un peu de sang sur les murs, je vous garantis que ce ne sera pas le mien... 

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vendredi, 29 septembre 2006

XXL

Peut-on aller n'importe où (à la télévision), dans n'importe quel "débat" et avec n'importe qui (...) pour tenter de convaincre le grand public de certaines idées, en rapport avec la politique (au sens XXL !!!) ? 

Je reçois pas mal de messages depuis l'émission de Stéphane Bern. La plupart sont gentils et encourageants, mais j'ai évidemment davantage envie de retenir les critiques - souvent judicieuses.

En gros, certains pensent que ce genre de programmes est un piège à cons (pour les invités qui s'y "commettent", pas forcément pour les téléspectateurs) qui ne permet en aucun cas de s'exprimer. Et que participer à un "cirque" de ce genre ne sert à rien. Juste à flatter des égos déjà démesurés. Ce qui n'est pas faux.

Au delà du réel narcissisme - ah le regard des voisins et celui du patron du Franprix... - et une fois réglées les idiotes questions personnelles - "l'ai-je bien descendu" (Sarko pas l'escalier !) - il y a fort à parier que l'exercice est assez vain.

En effet, vu que simplement se faire entendre sur le plateau n'est pas simple (tous les micros sont ouverts en permanence), il est sans doute illusoire de prétendre se faire comprendre.

Qui a retenu quoi ? Qui a compris de quoi et de qui nous parlions ? 

Cela signifie-t-il qu'il faut abandonner ce genre de terrains glissants (près de deux millions de téléspectateurs) et les laisser libres pour d'autres ? Déserter le très grand public pour se concentrer sur l'essentiel ? Refuser systématiquement ce genre d'invitations ?

Cesser de participer - et surtout de légitimer en participant... - puisque de toute façon le système gobe, broie, digère, recycle et recrache ?

... 

 

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jeudi, 28 septembre 2006

Oui Oui fait de la politique (et en prime time)...

Hier soir j'ai regardé "l'État de Grace" sur France 2.

Devant écrire une série politique, j'étais impatient d'observer la concurrence. 

Je suis effondré.

On nous a présenté hier soir une femme, présidente de la République, qui prend des cours de tango, envoie des SMS pendant des tête-à-tête avec des chefs d'État, s'envoie en l'air sur son bureau, etc... Et je préfère ne pas vous raconter la scène où elle se déguise avec un foulard et des lunettes de soleil pour aller acheter un test de grossesse à la pharmacie du coin... Ou encore celle où devant prononcer un discours très important à l'ONU, elle est paniquée par le bouton qui est sorti sur son visage pendant le voyage...  Au secours !

Je ne sais pas du cerveau de quel esprit est sortie cette série, mais si on avait voulu durablement interdire aux chaînes françaises de s'intéresser à la politique, la vraie, en lançant des fictions sérieuses et documentées, on n'aurait certainement pas procédé autrement.

Tout y était, le méchant premier ministre, la conseillère en comm black, la plume normalienne qui se fait sauter par un garde Républicain sur fond de drapeau bleu-blanc-rouge, le meilleur ami homo et conseiller spécial, le petit copain professeur de golf qui débarque en kilt dans un dîner officiel (si, si), etc...

Un scénario indigent, des acteurs compassés, des partis-pris de réalisation de mauvais sit-com (les acteurs s'adressent à la caméra pour expliquer qui ils sont !).

Un désastre.

Du coup, j'ai une une crainte. Vue la catastrophe en termes d'audience - un accident industriel - on peut penser que les chaînes Françaises abandonnent toute envie de continuer, au fameux motif que "la politique à la télé ça ne parche pas". 

C'est sûr !

Tant que l'on méprisera les téléspectateurs en leur racontant une histoire neuneu et qui surtout n'a rien à voir avec la réalité, cela ne marchera jamais.

La politique en France n'a rien à voir avec ces nouvelles aventures de Oui Oui. Et penser que les Français ne le savent pas est un pur scandale.

Continuer à vouloir leur faire avaler de telles inepties en construisant des fictions moins bonnes que "Chateauvallon" et "Sous le soleil réunis" est une erreur de débutants. Ou un choix délibéré !

Quand je pense à ce que sont capables de produire les Américains ou les Anglais, il y a juste de quoi se taper la tête contre les murs.

Et fermer définitivement la télévision.

16:05 Lien permanent | Commentaires (128) | Envoyer cette note

Nospin

Donc Jospin n'ira pas. Possibilité d'abord évoquée ici dès le 1er septembre.

Puis, comme d'autres, j'ai pensé qu'il serait candidat. Mais sa pré-campagne n'a jamais pris dans le Parti. Ni dans l'opinion.

Attention cependant  : l'ancien Premier ministre abandonne-t-il ce matin tout espoir ? L'envie d'être le recours ultime d'un parti dont le candidat s'effondrerait dans quelques mois est probablement encore présente. Et certains de ses proches lui ont ainsi recommandé de patienter dans son coin. Mais il ne serait alors pas passé par le vote et l'onction des militants.

Il s'explique à 7h50 sur RTL. Mais l'information est déjà d'importance pour le PS et pour les autres prétendants.

Qui va aller jusqu'au bout ?

Qui va se retirer ? Jack Lang ?

Et qui "survivra" ?

Ségolène... Ou François ? 

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mercredi, 27 septembre 2006

Indigeste ou Indigent ?

Je vais en choquer certains.

Je suis scandalisé par le lancement d' "Indigènes".

Scandalisé par la récupération politique de ce film.

À moins que je ne sois encore plus scandalisé par la récupération commerciale de la récupération politique du film !

J'en viens à me demander qui instrumentalise qui... 

Bien sûr, je me réjouis qu'enfin les anciens combattants d'origine étrangère soient rétablis dans leurs droits. Mais qu'il ait fallu attendre tant d'années puis la providence d'un film pour cela me laisse un goût très amer dans la bouche.

Surtout lorsque j'apprends que, dès ce matin, le président de la République annoncera des mesures importantes en faveur de la revalorisation des pensions concernées. Des mesures pour ces 80 000 anciens combattants de l'armée française de nationalité étrangère, qui seront précisées dans une communication en Conseil des ministres du ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachéra.

Tant mieux pour eux ! Évidemment.

Mais faire coïncider ces mesures avec la sortie en salles le même jour d' "Indigènes" (qui raconte l'histoire des soldats de l'empire colonial français ayant participé aux combats de la seconde guerre mondiale) me scandalise. Et je suis vraiment NRV lorsque Jamel Debbouze explique tranquillement que Jacques Chirac a promis une revalorisation des pensions après avoir vu le film, début septembre, en avant-première.

Bien évidemment la situation de ces anciens combattants était scandaleuse mais - pour paraphraser un prédécesseur de Jacques Chirac - depuis quand la politique de la France se fait-elle dans les salles obscures ?

Entre deux petits fours et la montée des marches à Cannes ? Sur un tapis rouge ! Rouge de honte ou de sang ?

La cause est bonne.

Le contexte et l'habillage de la décision politique absolument délirants et tout à fait révélateurs de ce qui ne va pas dans ce pays.

Du coup, cela me donne une idée.

Jamel, vous qui avez tant de pouvoir, tournez donc vite un film sur les conditions de vie des sans papiers de Cachan - une cause que vous soutenez - et demandez à tous vos nouveaux amis (Ségolène Royal comprise) de prendre la seule décision poitique qui s'impose !!!

 

 

En attendant voilà le tube de l'hiver politique qui s'annonce ...


podcast
 

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mardi, 26 septembre 2006

Dix vitesses : justice & médias.

Nul besoin d'épiloguer sur grand le show offert hier matin, devant une meute de caméras et d'appareils photos, aux Tarterêts, par Nicolas Sarkozy

Je voudrais juste vous rappeler que pendant ce temps deux procès de corruption politique sont en cours.

Celui de Pierre Bédier, député UMP et président du conseil général des Yvelines, ancien secrétaire d'État chargé des programmes immobiliers de la justice, auprès du garde des sceaux, du 17 juin 2002 au 22 janvier 2004. Il était notamment chargé d'augmenter le nombre de prisons. Cela ne s'invente pas ! Monsieur Bédier est soupçonné de recel d'abus de biens sociaux et de corruption passive.  Il est poursuivi avec trois autres prévenus, parmi lesquels Jacques Masdeu-Arus, lui aussi député (UMP) des Yvelines et maire de Poissy.

Celui des "faux électeurs de la ville de Paris" qui met en cause le système RPR. Selon l'accusation, 327 électeurs étaient inscrits irrégulièrement en 1989 - il y a donc 17 ans !!! - sur les listes électorales du IIIe arrondissement, alors qu'ils résidaient soit dans un autre quartier, soit dans une autre commune. Parmi ceux-ci, 266 ont voté, ce qui, selon l'accusation, "était indubitablement de nature à favoriser l'élection dès le premier tour de la liste conduite par Jacques Dominati, qui n'a obtenu la majorité absolue que de 20 voix" au premier tour. Le tout pour assurer le "grand chelem" parisien à un certain Jacques Chirac, alors Maire de Paris.

UMP, RPR. Cela vous dit vaguement quelque chose ?

Vous voyez qui sont les personnes concernées ?

Vous imaginez la gravité de ces faits ?

Vous avez bien de la chance.

Parce que si l'on compare le temps consacré à ces deux procès dans les journaux télévisés aux très longues heures consacrées partout aux  - scandaleuses - violences commises contre deux CRS, le rapport doit être de 1 à 10. Ou même de 1 à 100 !

Comme la justice, nos médias fonctionnent donc à deux vitesses !

La justice à deux vitesses, venons-y justement.

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a attaqué avec sa virulence habituelle - et naturelle - le laxisme de la justice.

Eh bien, Sarkozy a raison ! Notre justice est bien trop laxiste. Je suis scandalisé comme le ministre !

Je suis scandalisé qu'aucun élu ou presque ne soit jamais vraiment condamné dans ce pays. Ou alors, que l'on ne respecte pas nos lois quand - presque par mégarde - l'un d'entre-eux finit dans le box des accusés. N'est ce pas Alain Juppé ? Un an d'inéligibilité ! Et hop. Le revoilà !

Je suis scandalisé qu'il faille dix sept ans - DIX SEPT ans !!! - pour juger une affaire de faux électeurs qui concerne le Président de la république.

Je suis scandalisé qu'il ait fallu attendre plus de cinq ans pour commencer à juger l'affaire des HLM d'Île-de-France. Sans qu'un seul politique ne soit appelé à la barre...

Etc. Etc.

Pendant ce temps-là, combien d'affaires de petite délinquance ont-elles été jugées en comparution immédiate ?

Et combien avons-nous vécu d'arrestations à grand spectacle, à la "une" des 20 heures ?

Combien de faits divers montés en épingle pour faire trembler dans les chaumières ? Combien ? 

Vous avez dit deux vitesses ?

Les médias, la justice...

Non ! Dix vitesses !

 

PS : je vous laisse. Je pars justement au tribunal où madame Cécile Brossard essaie ce matin de faire interdire la parution en France du livre sur la mort d'Edouard Stern... 

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lundi, 25 septembre 2006

Perseverare diabolicum.

Hier soir, j'ai écouté Jean-Marie Le Pen au Grand Jury Europe 1/Le Parisien/TV5.

J'ai été sidéré par la manière dont Jean-Pierre Elkabbach et ses comparses ont conduit cette interview.

En gros, l'axe du "questionnement" était : Tout indique que Nicolas Sarkozy vous pique vos électeurs. Voilà enfin un vrai démocrate et un vrai républicain qui, lui, ose labourer sur vos terres. Sur la justice, sur l'immigration, sur l'insécurité, sur la violence... Surtout, il est "présentable", lui (le mot est bien d'Elkabbach !). Il ose, lui. Il est en tête dans les sondages, lui... Bref, il vous bouffe la laine sur le dos mais, lui, il le fait proprement, et va donc vous renvoyer à l'hospice de vieillards.

J'exagère à peine. 

Quasiment toute l'émission a donc consisté à tacler à la gorge le Président du FN, en lui opposant les nombreuses vertus du Président de l'UMP et, surtout, en s'appuyant sur les sondages le favorisant. Au mépris de notre récente histoire électorale...

Je ne parle même pas du ton ironique et persifleur utilisé par Elkabbach.  Une manière très offensive d'interviewer un politique que l'on aimerait voir plus souvent... Mais elle est malheureusement "réservée" à Le Pen et aux "petits candidats".

J'ai écrit dès 1985 sur le FN - un mémoire de DEA, puis une thèse de doctorat en science politique et un livre, dix ans de travail - en attirant l'attention sur le fait que le traiter différemment, notamment en interview, revenait, au bout du compte, à lui dérouler un magnifique tapis rouge. Cela rencontre et conforte sa tactique - apparaître différent des autres politiques - et lui offre donc une "ressource politique" idéale dans sa "stratégie de démarcation" (je résume).

Je constate que vingt et un ans après (!), et en dépit du 21 avril 2002, notre interviewer numéro 1, celui que la communauté journalistique mondiale nous envie, n'a toujours rien compris aux ressorts pourtant les plus évidents du Lepénisme médiatique.

Incapable de maîtriser sa détestation de Le Pen, il ne perçoit même pas qu'en croyant le bousculer à l'antenne, il lui offre une autoroute, un boulevard médiatique.

Jean-Pierre Elkabbach ne se rend sans doute pas compte, non plus, de son incroyable complaisance à l'égard de Nicolas Sarkozy, érigé pendant une heure d'émission en meilleur rempart, démocrate et républicain (lui), contre le danger Le Pen.

Ce n'est pas davantage acceptable.

 

PS : photo de gauche, Jeremy Paxman 

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dimanche, 24 septembre 2006

Hémiplégie mon amour.

 

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« Que l'on soit de gauche ou de droite, on est hémiplégique ».

Vous connaissez tous cette citation prêtée à Raymond Aron.  

Qu'on soit de gauche ou de droite, on est hémiplégique disait Raymond Aron. Qui était de droite rajoutait lui, très finement, l'immense Pierre Desproges !

Et il est vrai que, souvent, refuser de se positionner politiquement reste la marque d'une relative honte sociale à s'assumer ouvertement dans certains milieux comme étant de droite.

Et souvent le "Ni droite, ni gauche" n'est rien d'autre que le faux nez d'une troisième voie, en fait fasciste.

Je veux pourtant réfléchir avec vous à cette remarque d'Aron. 

Parce que je suis fasciné par certains propos que je lis ou qui me sont rapportés, notamment depuis que ce blog existe. Je suis sommé en permanence de donner des gages en crachant sur un camp, en le détestant forcément ; et surtout en dégueulant sur tous ceux qui y habitent.

À lire certains, même, il serait inconvenant voire même indigne d'avoir des amis ouvertement de droite. Et même députés de droite. Et même ministre de droite. Vas-y dis leur que tu vas soutenir Bayrou !

Je sais que je vais encore augmenter considérablement le nombre de personnes que j'irrite. Mais je suis au regret de vous dire que je ne fais pas toujours très bien la différence entre un con de droite et un con de gauche ! Ni entre un gars bien de droite et un gars bien de gauche, d'ailleurs.

Je ne crois pas surtout qu'il est suffisant de lire le Plan B de la main gauche toute la nuit, de se jeter sur le site d'Acrimed dès potron-minet, d'héberger cinq sans papiers chez soi et de cracher par terre au passage d'une voiture à cocarde, pour être forcément quelqu'un de fréquentable !  Une conscience. J'ai oublié de citer Evo Moralès, putain...

J'ai la grande faiblesse, l'énorme naïveté même, de m'intéresser davantage aux gens qu'à leurs étiquettes. 

Alors bien évidemment j'ai des affinités électives comme disait l'autre. Max Weber tas d'incultes.

Des valeurs même. Peut-être même des certitudes. Et aussi des convictions. Et plein de défauts et d'incohérences.

Mais je ne crois pas qu'elles se résument à une ligne de partage aussi claire que le souhaiteraient certains.

La morale, l'honnêteté, la probité, l'éthique... De gauche ? À voir l'argent que rapporte la vente de muguet au Parti communiste Français, chaque 1er mai, je n'en suis pas sûr !!! Non, inutile d'insister, je ne vais pas écrire ici le nom de Patrick Menucci.

La sincérité, la fidélité à soi-même, la rigueur dans ses convictions ... De gauche ? Éclat de rire ! Rénove Maintenant ! Tout de suite !

La générosité, l'humanisme, l'ouverture... de gauche ? Mal de ventre de rire...

Laurent Fabius... De gauche ? Pardon. Pardon vraiment camarades fabiusiens. c'est une blague idiote... 

J'arrête là l'énumération.

Il y a - Les noms ! - des salopards et des pourris dans les deux camps ; qui ne respectent rien de tout cela. 

Je suis même demandeur d'une vraie enquête sociologique qui me prouverait qu'il y a beaucoup plus de voyous ou de pourris à l'UMP ou à l'UDF qu'au PS. 

Tiens, c'est comme tous ceux qui me suspectent d'apprécier Nicolas Sarkozy en cachette ! Ah Nicolas...

Je peux écrire vingt notes de suite pour expliquer qu'il a déjà fondu tous ses plombs, qu'il va imploser en vol, se rétamer bien avant l'échéance, que c'est un foutu communautariste, un pro-américain aveugle, eh bien ce n'est pas grave du tout. C'est un leurre. Une manière de le soutenir. De l'aider même à ma modeste mesure. Rien que du vent ! En fait je l'ADORE.

La preuve ? Ami de Jégo, de Copé, éditeur de Wauquiez et bla et bla et bla.
Vous savez quoi ? J'avoue tout ! J'ai même édité un livre de Brice Hortefeux chez Denoël. Je ne l'ai jamais recroisé depuis qu'il l'a "écrit" mais ça n'est pas grave. C'est une preuve de plus.

Le sarkozysme est passé par moi.

Et ça (m'a) fait mal. 

Au cul surtout. 

En revanche, personne - vraiment personne ! - ne me soupçonne jamais d'être une sale taupe trotskiste infiltrée ! Alors que le premier livre de Besancenot, son livre (enfin celui écrit par tous nos camarades en col roulé) pour la campagne 2002, Tout est à nous, j'en suis l'éditeur aussi. Et j'en ai même trouvé le titre ! 

Un autre indice de mon trotskisme. Robert Barcia. Dit Hardy. La légende de l'extrême gauche. Le gourou d'Arlette Laguillier. L'homme de l'ombre de Lutte Ouvrière depuis l'origine. C'est qui son éditeur ? Qui a révélé son existence, son rôle ? François Maspéro ? Jérôme Lindon ?  Après avoir écrit ces noms normalement on se signe trois fois...
Eh bien pourtant, de cela, on ne me parle jamais.

Et puis, vous connaissez Sébastien Fucking Fontenelle, l'extrême ajt d'à côté. Vous croyez qu'un sous-marin-de-la-droite-libérale-à casque-à pointe s'honorerait de publier sa prose depuis des années ? Quoi ? Un alibi ? Ah d'accord. Bah putain, si vous saviez ce qu'il est chiant l'alibi...   Serge Alibi !!!  Sébastien si tu me lis, je t'embrasse... 

J'oubliais. Je cogne quotidiennement sur le PS, sur Royal, sur Jospin. Je ne parle jamais des autres candidats socialistes. Je ne soutiens même pas Fabius alors que je devrais. Putain, les temps ont bien changé. Si on m'avait dit qu'un jour soutenir Aston-Martin Fabius serait le signe d'une véritable conscience de gauche ....

Et puis j'oubliais, j'ai trahi Montebourg aussi !  Mon ami Arnaud Play Boy Montebourg. L'honneur de la gauche. Le sauveur de la veuve - mais non pas ségolène - et de l'orphelin ni François. Alors que ce gars hyper-courageux, fidèle, sincère, rigoureux dans ses convictions, droit dans ses weston, s'est lancé, avec sa vigueur légendaire et son enthousiasme, dans cette magnifique campagne électorale aux côtés de qui vous savez : la-meilleure-candidate-de-la-gauche-qu'on-ait-jamais-eu-depuis -Mitterrand, je lui fais défaut ! Je ne l'encourage pas ! Je ne le soutiens pas ! Je le critique publiquement ! C'est nul !

Putain, je suis vraiment un sale type !

De droite.

C'est sûr maintenant.

Voilà. La messe est dite.

Et allez, encore une phrase de droite... 

 


 

 

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samedi, 23 septembre 2006

"Vous faites un bien joli métier".

Je suis souvent pris à partie, ici ou ailleurs, au sujet des livres que Privé publie.

J'entends même voler - bas - bien des remarques, plus ou moins fondées. Plus ou moins injustes.

Du genre : "OUahhhh je savais bien que vous êtes sarkozyste, vous publiez Laurent Wauquiez" ou encore "Cet auteur est nul et son livre est un torchon, comment avez-vous pu ?" ou "Et pourquoi avez-vous publié celui-là ?".

Une vraie mise au point s'impose sur l'édition et sur le métier d'éditeur, tel que je le vois et le pratique avec l'équipe de Privé.

Nous ne publions pas des livres avec lesquels nous sommes toujours forcément d'accord, raccord.

Et pour ce qui me concerne, je suis même parfois en désaccord avec une bonne partie de ce qu'écrivent les auteurs.

Vous savez, j'ai déjà parfois du mal à être en accord avec ce que je pense !

Surtout, ce ne sont pas tous forcément mes Zamis-pour-la-vie ! Et je n'irais certainement jamais en week-end avec certains auteurs de la maison ! 

En revanche, je suis là pour qu'ils puissent publier leurs textes que peut-être d'autres ne sortiraient pas. Et pour les soutenir. 

Je vais illustrer mon propos par des exemples pour que vous me compreniez bien.

Le crime de Napoléon de Claude Ribbe. Des confrères, des amis, des ennemis me le reprochent encore. Eh bien, typiquement, voilà l'exemple d'un livre refusé par principe par un autre éditeur avant même de l'avoir lu (Le Rocher) et qu'il me semble important d'avoir sorti. Et ce, même si certaines affirmations de Ribbe ont pu m'y déranger à titre personnel ! Mais que dire des commentaires imbéciles des bien pensants qui n'y ont pas lu ce que l'auteur y a écrit - ils ne lisent pas les livres dont ils parlent - mais ce qu'ils veulent lui faire dire, pour conforter leurs prétendues pensées et autres analyses. J'ai ainsi le souvenir de Finkielkraut attaquant Ribbe dans Le Figaro et dont l'un des collaborateurs nous appela ensuite pour nous demander le livre pour le grand homme, en service de presse... Il ne l'avait évidemment même pas ouvert avant d'en fustiger l'auteur...

Le texte du rappeur Sefyu, "La légende", qui ouvre le roman Négresse : croyez-vous que tout m'y semble fondé et même intelligent  ou recevable ? Pas une seconde. Mais je me suis refusé à le censurer alors que les auteurs étaient prêtes à le voir disparaître.

L'enquête sur la mort de Coluche d'Antoine Casubolo : L'accident. "Opération commerciale", "erreurs techniques", "pas sérieux !" Un livre même traîné dans la merde par le patron du Cherche-midi, le charmant Philippe Héraclès, en réunion chez notre distributeur commun, Interforum ! Une attitude totalement contraire à tous les usages du métier !  Un livre même critiqué en interne chez Privé. Et par d'autres auteurs. Et pourtant, le regard de Didier Lavergne, le motard, l'ami, placé juste derrière Coluche ce triste jour suffit à me convaincre que j'ai bien fait. Que cela plaise ou non. Et le public lui ne s'y est pas trompé qui a plébiscité le livre. Un livre surtout qui n'affirme pas mais qui questionne. Le doute serait autorisé selon des critères particuliers. Et qui les fixe ? L'Académie ? Le Flore ? Ou Lipp ?

Qui donc reproche à la statue du commandeur de l'édition, Claude Durand, patron de Fayard, d'avoir sorti le roman de gare de Valérie Domain sur Cécilia Sarkozy ? Ou le témoignage de Catherine Allégret sur Montand ? Ou bien pire, les saloperies racistes du minable Renaud Camus ? Ou les pensées de madame Nadine Trintignant...

Qui traite Olivier Nora de marchand de soupe - patron de Grasset grande maison ! - pour avoir sorti le grand livre de Benjamin Castaldi ?

Qui insulte Flammarion pour les mauvais livres people ou les romans de nymphettes-amies -de-Beigbeider ?

Qui ose faire remarquer à Antoine Gallimard qu'il s'est bourré les poches de pognon en distribuant via sa filiale de distribution les pires inepties de...Brigitte Bardot ? On est loin de la NRF non ?

Qui fustige Denoël pour les pensées prétendument politiquement incorrectes d'un Éric Zemmour sur les femmes ? 

Qui refuse de livre les textes de Calmann-Lévy depuis qu'ils sortirent les mémoires de Patrick Henry ? 

Qui admoneste Francis Esménard - vénérable PDG d'Albin Michel - qui édite le facho Dantec ? 

Tiens, je n'entends déjà plus le choeur des vierges...

Un rédacteur en chef de Télérama, Michel Abescat, aurait récemment justifié son refus de parler des livres de Privé, parce que ce que nous sortons serait, je le cite, "sale" ?  Minable. Et les autres, tous les autres, tout ce qu'ils publient est-il "propre" ? Au regard de quels critères ? Ceux du Quartier Latin ? Pauvre petit Tartuffe !

On ne peut pas publier que ce que l'on aime.

Et on ne peut pas tout aimer à 200% dans ce que l'on publie.

Ni même à 100 %. Croyez-moi, à 50% c'est déjà un exploit !

Un dernier exemple. Je vais sortir dans quelques mois, peu avant la présidentielle, un livre de John Paul Lepers et Thomas Bauder (les auteurs du succès Madâme) titré Putain votons ! Je ne vote pas, vous le savez, et je ne suis pas du tout d'accord avec une partie de leur analyse politique. Et pourtant, je vais les publier avec plaisir, respect et intérêt. Et les défendre avec pugnacité ! N'en doutez pas. 

J'entends tant de conneries et surtout de sorties lâches et malhonnêtes sur Privé que cette mise au point me semblait nécessaire. Ainsi, méditez cette phrase incroyable que me lâcha, il y a plus d'un an, le patron du Monde des Livres, Franck Nouchi, devant Bob, notre chargée de communication,: "Mais vous savez bien que vous sentez le soufre !"

Il est de pires odeurs monsieur Nouchi... 

 

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vendredi, 22 septembre 2006

Télérama : une publicité refusée par Métrobus.

C'est l'histoire de la nouvelle campagne de pub de Télérama pour sa nouvelle formule.

L'une des affiches qui doivent recouvrir les murs mardi concerne Nicolas Sarkozy.

La voici... 

 

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Il s'agit donc d'un courrier d'un lecteur de l'hebdomadaire qui dit :

"Dimanche 15 janvier. Vivement dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la troisième fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission".

Le tout accompagné de la nouvelle signature de l'hebdo : "Nous sommes durs vous êtes pires".

Une campagne qui devait sortir mardi.

Plutôt rigolo non ? Rien de bien méchant. Pas de quoi fouetter un chat. Ni un ministre ayant un peu d'humour.

Eh bien, la régie Métrobus, qui appartient à Publicis..., refuse d'afficher cette campagne de publicité sur les espaces lui appartenant.

Pourquoi au juste ? Une peur intense de la chienne de Michel Drucker ?

En tous cas l'information vient de m'être confirmée par téléphone par le patron de Télérama, Bruno Patino. Il regrette ce refus.

Comme je trouve cette affiche très bonne je vous propose que nous tentions de faire changer Métrobus d'avis !...

 

 

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Usés. Vieillis. Fatigués.

 

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Donc Jospin ; très certainement. S'il le peut.

Et probablement Chirac. S'il le veut.

Cinq ans après. Les deux hommes vont sans doute essayer encore.

De se maintenir pour l'un. De revenir pour l'autre.

Le pouvoir est une drogue dure dont nous n'avons sans doute aucune idée.

En dépit des écrasantes responsabilités qui doivent s'abattre quotidiennement sur leurs épaules, nos politiques ne décrochent jamais.

De l'extrême gauche à l'extrême droite, les mêmes survivent à tout. Laguillier candidate en 1974. Le Pen député sous la IVème, etc. 

N'ayant goûté que de bien loin aux fastes et aux moyens qu'octroie le pouvoir politique, j'ai du mal à saisir les raisons qui poussent des femmes et des hommes, âgés ou malades, ayant des familles, les moyens financiers de se retirer, de continuer encore.

Et encore. Si longtemps.

Et parfois jusqu'au combat de trop.

J'aimerais beaucoup croire qu'ils le font par dévouement, pour leur pays, pour leurs concitoyens... Malheureusement... Le service de la France... J'ai du mal...

Les Palais de la République. Les huissiers. Les voitures avec chauffeur. Les gyrophares. les gardes du corps. L'argent. Les fonds secrets. La peur dans le regard des autres. Le mépris. Le respect. La vitesse. L'adrénaline. Le cirque. Quelque chose de viscéral. Et une forme de folie aussi. Malgré l'usure qui les dévore. Les rides qui se creusent. L'épuisement.

J'ai croisé, il y a quelques jours, Alain Carignon dans les coulisses du tournage de l'émission de Stéphane Bern. Avant de rentrer en plateau, j'ai longuement discuté en tête à tête avec lui, dans notre loge.  Il a incroyablement vieilli. Et souffert. Morflé même. La justice. La prison. L'opprobre. Eh bien, il n'a qu'une idée tête, Alain Carignon : revenir... Et il va se présenter aux législatives, aux municipales. Le feu sacré... Alors que je l'interrogeais sur les raisons d'une telle envie, après "tout ça", il m'a simplement parlé d'un long déjeuner qu'il eut, il y a bien longtemps. Lui, débutant gaulliste, fut invité par Mendès-France qui avait repéré la "jeune pousse". Ce dernier tenta de le convaincre jusqu'à 16 heures passées qu'il faisait fausse route dans le camps gaulliste. J'ai aimé qu'il me raconte cette anecdote. Qu'il ait justifié devant moi son envie intacte uniquement par ses convictions. Puis-je ou dois-je le croire sincère ?

J'accompagne la sortie en librairies (hier) du livre du benjamin de l'Assemblée, le député UMP Laurent Wauquiez (31 ans). Sa fraîcheur détonne considérablement face aux côtés déjà si avariés de politiques qui ont à peine dix ans de plus que lui... Non, non pas de noms... Ils se reconnaîtront très bien. Son livre est un hymne à l'action publique. À sa circonscription ; à ses électeurs ; à son boulot. Je veux le croire honnête. Dévoué. Ne comptant pas ses heures. Mais jusqu'à quand pourra-t-il le rester ? Jusqu'où ? 

Les moyens existent pourtant de contraindre les politiques à dételer.

La fin du cumul des mandats.

La fin du cumul dans le temps des mandats. Pas plus de deux mandats successifs similaires.

La mise en place d'un âge légal de la "retraite politique" : un régime spécial en quelque sorte ! Pour cause de pénibilité ! Comme les chauffeurs de TGV... 

La fin des privilèges accordés aux (hauts) fonctionnaires qui reviennent au chaud dans leurs corps d'origine, lorsque leurs carrières politiques s'arrêtent trop brutalement. 

Et d'autres choses encore. Positives même : un vrai statut pour la profession politique. 

Mais qui va s'en saisir ?

Quel politique ? Quel parti ? Quel candidat ?

Quelle révolution...

06:22 Lien permanent | Commentaires (135) | Envoyer cette note

jeudi, 21 septembre 2006

Insécurité j'écris ton nom

Nous vivons depuis 48 heures un moment magnifique de perversité politique. Pléonasme répondit l'écho.

Arrive un scoop éminemment providentiel du Monde.

Une grosse info tombe du camion !

Le préfet de Seine-Saint-Denis trouve que la situation s'aggrave. Que l'insécurité galope. Surtout parce que les juges ne font pas leur travail. Et qu'il n'y a pas assez de policiers. Sa note alarmiste, alarmée, en date de juin dernier (!), fuite opportunément, comme ça, juste là. Maintenant.

Bon.

Derrière tout le monde s'emballe. Les médias fondent sur leur proie et moulinent déjà les spéciales consacrées à la Seine-Saint-Denis, aux banlieues, à la violence, etc... Les experts sont convoqués. Le cirque reprend.

De droite à gauche on sur-réagit au quart de tour.

C'est malheureusement juste à ce moment là que des CRS se font cueillir dans une sale embuscade

Tout le monde s'indigne.

Vite, vite, vite ! Il ne faut pas abandonner le terrain de l'insécurité à l'adversaire se disent les socialistes qui se souviennent du désastre de 2002 et de l'aveu de Lionel Jospin de sa naïveté sur le sujet en mars 2002 : " Je me disais (...) que si on fait reculer le chômage, on fera reculer l’insécurité (...). Or, cela n’a pas eu d’effet direct sur l’insécurité "... Plus Jamais Ça les gars !!! Fini la naïveté !  Vive le cynisme...

Nicolas Sarkozy, plutôt en difficulté ces derniers temps - entre ses propres erreurs "américaines" et l'offensive éclair de Jacques Chirac -, reprend alors la main.

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Pas celle de Bush !

 

 

 

 

 

 

 

Pile poil au moment du débat parlementaire sur le projet de loi sur la prévention de la délinquance...

Par ailleurs, dans un mois et demi, les émeutes de l'automne 2005 auront tout juste un an...

Ça alors ! 

La vie est bien faite non ? 

Pour utiliser le vocabulaire des communicants qui encadrent désormais le moindre de nos candidats, je trouve cette séquence parfaite...

Et j'attends la suite...

 

06:00 Lien permanent | Commentaires (141) | Envoyer cette note

mercredi, 20 septembre 2006

1962/2012.

Puisque nous avons osé critiquer l'élection du Président au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours, imaginons ensemble comment la modifier.

Le premier tour de la Présidentielle est devenu à lui-seul une vraie élection à part entière ; la seule vraie élection de France où tous votent en même temps pour les mêmes candidats, un défoulement collectif.

En revanche, la règle qui fait sortir des urnes les deux candidats arrivés en tête, quel que soit le taux de participation, l'écart avec le ou les suivants ou le % de voix obtenu, voilà la mère de tous les vices de notre démocratie.

Pourquoi ne pas modifier le système qui permet à chacun de parvenir à présenter sa candidature. Que signifient encore ces 500 signatures ? Ne peut-on pas réfléchir à autre chose pour sélectionner les candidats ?

Pourquoi ne pas permettre d'accéder au deuxième tour aux trois voire aux quatre premiers ? Ou même  à tous ceux des candidats qui ont dépassé un score minimum (15%, 12% ?)

Pourquoi ne pas décider de l'existence d'un quorum ? Au premier et au deuxième tour ? Et tant que X% des électeurs ne se sont pas prononcés l'élection serait caduc. Voire même son premier tour ?

Pourquoi un troisième tour ne serait-il pas possible tant qu'un certain écart (?) n'existe pas entre le premier et le deuxième ? 

Pourquoi ne pas comptabiliser réellement les blancs et les nuls ?  

Pourquoi ne pas plafonner les dépenses des candidats beaucoup plus drastiquement ?

Pourquoi, pourquoi... 

Je suis certain que sur ces bases ou sur d'autres vous ne manquez pas d'idées pour réformer un système qui a...quarante quatre ans.

Quel objet né en 1962 utilisons-nous encore sans que celui-ci ait été modernisé, amélioré, transformé ?... 

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Posez vos propositions ici.

Peut-être que cinquante ans après quelqu'un osera enfin s'attaquer à notre problème...

 

 

06:55 Lien permanent | Commentaires (157) | Envoyer cette note

mardi, 19 septembre 2006

Chirac 3

Je l'ai déjà écrit et répété à plusieurs reprises ici, depuis quelques semaines. Et hier soir sur RTL. Je suis désormais presque certain qu'en février prochain, voire même en mars, Jacques Chirac va annoncer qu'il se représente à la Présidentielle. Pour mémoire, en 1988, François Mitterrand se déclare candidat le... 22 mars !

Le calendrier qu'a fixé Nicolas Sarkozy pour la désignation du candidat de l'UMP (janvier) risque, de ce point de vue, de lui poser beaucoup de problèmes (à Nicolas Sarkozy...). En effet, la légitimité du candidat d'un parti contre celle d'un homme, qui plus est Président sortant, voilà un débat éminemment gaulliste, que Chirac tranchera en expliquant qu'il ne se présente justement pas comme représentant d'un parti, lui... Mais au nom des Français qui l'ont plébiscité en 2002. Et parce que la situation internationale requiert une expérience et une autorité que lui seul possède, notamment face aux États-Unis. Et cela peut marcher. Cela marche déjà !

La campagne, si elle prend ce tour, sera une véritable blitzkrieg, ou tout est possible. 

Face à cette possibilité (je ne peux rien affirmer à 100%, bien évidemment), la décision du PS d'investir son candidat dès le 23 novembre est une erreur politique sans doute majeure. Les socialistes auraient dû au moins se caler sur la date de choix du candidat de l'UMP. Une campagne de 5 mois risque en effet de voir le ou la candidate (comme dirait François Hollande...) s'essouffler et retomber. C'est un vrai danger... Dont rêve Lionel Jospin !

Bien sûr, je fais ici de la pure prospective.

Mais je veux tout de même vous rappeler, avec humilité, qu'en septembre 2005 nous avons tous donné Chirac, hospitalisé, pour mort politiquement. Une fois de plus, nous avons manqué de la prudence élémentaire.

En France, en politique, on ne meurt vraiment que lorsque l'on est six pieds sous terre.

 


07:19 Lien permanent | Commentaires (155) | Envoyer cette note

lundi, 18 septembre 2006

Le tabou.

Partant des critiques acérées de François Bayrou contre le système médiatique Français voici ce qu'écrivait hier sur son blog Jean-Michel Aphatie, journaliste politique à RTL :

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"(...) La particularité de la vie politique française aujourd'hui, ce n'est pas son multipartisme mais plutôt l'extrême confusion dans laquelle elle vit. Faute de régulation, faute de leadership, faute de réglementation, bref, faute de volonté, nous nous trouvons depuis plusieurs années avec un champ politique totalement éclaté, ce qui désoriente les citoyens et décourage les électeurs. Lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2002, seize candidats étaient sur la ligne de départ. Parmi eux, trois candidats trotskistes, deux candidats d'extrême droite, un candidat de la droite chrétienne, un candidat représentant les chasseurs, deux représentants de l'écologie, un de la gauche nationale, plus ceux des partis traditionnels. Aucune autre démocratie au monde ne connait, lors de son élection principale, celle qui sert à sélectionner les titulaires du pouvoir suprême, une telle affluence. Partout, on régule les courants de pensée, on crée des règles, on formalise des obligations, qui poussent au rassemblement, à l'entente, à la fusion. Ou donc voit-on, à l'aube du 21° siècle, la nécessité de représenter la diversité du courant trotskiste par trois candidatures, qui viennent s'ajouter à celle d'un postulant communiste? Ou donc voit-on l'utilité d'ouvrir la porte à deux représentant du courant d'extrême droite? A force de laxisme, et en laissant largement ouverte la possibilité de se présenter aux courants les plus divers, on rend la démocratie illisible, ce qui, évidemment, l'affaiblit. Le 21 avril 2002 en a été la preuve. Avec seize postulants aussi divers, chaque citoyen aurait dû trouver un candidat de son goût. Or, dans toute l'histoire de l'élection présidentielle françiase, ce 21 avril 2002 est le moment où les citoyens se sont le plus abstenus. Un électeur sur trois ne s'est pas rendu aux urnes ce jour là, soit 11,5 millions de Français. La preuve de la cacophonie. La marque de l'illisibilité. Il faut donc prendre avec beaucoup de recul les plaidoyers pour la diversité de la démocratie française. Loin de la fortifier, cette diversité l'affaiblit. Au bout du raisonnement, ceux qui la défendent plaident pour l'introduction de la proportionnelle lors des élections nationales. Ce serait là une forme d'achèvement d'un processus de délégitimation de la politique dont nous pourrions énormèment souffir s'il venait à se réaliser".

L'analyse, précise, a le mérite de la clarté.

Mais Aphatie ne propose aucun moyen de juguler ce qu'il identifie comme des excès. De combattre ce qu'il nomme "l'illisibilité", "l'extrême confusion" ou la "cacophonie". 

Et si le grave problème qui pollue notre démocratie venait tout simplement du mode d'élection du Président Français ?

Pourquoi personne - ou presque - n'ose dire à haute voix que c'est, en fait, l'élection du Président de la République au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours qui vicie totalement le système et pervertit la démocratie ?

Pourquoi ce tabou ...?

 

 

07:10 Lien permanent | Commentaires (214) | Envoyer cette note

dimanche, 17 septembre 2006

Sale Rêve Socialiste.

Quel horrible cauchemar ! Incroyable. Il m'a filé des vrais suées.

Je viens d'en sortir. Du coup, là, je suis bien content de boire mon café et d'être réveillé devant mon clavier pour vous raconter ça.

Quel foutu sale rêve... Évidemment, je me suis endormi en lisant la presse de la veille.

Allez, place au cauchemar.

Je suis militant socialiste. Et barbu, je crois.

Bon là, c'est vrai, je suis un peu tarte, parce que rien que ça, ça aurait dû me réveiller mais bon...

J'habite à Lens. Là aussi, j'aurais dû me réveiller ! Mais non je blague...

J'ai ma carte du parti depuis Épinay. Un vieux de la vieille (maison). Et je suis heureux : mon premier fédéral a organisé une réunion publique dans laquelle sont invités tous les probables, possibles, envisageables, potentiels candidats à l'investiture de notre parti pour la présidentielle. Je me réjouis avec tous mes camarades de les voir en chair(e) et en os, enfin s'affronter, s'expliquer, débattre pour nous convaincre. Si prêts du but, de leur(s) décision(s) - y aller ou pas - de la notre - qui choisir ? - une vraie confrontation est nécessaire. Quelle chance nous avons : c'est chez nous ! Devant nous. Vive le Parti et ourrah pour la démocratie. Je suis fier d'être socialiste.

Et là, vraiment c'est l'horreur. Tout s'effondre. J'assiste avec mes camarades à une sorte d'interminable répétition de couloirs solitaires de 20 minutes (douche comprise), au cours desquelles chacun des présidentiables prend la parole, seul, à son tour, face à la foule et repart. Il y a même pire ! Dans mon horrible rêve, la candidate qui est en tête de tous les pronostics a obtenu de parler la première parce qu'elle doit partir vite, vite à l'étranger... Et elle se barre, presque en courant, sans même écouter son principal opposant que le "tirage au sort" (!!!) a placé juste après elle. Et ça continue comme ça... Tout a été négocié au millimètre. Pas un mot qui dépasse. Une langue de teck hallucinante. Pas une attaque sérieuse. Rien. Dégoûté.

C'est Hollande qui m'a "sauvé" je crois. Ou Aubry, je ne sais plus. Je me suis réveillé d'un coup. D'un seul. Mais sacrément en nage. Et avec l'envie de vomir.

J'ai farfouillé sur ma droite (!). J'ai enfin trouvé la lumière. Et j'ai pigé. Je dormais ! C'était juste un très mauvais rêve...

Vraiment, il y a des jours où on est heureux de se réveiller et de se dire qu'on sort simplement d'un cauchemar.

Et que ça ne nous arrivera pas. Jamais. 

08:25 Lien permanent | Commentaires (122) | Envoyer cette note

samedi, 16 septembre 2006

À propos de Libé.

Jeudi 14 septembre Édouard de Rothschild, son actionnaire principal, annonçait qu’il mettait "actuellement la dernière main à son projet de refondation de Libération", le présentant comme un "projet de la dernière chance". Ce projet sera proposé au Conseil d'Administration du 27 septembre 2006. Ce communiqué a été publié le jour même où le personnel lançait un appel aux lecteurs dans Libération. Dans cette double page, les salariés demandaient à leur actionnaire de "prendre ses responsabilités" alors que le journal affronte une "phase inédite et difficile".

Ce jour-là Pierre Marcelle n’a rien écrit.

Apparemment.

En vérité, sa chandelle, sa colonne, qui s’adressait à ses confrères (Florence Aubenas, Dominique Simonnot et Jean Hatzfeld) qui venaient d’annoncer leur départ de Libération, a été censurée.

Voici cette "quotidienne".

Chère «icône».

Chères «grandes plumes» Ce n'est pas moi, mais notre chère AFP qui parle ainsi de toi, Florence, et de vous, Dominique et Jean. Et nos lecteurs les relaient en toute bonne foi -c'est bien le mot !-, qui nous somment de vous ouvrir les colonnes de Libération pour y dire enfin comme votre liberté y est bridée avec la nôtre. Comme si elles vous étaient fermées ! Forcément, ils ne savent pas, les lecteurs, que, dans l'attente de cette clause de cession que vous revendiquez, nous vous croisions encore lundi -vous, pas vos iconiques fantômes. Pour Jean, Jean Hatzfeld, c'est un peu différent, puisque, encore inscrit sans solde sur les rôles du journal, voilà des années que, s'il y a laissé une jambe (blessée à Sarajevo), il n'y a plus écrit une ligne. Contesterai-je pour autant la qualité de «journaliste à Libération» que lui prêtent toutes ces ondes et tous ces écrans d'où il s'exprime? Certes non. Que pèsent les mots face à une meurtrissure? Avant de polémiquer face à cinq mois de détention dans une banlieue de Bagdad, c'est un treuil qu'il faudrait, pour déblayer ces tonnes d'affect parasite…Imaginez alors comme il m'est pénible de vous demander d'écrire dans Libération les mots que vous lui assénez d'ailleurs, comme des Scuds.Il le faut, cependant, car sur ce point aussi, il s'agit de faire le métier; je veux dire: d'informer les lecteurs. Pour leur répondre en vos lieux et places, je ne suis certes pas le plus qualifié. Ils vous aiment et c'est bien normal : vous êtes la gloire de notre profession, tombés et heureusement relevés à son champ d'honneur, quand je n'y suis, moi, qu'un obstiné donneur de leçons. D'où mon insistante requête…
Elle s'adresse aussi à vous, Edouard de Rothschild. Vous disiez cet été que «Libération n'a pas besoin de requiem», vous l'écriviez dans une tribune donnée au quotidien Le Monde. Pour honorer votre parole, dites-le, et prouvez-le au quotidien Libération et à ses lecteurs. Ne les laissez pas ainsi entre votre enclume du dedans et les marteaux du dehors."

 

 

J'ai averti par mail cette nuit Pierre Marcelle que je publiais sa quotidienne ce matin sur mon blog.

Merci à celui d'entre-vous qui l'a sauvée d'Anastasie

08:40 Lien permanent | Commentaires (143) | Envoyer cette note

vendredi, 15 septembre 2006

Pour votre information...

PARIS, 15 sept 2006 (AFP) - L'ex-conseiller en communication de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, Dominique Ambiel, a été entendu vendredi par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons en charge de l'affaire Clearstream, a-t-on appris de sources proches du dossier.

...

22:12 Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note

Par ici c'est GALA !

Après discussion avec Daniel Schneidermann, il apparait qu'Arnaud Montebourg aurait bien été piégé. Le journaliste qu'il a reçu travaille habituellement en effet à Marianne et il pensait donc que Daniel Bernard (par ailleurs biographe de... Ségolène Royal) le questionnait pour...Marianne.

L'agence photo a elle classiquement vendu les photos à Gala. Il semble donc qu'Arnaud Montebourg ne puisse pas porter plainte puisque ces photos ont été faites avec son consentement mais pour un autre support...

Schneidermann plaide donc auprès de sa direction pour que Montebourg obtienne bien un droit de réponse dans Libération.

Fin du feuilleton. 

10:05 Lien permanent | Commentaires (183) | Envoyer cette note

De la Sueur et des Armes.

Et soudain... le terrorisme nous menace. Comme ça. D'un coup. Là. Sans prévenir. "Unes" des journaux. Propos à l'emporte pièce. Prises de parole. Réunions. Chirac en première ligne sur Europe 1 dès lundi 8h15. Sarkozy dans son "meilleur" rôle. Villepin en remet une couche. Une louche. Ouh ouh MAM, vous êtes prête ? Pendant que le gauche s'étripe, eux, ils gouvernent et nous protègent. Ils sont aux responsabilités et surtout ils sont responsables, pas comme ces ballots de socialistes qui oseraient confier le bouton à une femme !

La ficelle n'est pas un peu grosse là ? Ils n'ont rien trouvé d'autre en pleine campagne électorale ? Slogan. 2002 : vous avez aimé l"insécurité ? 2007 : vous adorerez le terrorisme ? C'est ça le gimmick de la campagne ? La petite musique ? Papy Voise le retour...

Eh bien attendons donc sereinement l'arrestation des dangereux terroristes qui préparaient un attentat extrêmement meurtrier aux pieds de la tour Eiffel à la veille de l'élection et le (premier) tour est joué non ? Un scénario "à la madrilène" comme disent les confrères zélés : "pour peser sur les élections"... Quels salauds quand même ces terroristes !

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Toute la presse va (a) embrayer (é) ne vous inquiétez pas. Les "experts" vont envahir les plateaux. Vite une opération spéciale sur TF1, une soirée terrorisme sur France 2, des enquêtes inédites... Bruguière au 20h, Bruguière au 20h !!! Je vois déjà l'Obs : "Ne Pas Céder". Avec l'édito de Jean Daniel : "Du courage, de la sueur et des armes". Euh pardon des larmes. Et Match : "Notre enquête au coeur des cellules dormantes d'Al Quaeda en plein Paris à Barbès-Rochechouart".

Prenons de la hauteur pour ne pas bouillir davantage.

Vient alors à l'esprit le plus grand texte de Marx. Un texte sociologique et non pas économique : Le Dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte.

Karl Marx y montre comment le coup d’Etat de Bonaparte répète sur le mode d’une sinistre farce ce que, déjà, la révolution française avait, elle, répété sur le mode de la tragédie :  l’histoire romaine avec la chute des Rois, la République, puis l’Empire.

Pensez-y.

 

06:30 Lien permanent | Commentaires (127) | Envoyer cette note

jeudi, 14 septembre 2006

Implosion 2007

Eh bien voilà on va se mouiller un peu ce matin. Essayer de sortir de la léthargie ambiante, de l'ennui, de la lassitude. Histoire de secouer les certitudes et surtout de remuer un peu ceux qui pensent que les jeux sont faits.

Je crois d'abord et je l'ai déjà dit et écrit, que cette Présidentielle va se jouer, se gagner, se prendre contre la télévision, la presse officielle, les médias traditionnels. Et contre les vieux systèmes et schémas qui vont avec.

Je veux dire par là que ceux qui vont le moins entrer dans les concurrences imbéciles genre "Tiens prends ça, Diams dans ta face !" ou "Arrggghhh il a gaulé Doc Gynéco" vont s'en sortir le mieux. Ce que François Bayrou a bien assimilé, mais il part de très loin. Toutes les dicussions que j'ai quotidiennement avec des "vrais-gens-normaux" (et elles sont nombreuses) me laissent penser qu'ils ne sont pas du tout dupes du foutage de gueule généralisé qui a débuté bien trop tôt. Grosse erreur de timing dans les deux écuries qui, certes, mènent la course mais qui ont totalement oublié que celui qui est président en septembre n'a jamais, jamais gagné l'élection...

À gauche, novembre sera évidemment décisif, c'est un truisme de l'écrire. Ce qui signifie que les très courtes semaines qui nous séparent de l'élection interne au PS vont tourner à la rixe sauvage. Vous n'avez encore rien vu... Je ne sais toujours pas ce qui va sortir de ce maelstrom, vu la quantité de nouveaux militants raccolés sur le net. Mais lorsque l'on mesure ce qu'a provoqué un échange juste un peu vif avec une simple militante - de quatre mois -, imaginez simplement le moment - proche - ou c'est en face à face que les comptes vont se règler...  

À droite, c'est Jacques Chirac qui tient désormais tout le jeu, alors que nous l'avions tous donné pour mort en septembre 2005. Qu'il décide de se représenter comme il en a très envie - c'est une information pas une intuition - et le séisme ne sera pas loin. Je pense de plus en plus que le crash de Sarkozy sera tardif mais extrêmement violent (en 1995 Balladur implose vers janvier). Je ne sais même pas s'il ira jusqu'au bout, en dépit de l'investiture acquise de l'UMP.

Sans parler de ce que nous ne savons pas. Qui à l'extrême gauche ? Hulot or not ? Bové or not ? Combien de candidats au total : douze, quinze, plus ? Quel pourcentage d'abstentionnistes ou de votes blancs au premier tour ? Quelle autre "surprise" ?

Ségo contre Sarko au second tour ? La version strass et paillettes de Delors/Balladur, le tube de l'hiver 1994 ?

Vous l'avez compris, je n'y crois déjà plus du tout. 

08:06 Lien permanent | Commentaires (234) | Envoyer cette note

mercredi, 13 septembre 2006

Un été 45.

Je m'étais dit en terminant mon "livre" qu'il ne servirait à rien. En ne le publiant pas, je valide de manière magistrale cette belle intuition.

C'est que la période est troublée. Perturbée.

L'été d'abord. Ce pépin de santé. Et puis, ce ridicule et vain exercice d'écriture/sprint qui se termine par mon refus de l'obstacle. Un crash intéressant. Une réflexion surtout sur ce narcissisme qui nous pousse les uns et les autres à accomplir des actes étonnants ou à nous fixer des objectifs étranges. Avant qu'heureusement des mécanismes de contrôle ne se mettent en marche. Et ne bloquent la folle machine. Dans le meilleur des cas.

Ce blog, justement, fait partie des éléments de trouble et de perturbation.

Ces regards permanents et souvent inquisiteurs, sur ce que l'on dit ou écrit, fabriquent un redoutable piège qui en a rendu plus d'un givrés... Il faut une force de caractère considérable pour ne pas tomber dans le traquenard que constitue un tel outil. Pour ne pas se regarder écrire, parce que tant d'autres nous regardent écrire en temps réel, et peuvent nous "répondre" en direct. Du tac au tac.  Tiens, rien que cette phrase, là juste avant : du verbe à gogos ou du sens ? En tous cas, quand je lis certains propos qui s'adressent à moi ici, j'ai vraiment l'impression qu'ils concernent quelqu'un que je ne connais pas du tout. Et que je n'aurais aucune envie de rencontrer. Comme quoi l'image que l'on renvoie et dont on est comptable...

Et puis ces projets bloqués. Cette émission politique (tv et/ou radio) qui ne verra certainement pas le jour. Ce scénario de fiction politique totalement coincé pour de ridicules raisons et prétextes juridiques. Et ces offres de collaboration restées lettre morte. Et ces petites trahisons entre "amis". La vulgarité de certains...

Sans parler des difficultés du métier d'éditeur que partage et subit avec moi une vraie équipe, qui voit le feu sacré - le mien - décliner chaque jour. Chaque minute qui passe nous amène en effet son lot de combats singuliers et inintéressants. Contre certains "auteurs", contre d'insupportables égos, contre l'inertie de la presse, contre le conformisme, contre la justice, contre la connerie... La notre aussi parfois.

Enfin, pour passer du personnel au général, il y a cette foutue Présidentielle qui n'en finit pas de commencer et de tétaniser ce pays. Nous sommes à 7 mois quasiment du premier tour. Et "l'initié" que je prétends être ne sait absolument pas ce qui va se passer. Je suis même incapable de deviner aujourd'hui qui sera le candidat du PS, alors le reste... J'ai juste des pressentiments. Le Pen très haut au premier tour. Jacques Chirac candidat s'il le peut. Cet énorme bug qui guette Sarkozy et le ferait exploser en vol. Pas davantage. Tu parles d'une expertise...

J'en suis là. Et en plus, je sais que j'ai de la chance...

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mardi, 12 septembre 2006

La censure selon Dominique de Villepin

Bonne lecture à tous. 

Où l’auteur comprend qu’il n’est qu’un tout petit pion ; Ambiel, Raffarin, Villepin, le pilon, Orban, Sarkozy…  Clearstream et moi.

Il devait être écrit quelque part que cette période politique serait ponctuée d’événements étonnants et surtout totalement indignes d’une démocratie. Je ne veux pas encore parler ici de l’affaire Clearstram, ni même de la « fugue » de Cécilia Sarkozy.
C’est un tout autre épisode, méconnu, et qui met directement en scène et en cause notre actuel Premier ministre - mais dont je n’ ai eu connaissance que bien plus tard - que je veux évoquer ici.
Une histoire qui s’inscrit parfaitement dans la chronique ordinaire et quotidienne des manipulations en tous genres dont le « cabinet noir » et Dominique de Villepin se sont faits une spécialité.

Depuis de longs mois, certains de mes bons amis les mieux renseignés passaient leur temps à me dire qu’« ils » allaient avoir ma peau. Que j’allais « y rester ». Enquêtant pour un livre l'un d'entre-eux avait ainsi croisé l'avocat du chateau, maître Szpiner, qui lui avait demandé des « billes » sur moi. « De toute manière, ce Birenbaum on l’aura » avait lâché Szpiner, ombrageux, de cette voix de stentor qui colle si mal à son physique. Charmant programme. Quelques mois plus tard, encore, un conseiller de Villepin excédé par la parution chez Privé de l’ouvrage de Jean Saint-Iran, le pseudonyme d’un diplomate resté anonyme, sur Les Cent semaines de Dominique de Villepin au Quai d’Orsay, allait lui affirmer : « Nous ferons rendre gorge à Birenbaum ». Décidément. Que de poésie ! Si toutes ces promesses ne m’alertaient pas plus que ça, je ne pouvais pas imaginer une seule seconde qu’une joute sauvage s’était livré au sommet du pouvoir, d’août 2004 à mars 2005, dont j’étais en fait l’un des pions, à mon corps défendant.

Souvenez-vous de l’affaire Ambiel. La démission du principal conseiller et ami de Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre. Ambiel s’était fait « serrer » la nuit, dans Paris, avec une prostituée dans sa voiture. Dans ce pays où la moindre incartade de ce genre a toujours été réglée par un simple coup de fil – et un seul - vers un numéro entièrement dédié à ce genre d’ « aventures » nocturnes, à la Préfecture de Police de Paris, il y avait là un détail qui clochait. Je ne veux pas défendre Dominique Ambiel, que je ne connais pas, mais j’ai rapidement eu le sentiment que cette histoire puait terriblement la manipulation. Une de plus. Sans compter qu’elle arrivait exactement (fin avril 2004) au moment où Dominique de Villepin venait de rejoindre le ministère de l’Intérieur ; et qu’elle fuita opportunément dans Le Monde, le vendredi 21 avril (daté du samedi 22 avril).
Un Monde qui pourtant est assez rarement aussi enthousiaste, et surtout aussi précis, dans une histoire de mœurs mêlant des politiques.
Jugez-en vous même. Aucun détail ne manque.

Selon le quotidien, il était précisément reproché à Dominique Ambiel d'avoir pris à bord de son véhicule, dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 avril, une prostituée roumaine mineure, âgée de 17 ans. « Interpellé en flagrant délit par une équipe de la Brigade anticriminalité (BAC), M. Ambiel s'en serait ensuite pris aux policiers, ce qui lui vaut également une procédure pour outrage », ajoutait Le Monde. Le quotidien rapportait ensuite la version de Dominique Ambiel dans son communiqué. Ce dernier y contestait le rapport établi par les policiers. Le conseiller du Premier ministre expliquait qu'il était arrêté à un feu tricolore, à l'intersection du boulevard Pereire et de l'avenue des Ternes (Paris XVIIe), où deux prostituées étaient en train de se disputer. L'une d'entre elles se serait abritée dans sa voiture, en prenant place côté passager. Dominique Ambiel aurait alors tenté de verrouiller ses portières pour l'empêcher de monter mais il se serait trompé et aurait en fait déverrouillé. Le Monde expliquait encore que Dominique Ambiel avait précisé dans son communiqué avoir demandé à la passagère de descendre et l'avoir « déposée moins de deux minutes plus tard et 300 mètres plus loin environ, pour la mettre hors de danger ».
Le Parquet de Paris avait demandé un complément d'enquête ; Dominique Ambiel été placé en garde à vue mardi 20 avril puis confronté à la jeune prostituée devant laquelle il avait réitéré sa version des faits. Mais elle avait alors donné une autre version selon laquelle elle connaissait bien Dominique Ambiel ; qu'elle l’avait vu à deux ou trois reprises la semaine précédente. Elle avait ainsi assuré que tous deux seraient allés dans un hôtel où Dominique Ambiel aurait payé la chambre avec une carte bancaire, rapportait toujours Le Monde.

Bref, à part la couleur de la culotte de la jeune femme, Le Monde était donc sacrément bien rancardé !  
À partir de là, le tam tam médiatique était lancé et Ambiel médiatiquement et politiquement « mort ». Sa démission tombait 72 heures plus tard, déstabilisant le Premier ministre.

Pourquoi s’arrêter ainsi sur le traitement par Le Monde de ces faits ?
Parce qu’il n’est nullement un mystère qu’à l’époque c’est à peine l’épaisseur d’un rouleau de fax qui séparait le bureau de Dominique de Villepin Place Beauvau, de celui d’Edwy Plenel au Monde.
Ces deux-là s’adoraient et les hymnes à la gloire de Villepin étaient monnaie courante dans les colonnes du Monde.

Mais revenons à Dominique Ambiel.

Après quelques mois pour se requinquer, celui qui est redevenu producteur de télévision, a décidé de se défendre.
Il a même choisi de s’expliquer dans un livre explosif, à paraître en mars 2005 : Fort Matignon.

L’incroyable récit des événements qui va suivre n’a pu être reconstitué que grâce à la contribution de plusieurs témoins, dont je ne peux bien évidemment pas révéler les noms.

Jusque là le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, était sur une ligne simple concernant le projet de livre de son ancien conseiller : « Il a morflé. Il veut les niquer. Il a raison ».
Basique.


La suite allait pourtant être beaucoup moins simple à gérer pour le Premier ministre, comme en atteste un premier document inédit.

Voici deux pages d’une première version du texte de Dominique Ambiel. Deux pages corrigées à la main. Très probablement par l’auteur de Fort Matignon lui-même.


Une sorte de première version d’un épilogue à son livre titré : « Envoi. Des RG bien renseignés ».

Les charmes de l’édition.  Jamais rien d’écrit ne s’y perd vraiment…

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Pour résumer cette mouture de  l’ « envoi » d’Ambiel soyons simple.


Nous sommes fin août 2004. Le ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin, vient de recevoir une « note blanche » des renseignements généraux (pour information Nicolas Sarkozy les a officiellement supprimées en octobre 2002…) qui l’informe que Dominique Ambiel monte une maison d’édition qui se nomme Privé « avec M. Guy Birenbaum et Pierre Luc Rozynès » (Pierre Louis en fait).

Bien.
Je ne connais pas Dominique Ambiel.
Qui ne me connaît absolument pas non plus.
Et Privé est alors déjà créée.
Sans Dominique Ambiel.

Bref, ce « blanc » est une merde, une intox totale de plus, une manip estampillée renseignements généraux, destinée à foutre le bordel et une fois encore mes bons « amis » se servent de moi.

Exactement comme lorsqu’ils ont réussi à faire écrire, il y a quelques mois, dans Aujourd’hui/Le Parisien que j’allais éditer un livre sur Claude Chirac. Pour empêcher ce livre de se faire. Alors que je n'en étais nullement l'éditeur.

Toujours la même méthode : une vraie info + une fausse info. Et moi au milieu. De la pollution. Des pourris. Pourtant, là, les choses devraient être simples. Comme l’explique bien Ambiel son bouquin sort chez Plon, dont le patron Olivier Orban se trouve être l’éditeur et même l’ami de …  Dominique de Villepin !   Aucun mystère. Pas la moindre boule de gomme ! Rien à dire, la désinformation va vraiment bon train dans notre République.

Mais en vérité, si le ministre de l’Intérieur semble fou furieux, à lire cette première mouture du texte d’Ambiel, c’est pour des raisons assez précises. Il va même alors, d’après mon enquête, jusqu’à évoquer devant ses proches un « coup monté » entre Nicolas Sarkozy et Jean Pierre Raffarin pour le « décrédibiliser », le « déstabiliser ». Un casus belli. Un crime de lèse Gallouzeau quoi…

Sa colère ne vient évidemment pas uniquement de ce que le « blanc » des RG peut révéler qui me concerne, moi le misérable morpion éditeur et mon ami Rozynès.  

Les quelques autres lignes d’Ambiel qui ont véritablement contribué à mettre le feu aux poudres sont les suivantes :

« Si les ‘notes blanches’ transmises aux plus hautes autorités de l’État sont toutes de cet acabit, on peut frémir. Le ministre de l’intérieur évoque généralement avec le Premier ministre lors de leur entretien hebdomadaire un certain nombre de coups tordus : l’affaire des Frégates de Taïwan, par exemple, qui selon les ‘notes blanches’ mettraient en cause plusieurs responsables politiques, Dominique Strauss-Kahn, Jean-Pierre Chevènement, Alain Madelin et même Pal Sarkozy – le père de Nicolas – et naturellement Nicolas lui même. Si ces informations sont du même degré d’exactitude, il y a du temps à gagner… »

Relisez ce passage calmement.

Nous sommes très peu de temps après la publication (en juillet 2004) par Le Point de sa première enquête sur les listings Clearstream.
On sait désormais que le nom de Nicolas Sarkozy (Nagy-Bocsa) y figure.

Ambiel, visiblement toujours bien renseigné, suggère en gros assez clairement dans son « Envoi » (rédigé AVANT Le Point) que ces informations sur les frégates de Taïwan (et non pas encore sur Clearstream qui n'est pas nommée comme telle) viennent aussi en fait de « notes blanches » ; et que ces notes ne vaudraient rien. Je comprends la colère de Dominique de Villepin qui, a l’époque, est lui à fond et depuis des mois dans les « enquêtes » du général Rondot et de la DST sur ces fameuses listes de comptes ; sur la base de ce que Jean-Louis Gergorin leur a raconté aux uns et aux autres. Sans parler de ce que ses RG doivent lui faire passer comme informations secrètes et bidons ! Le plus amusant, c’est que Dominique Ambiel, pourtant visiblement très au fait du dossier, semble ignorer que son nom figure également dans les fameux listings. À moins que ce nom là n’ait justement été rajouté bien plus tard… Comme une vengeance.
Il est en tous cas intolérable pour Dominique de Villepin et même judiciairement dangereux pour lui que Dominique Ambiel écrive cela dans son livre. Et cela Villepin est alors bien le seul à le savoir.

Le ministre de l’Intérieur entame donc un véritable siège du Premier ministre pour que ce dernier parvienne à convaincre son ancien conseiller de renoncer à publier l’intégralité de ce passage.

En vérité, Villepin l’ignore, mais ces pages n’existent déjà plus comme tel. Le livre a, en effet, été corrigé et cette partie a été substantiellement modifiée.

Voici un deuxième document exclusif. Il s’agit cette fois de deux pages de Fort Matignon, le livre, telles qu’elles ont été fabriquées réellement après les corrections de Dominique Ambiel et de son éditeur.

Vous allez pouvoir constater que plusieurs petits détails changent.
Ces modifications ne sont pas anodines, une fois mises en perspective dans le cadre de l’actuelle enquête sur l’affaire Clearstream,

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Plus de trace de coup de fil du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin.


Plus d’appel de Dominique de Villepin au Premier ministre pour se plaindre de Dominique Ambiel.

Une autre différence importante concerne surtout le passage du texte concernant l’affaire des frégates de Taïwan, ensuite devenue en l'espèce le dossier Clearstream :

« Si les ‘notes blanches’ transmises aux plus hautes autorités de l’État sont toutes de cet acabit, on peut frémir… Il y a surtout du temps à gagner pour éviter de fantasmer par exemple sur les « coups tordus », qu’elles sont susceptibles de déclencher, comme dans l’affaire des Frégates lorsqu’elles mettent en cause plusieurs responsables politiques : Dominique Strauss-Kahn, Jean-Pierre Chevènement, Alain Madelin et même Pal Sarkozy – le père de Nicolas – et naturellement Nicolas lui même ».

Un membre de phrase entier a donc disparu : « Le ministre de l’intérieur évoque généralement avec le Premier ministre lors de leur entretien hebdomadaire un certain nombre de coups tordus ».  

On peut interpréter aisément les raisons de fond qui entraînent cette coupe sauvage. Il ne peut évidemment pas être écrit noir sur blanc que ce « coup tordu » aurait été évoquée par les deux hommes ; Dominique de Villepin basera plus tard toute sa laborieuse défense sur son ignorance des faits et passera son temps à expliquer que le nom de Nicolas Sarkozy n’avait jamais été évoqué avec qui que ce soit.
La première version de l’ « envoi » d’Ambiel suggère juste le contraire sans la moindre ambiguïté et ce dès avant août 2004…

Le livre semble donc être désormais nettoyé de ses passages les plus dangereux pour Dominique de Villepin.

Mais il est également débarrassé de sa pique la plus drôle.


Dans la première version, en effet, Ambiel s’amuse de l’incompétence d’un ministre de l’intérieur, et donc patron des RG, qui ignore visiblement que son livre paraît chez son propre éditeur et ami, Olivier Orban, chez Plon. Il y a effectivement de quoi se gausser…

Cela donne :
« Enfin je ne crée pas une maison d’édition pour l’occasion, ni avec Guy Birenbaum, ni avec Pierre Luc Rozynès que je n’ai jamais rencontrés de ma vie. Mon livre est publié par un grand éditeur parisien,… l’éditeur de… Dominique de Villepin lui-même !
Non seulement, le ministre de l’intérieur est mal renseigné par ses services, mais il n’est pas renseigné par ses amis… »

C’est le moins que l’on puisse dire.
Ce passage étant sans doute trop « hard » lui aussi,  dans l’épilogue tel qu’il est composé dans la version du livre on lit désormais :
« Enfin je ne crée pas une maison d’édition pour l’occasion, ni avec Guy Birenbaum, ni avec Pierre Luc Rozynès que je n’ai jamais rencontrés de ma vie. Mon livre est publié par un grand éditeur parisien. L’éditeur de… Dominique de Villepin lui-même ! … L’actuel patron des RG. »

La gifle sur l’incompétence des services de renseignements et le manque de communication du ministre avec son «ami » et éditeur Olivier Orban a donc malencontreusement disparu.

On pourrait penser que ce rabotage du texte va suffire au ministre de l’intérieur.
Pourtant, en dépit de ces corrections et de ces atténuations, le texte de deux pages que vous venez de lire ne figure pas dans Fort Matignon. Et ce pour une raison très simple qu’il me faut maintenant vous exposer dans le détail.

Dominique de Villepin a réussi à faire pilonner, avant parution et envoi à la presse, tous les exemplaires imprimés du livre qui comprenaient ces deux pages.
12 000 exemplaires pilonnés.

Pour vous convaincre voici la table des matières de Fort Matignon version avant pilon (non publiée) et version après pilon (en vente libre !)…  

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Voici donc le récit de la manière dont le ministre de l’Intérieur a procédé pour censurer la version originale de Fort Matignon.

Après les premières passes d’armes de la fin de l’été 2004, telles qu’elles sont décrites dans l’épilogue en lui même, la tension n’est pas retombée du tout.
Alors que Dominique de Villepin a finalement et tardivement « découvert » que l’éditeur du livre est en fait son ami Olivier Orban et alors que le livre est prévu début mars 2005, le ministre de l’Intérieur va revenir à la charge et exercer des pressions absolument invraisemblables, indignes en tous cas d’un pays démocratique.

Les faits se déroulent précisément à partir du samedi 5 mars.
Et tout va se jouer entre cette date et le jour prévu pour la parution du livre. Dominique Ambiel reçoit sur les coups de 19h un coup de fil un peu embarrassé du Premier ministre, Jean Pierre Raffarin. Ce dernier lui apprend que Dominique de Villepin est toujours totalement hystérique. Il exige que les deux pages d’épilogue soient purement et simplement effacées du livre. Et peu importe qu’il faille le pilonner pour ça ! Il hurle et vocifère.
Comprenant que l’affaire prend désormais des proportions énormes l’auteur décide de joindre son éditeur au téléphone.
Olivier Orban explique à Ambiel qu’il a déjà eu trois fois Villepin en ligne sur ce sujet ; qu’ils se sont assez brutalement affrontés. L’éditeur a renvoyé le ministre de l’Intérieur dans ses buts mais Villepin n’en démord pas. C’est intolérable. « Une déstabilisation politique ».
Et il s’y connaît…
D’après les informations que j’ai pu recueillir, un déjeuner est organisé le lendemain entre le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, Pierre Mongin, et l’éditeur. Ce dernier refuse toujours de cèder…
Devant la menace brandie de poursuites judiciaires diligentées par les Renseignements généraux contre le livre, Orban s’esclaffe même : il n’ « en a rien à foutre ». D’abord les RG vont perdre s’ils attaquent et surtout, cela va faire vendre beaucoup de livres à Dominique Ambiel.
Le rêve pour tout éditeur. Un bon scandale.
Mais en dépit de cette première résistance de l’éditeur et ami de Dominique de Villepin, la situation va basculer entre le dimanche 6 et le lundi 7 mars au matin.
Cette fois, c’est un Raffarin réellement très ennuyé par l’évolution de la situation qu’Ambiel a en ligne.  Cette affaire le gêne vraiment.
Ambiel décide donc de céder, « pour arranger Jean Pierre », son ami. Et puis, après tout, la fin du livre sera ainsi plus « tendre », moins politique et caustique.
Mais les choses ne sont pas si simples.
Certes Ambiel est désormais d’accord pour que l’on ampute le livre des deux pages et que l’on modifie sa table des matières pour en faire disparaître l’ « envoi ».
Mais il y a un mais…
12 000 exemplaires ont été déjà imprimés et une nouvelle réimpression de 24000 exemplaires serait déjà dans les tuyaux…
L’éditeur doit donc forcément donner son accord et intervenir. Mais, après tout, raille Ambiel, « Orban est le copain de Villepin ! » Ils n’ont donc qu’à s’arranger « entre amis » !
Le soir même, Ambiel joint Orban et lui tient à peu près les propos suivants : « J’ai bien réfléchi, si cela peut apaiser les relations dans la majorité, je suis d’accord pour que l’on pilonne le livre ».
Une nouvelle discussion téléphonique va avoir lieu, cette fois, entre le Premier ministre et l’éditeur !
Ce n’est plus un livre, c’est une affaire d’État !
Tout le monde semble – enfin – sur la même longueur d’ondes…
Ou presque !
Dominique Ambiel que ces pressions commencent tout de même à chauffer décide sur un coup de tête de revenir en arrière et de poser des conditions, ses conditions, au ministre de l’Intérieur !

Il faut dire que depuis le mois d’avril 2004 où il a dû démissionner, l’ex-conseiller du Premier ministre se dit absolument persuadé (en off) qu’il a été victime d’un coup monté, diligenté par les équipes de Villepin.
Il lance donc un véritable ultimatum au ministre de l’Intérieur via le Premier ministre : il n’acceptera que l’on pilonne son livre et qu’on le réimprime, amputé de son fameux « envoi », que si il peut voir cette « ordure de Villepin » en tête à tête.
S’expliquer avec lui sur ce qui s’est passé cette nuit là. « Dans les yeux ». Voilà ce qu’exige maintenant Ambiel de Jean Pierre Raffarin.
Le Premier ministre commence à trouver l’affaire singulièrement saumâtre mais, bonne pâte, il prend sur lui de prévenir son ministre de l’Intérieur de la demande d’Ambiel.
Villepin, sorti dîner en ville, n’est alors pas joignable.
Jean Pierre Raffarin lui laisse un message.
La farce continue au sommet de l’État !
C’est beaucoup plus tard, vers 23h15, que le Premier ministre qui, lui n’est vraiment pas un oiseau de nuit, finit par laisser un message à son ami Ambiel sur sa boîte vocale.
Villepin vient finalement de le rappeler.
Il est d’accord sur le principe de la rencontre.
Raffarin, qui commence à en avoir vraiment marre de jouer les intermédiaires, fixe autoritairement la règle du jeu.
Le rendez-vous va donc avoir lieu à Matignon et en sa présence.

C’est le mardi 8 mars 2005, vers 17h, dans le secret du « Pavillon de musique », que l’on atteint par la rue de Babylone (à l’arrière de Matignon), que la rencontre, «le sommet », va avoir lieu.
Alors que le Premier ministre gagne les lieux, à pied par le jardin du Palais, le ministre de l’intérieur arrive, lui, d’après plusieurs témoins, en « grand équipage ».
Le Premier ministre prend place sur un canapé.
Ambiel et Villepin se font face, chacun dans un fauteuil.
C’est Dominique Ambiel qui prend le premier la parole.
Il a une information d’importance à communiquer à Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin pour « ouvrir » la réunion.
En substance, il leur explique que, tôt le même jour, vers 8 heures, il a déjà pris la décision de pilonner le livre avec Olivier Orban.
Il a cependant souhaité maintenir ce rendez-vous parce qu’il veut que Dominique de Villepin « s’explique » enfin sur ce qui lui est arrivé un an plus tôt.
Ambiel, de plus en plus chaud, continue.
Il ne « va pas aux putes ». N’a « aucun problème avec les gonzesses » et précise même que « s’il avait besoin de filles payantes, il ne les ramasserait pas au bord du trottoir ».
Il attaque alors violemment Villepin, lui imputant sa souffrance, le mal enduré par sa famille ; évoque sa petite fille et son père malade d’un cancer (il mourra cinq mois plus tard).
Ambiel insiste surtout sur un point très précis qui le ramène, le jour fatidique, le 20 avril 2004. Alors qu’il a déjeuné avec le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur juste avant d’être convoqué par la police, il veut comprendre, juste comprendre, pourquoi Mongin ne lui a rien dit « alors qu’il savait tout ». Comment le directeur de cabinet de Dominique de Villepin - qui déjeune avec lui chez Michel Charasse ( !) et qui est « au courant de tout » - peut-il le laisser repartir à Matignon, sans lui dire un mot et le laisser apprendre par la seule voie policière sa convocation dans les locaux de l'USIT (Unité de soutien aux investigations territoriales) l'après-midi même?
Pourquoi Mongin ne le prévient-il pas lors de ce déjeuner alors qu’il sait forcément ce qui se prépare ? Ambiel exige une explication.

Villepin s’octroie la parole. Il prend Ambiel d’une très grande hauteur. Le toise. Lui ne se « mêle jamais des choses comme ça ». Pas plus que « des ennuis des enfants de ministres qui volent dans les Monoprix » ! « Je t’en prie » lance-t-il même excédé à Ambiel qui veut déjà réagir. Il ajoute « Je ne mélange pas les affaires de l’État et les affaires personnelles ». « Telle n’est pas mon éthique ».
Ambiel, furieux, reprend la parole et ne lâche plus le ministre de l’intérieur.
Il lui repose sa question. Pourquoi ce jour là, le directeur de cabinet de Dominique de Villepin ne l’a-t-il pas averti, simplement averti, que des poursuites allaient être déclenchées ?
Suivant alors une fameuse technique de défense par l’attaque, Villepin explose.
Il se met réellement en colère : « Si Mongin ne t’a rien dit c’est parce que quand il part du ministère à 13h, il n’y a pas d’affaire ! Les procès verbaux sont très clairs. Aucune infraction n’a été constatée. Il n’y a pas d’affaire ! » hurle Villepin.
Le ministre de l’intérieur continue sur le même ton comminatoire.
Selon lui « l’affaire commence à 14h » et elle débute, en fait, au ministère de la justice.
« C’est Yves Bot le responsable » [NDLR : le procureur] ! vocifère-t-il.
« Le vassal de Sarkozy ! » « L’obligé de Sarkozy ! » « Celui qui lui doit toute sa carrière ! ».
Villepin ne se contrôle plus. Il part littéralement en vrille à plat.
Il attaque même le Président de la République au détour d’une phrase, lui qui a accepté « par faiblesse » de laisser nommer Yves Bot à ce poste : « Il a eu tort !» juge-t-il.
Villepin est désormais totalement hors de lui : « Et vous avez tous tort ! ». « Tu parlais à Sarkozy ! Tu le voyais ! » admoneste-t-il Ambiel. « Tu as eu tort ! » « Tu as eu tort ! »
« Moi je ne lui parle pas ! Continue-t-il. « Il a peur. Et quand on lui parle, ça le rassure ! Il ne faut pas lui parler ! ». « Jamais. »
Villepin semble ne plus jamais devoir arrêter  sa tirade : « L’affaire Ambiel, c’est Nicolas Sarkozy ! l’affaire Gaymard (son appartement) c’est Nicolas Sarkozy ! L’affaire des offices publics des HLM de Paris c’est Nicolas Sarkozy  qui est derrière ! »

Jean Pierre Raffarin se tasse de plus en plus dans son canapé du « Pavillon de musique ».

Villepin achève alors bizarrement son incroyable tirade par la Présidentielle : « Vous croyez que Sarkozy a un impact mais pas du tout ! C’est comme Balladur en 1995 ! Il faisait 38 %. Il voulait être le seul candidat en 1995 ! Sarkozy veut aussi être seul candidat !
Mais nous l’empêcherons ! Nous l’empêcherons ! Nous l’empêcherons ! »
Trois fois.
Fermez le ban.

À la sortie de cette incroyable colère – à demie feinte - qui tend à rendre Nicolas Sarkozy et ses proches coupables de tous les ennuis de Dominique Ambiel, le principal intéressé reprend la parole.
Villepin s’est semble-t-il calmé d’un coup.
Ambiel explique à Villepin qu’il ne le croit pas et lâche en guise de conclusion : « si tu étais sincère, tu m’aurais juste appelé ».

En vérité, Ambiel ne fait que répéter là au ministre de l’intérieur exactement ce qu’il écrivait dans les dernières lignes de l’épilogue dont le pilonnage est alors en très bonne voie : « (…) au contraire de la plupart des quarante deux ministres du gouvernement de Jean Pierre Raffarin, Dominique de Villepin ne m’a jamais appelé ».

Alors que cette assez stupéfiante réunion de crise au sommet de l’État s’achève, 12000 exemplaires de Fort Matignon partent donc en fumée d’un commun accord entre un auteur et son éditeur, sur injonction d’un ministre de l’Intérieur.
Le tout avec l’aval et plus, même, l’arbitrage du Premier ministre du pays !

Tout va décidemment de mieux en mieux dans notre démocratie !
Une nouvelle édition de Fort Matignon expurgée des pages 461 et 462,  censurée donc de cet « Envoi. Des RG bien renseignés », est déjà en cours d’impression. Quant à la table des matières, elle a également été modifiée pour que n’apparaisse plus ces deux pages de tous les dangers.  

Vous souvenez-vous de l’énorme polémique qu’a entraînée – à juste titre – la « convocation » par Nicolas Sarkozy du patron des éditions First, Vincent Barbare, au Ministère de l’intérieur, le 9 novembre 2005 ? Lorsque le ministre le menaça des pires foudres pour l’empêcher de publier (le 24 novembre) le livre de la journaliste de Gala, Valérie Domain, sur Cécilia Sarkozy, Cécilia Sarkozy, entre le cœur et la raison. Livre qui parût plu stard chez Fayard sous forme de...roman. Et dont il se dit ces jours-ci à Paris que le patron de Fayard Claude Durand pourrait bien le payer cher...

Nous sommes en tous cas ici devant une véritable censure politique. Le véritable petit arrangement entre ennemis, qui s’achève ici par un caviardage secret, mais en bonne et due forme, est largement aussi scandaleux que les pressions exercées par Nicolas Sarkozy sur First et qui furent rendues publiques, elles, dès le 16 novembre 2005 par Le Canard Enchaîné.

Mais là n’est sans doute pas l’essentiel. Cet épisode, revisité à l’aune des manipulations diverses qui ont accompagné l’affaire Clearstream, présente également de l’intérêt. L’insistance, l’hystérie même, dont a fait preuve le ministre de l’Intérieur de l’époque, aujourd’hui Premier ministre, pour obtenir cette censure, ne saurait s’expliquer simplement par l’erreur ou la manip. commise par les renseignements généraux, concernant mes supposées relations avec Dominique Ambiel et nos très nombreux projets éditoriaux communs !

Je pense que les juges qui enquêtent sur l’affaire Clearstream pourraient s’intéresser avec profit à ces fameux « blancs » qui dénonçaient les politiques dans l’affaire de frégates durant l’été 2004. Interroger, comme témoins assistés peut-être, Jean Pierre Raffarin et Dominique de Villepin qui en discutèrent visiblement entre eux à l’époque, sans probablement en informer les principaux intéressés, à savoir les politiques évoqués dans ces « blancs », dont évidemment Nicolas Sarkozy.

Quant à Olivier Orban...

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