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jeudi, 06 avril 2006

I would prefer not to.

Quelques jours plus tard, je fus admis de nouveau à pénétrer dans les Tombes (Tombs) et je parcourus les couloirs à la recherche de Bartleby, mais sans le trouver.
« Je l’ai vu sortir de sa cellule, il y a un petit moment dit un geôlier. Peut-être qu’il est allé flaner dans les cours (yards) ».
J’allai donc dans cette direction.
« Vous cherchez l’homme silencieux ? dit un autre geôlier en me croisant. Il est couché là-bas - endormi dans la cour. Il n’y a pas vingt minutes que je l’ai vu couché par terre. »
La cour était presque tranquille, car les prisonniers ordinaires n’y avaient point accès. Les murs d’une extraordinaire épaisseur qui l’entouraient ne laissaient venir à elle aucun bruit. Le caractère égyptien de cette maçonnerie pesait lugubrement sur moi. Mais un doux gazon captif croissait sous les pas. Le cœur des éternelles pyramides, eût-on dit, dans les fentes desquelles, par quelque étrange magie, des semences de gazon, chues du bec des oiseaux, avaient germé.
Etrangement recroquevillé au pied du mur, couché sur le flanc, les genoux repliés et la tête touchant les pierres froides : tel m’apparut l’émacié Bartleby (the wasted Bartleby). Mais rien ne bougeait. Je m’arrêtai, puis m’approchai tout contre lui ; je vis en me penchant que ses yeux voilés étaient ouverts ; par ailleurs, il semblait profondément endormi.
Quelque chose m’incita à le toucher. Je tâtai sa main : un frisson convulsif courut le long de mon bras et de mon échine jusqu’à mes pieds.
La face rondu du marchand de bouffe me dévisageait : « Son déjeuner est prêt. Est-ce qu’il va encore se passer de déjeuner aujourd’hui ? Il vit donc sans déjeuner ?
- Il vit sans déjeuner, répondis-je, et lui fermai les yeux.
- Hé ! … Il dort n’est-ce pas ?
- Avec les rois et les conseillers », murmurai-je. [« Avec les rois et les conseillers du pays, qui se bâtissent des solitudes » (Job, III, 14). (Note du Traducteur)].

Il n’y a guère lieu, semble-t-il, de pousser plus loin ce récit. L’imagination suppléera aisément au maigre exposé de l’enterrement du pauvre Bartleby. Mais avant de quitter le lecteur, qu’il me soit permis de lui dire que, si ce petit récit l’a suffisamment intéressé pour éveiller sa curiosité à l’endroit de Bartleby et du genre de vie qu’il avait pu mener avant que le présent narrateur eût fait sa connaissance, tout ce que je puis répondre, c’est que je partage pleinement ladite curiosité, mais que je suis complètement incapable d’y satisfaire. Je ne sais toutefois si je dois divulguer certaine petite rumeur qui vint à mes oreilles quelques mois après le décès du scribe. Sur quel fondement reposait-elle, je n'ai jamais pu le découvrir ; aussi suis-je incapable de dire dans quelle mesure elle est véridique. Malgré tout, comme ce vague bruit n’a pas été sans éveiller en moi certain intérêt suggestif, quelque triste qu’il fût, peut-être en sera-t-il de même pour autrui, et je vais le rapporter brièvement. La rumeur, donc, voulait que Bartleby eûà quelqt exercé une fonction subalterne (a subordinate clerk) au service des Lettres au rebut de Washington (Dead Letter Ofice at Washington), et qu’il en eût été soudainement jeté hors par un changement administratif. Quand je songe à cette rumeur, je puis à peine exprimer l’émotion qui s’empare de moi. Les lettres au rebut ! Cela ne rend-il point le son d’hommes au rebut (Dead Letters ! does it not sound like dead men ?) Imaginez un homme condamné par la nature et l’infortune à une blême
désespérance ; peut-on concevoir besogne mieux faite pour l’accroître que celle de manier continuellement ces lettres au rebut et de les préparer pour les flammes ? Car on les brûle chaque année par charretées. Parfois, des feuillets pliés, le pâle employé tire un anneau : le doigt auquel il fût destiné s’effrite peut-être dans la tombe ; un billet de banque que la charité envoya en toute hâte : celui qui eût secouru ne mange plus, ne connaît plus las faim ; un pardon pour des êtres qui moururent bourrelés de remords ; un espoir pour des êtres qui moururent désespérés ; de bonnes nouvelles pour des êtres qui moururent accablés par le malheur. Messages de vie, ces lettres courent vers la mort (On errands of life, these letters speed to death).
Ah ! Bartleby ! Ah ! Humanité !


Extrait final de Bartleby the scrivener (Bartleby le scribe), d'Herman Melville (traduction de Pierre Leyris pour Gallimard).

La nouvelle Bartleby the scrivener paraît en 1856, dans Les contes de la véranda. Melville a trente cinq ans. Il va cesser d'écrire pendant trente cinq ans.

Je dédie tout particulièrement ce texte aux lecteurs de ce blog qui, hier, n'ont pas compris... I would prefer not to.

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Commentaires

Z'êtes un filou !!! mais c'est trèx bien pour mesurer nos égo.

Ecrit par : Philippe68 | jeudi, 06 avril 2006 07:11

Je pense à ce canular de bureau, où on pouvait recevoir une lettre dactylographiée nous informant que, devenus inutiles à la société, nous avions, pour une dernière utilisation, à nous présenter à la morgue la plus proche afin de servir aux étudiants en médecine.

Aujourd'hui, pour des gens comme ceux de MétalEurop ou de Moulinex, ou comme ceux qu'on voit (ou ne voit pas) sur les grilles de chaleur, ce canular n'est plus un canular.

Rebuts.

(Ecouter la chanson de Woody Guthrie : "Garbage")

Ecrit par : PMB | jeudi, 06 avril 2006 07:23

Je ne peux m'empêcher de penser qu'un bouquin recommandé avec autant d'insistance (vous l'avez conseillé dans On refait le monde plusieurs années d'affilée, ce qui a le mérite de la cohérence) doit vraiment être lu. Des que je reviens en France, je le commande. Je ne pense pas être déçu, connaissant déjà Melville.

Sinon, bravo pour votre blog, même si je suis loin de partager tous vos points de vue.

Ecrit par : Polydamas | jeudi, 06 avril 2006 07:53

Hé oui nous ne sommes que nos incohérences, errances. Quel que soit le cobalt qui nous forme, nous sommes de sable devant l’ami affligé. Tu fais un tout petit peu surgé et son chapitre de méditation quotidien. Va t-il orienter ma journée ?
Martin

Ecrit par : martin grall | jeudi, 06 avril 2006 08:26

Sans renier le dernier commentaire écrit il y a 5 minutes, c'est pas beau de manipuler !
Mais cette fois c'est sûr, je vais acheter ce livre ...
à bientôt !

Ecrit par : fanny guillot | jeudi, 06 avril 2006 08:50

"Pour la premiére fois de ma vie, une insurmontable et lancinante mélancolie s'empara de moi. Je n'avais connu jusqu'alors qu'une tristesse dépourvue de charme. Mais le lien d'une humanite commune m'entraina alors d'une manière irréversible dans le spleen"
Extrait de Bartleby the scrivener (Bartleby le scribe), d'Herman Melville (traduction de Pierre Leyris pour Gallimard).
Quel romantisme...
"Le lien d'une humanité commune".... il s'agirait donc de cela... ;)

Ecrit par : mise en abîme | jeudi, 06 avril 2006 10:27

Pour les amateurs d'images :
http://www.imdb.com/find?s=tt&q=Bartleby

Cordialement,

AnT, de chez Smith en face
xxx

Ecrit par : AnT | jeudi, 06 avril 2006 10:49

150 ans de révolution industrielle, sociale, sexuelle, même si ça n'a aucun rapport ici, et rien n'a changé.

Une petite vie bien réglée, un petit boulot bien tranquille, mais soudain on trébuche, on ne se relève pas assez vite, et puis on crève dans la rue comme un chien galeux.

Ecrit par : xolotl pichuan | jeudi, 06 avril 2006 10:54

Vi, vi, vi, vi, la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe.

Ecrit par : Pierre | jeudi, 06 avril 2006 13:11

C’est hors sujet : recherche sur Google : Iznogoud et v-latipas que je tombe sur Le grand vizir Iznogoud a pour unique ambition de devenir Calife à la place du Calife Haroun El Poussah. Cet être mauvais et risible est prêt à tout pour : Biographie Nicolas Sarkosy. Premier ministre et gouvernement. Puis plus bas Nicolas sarkosy présidentielle 2007 Au moins il ne se cache pas. Mais qui est Dilat Larath, son homme de main à tout faire ?

Ecrit par : martin grall | jeudi, 06 avril 2006 15:43

Des Dilat Larath, je ne crois pas que Sarko s'en traine ces temps-ci (pour rappel, Dilat Larath agit plutot en modérateur des ardeurs de son patron)

Ecrit par : xolotl pichuan | jeudi, 06 avril 2006 16:02

Dilat Laraht? Brice Hortefeux.

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 16:41

Hortefeux, un modérateur ??

c'est pas Hortefeux, c'est Boutefeux qu'on devrait l'appeler

Ecrit par : xolotl pichuan | jeudi, 06 avril 2006 16:59

Coluche disait "La société ne veut pas de nous, qu'elle se rassure, on ne veut pas d'elle".
J'aimerais appliqué cette idée, vivre sur un petit lopin de terre, un petit jardin, une véritable vie autarsique. Mais voilà, rêve impossible, même si le bien m'est acquis, même si je désire n'avoir aucun revenu, je serais toujours soumis à un impôt, donc à la recherche d'un pécule pour l'honorer. Puis si, au hasard des estimations immobilières, mon terrain devenait un paradis dans une contrée convoitée, je serais soumis à l'impôt sur les grandes fortunes. Si j'arrête mon entreprise ce jour, pour une raison de non rentabilité ou pour tout simplement changer de vie, je devrais m'aquitter sur l'année suivante, de l'impôt sur le revenu, de mes charges sociales. Si j'arrête de boire, de fumer, de rouler en bagnoles, de jouer au loto, d'acheter légalement tous ce que je consomme et bien je commence au moins à montrer que je ne veux plus d'elle.

Ecrit par : Philippe68 | jeudi, 06 avril 2006 17:44

BREF PASSAGE : je reviens plus tard, pardon Fanny mais de quelle manipulation parlez vous ? Je ne comprends pas ...

Ecrit par : guy birenbaum | jeudi, 06 avril 2006 18:39

Xolotl, je pensais Horftefeux dans le sens "Dilat, mon fidèle homme de main, essaye voir ce philtre magique" - pas dans le sens "calme-toi, Junior", naturellement. ;-)

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 18:41

Philippe68, parenthèse amusante:
une étude des plus sérieuses de F.-X. Emmanuelli sur les institutions françaises du XVIe au XVIIIe lâche au détour - sans aucune arrière-pensée politique - que les Français, quelle que soit leur extraction, et malgré les fortes disparités économiques, les lettres de cachets, une impressionnante pieuvre administrative, etc. - étaient en pratique et au quotidien au moins aussi libres qu'aujourd'hui - voire plus! - sous Louis XIV, avec un écart des revenus entre les plus pauvres et les plus puissants de loin bien inférieur. Amusant, non?

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 18:57

C'est compliqué à expliquer, et je ne suis pas sûre de faire passer mes messages ... En fait, j'ai maintenant un doute sur votre récit d'hier : et si c'était une leçon ? Vous servez vous de Melville pour expliquer l'émotion que vous avez ressenti, ou est ce un "canular" total ? juste un peu de poil à gratter pour attirer l'attention sur le vrai monde ?
Attention, je ne vous accuse toujours pas, juste ... je m'interroge sur vos intentions.

Pour ce qui est d'Iznogoud, à part la taille, la méchanceté, l'ambition, comme autre point commun, il y a aussi le fait qu'il se plante à chaque fois !

Ecrit par : fanny guillot | jeudi, 06 avril 2006 19:02

Persé,
C'est pas amusant du tout! tues dieu!
martin

Ecrit par : martin grall | jeudi, 06 avril 2006 19:08

C'est bizarre que notre brave est belle démocratie ne se soit pas interrèssé à un SMIC, Salaire Maximum Idéal et Cohérent, une estimation d'un revenu reconnaisant l'effort, la reconnaissance et l'humanité de tout actif aimant vivre en France, un salaire hors de la boulimie extrème d'hommes ou de femmes à 10 tubes digestifs et pourvus d'une soif de royaume.

Ecrit par : Philippe68 | jeudi, 06 avril 2006 19:22

J'ai tout lu mais je vais répondre à Fanny en priorité. C'est simple les choses se sont passés dans l'ordre indiqué. Une vraie rencontre. Une note. Votre énervement. Ma recherche dans Bartleby (mon livre préféré) d'un passage incroyablement raccord, la fin du livre. Il n'est pas envisageable d'inventer une histoire pareille (un canular !!!) pour faire le malin, encore moins la leçon. Et de quel droit ? Nous ne sommes pas dans le Cercle des poètes disparus, ce film facho ou un pseudo maître à penser fait faire ce qu'il veut à des disciples dominés ! Carpe diem n'est pas ma cup of tea ! Donc je ne crois pas du tout que je suis un filou, ni un surgé...

Ecrit par : guy birenbaum | jeudi, 06 avril 2006 20:32

Philippe68, "idéal et cohérent": vous ne trouvez pas ça sonne totalitaire à bloc?

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 20:47

Guy!!!! le Cercle des poètes disparus un film facho... pffff!!! Quelle sévérité! : )))
Auriez-vous occulté l'aspect romantique (au sens littéraire) de ce film, aspect développé tout autant, bien qu'avec beaucoup plus de maestria, dans Bartleby le scribe?? Votre avis (et en tant que tel je ne peux que l'accepter, sans obligatoirement le partager) n'est-il pas complètement réactionnaire sur le coup?
Un peu de mesure dans vos propos ne serait parfois pas de trop. Mais pour ça, il faut savoir prendre en considération 'l'autre'... Comme lors de votre geste d'hier midi!
Pas la peine de me répondre par un post assassin (qui me clouerait le bec quoi), je vous aime bien quand même :)))) malgré cette faute de goût!

Ecrit par : mise en abîme | jeudi, 06 avril 2006 21:04

Ce qui est totalitaire c'est de légiferer froidement un salaire minimum, juger par le bas. La cohérence doublée de l'idéal serait d'estimer la juste possibilité de bien gagner sa vie dans un environnement social équilibré. Il n'y a pas de cohérence, aujourd'hui, entre les salaires poussifs basés sur le smic et les charges de vie, loyer ect...

Ecrit par : Philippe68 | jeudi, 06 avril 2006 21:30

Nous sommes tous des Bartleby potentiels. Abandon du combat.
Je reste terre à terre et 1erdegretiste parcequ'à des années lumières de ceux pour qui l'argent coule à flot.
On ne peut pas comprendre ce que ces gens ressentent si on ne l'a pas vécu. Pas plus qu'on ne peut pas ressentir les sensations de montagnes russes en les observant.
Alors Guy c'est quoi? pas compris le poste d'hier. Poésie? Emotion? Prise de conscience? Oeuvre d'art vivante?(pas ça j'espere).

Ecrit par : bilal | jeudi, 06 avril 2006 21:40

@bilal :
LA CONFRONTATION AVEC LA RÉALITÉ...
@ miseenabîme :
Le cercle est à Bartleby ce que Bigard est à Desproges !

Ecrit par : guy birenbaum | jeudi, 06 avril 2006 21:47

Facho, le Cercle ? Je ne sais pas. Mais manipulateur, oui. A tout le moins, racontant une manipulation. Et c'est un prof, passionné par son métier et ses élèves, qui vous le dit.

Ecrit par : PMB | jeudi, 06 avril 2006 21:51

Réactionnaire?... hmmm...
C'est curieux cette propension ambiante et systématique qui consiste à qualifier de réactionnaire tout ce qui n'est pas de l'ordre de l'adhésion béate à l'évidence de la Voie du Bien Pour Tous...
L'Axe du Bien de gauche qui pourfend l'Axe du Bien de Bush - et vice versa - me terrorisent. Les Axes du Bien, les confréries de l'Idéal, les associations Infinite Justice, les Clémentine Autain, les Besancenot, les Poètes disparus, les Amélie Poulain, les gens qui ont le courage exemplaire d'être contre le sida, ceux qui "osent" dire qu'il faudrait que la pauvreté n'existe plus (waoh, il en faut, des burnes, pour lâcher ça!), ceux qui "se mouillent" vachement en "luttant" contre l'antisémitisme et toutes les formes de xénophobies (quel courage, d'autant que la Gestapo pourrait ressurgir d'une seconde à l'autre!) etc. me terrorisent par l'évidence de leur bonne foi incontestable et sans limites, et qui me pourrissent la vie à coup de guimauve et de bons sentiments.

En gros, je trouve que certains confondent tout avec tout. Mais je crois que c'est la mode.

Je trouve comme Guy que "Le Cercle des poètes disparus" est un film crypto-facho. Et même pas crypto, à la réflexion.

;-))) pour Bigard et Desproges!!!

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 22:20

Bref
I would prefer not to...

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 22:27

Perséphone : "guimauve et de bons sentiments". 'Le cercle des poetes disparus' reste une fiction.
Je pense pas qu'on puisse comparer un film à la réalité de la vie, aussi bon soit-il(meme si je trouve naze le cercle des boutoneux disparus).
Bref l'émotion ressortie d'un livre ou d'un film, même si elle est extremement forte, n'a rien, vraiment rien à voire avec la réalité de la vie.
L'incohérence symetrique, les sensations de pointillés, la chute brutale, la tete a l'envers, le vide, le noir, l'apnée nauséabond, le tiraillement, aucun metteur en scence ne pourra faire ressentir ça, aucun écrivain ne pourra le traduire.
.....

Ecrit par : bilal | jeudi, 06 avril 2006 22:41

bah voila, qu'est-ce que je disais!! Qu'est-ce que je peux répondre maintenant! J'ai l'air d'un âne ; ))

Ecrit par : mise en abîme | jeudi, 06 avril 2006 22:45

si si Zola

Ecrit par : Philippe68 | jeudi, 06 avril 2006 22:45

Bilal, c'est l'idéologie véhiculée par la fiction en question qui m'insupporte. Vous dites "Je pense pas qu'on puisse comparer un film à la réalité de la vie, aussi bon soit-il": je suis bien d'accord, mais il semble hélas que certains ont un mal de chien à faire la différence tant on les encourage à ne plus la faire.
Quant à "L'incohérence symetrique, les sensations de pointillés, la chute brutale, la tete a l'envers, le vide, le noir, l'apnée nauséabond, le tiraillement, aucun metteur en scence ne pourra faire ressentir ça, aucun écrivain ne pourra le traduire" je pense que vous vous trompez. Certains livres et certains films ont cet inouï talent de transcrire l'ineffable.

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 22:46

Mais non il n'en est pas question Mise en abîme!
Ou alors, j'en suis un autre! ;-))))

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 22:48

Mais arrêtez de massacrer ce film pitié!! Je ne l'ai vu qu'une fois à mes 16ans et j'en garde un très agréable souvenir....
Non mais quelle méchanceté quand même!! Je vous trouve bien aigri.....
Et puis il ne doit pas être si nul que ça, parce qu'il m'a sorti d'une secte (au sens propre), m'a ouvert à la littérature et m'a orienté vers un axe professionnel passionnant. Alors ? Tout n'est peut-être pas si critiquable dans ce film. Mais fermons la parenthèse, elle n'a aucune importance. (tout ceci est écrit avec un très large et franc sourire)
De plus je dois bien avouer que le message de Bilal est on ne peut plus exact! Vous voyez, je ne suis pas totalement perdu...

Ecrit par : mise en abîme | jeudi, 06 avril 2006 22:52

Mise en abîme, je respecte totalement vos sentiments à l'égard de ce film, et - Au Nom du Ciel! - comprenez que je ne cherche en aucun cas à vous convaincre de rejoindre mon opinion. Surtout, gardez la vôtre, elle vaut bien toutes les autres, et elle a surtout le mérite immense et indiscutable d'être à vous.
Je me répète sans doute, mais: vive la divergence d'opinions!!! ;-)

PS. Moi, je pleure à chaque fois que je vois E.T. - j'ai beau me raisonner, il n'y a rien à faire, ça ne rate pas! C'est vous dire!

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 22:59

... Mais sans doute nous ai-je un tantinet éloignés de Melville... ;-)

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 23:01

Au fait je peux dire que j'aime beaucoup Bigard? ptdr ("pété de rire" pour Guy).
Perséphone, le post dans lequel j'utilise le terme réactionnaire est au second degré.... mais c'est pas facile à faire passer par écrit, d'autant plus que je ne suis pas écrivain (cf"L'incohérence symetrique, les sensations de pointillés, la chute brutale, la tete a l'envers, le vide, le noir, l'apnée nauséabond, le tiraillement, aucun metteur en scence ne pourra faire ressentir ça, aucun écrivain ne pourra le traduire."de Bilal)
: ))))))))))

Ecrit par : mise en abîme | jeudi, 06 avril 2006 23:04

Mise en abîme, je suis contente de lire avec quelle honnêteté tu avoues
être sorti de cette secte que je méprise profondément. Tu le sais. Je veux te présenter mes excuses pour t'avoir délaissé ces derniers jours mais je suis rattrapée par l'actualité. Celle-là me dépasse car elle me concerne personnellement. Je bosse toujours sur le sujet que tu sais.
A + Corinne

Ecrit par : corinne | jeudi, 06 avril 2006 23:05

Mise en abîme je dois bien vous avouer que "La chauve-souris enragée" me fait marrer ;-)
Mais que devient le capitaine Achab?

Ecrit par : Perséphone | jeudi, 06 avril 2006 23:29

Corinne, je j'ai entendu aux infos en quoi cette actualité t'avait happée (je t'ai même entendue sur france info). J'ai trouvé très noble et courageuse ta réaction. Je suis de tout coeur avec toi.

Ecrit par : mise en abîme | jeudi, 06 avril 2006 23:53

S’il est possible ici de parler d’œuvres de cinéma et non de produits marketing de grande distribution, toujours sur le thème de la résistance infime, tragique et ô combien désarmante.

Mes films préférés :

« La solitude du coureur de fond » de Tony Richardson, 1962. Sublime liberté.

« Le feu follet » de Louis Malle, 1963. Noir et désinvolte.

« Naked » de Mike Leigh, 1993. Sombre et drôle.

« Charles mort ou vif » d’Alain Tanner, 1969. Manifeste anti conformiste.

Seuls de tels chefs d’œuvre peuvent faire dignement écho à la nouvelle de Melville.

Je conseille aussi le livre « Un homme qui dort » de Georges Perec écrit en 1967, et le film du même nom qui en est tiré, réalisé par Bernard Queysanne en 1973. Parenté évidente avec Bartleby.

Ecrit par : Anne | vendredi, 07 avril 2006 00:54

Merci Anne je n'ai rien vu de tout ça... Il y a des DVD ?
Corrine je t'embrasse bien sûr.
PMB c'est aussi en prof que je réagis sur le Cercle, tout à fait d'accord.

Ecrit par : guy birenbaum | vendredi, 07 avril 2006 06:40

Guy, je disais un petit peu surgé, s’iouplé pouvez-vous arrêter de vous justifier ! Chacun est un tout ! A prendre ou à laisser, à apprendre. C’est un bistrot, vous lisiez une page je l’ai lu. Cela à t-il changé ma journée, non, et oui. La permanence de la machine à broyer inhumaine et sans aucun sens. L’administration myope et cyclope. Le fait d’être toujours l’autre partie, moi et l’administration, moi et la religion, moi et l’autre machine anonyme. Seul face à tout. La sublimation du stalinisme passant liquide dans chaque pore de la république resurgit, avec son cortège de rien ne se passe sans souffrance. Oui, aurais-je ouvert la bible pour y rechercher le chapitre sur l’indépendance, sur l’esclave, épître retrouvé merci, Non. Recherché et publié le CPE-CNE fonctionnaire, Non. La V sans aucun sens, il fallait la supprimer avec la fin du Gaullisme. Quarante ans. Cela me fait penser à un livre d’anticipation lui aussi oublié. Une personne entretient une machine inutile mais dont il tient le pouvoir dont il détient le pouvoir et par laquelle machine il détient un pouvoir. Chaque jour son chauffeur l’amène au poste il appuie sur un bouton rouge devenu rose et beige par endroit …… La machine s’ébroue sans aucun signe d’existence, il se déplace en parade où chaque pas est mesuré, se place devant la vitre épaisse et regarde respectueux la coquille rutilante,… puis révérencieusement il ouvre un grand cahier et porte son incompressible pouvoir en la précautionneuse et calibrée écriture R-A-S, à la suite de tous les autres. Lui seul disposait de ce savoir R-A-S cela voulait dire que tout fonctionnait dans le plus grand silence. Puis il portait le livre dans l’autel à trois tiroirs métallique…..Puis avant de remonter en voiture il allait reprendre son souffle devant la sculpture un peu en contrebas un amas de profils métalliques plié avec des câbles qui retenaient des dominos de verre. Alors, il remontait en voiture, la porte maintenue ouverte par le chauffeur en livrée et parcourait les rues qui le menaient à sa résidence en baissant la vitre de son salon pour, condescendant dire quelques mots d’apaisement à chacun, tous, révérencieux et humbles…. Je le fais de mémoire, l’aurais-je retrouvé sous les plis, non. Le point qui permet le troisième côté du triangle de la mémoire, Melvile ? Bartleby ? le scribe oui. Ce fut une bonne journée. Je n’étais plus seul.Martin

Ecrit par : martin | vendredi, 07 avril 2006 08:23

Tous ces films (sauf celui de Queysanne qui est introuvable) sont disponibles à la location dans la meilleure vidéothèque de Paris :

VIDEOSPHERE
105 Bd ST MICHEL
75005 PARIS
Tel : 01 43 26 36 22

www.videosphere.fr

« Le feu follet » et « Naked » sont disponibles à la vente chez l’ami de BHL, en espérant qu’ils ne soient pas classés au rayon « films de guerre »…

Un conseil tout de même : à alterner avec « La mélodie du bonheur » et « Le magicien d’Oz » ;-)

Ecrit par : Anne | vendredi, 07 avril 2006 10:21

;)

Ecrit par : guy birenbaum | vendredi, 07 avril 2006 12:01

Pour le Feu follet, il existe un blog consacré à Jacques Rigaut
par son biographe.

http://rigaut.blogspot.com

Ecrit par : Marc | samedi, 08 avril 2006 10:20