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dimanche, 31 décembre 2006
Mise en abîme.
En avril 2006, j'ai déjà publié ce texte - fondateur - sur ce blog.
Mais il est enfoui dans les archives et seuls ceux qui le cherchent peuvent le trouver.
En ce 31 décembre, je ne veux que vous inciter à le lire et le relire.
(Vous) écrire au quotidien est une épreuve.
Elle s'est imposée à moi plus que ne l'ai voulu.
Mais je n'ai aucun goût pour les polémiques que lancent certains ici, dont le seul objectif est de faire remarquer qu'ils existent. En ce sens, je comprends leur solitude, mais ils finissent par ne plus être que de grimaçantes caricatures d'eux-mêmes.
Internet force ces traits au quotidien de façon spectaculaire.
Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Ni ici. Ni ailleurs.Je sais simplement que personne, nulle part, n'écrira des propos plus forts que ceux-là...
"Quelques jours plus tard, je fus admis de nouveau à pénétrer dans les Tombes (Tombs) et je parcourus les couloirs à la recherche de Bartleby, mais sans le trouver.
« Je l’ai vu sortir de sa cellule, il y a un petit moment dit un geôlier. Peut-être qu’il est allé flaner dans les cours (yards) ».
J’allai donc dans cette direction.
« Vous cherchez l’homme silencieux ? dit un autre geôlier en me croisant. Il est couché là-bas - endormi dans la cour. Il n’y a pas vingt minutes que je l’ai vu couché par terre. »
La cour était presque tranquille, car les prisonniers ordinaires n’y avaient point accès. Les murs d’une extraordinaire épaisseur qui l’entouraient ne laissaient venir à elle aucun bruit. Le caractère égyptien de cette maçonnerie pesait lugubrement sur moi. Mais un doux gazon captif croissait sous les pas. Le cœur des éternelles pyramides, eût-on dit, dans les fentes desquelles, par quelque étrange magie, des semences de gazon, chues du bec des oiseaux, avaient germé.
Etrangement recroquevillé au pied du mur, couché sur le flanc, les genoux repliés et la tête touchant les pierres froides : tel m’apparut l’émacié Bartleby (the wasted Bartleby). Mais rien ne bougeait. Je m’arrêtai, puis m’approchai tout contre lui ; je vis en me penchant que ses yeux voilés étaient ouverts ; par ailleurs, il semblait profondément endormi.
Quelque chose m’incita à le toucher. Je tâtai sa main : un frisson convulsif courut le long de mon bras et de mon échine jusqu’à mes pieds.
La face rondu du marchand de bouffe me dévisageait : « Son déjeuner est prêt. Est-ce qu’il va encore se passer de déjeuner aujourd’hui ? Il vit donc sans déjeuner ?
- Il vit sans déjeuner, répondis-je, et lui fermai les yeux.
- Hé ! … Il dort n’est-ce pas ?
- Avec les rois et les conseillers », murmurai-je. [« Avec les rois et les conseillers du pays, qui se bâtissent des solitudes » (Job, III, 14). (Note du Traducteur)].
Il n’y a guère lieu, semble-t-il, de pousser plus loin ce récit. L’imagination suppléera aisément au maigre exposé de l’enterrement du pauvre Bartleby. Mais avant de quitter le lecteur, qu’il me soit permis de lui dire que, si ce petit récit l’a suffisamment intéressé pour éveiller sa curiosité à l’endroit de Bartleby et du genre de vie qu’il avait pu mener avant que le présent narrateur eût fait sa connaissance, tout ce que je puis répondre, c’est que je partage pleinement ladite curiosité, mais que je suis complètement incapable d’y satisfaire. Je ne sais toutefois si je dois divulguer certaine petite rumeur qui vint à mes oreilles quelques mois après le décès du scribe. Sur quel fondement reposait-elle, je n'ai jamais pu le découvrir ; aussi suis-je incapable de dire dans quelle mesure elle est véridique. Malgré tout, comme ce vague bruit n’a pas été sans éveiller en moi certain intérêt suggestif, quelque triste qu’il fût, peut-être en sera-t-il de même pour autrui, et je vais le rapporter brièvement. La rumeur, donc, voulait que Bartleby eût exercé une fonction subalterne (a subordinate clerk) au service des Lettres au rebut de Washington (Dead Letter Office at Washington), et qu’il en eût été soudainement jeté hors par un changement administratif. Quand je songe à cette rumeur, je puis à peine exprimer l’émotion qui s’empare de moi. Les lettres au rebut ! Cela ne rend-il point le son d’hommes au rebut (Dead Letters ! does it not sound like dead men ?) Imaginez un homme condamné par la nature et l’infortune à une blême désespérance ; peut-on concevoir besogne mieux faite pour l’accroître que celle de manier continuellement ces lettres au rebut et de les préparer pour les flammes ? Car on les brûle chaque année par charretées. Parfois, des feuillets pliés, le pâle employé tire un anneau : le doigt auquel il fût destiné s’effrite peut-être dans la tombe ; un billet de banque que la charité envoya en toute hâte : celui qui eût secouru ne mange plus, ne connaît plus las faim ; un pardon pour des êtres qui moururent bourrelés de remords ; un espoir pour des êtres qui moururent désespérés ; de bonnes nouvelles pour des êtres qui moururent accablés par le malheur. Messages de vie, ces lettres courent vers la mort (On errands of life, these letters speed to death).
Ah ! Bartleby ! Ah ! Humanité !"
Extrait final de Bartleby the scrivener (Bartleby le scribe), d'Herman Melville (traduction de Pierre Leyris pour Gallimard).
La nouvelle Bartleby the scrivener paraît en 1856, dans Les contes de la véranda.
Melville a trente cinq ans.
Il va cesser d'écrire pendant trente cinq ans.
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Commentaires
Mouais... un peu facile...
J'dé-conne !!!!
A + :-)
Ecrit par : Vinvin | dimanche, 31 décembre 2006 10:33
Ecrit par : Mathieu | dimanche, 31 décembre 2006 10:46
Méfie toi, à force d'essayer de nous rendre moins cons, on va finir par le devenir.
Et là, elle sera où ta plus value ?
Si on devient tous intelligents et cultivés, comment distinguera-t-on l'élite ?
Ecrit par : Franssoit | dimanche, 31 décembre 2006 10:52
ce texte est très beau, comme tous les écrits de Melville d'ailleurs
et...qu'importe puisque nous courrons tous vers la mort, les uns plus pressés que les autres
mais je n'arrive pas à comprendre votre trop grande propension à juger vos lecteurs
je comprends mal que l'on puisse juger qui que ce soit, à fortiori sans les connaître autrement que par des commentaires souvent interprétés
et, enfin...et surtout suffit-il de qq mots ou idées jetées en pature à la horde sauvage pour se voir clouer au pilori de votre jugement ?
être en désaccord oui, mais juger au nom de quoi ?
et ne sommes nous pas, tous, et vous et moi la carricature grimance de nous-même ?
ceci dit...comme dit l'autre...j'aime bcp ce que vous faites...
Ecrit par : lesyeux | dimanche, 31 décembre 2006 11:15
Allez merci pour tes textes
ça fait reflechir, ca fait argumenter
bref ça le fait...
Ecrit par : olive from dublin | dimanche, 31 décembre 2006 11:22
En parlant de juger... Guy, puisque nous sommes dans une période de bestof, vous aviez réalisé un post merveilleux de caricature (et de véracité et justesse aussi) sur les "bloggueurs" et les gens qui venaient poster sur votre site. Me souviens plus trop quand (mais en lisant le terme "jugement" employé par lesyeux, je me suis souvenu de ça). Si vous avez pas envie d'écrire et que vous voulez nous faire le BestOf, ce dernier était pas mal du tout du tout du tout ^__^
Sinon idem que la dernière phrase des Yeux.
Bonne journée à tous (j'ai de la cuisine à faire)
Ecrit par : Falconhill | dimanche, 31 décembre 2006 11:23
Bonjour Guy, Bonjour à Tous,
Tant de choses s'écrivent grace ou à cause de la liberté d'expression que tant de démocrates autoproclamés ne cessent eux memes de dénigrer lorsqu'est émis ici ou là un point de vue diffèrent meme le plus marginal et insolite qui soit !
Alors oui c'est une bonne chose de saluer l'homme silencieux !
Pour ma part je continuerais alors à occuper mon temps de parole à convaincre mes contemporains qu'il n'y a RIEN !
Je tenterais face à leurs opinions si nombreuses et inutiles de leur faire observer la réalité, les faits objectifs tels qu'ils se déroulent et qui devraient conduire chaque homme au silence tels les animaux eux se gardant bien de "prendre parole inutile" !
C'est un tres long et pénible bavardage que de vouloir amener chacun à enfin se taire !
Ma raison intime ne regardant que moi c'est que j'aimerais tant non pas une minute de silence de temps à autre, mais en voeu pour 2007, une année pleine de silence pourvu qu'enfin je puisse entendre de la manière la plus juste le chant des oiseaux !
Vais je convaincre mes prochains, mes amis ?
Année 2007, année universelle de l'écoute en silence du chant des oiseaux ?
Ecrit par : Malbrouck | dimanche, 31 décembre 2006 11:23
" Je sais simplement que personne, nulle part, n'écrira des propos plus forts que ceux-là... "
Eh bien lisez des nouvelles d'Edgar Allan Poe et vous verrez la force qui se dégage de ses oeuvres traduites par Charles Baudelaire. http://fr.wikisource.org/wiki/Poe
Et une que j'apprécie particulièrement :
"Le puit et le pendule" --> http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Puit_et_le_pendule
Ecrit par : Ramico | dimanche, 31 décembre 2006 11:23
eh...malbrouck quelle éloquence pour intimer le silence ! vous etes un oxymore vivant ;))
malbrouck le nihiliste s'en va en guerre sur le net..
une idée pour guy : mettre en place un mot de passe d'accès à son blog qui ne filtrerait que les gens méritant la lecture de son blog, après un test qu'il concocterait avec ses propres critères
Ecrit par : lesyeux | dimanche, 31 décembre 2006 11:27
et qui fabriquerait des Bartleby, les yeux ?
Pendant longtemps j'ai cru que ce texte, comme tout Melville d'ailleurs à part des Moby Dick dénaturées, n'était plus qu'un petit secret connu d'une minorité. Merci à ce regain de popularité
Ecrit par : brigetoun | dimanche, 31 décembre 2006 11:34
Les Yeux
Je suis pret à endosser le monopole sur mon dos bien large au cuir épais d'oxymore vivant ! ;-))
Tu reconnaitras simplement qu'en cohèrence je n'utilise ma liberté d'expression que pour dénoncer et remettre en cause en le discutant, en le débattant, le concept meme de "démocratie" auquel très sincèrement je n'ai jamais cru une seule seconde !
La démonstration scientifique aboutie serait qu'on me fasse taire, qu'on me pende éventuellement, si telle marginale et unique vision au monde de la démocratie viendrait étrangement et mystérieusement à déranger, à déstabiliser "la pensée unique universelle" !
Plus je me revendique RIEN et plus les tenants d'un pouvoir fantasmé s'en trouve ébranlé ! Intéressant non ?
Tu noteras que le concept de "force" est retenu au sujet de l'homme silencieux ! On pourrait trouver étrange que ce mot "belliqueux" projection bien naturelle des hommes en quete EUX de pouvoir viennent décrire paradoxalement "l'homme silencieux" à son insu et malgré lui ! La Mort a toujours été pour moi le seul lieu d'existence réélle du pouvoir auquel ne peut rever que les vivants sans jamais pouvoir le trouver en toute logique, par nature ! ;-)
Ecrit par : Malbrouck | dimanche, 31 décembre 2006 11:46
Voila aussi pourquoi on n'écrit pas! Parce que de Melville on part pour l'éternité! Chaque mot ouvrant une porte ouvrant un autre monde! Et ce monde se succède en devançant celui qui sera. Cela apporte à chacun soit la permanence soit l'immensité! le big bang ou l'estuaire des eaux inconnues. La solitude s'est souvent être entre tous, souvent etre un pointillé qui unit pour constriure un autre. cependant personne ne le dira comme lui. Demain les bonnes résolutions une plume, un crayon, un clavier, tu ne toucheras! C'ets cool!
joyeuse fêtes à chacun.
Ecrit par : martingrall | dimanche, 31 décembre 2006 11:47
2007, année Jarry
Tout Ubu
Ecrit par : Ajamais | dimanche, 31 décembre 2006 11:54
brigetoun, c'est mon vieux prof de litterature qui m'a fait connaitre Melville, justement parce que Moby Dick ne m'avait pas plu
je connaissais cet ouvrage parce que mon prof me l'a donné à étudier et il m'a plu parce qu'i n'y avait aucune certitude à comprendre l'énigme du scribe
et si GB aime ce texte il devait se méfier de ses certitudes ;))
ce merveilleux prof qui m'a d'ailleurs donné le gout des mots et la grande précaution qu'il fallait prendre avec eux (et merci aussi à ... Bartleby ..) .et des livres
qu'il en soit remercié
Ecrit par : lesyeux | dimanche, 31 décembre 2006 11:54
Les Yeux
J'aime en vous ce rapport très humble aux mots et à cette question juste de nos certitudes et incertitudes conjuguées ! Vous m'etes très plaisante au fil des jours ! Sincèrement et souhaitons alors n'etre jamais en accord pourvu que les mots et le sens qu'on leur donne soient la seule raison du tourment de nos ames ! ;-)
Ecrit par : Malbrouck | dimanche, 31 décembre 2006 12:05
Cette visite mortuaire me remémore celle de Charles II, en 1700
"Le Roi d'Espagne est un grand malade qui ne bouge guere de son lit à baldaquin doré mais ce grand malade ne peut signer son testament.
On le pousse de toutes parts, il hésite encore, il mesure sans cesse le pour et le contre, affreusement conscient qu'avec sa mort se joue l'avenir de l'Europe.
Il est comptable de ce choix crucial devant Dieu; il le sera aussi devant ces prédecesseurs. Alors, cet agonisant plein d'angoisse trouve encore assez de forces pour se lever et se faire conduire, dans les souterrains de l'Escorial, jusqu'au Panteón de los Reyes , le Saint-Denis de la monarchie Espagnole...
Charles veut que ses aieux décident pour lui. Il commande que l'on ouvre le cercueil de son défunt pere, Philippe IV, mort lorsqu'il était tout enfant. On souleve le couvercle, révélant un squelette blanchi. Bleme, ruisselant de sueur, le Roi s'approche, contemple longuement ce fantôme, comme s'il en attendait une impossible réponse. Les ossements de Philippe IV se taisent, malgré le baiser glacé que le fils pose sur le front du crane sinistre et ricanant...
Et ce n'est pas fini !
Chancelant, le Roi se traine vers le caveau, où reposent les infantes et les reines morts sans enfants. Il exige qu'on ouvre la tombe de Marie-Louise. La ravissante jeune femme n'est plus qu'un amas de choses innommables, mais Charles reste là, à contempler la charogne qui fut son épouse bien-aimée. Il ose se pencher vers le magmas atroce, l'embrasser à l'emplacement du visage, inoublié et chéri.
Hagard, titubant, il repart vers une ultime étape, le "Putrido", le pourissoir, ce lieu où le cérémonial espagnol veut que les cadavres royaux séjournent cinq ans avant de recevoir leur sépulture définitive.
Repose encore au Putrido sa mere, qui fut la crainte de son enfance et de sa jeunesse. La Reine vivante l'effrayait; la Reine mort, en cours de décomposition l'épouvante.
Livide, Charles quitte la nécropole. A ses proches, il répond d'une voix blanche, celle de la tombe "je n'ai rencontré sous terre que des démons".("Madame de Maintenon" André Castelot)
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 12:19
@guy
Au travers de la loupe grossissante de nos écrans, bien sur qu'internet force le trait. Et ce aussi parce que nous avançons tous masqués dans ce bal de pseudos ou nous voulons connaître tout le monde et faire partie des cercles sans se dévoiler soi-même.
Alors oui, bien sur , certaines polémiques sont stériles et ne servent que la notoriété de leurs auteurs qui y trouvent la tribune confortable qu'ils n'auraient pas au café du commerce. Et alors ? Cela fait partie de la vie tout simplement, et on ne juge pas la vie.
Bonne ou mauvaise, l'humanité n'a pas changé. Elle à juste démultiplié ses moyens de communication.
Si ce blog tisse des liens entre les DELiens, et même si un Alien y apparaît, cela n'aliène pas notre liberté de penser, de panser, de passer, de pas assez . Et c'est très bien comme ça.
2007 va être une année chargée jusqu'a la gueule.
Bon réveillon à tous et prenez des forces, on en aura besoin
Ecrit par : Serval | dimanche, 31 décembre 2006 12:27
2007, profit en hausse, précarité en hausse, culture en baisse, création en baisse, Fulcanelli en balance,
Grateful DED
et bonne fêtes de fin d'année
Ecrit par : Fulcanelli | dimanche, 31 décembre 2006 12:38
Serval
Ce 31 Décembre comme chaque dernier jour de l'an on aura à redécouvrir ce qui aura marqué l'an écoulé et à l'instant j'observais cette gloire aux femmes dans le domaine sportif, Amélie Mauresmo, Laure Manaudou, en comparaison à un hypothètique vainqueur dopé du Tour de France et qui laisse augurer d'une révolution démocratique en marche par le Féminisme !
Si j'en juge par la fermeture définitive hier midi aux inscriptions sur les listes éléctorales pour 2007 dont l'information du jour nous confirme le record historique "d'adhésion" populaire, tout prete à penser que là aussi s'est joué le vent de l'Histoire dont l'analyse en temps réél ne peut etre à hauteur d'hommes ! Nous n'en sommes bien naturellement pas à la mesure !
Attendons alors le commentaire du 31 décembre 2007 nous informant en temps utile de ce qui aura marqué l'année "qui va s'ouvrir demain" et qui offrira à voir à 20H pour la première fois de l'histoire de France, une femme présenter ses voeux à l'ensemble de la Nation !
Vivement l'année prochaine ! ;-)
Bonne journée et Bon Réveillon à Tous !
Ecrit par : Malbrouck | dimanche, 31 décembre 2006 12:58
Vivement l'année prochaine malbrouck
C'est ce qu'on se dit tous les ans....
Mais bon, soyons gais, soyons fous...c'est le reveillon
Et vive les femmes !!!!
Ecrit par : Serval | dimanche, 31 décembre 2006 13:43
Imaginez le fabuleux destin de Bartleby avec son énigmatique « Je préférerais pas » « I would prefer not to » dans la France d'après ?
L'élection présidentielle française de 2007, c'est un peu la chance aux chansons. Diam's kiffe Ségolène, Johnny râle qu'il y a tous en nous 'quelque chose de Sarkozy'. Joey Starr nike tout en épousant la cause du facteur Besancenot… Ce n'est plus une campagne électorale, c'est un vieux programme de juke-box !
Plusieurs grands journaux anglo saxons et européens font le bilan des années Chirac ... Terrible.
Extraits.
"Il n’est pas seulement un dinosaure s’avançant péniblement vers sa fin, accroché au pouvoir et incapable de sortir son pays de la spirale de discrédit dans lequel il est plongé. Jacques Chirac EST la véritable tragédie française. Silvio Berlusconi incarnait (et incarne encore) la politique-spectacle et une forme de délinquance au pouvoir. Chirac, lui, incarne en outre un immobilisme décadent et une vision de la politique comme une activité ténébreuse, faite de conspirations de palais et de petits arrangements entre amis. Le tout dans un seul et unique but : conserver le pouvoir."
"Le pathétique de la situation est tel que la “chiracophobie” est devenue une sorte de sport national, et même un filon commercial."
"De Gaulle a un aéroport et une place. Pompidou, un centre d'art moderne et une voie rapide, Mitterrand une bibliothèque et même un bout de quai au bord de la Seine.
Quant à Chirac, la ville devrait penser à rebaptiser à son nom la rue de Vaugirard. Après tout, c'est une des plus vieilles rues de Paris. Elle fait des tours et des détours dans toutes les directions et ne termine nulle part. Une belle idée pour une rue Jacques-Chirac."
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/12/24/AR2006122400560.html
http://news.independent.co.uk/europe/article2108168.ece
Ecrit par : Jaaaaaaames B | dimanche, 31 décembre 2006 13:46
GB ne voyez vous pas l'écart abyssal entre votre texte et celui de Melville ? non ?
Quand on tient un blog aussi rentable grace à ses lecteurs, on devrait avoir un peu plus de reconnaissance envers eux.
Mais bon vous aimez le pouvoir: traite les comme s'ils étaient tous coupables !
Et les coupables roulent sous le tapis comme je viens de le lire.
Bonne année par avance! ET que les coupables lecteurs continuent de vous nourrir.
Ecrit par : om | dimanche, 31 décembre 2006 14:04
"Blog aussi rentable"... Mouarfffff, il est bon celui là... Allez, ce soir c'est la fin de l'année : peut être le miracle de la StSylvestre avec la guérison des trolleries aigues de certains :)
Enfin, ça fait bien de rire un peu parfois :)
Ecrit par : Falconhill | dimanche, 31 décembre 2006 14:10
Falcon, nous sommes tous des trolls. Yen a des fayots impuissants c'est tout.
Ecrit par : om | dimanche, 31 décembre 2006 14:12
et surtout Falcon: le talent d'inventer parfois "je préfèrerai ne pas..."
N'est ce pas "Falcon" ?
Alle: bonne continuation la gremlin, continuez de dilapider votre imaginaire dans le web inutile sauf pour les pépettes
Ecrit par : om | dimanche, 31 décembre 2006 14:15
Would you prefer not to have a blog, Guy?
Sinon, quel talent, nous faire lire du Melville en écoutant... du Melville! Bon d'accord je sors... :-) Et pas la peine de créer une sous-commission des "fonds sonores du DEL"...
Sinon, bonne année 2007 Guy! Et à vous tous!
Ecrit par : Charles | dimanche, 31 décembre 2006 14:15
Selon le calendrier pataphysique nous sommes du 29 décembre au 25 janvier dans le mardi 2, mois du décervelage, an 134.
Ecrit par : Ajamais | dimanche, 31 décembre 2006 14:17
@ Falconhill
Ne perd pas ton temps....
Ne pas répondre est aussi une réponse....
Et bon réveillon Gardois ;-))
Ecrit par : Serval | dimanche, 31 décembre 2006 14:19
Selon le calendrier pataphysique nous sommes le mardi 3 décervelage (du 29 décembre au 25 janvier), an 134.
Ecrit par : Ajamais | dimanche, 31 décembre 2006 14:20
Serval+serval = cerveau
Promis Serval
Je reviens en 2007, tu pourras enfin dire des choses digne d'un cerveau non servil
Ecrit par : Serval 2 | dimanche, 31 décembre 2006 14:21
"Imaginez un homme condamné par la nature et l’infortune à une blême désespérance ; peut-on concevoir besogne mieux faite pour l’accroître que celle de manier continuellement ces lettres au rebut et de les préparer pour les flammes ? Car on les brûle chaque année par charretées." Melville
Ca me fait penser à 'info que j'ai lue quelque part (publiée aussi par La Dépèche du midi le 22.12.2006) sur les 1000 tonnes de bulletins Lionel Jospin de l'élection 2002 qui ont été vendues pour recyclage par l'Imprimerie Nationale pau prix de 500000€ (soit 500€ la tonne de papier!).
Sic transit gloria mundi.
Zgur
Ecrit par : Zgur | dimanche, 31 décembre 2006 14:31
"Lorsque l'enfant était enfant, il marchait les bras ballants, voulait que le ruisseau soit rivière et la rivière fleuve, que cette flaque soit la mer... Lorsque l'enfant était enfant, il ne savait pas qu'il était enfant, tout pour lui avait une âme et toutes les âmes étaient une... Lorsque l'enfant était enfant, il n'avait d'opinion sur rien, il n'avait pas d'habitudes, il s'asseyait en tailleur, démarrait en courant, avait une mèche rebelle et ne faisait pas de mines quand on le photographiait..."
. "Lorsque l'enfant était enfant, ce fut le temps des questions suivantes: pourquoi suis-je moi, et pourquoi pas moi ? Pourquoi suis-je ici et pourquoi pas là ? Quand commence le temps et où finit l'espace ? La vie sous le soleil n'est-elle pas un rêve ? Ce que je vois, entend, sens, n'est-ce pas simplement l'apparence d'un monde devant le monde ? Le mal existe-t-il vraiment et des gens qui sont vraiment les mauvais ? comment se fait-il que moi, qui suis moi, avant de devenir, je n'étais pas, et qu'un jour moi, qui suis moi, je ne serai plus ce moi que je suis ?"
....Wim Wenders et Peter Handke .... Les ailes du désir.
Ecrit par : fanny | dimanche, 31 décembre 2006 14:32
@om : mais oui mais oui. Bien sur. Il n'empeche : tu viens une nouvelle de fois de dire une énormité (rentabilité du blog, je rigole encore). Mais je pense qu'en fait, tu cherches les coups, tu cherches à ce qu'on vienne tourner autour de tes bétises. Et le pire (le pire...), c'est quand je lis des choses aussi idiotes, je fonce dedans. Mais je rigole vois tu, c'est amusant... Je pense qu'en fait tu ne penses pas tout ce que tu écris. Mais tu as raison de t'amuser sur Internet. Profite cher compagnon de blog, profite :)
Sinon, tu ne connais pas la série d'expression : "je préfererai ne pas", qui fait qu'en fait tu es toujours positif même dans la négation ? J'aime bien, cela m'amuse ^^
Bonne aprésmidi à tous (quelle chaleur).
Ecrit par : Falconhill | dimanche, 31 décembre 2006 14:38
@Serval : mince, je t'ai loupé :-) Trop tard j'ai cliqué sur "envoi" et je sais que tu as raison... Mais franchement, il est tellement amusant le trolleur aux 1000 pseudos qui, oh, une fois par quinzaine, se répand en Adieux aux larmes. Joies d'Internet, on joue.
Bon réveillon à toi aussi, ami bloggueurs griffus de je ne sais où ^___^ (je vais commencer à aller aux fourneaux là, ça devrait donner ce soir... Et coté vin, rhaaaaa, j'ai mis de coté un Haut Médoc, un Jurançon, et quand même un Lirac pour le fromage... Miam)
Allez, bonne aprésmidi à tous (et re "quelle chaleur" ^^)
Ecrit par : Falconhill | dimanche, 31 décembre 2006 14:57
Haut médoc ? Jurancon ? Lirac...
J'amene le tire bouchon ;-)))))
Blague à part je vais faire un anti reveillon avec des amis au son des clash, des sex pistols et de musique un peu plus douce aussi (faut ce qu'il faut...)
les vins sont titrés, les champagnes millésimés, le Pere Labat à 59°....
Est il utile de préciser que j'emmene mon sac de couchage ? ;-)))))
@ bientôt
Ecrit par : Serval | dimanche, 31 décembre 2006 15:07
Moby est effectivement de la famille d'Herman.
De son vrai nom Richard Melville Hall, Moby est né le 11 septembre 1965 à Harlem, à New York. Son père, James Hall, est un professeur de chimie, sa mère Elizabeth McBride Warner, une secrétaire médicale. C’est elle qui le surnomme Moby, en hommage à son arrière-arrière-grand-oncle Herman Melville, l'auteur du célèbre roman Moby Dick.
Ecrit par : g.b. | dimanche, 31 décembre 2006 15:20
Merci Fanny? Et cet enfant consciemment sait être le futur et sept jours plus tard. il décidera,'' et Pis Fanny'', avec la galette de son roi et cette année seulement une lentille en lieu et place de la fève et que va t elle grossir ou éloigner!
Ecrit par : martingrall | dimanche, 31 décembre 2006 15:26
Mince, moi j'essaye de faire un page culture avec l'héritage des morts, et la visite de Charles II au panteon de los reyes, et gb enchaine sur Moby... Pffff
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 15:37
Moi aussi, je comprends votre solitude, Birenbam... et donc je vous "pardonne" de prendre publiquement la parole sur un blog pour rabâcher tout le temps le même type de propos. Démarche qui fait que peut-être je ne perçois de vous qu'une grimaçante caricature de vous-même...
Ecrit par : Jacques Adam | dimanche, 31 décembre 2006 15:47
Jacques Adam, c'est un peu le Javert de Guy, non ?
Zgur
Ecrit par : Zgur | dimanche, 31 décembre 2006 15:53
ben jacques adam...vous voilà investi du pardon divin ?
le pardon libère de la rancoeur, ce n'est pas de grandeur d'a^me que l'on pardonne, c'est très interessé
vous voilà donc libéré de votre rancoeur envers GB, vous allez pouvoir l'aimer....
Ecrit par : lesyeux | dimanche, 31 décembre 2006 16:00
Pas si faux Falcon...
Bref j'ai vraiment bien aimé ce blog, y venir comme ds un bar. J'ai rencontré vraiment de sacrés personnes:
Gender Studies Asecos etc
Des analyses zarb avec écriture encore plus zarb: Martingrall Malbrouck Vive le feu Esther Sacha Mathieu Céleste Anne Fulcanelli ... même si prfois j'ai eu l'impression d'en avoir 8 pour le prix d'un...
Bref à boire et à manger ! Merci j'avais soif et la dalle !
En plus c'est rassurant de voir que quasi tout le monde est cinglé ds son genre.
Merci à Lancelot de m'avoir ouverte cette porte et sans rancune !
OM disparait du Net pour votre plus grand plaisir !
Bonne continuation à Tous et que 2007 ne nous fasse pas peur !
OMmmmmm
Ecrit par : om | dimanche, 31 décembre 2006 16:12
@ gb : vite, vite, Jacques Adam te pardonne !!!! Oui oui, il a décidé de devenir magnanime pour 2007, et il te pardonne. Si ce n'est pas beau. On dirait de la Marie-Ségolene Royal. Ca en a l'odeur en tout cas...
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 16:13
@ gb : vite, vite, Jacques Adam te pardonne !!!! Oui oui, il a décidé de devenir magnanime pour 2007, et il te pardonne. Si ce n'est pas beau. On dirait de la Marie-Ségolene Royal. Ca en a l'odeur en tout cas...
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 16:13
puisque j'ai lu que bcp sont en train de déboucher leurs bonnes bouteilles et leurs meilleurs crus, je vous invite à participer à la défense des vignobles de Margaux et des médocs qui risquent d'etre éventrés par le tracé autoroutier du contournement de Bordeaux par l'ouest
cela me tient à coeur...saccager notre patrimoine (et ma région natale) pour des engins à polluer est inacceptable
http://www.margaux-danger.com
Ecrit par : lesyeux | dimanche, 31 décembre 2006 16:28
Om, j'espère que ce ne sont pas des adieux à la PMB !
Ecrit par : PMB | dimanche, 31 décembre 2006 16:33
@OM : bon, tu reviens demain sans fautes, hein ;-)
(le pire est que tu nous manques lors de tes départs pendant 24 heures ^____^ et tu le sais, hein, petit galapiat, va... ^__~)
@LesYeux : Trés beau combat. Je souscris à fond ! (je viens de mettre dans ma carafe à respirer un Haut Medoc de 2001, j'espere qu'il sera bien ^^)
Ecrit par : Falconhill | dimanche, 31 décembre 2006 16:44
@ Falco : le 2001 était décrié a l'époque (comme le 99), mais finalement il a bien vieilli. J'ai opté pour du Chateau Mondotte dans le Saint-Emillion (2001 aussi), mais je pourrais bien jeter mon dévolu sur un Pomerol (un Château Certan 2000 qui me fait de l'oeil...).
Enfin, on verra...
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 16:54
Pendre Saddam c'est mal, mais mettre des majuscules aux vins c'est très mal ! On dit un pomerol, un saint-émilion. Et surtout, on boit un gaillac doux.
Ecrit par : Margot | dimanche, 31 décembre 2006 17:04
Excuse-moi Margot, mais sur mes bouteilles, il y a bien une majuscule ;-)))) Et puis si je veux boire un Pomerol, j'ai le droit, non ?
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 17:17
@ Bruno Lamothe ;-)
Sur les bouteilles, oui, mais pas dans une phrase, espèce de Philistin ! Zêtes juste bon à boire du château-bercy !
Allez, bonne cuite quand même...
Ecrit par : Margot | dimanche, 31 décembre 2006 17:24
Faut pas se facher Margot...
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 17:40
Non, faut s'marrer ;-)))))))))))))))))))
Ecrit par : Margot | dimanche, 31 décembre 2006 17:51
Si on aime le vin comme nous, on appelle les bouteilles en leurs donnant un nom. Moi ce soir, aprés le Haut Médoc, cela sera une Cuvée Syrah du Domaine Assémat (Lirac), et avant, un Jurançon pour le foie gras, et pi j'hésite pour le Saumon entre un Saumur et un Cairanne Blanc de chez moi...
Et avec tout ça, ce n'est pas une cuite mais du plaisir, que du plaisir. Et de l'amour aussi. Miam. (et pi j'aime donner des majuscules aux choses que j'aime et que je respecte ^^)
@Bruno : les 2001 de Bordeaux sont pas top ? Je ne connais pas trop le Bordeau en fait, mais je te dirai ce que j'en pense :) Et pi t'as raison : faut pas se facher sur du vin :)
Bonne fin de journée à tous
Ecrit par : Falconhill | dimanche, 31 décembre 2006 17:55
Hawk's Hill ;-)
Le saumon, sur nos bords de Loire, il y a un siècle, un règlement interdisait d'en faire manger trop souvent aux ouvriers ! Il y a moins d'un siècle (allez, un demi-siècle) un pêcheur en Loire, quand il était à l'alose et qu'il ne devait pas quitter son guideau de huit jours, pouvait cuire sa soupe à l'eau du fleuve ! Aujourd'hui, il n'oserait même pas se laver les mains avec...
Ecrit par : Margot | dimanche, 31 décembre 2006 18:07
Pas envie de vous souhaiter une bonne année pour plein de raisons, dont celles de Fulca et aussi parce qu'il n'y a rien de plus con, d'inutile, d'hypocrite et de convenu sans sentiment.
Par contre, j'ai envie de tous vous remercier.
Juste d'être là.
Et de remercier Guy, pour avoir créé ça.
Ecrit par : Sacha | dimanche, 31 décembre 2006 18:15
@ Falco : le 2001 était décrié EN 2001, mais en fait, c'est une année excellente, parce que le vin a bien vieilli...
@ Sacha : puis-je te dire que malgré nos chamailleries je t'aime beaucoup, en autres pour ce que tu viens d'écrire ?
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 18:28
"Et de remercier Guy, pour avoir créé ça." --> Pareil que Sacha.
Et pareil que Sacha aussi se rituel de la bonne année. L'an passé au bureau, j'adorais tous ces cons venir me serrer la main, et me dire un "bon année surtout" (et moi de répondre "moui, pareil...") alors qu'on ne s'aime pas et qu'on ne se parlait pas. Belle hypocrisie.
Enfin, il n'est pas hypocrite de présenter, une fois par an au moins, tous ses voeux de bonheur à ceux qu'on aime, qu'on respecte. Simplement, au moins, pour leur rappeler qu'on les aime... C'est con, c'est cucu, mais bon... Mon coté "bisounours crétin" sans doute, mais j'aime bien. Aux gens que j'aime bien...
@Margot : Bords de Loire... Es tu bord de Loire vers la mer, ou vers le Forez ? En tous cas, sur les bords de mon petit Rhone, le saumon on l'importe de Norvege (mon favori ^^), et j'adore.
Et pi j'ai voté : ça sera Saumur. Comme ça, je fais presque toute la France des vins à ma table (me manque que la Bourgogne : pour la chandeleur, un Mersault avec les crepes, ça va pas ? ^^)
Bonne soirée à tous. Et à demain sans doute, on changera pas en 2007 nos bonnes habitudes ;-)
Ecrit par : Falconhill | dimanche, 31 décembre 2006 18:34
@ Falco : bon reveillon.
Il y a aussi bord de Loire vers Nevers.... Ahhh, la bourgogne...
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 18:39
@ g.b , Falcon, bruno, les yeux, Ajamais et tous les autres que j'oublie
Je vous dédie cette chanson du grand Louis Amstrong.
Passez un bon réveillon et souhaitons nous pour 2007 "A wonderful world"
I see trees of green
Red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself
What a wonderful world
I see skies of blue, and clouds of white
The bright blessed day
The dark sacred night
And I think to myself
What a wonderful world
The colours of the rainbow
So pretty in the sky
Are also on the faces of people passing by
I see friends shaking hands, asking "How do you do ?"
They're really saying "I love you"
I hear babies cry
I watch them grow
They'll learn much more
Than I'll ever know
And I think to myself
What a wonderful world
Yes, I think to myself
What a wonderful world
@+
Serval
Ecrit par : Serval | dimanche, 31 décembre 2006 18:50
Mouais, Nevers t'es loin des vignobles historique de Bourgogne. Tu es éventuellement prés de Sancerre, mais je ne suis pas sur que ces blancs (que j'ai découvert grace aux Centrales Nucléaires à coté, gomen masai...) appartiennent à la Bourgogne.
Mais la Loire arrose pas mal de jolies coins. Sancerre donc, tu la descends et aprés les coteaux du Giennois, aprés Orléans, tu as les vins de Chambord. Le Menetou Salon, c'est v'aiment bon. Puis le Chinon (miam le Chinon !!!), les vins de Tourraine, le Vouvray (miam le VOuvray), et avant la mer, les Muscadet, les Anjoux... Non, bien la Loire :)
Dans "Domaine d'Extension de la Lutte", y a Domaine ^___^
Ecrit par : Falconhill | dimanche, 31 décembre 2006 18:51
J'adore Woderful World... Thanks ami griffu du net
Ecrit par : Falconhill | dimanche, 31 décembre 2006 18:54
@ Tous (et bien sur Serval, Falco, et gb) : Bonne soirée, bon reveillon pour ceux qui fetent.
Et pour ceux qui ne fetent pas (pas envie ou pas les moyens) : courage, c'est bientot fini...
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 18:56
@ Serval : Merci pour la dedicace
Aux memes :
Pour aller à la Préfecture
Prends la route numéro trois
Tu suis la file des voitures
Et tu t'en vas tout droit, tout droit...
C'est un billard, c'est une piste,
Pas un arbre, pas une fleur,
Comme c'est beau, comme c'est triste,
Tu feras du cent trente à l'heure
Mais moi, ces routes goudronnées,
Toutes ces routes
Me dégoûtent,
Si vous m'aimez, venez, venez,
Venez chanter, venez flâner
Et nous prendrons un raccourci :
Le petit chemin que voici...
Ce petit chemin... qui sent la noisette
Ce petit chemin... n'a ni queue ni tête
On le voit
Qui fait trois
Petits tours dans les bois
Puis il part
Au hasard
En flânant comme un lézard
C'est le rendez-vous de tous les insectes
Les oiseaux pour nous, y donnent leur fêtes
Les lapins nous invitent
Souris-moi, courons vite
Ne crains rien,
Prends ma main
Dans ce petit chemin !
Les routes départementales
Où les vieux cantonniers sont rois
Ont l'air de ces horizontales
Qui m'ont toujours rempli d'effroi...
Et leurs poteaux télégraphiques
Font un ombrage insuffisant
Pour les idylles poétiques
Et pour les rêves reposants...
A bas les routes rabattues
Les tas de pierres,
La poussière
Et l'herbe jaune des talus...
Les cantonniers, il n'en faut plus ! ...
Nous avons pris un raccourci :
Le petit chemin que voici...
Ce petit chemin... qui sent la noisette
Ce petit chemin... m'a tourné la tête
J'ai posé
Trois baisers
Sur tes cheveux frisés...
Et puis sur
Ta figure
Toutes barbouillée de mûres...
Pour nous observer, des milliers d'insectes
Se sont installés par dessus nos têtes
Mais un lièvre au passage
Nous a dit "Soyez sages !"
Ne crains rien
Prends ma main
Dans ce petit chemin !
(Mireille et Jean Nohain - 1933)
Ecrit par : Bruno Lamothe | dimanche, 31 décembre 2006 19:01
(Hak's Hill, Margot me prie de vous dire que sa Loire est à la sortie de l'Anjou - me f'rais bien un coteaux du layon, moi)
GB nous parle d’un texte fondateur. Le mien (un des miens) vient de Pleure ô Pays Bien-Aimé (Alan Paton). Fondateur de mon pessimisme dans le combat contre l’asservissement (et ce n’est pas une raison pour l’abandonner)
...
Il y a une jolie route qui mène d’Ixopo dans les collines. Ces collines sont couvertes de prairies, vallonnées et plus charmantes qu’on ne saurait dire ou chanter. La route y monte pendant douze kilomètres jusqu’à Carisbrooke et, de là, lorsqu’il n’y a point de brouillard, l’on découvre à ses pieds une des plus belles vallées d’Afrique. Alentour s’étendent herbages et fougères et l’on entend au loin le cri du titihoya, l’un des oiseaux du veld. Plus bas coule l’Umzikulu qui vient du Drakensberg et s’en va vers la mer et, de l’autre côté du fleuve, les hautes chaînes de collines se dressent les unes derrière les autres jusqu’aux montagnes d’Ingeli et d’East Griqualand.
La prairie est riche et touffue, l’on ne voit pas le sol. Elle retient la pluie et le brouillard qui pénètrent dans la terre, alimentant des ruisseaux dans tous les ravins. Elle est bien entretenue, et il n’y a pas trop de troupeaux pour la paître, pas trop d’incendies pour la dévaster. Déchaussez-vous pour y marcher, car cette terre est sacrée et telle qu’elle sortit de la main du Créateur. Protégez-la, gardez-la, nourrissez-la car elle protège les hommes, garde les hommes, nourrit les hommes. Détruisez-la et l’homme est détruit.
L’herbe alentour est riche et touffue et l’on n’aperçoit pas le sol. Mais les riches collines vertes s’interrompent. Elles descendent vers la vallée et, en descendant, changent de nature. Elles deviennent rousses, elles se dénudent ; elles ne retiennent plus la pluie ni le brouillard, et les ruisselets sèchent dans les ravins. Trop de troupeaux en paissent l’herbe et trop d’incendies les dévastent. Chaussez-vous bien pour marcher sur cette terre, car elle est rude et dure et les pierres sont coupantes sous les pieds. Elle n’est point entretenue ni gardée ni nourrie, elle ne protège plus les hommes, ne garde plus les hommes, ne nourrit plus les hommes. Et il y a bien longtemps qu’on n’entend plus ici le cri du titihoya.
Les grandes collines rousses se dressent, désolées, et la terre s’en arrache comme de la chair. Les éclairs flamboient au-dessus d’elle, les nuages se déversent sur elle, et les ruisseaux morts se remettent à couler gonflés du sang rouge de la terre. En bas, dans les vallées, les femmes grattent ce qui reste de terre arable et le maïs atteint à peine la hauteur d’un homme. Ce sont des vallées de vieillards, de femmes et d’enfants. Les hommes sont partis, les jeunes sont partis. Le sol ne peut plus les nourrir.
‘fin du livre)
Oui, c’est l’aurore. Le titihoya s’éveille et commence à jeter son cri mélancolique. Le soleil touche de lumière les montagnes d’Ingeli et d’East Griqualand. La grande vallée de l’Umzikulu est encore plongée dans l’obscurité, mais la lumière y pénétrera aussi. Car c’est l’aurore qui s’est levée comme elle se lève depuis un millier de siècles sans jamais y manquer. Mais quand se lèvera l’aurore de notre libération, celle qui nous délivrera de la peur de l’esclavage et de l’esclavage de la peur, cela est un secret.
Bonne année quand même.
Ecrit par : PMB | dimanche, 31 décembre 2006 19:12
Bonsoir a tous,
contrairement a Sacha, je ne remercie pas GB de tout ça et je vous souhaite à tous une très belle année. Sacha, Franchement, on dirait du David Nolande...quand je pense qu'il y a a peine qqs mois, tu tentais de monnayer nos contributions sur le DEL au titre de notre contribution a son succès intersidéral, je me dis que tu es tombée bien bas et qu'il est tant que 2006 s'en aille et que ta hyenitude revienne. En ce qui me concerne, cette fichue année a commencé a être assez passionnante seulement cette nuit aux alentours de 4h, donc je la laisse filer avec plaisir...
Alors voila,
je souhaite qu'a minuit, il y ait zéro connectés sur ce blog, signe que chacun aura un peu de chaleur humaine à ce moment.
je souhaite a GB plein de Delistes encore plus scrupuleux et casse couilles
je souhaite a Malbrouck de perdre sa touche "!"
je souhaite a Fabien Falcon d'etre pris d'une farouche envie de m'envoyer des caisses de vin
je souhaite a Delphine de ne pas avoir a faire la bise a tous ses avatars,
je souhaite a om de se rabaisser a mon niveau pour que je puisse comprendre au moins un message sur dix
je souhaite a Bruno de comprendre que laurentfabius2007 ca le fait moyen
je souhaite a tous les autres d'autres choses que ce qui précède,
je souhaite que personne ne se renfrogne de ce qui précède, on a le droit d'être taquin merde,
je souhaite a Saddam Hussein un livre chez privé sur le saut à l'élastique
je souhaite que Sarkozy fasse autant de discours pourris que son allocution de ce jour à orleans
je souhaite une 6eme republique a mon pays,
je souhaite que les dictateurs meurent autant que cette année, mais jugés.
je souhaite de trouver enfin le courage de repeindre le mur avec le premier qui me dira "et surtout la santé"
Reste a trouver qqchose pour Sacha, je creuse.
A l'année prochaine,
et bien sûr Guy, it was a joke : merci.
Thomas, membre de l'internationale des fans absolus de Melville
Ecrit par : Thomas | dimanche, 31 décembre 2006 19:19
merci serval et les autres pour ces mots et ces musiques de talents...
je ne fete rien ce soir, parce que pas envie et parce que demain est tjs un autre jour
mais ça ne m'empechera pas de boire un bon vin et d'écouter de la musique
quand tout s'agite autour de soi, et qu'on ne comprend pas tjs tout, c'est apaisant et ça enveloppe comme dans un cocon
emportez vos duvets pour dormir sur place si buvez du vin ou du champ, laissez vos clefs de voiture ds vos poches et profitez...
Ecrit par : lesyeux | dimanche, 31 décembre 2006 19:21
Boudiddiou ! Zé oublié mclane ! Ze gaffe qui tue
mclane, je te souhaite un très beau livre, et une bonne bouffe bientôt, mais tu vien sans ton annuaire.
Ecrit par : Thomas | dimanche, 31 décembre 2006 19:23
Moi je vous souhaite plein de belles choses. A vous, et à tous ceux que vous aimez.
Ecrit par : paranoiac | dimanche, 31 décembre 2006 19:54
Silence.......
Que la joie soit dans les coeurs.
Bonne année 2007.
Ecrit par : Olivier de Melgueil | dimanche, 31 décembre 2006 20:26
....pas depuis l'Elysée mais ça viendra ! ;-))
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=actualites&actu=529
Ecrit par : Malbrouck | dimanche, 31 décembre 2006 21:15
rien ne me sera épargné malbrouck....;))
Ecrit par : lesyeux | dimanche, 31 décembre 2006 23:06
Meilleurs voeux Sacha. C'est très sincère."Virtuel" peut-être, mais sincère ;);))
Longue vie au DEL et à tous ceux qui le font vivre (segophages compris;)
2007 sera une année très courte: elle ne compte que pour 2 jours. Le temps d'un vote.
Soyez vigilants...
BONNE ANNEE A TOUS
Ps: Merci Guy. Ne vous sentez pas "abîmé", vous êtes grandi. A mes yeux en tous cas. Tout le monde ne peut pas se soumettre au feu des critiques comme vous le faites.
Ecrit par : Grothendieck (souverain pontifiant) | lundi, 01 janvier 2007 00:38
Je serai peut-être inqualifiable de mauvaise foi mais pour que je souhaite la bonne année, va falloir payer cher...
Ecrit par : José@La e-Cité | lundi, 01 janvier 2007 01:41
Guy,
"Mais je n'ai aucun goût pour les polémiques que lancent certains ici, dont le seul objectif est de faire remarquer qu'ils existent. En ce sens, je comprends leur solitude, mais ils finissent par ne plus être que de grimaçantes caricatures d'eux-mêmes. "
C'est ce qu'il y a de pénible avec votre blog. Les billets sont un régal mais les commentaires lassent. Toujours les mêmes, qui ne se rendent pas compte que les commentaires tournent plus à la pollution qu'à la littérature.
Ecrit par : Nicolas J | lundi, 01 janvier 2007 09:49
@ Nicolas J
Bonne année et on t'emmerde!
Ecrit par : Sacha | lundi, 01 janvier 2007 11:48
@Sacha !
Merci.
Ecrit par : Nicolas J | lundi, 01 janvier 2007 11:58
sacha
nicolas c'est un pote du bled du net
je t'emmerde aussi en plus je ne suis meme pas d 'extreme gauche...et bla bla bla
Ecrit par : olive | lundi, 01 janvier 2007 12:43
Au fait, puisque vous avez en définitive payé très cher :-), bonne et heureuse année 2007 à toutes et à tous.
Ecrit par : José@La e-Cité | lundi, 01 janvier 2007 12:45
Grothendieck, merci, ça me touche beaucoup, si, si. Je te souhaite de l'obtenir cette putain de médaille ;)
Thomas, la différence entre David Nolande et moi, c'est que je n'ai pas les cheveux gras. Or, tu sais bien que le plus important, c'est la santé, non?
Ecrit par : Sacha | lundi, 01 janvier 2007 17:29
Sachaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
;-)
Ecrit par : Grothendieck | lundi, 01 janvier 2007 18:24
PS: la medaille, c'est du gadget. c'est le (futur) theoreme qui compte ;)
A+
Ecrit par : Grothendieck | lundi, 01 janvier 2007 18:36
karl, va fanculo !
Souviens toi de ce que tu me dois, Sale traître !
PACO REINHART-TIME
TIMEBUSTER
Ecrit par : mario kekic | dimanche, 08 avril 2007 23:44
Vous souvenez-vous encore de feu Paco Reinhart ?
Vous avez peut-être oubliés, mais mais pas moi !
Dix mois enfermé en prison pour une affaire civile qui n'aurait jamais du aller au penal à cause de la bande de socialistes et leur clique de juges rouge délavée associés à un criminel pédophile (le patron de l'agence Elite que j'ai dénoncé et qui est à présent lui-même en prison) et à un sombre syndicat de mannequins assimilé FO.
Moi, c'est sur que dès qu'on me parle de gauche, je vois ROUGE !!!
TIMEBUSTER VOTE NICOLAS
CHIRAC4EVER
Ecrit par : mario kekic | lundi, 09 avril 2007 10:30
CHAPITRE 1
Yougoslavie - Kaniza près de Slavonski Brod - 1911
« Maman, maman, pourquoi tu ne bouges plus ? »
Marie avait deux ans à peine. Elle ne comprenait pas pourquoi sa maman ne répondait pas à ses appels.
Elle était si petite, toute blonde avec de grands yeux bleus, toute menue et ressemblant à une poupée.
Marie avait peur, jamais sa maman n’était restée endormie si longtemps, et d’habitude, elle ne dormait pas par terre ! La petite avait beau appeler et secouer sa maman, rien n’y faisait, maman ne bougeait toujours pas.
Elle resta près de sa mère pendant des heures, ainsi allongée par terre auprès d'elle. Puis pour que sa maman ait moins froid, elle alla dans la chambre prendre un oreiller et une couverture.
Marie souleva doucement la lourde tête endormie et la posât délicatement sur l’oreiller en couvrant ses cheveux avec son châle. Tout en se blottissant dans ses bras sous la couverture, la petite s’adressât ainsi à sa mère.
« Maman, tu es toute froide ! » Dit la fillette.
Mais maman ne répondait pas, et Marie se mit à pleurer. Elle pleurait en appelant sa mère.
« Maman ! Maman, réveille-toi ! », Épuisée, Marie s’endormit.
Vers vingt-deux heures, papa Luc arriva de son travail et on entendit, dans tout le voisinage, un hurlement de douleur. Luc voulut prendre Marie dans ses bras, mais celle-ci, s'agrippant à sa mère se mit à pleurer, alors Luc s'allongea auprès d'elles et ils s'endormirent ainsi tous les trois, Marie entre son papa et sa maman.
Au matin, Luc porta sa femme dans leur chambre et il expliqua à Marie que comme elle était très gentille, sa maman, avait été appelée près du Bon Dieu. Certainement un jour prochain, tous ensemble se retrouveraient là-bas pour y être heureux éternellement. Sous une triste pluie, rendant encore plus sinistre le lugubre enterrement, Marie vit horrifiée sa petite maman disparaître injustement dans un profond trou sombre. Elle avait du mal à comprendre pourquoi on la laissait seule dans une boite sous terre alors qu’elle était sensée aller voir le Bon Dieu dans le ciel.
Grand gaillard bien bâti aux yeux verts assortis de cheveux châtain, Luc était depuis toujours connu de tous comme un brave homme courageux, travailleur et honnête, portant avec fierté une belle moustache, taillée régulièrement par le barbier du village. Devenu veuf à cause de la cruauté de son propre destin, il se laissait aller car sa misérable vie lui paraissait désormais insupportable. Sans sa petite fille, il ne se serait certainement jamais remis à travailler. A présent, comment allait-il réussir seul à élever Marie ? Au quotidien intérieurement rongé par l’inquiétude, alors qu’encore bébé, celle-ci restait toute seule pendant que lui-même partait gagner de l'argent pour les faire vivre, la pauvre enfant pleurait toute la journée en attendant son père. Elle avait si peur toute seule dans la maison vide. Maman lui manquait beaucoup et souvent, la petite s’allongeait sur le lit de ses parents. Elle pleurait en se rappelant sa maman chérie. Comme elle lui manquait sa tendre maman ! Elle était si jeune Marie !
A partir de ce terrible drame, le temps s’écoulait bien péniblement pour la pauvre enfant, livrée à elle-même alors qu’elle n’avait à peine que deux ans. Luc devait travailler, il n'avait pas le choix, il était très pauvre, et ne pouvait pas payer quelqu'un pour s'occuper de sa fille. Son cœur se déchirait chaque jour en partant au travail, alors qu‘il devait laisser petite sa fille seule. Comme il lui fallait trouver une solution d’urgence, il décida par pragmatisme de se remarier, bien que portant toujours le deuil de sa femme qu’il revoyait sans cesse dans les yeux de Marie. Dans la tête de cet homme se bousculaient la réalité de sa pauvreté et le désir de révolte face au malheur. Nul ne pouvait réellement comprendre les nobles sentiments d'un homme ordinaire, frappé par la douleur, mais néanmoins conscient de sa responsabilité et de ses obligations paternelles. Inconsolable et éternellement très malheureux d’avoir perdu la femme qu’il avait tant chérie, sa petite Marie avait plus que jamais besoin d’une maman. Ainsi le bien-être de cette petite passait avant le souvenir, encore vivace et douloureux de sa femme morte. La vie devait continuer son chemin, envers et contre tout inexorablement.
Il fallait qu'il trouve rapidement une maman pour sa petite Marie. Dans son village, à « Kaniza », vivait une femme seule, qui s'appelait Paula. Egalement veuve et cela depuis plus d’une dizaine d'années, c’était une femme assez forte, pas très grande, brune et apparemment très gentille. Luc bien déterminé à aller trouver Paula dès le lendemain, était déjà très impatient de savoir ce qu’elle déciderait. Et si elle n'acceptait pas de se marier ! L'angoisse reviendrait ! Et pire encore ! Il prit sa fille dans ses bras et se mit à pleurer.
"Papa, pourquoi tu pleures?" demanda Marie.
"Ah ! Ma petite fille, j'aimerais tant que tu sois heureuse !"
Luc prit sa fille sur ses genoux et la serra très fort contre son cœur. La fillette ne comprenait pas très bien ce que lui disait son père, mais elle voyait bien qu’il était triste, et du haut de ses deux ans, elle ne savait pas quoi faire pour consoler son papa, alors, elle mit ses petits bras autour du cou de son père, le serra de toutes ses forces et lui plaqua un énorme bisou sonore sur la joue. Luc regarda sa fille avec tendresse.
« Tu es mon ange, mon rayon de soleil ! » lui dit-il.
Luc commença à se préparer pour sa visite chez Paula. Il mit sa chemise des dimanches, nettoya bien ses chaussures, arrangea ses cheveux et prit son courage à deux mains. Tout en réfléchissant, il marchait lentement en direction de sa maison.
« Paula acceptera-elle de se marier avec moi ? » pensa-t-il. Et tout en se rapprochant de chez elle, il pria Dieu.
« Oh mon Dieu ! Aide-moi ! Aide-moi à trouver les bons mots pour qu'elle accepte de se marier avec moi et qu'elle accepte ma petite fille ! Ma petite Marie, elle est tellement fragile, elle a tant besoin de l'amour d'une maman ! ».
Perdu dans ses pensées, Luc fut tout surpris de déjà se trouver devant la maison de Paula. Il l'aperçut dans son jardin.
« Bonjour Paula ! »
Elle se retourna, surprise que quelqu'un l'interpelle.
« Bonjour Luc ! Quel bon vent t'amènes ? Entre donc un instant boire un café ! Mais assieds-toi donc ! »
Bloqué par le trac, le pauvre Luc ne disait toujours pas un mot. Paula revint à la charge.
« Comment ça va chez toi, Luc ? Et ta petite Marie ? Est-ce qu’elle arrive à se remettre un peu de la mort de sa pauvre mère ? » Lui demanda-elle encore, afin de démarrer la conversation.
Luc ne savait pas trop comment répondre. Alors, après un court instant d'hésitation, il lui dit.
« Moi ? Ca va ! Mais toi, Paula ! Tu es toujours seule ? »
Gêné du silence qu’il provoqua en l’ayant surprise par cette question intime, il repris.
« Ecoute-moi, Paula ! Tu sais, je n'ai pas beaucoup de temps pour te faire la cour ! »
Paula écouta avec stupéfaction ce que lui disait Luc. C'était bien la première fois qu'un homme lui disait d'une façon aussi directe de telles choses !
« Je suis venu te voir ! » continua Luc, « Pour te demander si tu serais d'accord pour m'épouser, car ma petite Marie a besoin d'une maman, et moi d'une femme à la maison !»
Luc se sentait soulagé d'avoir réussi à surmonter sa panique et d'avoir pu s'exprimer à peu près clairement.
Paula sentit ses jambes fléchir sous elle. Complètement abasourdie, elle s’assit sur la chaise qui se trouvait près de la table en bois. Le souffle coupé, ne pouvant plus rien dire, les idées dans sa tête se bousculaient.
Après un long silence, elle répondit enfin.
« Laisse-moi un peu de temps pour y réfléchir ! Tu sais bien comme moi qu’une telle décision ne se prend pas à la légère ! Laisse-moi quelques jours pour y penser, et je te donnerais une réponse franche et honnête ! ».
« D’accord, je trouve ça d’ailleurs tout à fait normal ! J’attendrais donc quelques jours ta réponse ! Je te souhaite une excellente journée ! Au revoir Paula, à très bientôt ! ».
Luc pris congé de Paula et rentra aussitôt chez lui. En arrivant dans sa maison, pressé de retrouver sa petite fille, il la serra très fort dans ses bras.
Marie posait beaucoup de questions à son père.
« Est-ce que ma nouvelle maman sera aussi gentille avec moi que l’était ma vrai maman ? »
Luc ne savait pas quoi lui répondre. La gorge serrée, des larmes roulaient sur ses joues, il prit sa fille contre lui et lui répondit tendrement.
« Ma petite fille chérie ! Je suis sûr que Paula sera bonne pour toi et qu'elle sera une gentille maman ! ».
Mais, au fond de son cœur, il savait bien que quoi qu’elle fasse, Paula ne pourrait jamais totalement remplacer la véritable maman de sa petite Marie.
Il n'y avait pourtant pas d'autre solution envisageable.
Réellement content d'avoir pu enfin trouver une femme, pouvant donner un semblant d’amour maternel à sa fille, Luc se disait qu’au moins, Marie ne serait plus jamais seule, pendant qu’il partirait travailler. Et puis qui sait ? Paula serait pux-être une gentille mère et peut-être même une excellente épouse. « Après tout ! » Pensait Luc, « je ne peux pas rester toujours seul ! »
Le dimanche suivant, au petit matin, Luc se prépara pour aller à nouveau visiter Paula, en espérant bien avoir une réponse, quelle qu’elle fut à sa demande.
Arrivé devant chez elle, il toqua sur la porte d’entrée qui s'ouvrit presque aussitôt, comme si Paula avait pressentie d’avance qu'il arrivait.
Voyant un large sourire sur son visage, beaucoup plus radieux qu’à leur première rencontre, Luc devina que la réponse était celle qu'il avait tant espéré.
« Alors, as-tu bien réfléchi ? » lui demanda-t-il a abruptement sans même prendre le temps de la saluer.
« Oui ! Je veux bien devenir ta femme ! »
Elle sauta au cou de son futur époux, et puis ils s'embrassèrent longuement.
Le rêve de Luc allait enfin se réaliser. Cette femme épanouie allait à nouveau éclairer ses jours, ainsi que ceux de sa fillette. Il s'en retourna très vite chez lui pour annoncer la bonne nouvelle à sa petite Marie.
Quand Luc appris à sa fille qu'il allait bientôt se remarier avec Paula, la petite fille bondit au cou de son père pour l'embrasser, et une larme coula sur sa petite joue.
« Pourquoi es-tu triste, ma petite princesse ? » demanda Luc un peu inquiet devant cette larme.
« Oh ! Non papa ! Tu sais ! Je suis bien contente, d’avoir enfin bientôt une nouvelle maman ! » Pétillait déjà Marie.
Elle disait vrai. Ses yeux brillaient comme des étoiles, car c’en était enfin fini de ces longues journées solitaires et effrayantes, pour une si jeune enfant.
Luc entrepris donc de faire toutes les démarches administratives nécessaires et se chargea également d'avertir aussitôt toute sa famille, ainsi que ses amis ; sans oublier le prêtre qu'il connaissait bien, ceci afin d’assurer l’office cérémonial.
Ayant beaucoup d'estime pour Luc, le prêtre savait déjà que la vie du jeune homme n'avait pas été des plus facile. Aussi approuvait-il le remariage de Luc, lui donnant sa bénédiction.
« Tu as bien fait de décider de te remarier, car ta petite Marie à bien besoin d'une maman, et toi d'une femme pour t’épanouir à nouveau ! Quand veux-tu te marier, au juste ? »
« Le plus tôt possible, mon père ! Disons dans deux semaines ! »
« Ah, Luc ! Tu es bien pressé ! » Répondit le prêtre, un peu surpris par tant de hâte.
« Mais tu n’as pas à t’inquiéter, je te comprend mon garçon ! Allez ! C'est d'accord ! Va pour dans deux semaines ! »
« Parfait ! » Répondit Luc.
« Je vous souhaite beaucoup de bonheur à tous les trois ! Paula est une gentille femme ! Elle aussi a eut son lot de malheurs ! » Ajoutât le prêtre.
En quittant ce dernier, Luc avait le visage visiblement radieux. Un immense sourire éclairait encore son visage quand il arriva à la mairie.
Si Luc désirait que tout soit terminé au plus vite, ce n’était pas parce qu'il redoutait véritablement la cérémonie, mais qu’il avait surtout hâte de reprendre une vie normale, ceci afin de retrouver son travail rapidement. Car il fallait bien nourrir sa famille, le banquet du mariage entraînant immanquablement des frais.
Paula folle de joie, s'empressa illico d'avertir sa famille, ainsi que tous ses amis. Il fallait rapidement se préparer pour le grand jour, et deux semaines, ça passe tellement vite !
Paula se rendit ainsi chez sa très chère tante, afin de lui faire part de son intention d'épouser le déconcertant Luc. Visiblement ravie par cette surprenante bonne nouvelle, son adorable tante pria mystérieusement la jeune femme, de bien vouloir accepter de l’accompagner, ceci sans lui poser aucune question jusqu’à sa chambre. Légèrement perplexe, semblant surtout intrigué, Paula suivit sa tante sans discuter, jusqu’à ce que celle-ci sorte une grande cape noire de l'immense armoire qui meublait sa chambre. Puis écartant les pans de la cape, une magnifique robe de mariée apparut enfin.
« C'était la mienne ! » Murmura la tante avec nostalgie. « Mais à présent, elle ne me servira plus ! Ce serait pour moi un immense privilège, si ma nièce me faisait le grand honneur d’accepter de la porter pour son mariage ! »
Paula rose de plaisir, pressa la robe contre elle.
« Regardez ma tante, on dirait que cette robe a été faite à mes mesures! »
Paula se jeta dans les bras de sa tante et elle se mit à pleurer de joie.
« Ne pleure donc pas, Paula ! Tu verras que dans cette robe, tu seras la plus jolie des mariées ! Mais attends ! J'ai encore une dernière petite chose pour toi ! Regardes vite dans la boite ! Là-bas, vers le lit ! »
« Quelle belle paire de chaussures ! Oh ! Et entièrement en satin ! Quelle merveille ! »
De toute sa vie, jamais Paula n'avait rien vu d’aussi joli.
« Essaies-les donc ! » Dit sa Tante.
« Tu a vu ! Elles sont exactement à ta pointure, comme la robe ! Te voilà parée pour le grand jour ! »
L'émotion de Paula était si forte que la jeune femme n'arrivait plus à sortir un mot.
« Merci ! Merci de tout mon cœur, chère Tante adorée ! » Finit elle enfin.
Paula repartit chez elle en courant. Presque en volant, tant elle se sentait légère et heureuse.
Ce fut un beau mariage, pas très riche, mais très gai. Telle une véritable princesse immaculée, Paula resplendissait dans sa somptueuse robe blanche. Très digne dans son costume des dimanches Luc tellement fier, fut heureux de ce mariage réussit.
Il remercia chaleureusement toutes les personnes présentes à la fête pour leur gentillesse et pour lui avoir fait un mariage aussi réussi.
Dans les bras de son père, Marie était heureuse, maintenant, elle allait avoir une maman, et Paula avait l'air vraiment très gentille !
CHAPITRE 2
Ainsi, deux années s'écoulèrent tranquillement, avec les joies et les peines de tous les jours. Luc travaillait chez une riche famille propriétaire d’une grande ferme ; tandis que Paula, tenant son rôle d'épouse réellement à coeur, s’occupait entièrement de la maison, en faisant office de maman pour Marie.
Malheureusement, des évènements tragiques allaient irrémédiablement bouleverser leur paisible existence.
1914 : C'est la guerre !
Comme presque tous les hommes des villages, Luc fut mobilisé pour aller au front.
Les préparatifs du départ de Luc se firent dans le silence et la tristesse. Le plus difficile avait été d’expliquer ce soudain départ à la petite Marie. N’ayant pas encore cinq ans, elle ne comprenait pas pourquoi son papa devait s’en aller si soudainement.
Puis le moment fatidique arriva. Luc très silencieux, avait les yeux beaucoup plus brillants que d’habitude. Bien que très jeune, Marie sentait bien que quelque chose attristait terriblement son papa.
Luc tira un tabouret, s’assit dessus et appela sa fille.
Prenant Marie sur ses genoux en pleurant, il l'embrassât en lui disant :
« Ma petite fille chérie ! Je dois partir ! Je ne reviendrais pas avant longtemps ! Mais toi, tu ne seras pas seule ! Tu resteras ici avec Paula ! Aujourd'hui, tu as presque cinq ans ! Tu es une grande fille ! Il faudra être bien sage avec Paula ! Je t'aime fort ma petite chérie, mais je n'ai pas le choix ! Je suis obligé de partir! »
Marie ne comprenait rien :
« Pourquoi tu t'en va ? Papa ! Pourquoi je dois rester sans papa ? »
Elle ressentait l'immense tristesse qui avait envahie son père, alors, de toutes ces forces, elle accrocha ses petits bras autour du cou de Luc et lui demanda :
« Tu reviendras vite ? Je t'aime papa ! Je veux que tu restes avec moi ! Pourquoi tu ne peux pas toujours rester ici avec moi ? »
« Ma pauvre petite fille, je suis obligé de partir ! » répondit encore Luc.
Luc pris sa fille dans ses bras et l'embrassa une dernière fois, puis il embrassa sa femme Paula.
Paula pris Marie dans ces bras afin que la petite ne puisse pas courir derrière son père.
La pauvre enfant pleurait et criait.
« Papa, revient, reste avec nous ! Papa ! Papa ! ».
Luc partit précipitamment pour réussir à s’en aller. Personne ne s'était aperçu qu'il pleurait aussi et pendant longtemps, très longtemps, les cris de sa petite fille lui résonnaient dans les oreilles.
Paula et Marie restèrent seules.
Bien vite, l'ambiance à la maison si paisible et si tranquille, se transforma en cauchemar pour la petite Marie et alors, commençât le dur calvaire de Marie. Du jour au lendemain, la douce Paula sa changea en vilaine bonne femme agressive ; se mettant à frapper la pauvre enfant pour un oui ou pour un non.
Marie travaillait durement aux tâches les plus ingrates et les plus difficiles : balayer le sol, aller chercher de l'eau à la rivière, faire la vaisselle, ramasser du bois dans la grande forêt, et le plus sur de tout, prendre des gifles à tout va, sans raison particulière.
Paula faisait régulièrement des reproches à la pauvre Marie :
« Ton père est parti ! Il t'a laissée avec moi ! Mais tu n'es pas ma fille ! D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi je te garderais plus longtemps avec moi ! Tu n'es qu'une fainéante ! Dépêches-toi ! J’ai besoin de bois, il faut allumer le four! ».
Il fallait aller toujours plus vite, toujours plus loin dans la forêt pour aller ramasser du bois et Marie avait peur toute seule dans la grande forêt. Elle entendait le bruit des animaux dans les taillis. Les cris affreux des oiseaux nocturnes, perchés dans les arbres.
Le moindre son, le plus petit bruit la faisait sursauter. Les arbres sombres lui paraissaient immenses, de vrais géants, dont les branches devenaient des bras mobiles sous le vent. Marie s'imaginait que les arbres essayaient de l'attraper.
Parfois, un écureuil sautait de branche en branche, le silence de la nuit faisait écho au son de ses petites pattes.
Marie était terrorisée, mais elle craignait plus encore la redoutable Paula. Alors, courageusement, elle ramassait le plus de bois possible, le plus vite possible. Puis elle repartait presque en courant jusqu'à sa maison.
A peine arrivée sur le pas de la porte, Paula qui l'attendait l'air très en colère, lui lança brusquement :
« Pourquoi as-tu mis tant de temps, tu t'es encore amusée ! Puisque tu as envie de bouger, va donc me chercher de l'eau à la source ! ».
Marie se mit à pleurer devant tant de méchanceté et d'injustices, mais résignée, elle pris le grand seau et parti à la source.
Comme il fallait qu'elle se dépêche et que le seau rempli d'eau était vraiment très lourd pour une si petite fille, Marie se pris le pied dans une racine et s'étala de tout son long dans les feuilles mortes, renversant du même coup le seau.
Catastrophe ! Marie courut de nouveau jusqu'à la source, remplit encore une fois son seau et repartit vers la maison en prenant bien garde de ne pas tomber encore une fois.
Furieuse, Paula trouvant le temps bien long, partit à la rencontre de la fillette.
Quand Marie aperçu Paula au détour du chemin, un frisson lui traversa le corps. Instinctivement, elle savait qu’il allait se passer quelque chose de terrible.
Sans un mot, Paula la gifla. Puis, en se retournant, elle dit à la petite fille :
« Tu n'es qu'une petite peste, je suis sûre que tu fais exprès de traîner sans arrêt ! »
Devant tant de cruauté, Marie ne pus retenir ses larmes.
« Je ne te supporte plus, je ne veux plus te voir dans ma maison, je vais t'envoyer travailler chez les autres ! » Ajouta Paula.
De retour à la maison, la pauvre petite fille partit se coucher sans souper. Elle mit des heures à s'endormir :
« Est-ce que Paula va vraiment m'envoyer travailler chez des gens ? » se demandait-elle.
« Oh, papa ! Mon Papa, vient me chercher, je t'en supplie, vient me chercher ! » Priait la fillette. « C'est sûr que si papa était là, les choses ne se passeraient pas comme ça ! » Pensait-elle. Finalement, épuisée, elle s'endormit.
Au petit matin, à peine à l'aube, Paula secoua la petite en criant :
« Lèves-toi paresseuse et ne traînes pas comme tu as l'habitude de le faire, rassembles toutes tes affaires et rejoins moi à la cuisine ! ». Paula fit demi-tour et retourna d’où elle venait.
Marie, les yeux gonflés de fatigue et de larmes, mis ses quelques affaires dans un panier ; pris son manteau, un morceau de pain pour la route et rejoignit Paula qui l'attendait déjà près de la porte :
« Je vais t'emmener chez mon cousin Marco, tu y garderas les oies ! ».
Plusieurs kilomètres séparaient les deux villages.
Dans ce nouveau « village », il n'y avait que trois maisons. Celle du cousin Marco et de sa femme Sophie était couverte d'un toit en ardoise. La maison n'était pas très haute, mais assez longue. D'un côté, se trouvait l'habitation pour les gens et de l'autre, il y avait l'étable, avec la réserve de foin pour les animaux. Dehors, les animaux de basse-cour étaient en liberté.
« Voilà où je t'amène ! » Dit Paula en lui montrant la ferme.
Quand Paula ouvrit le portail, un énorme chien apparut en aboyant comme un beau diable, tous crocs dehors, prêt à mordre. A la vue de l'animal effrayant, Marie fit un bond et se cacha derrière les jupes de Paula. Les aboiements du chien avaient fait sortir Marco de la maison.
La vision de cet homme ne rassura pas du tout la fillette. C'était un homme très grand, un peu gros, avec une grosse moustache, mal rasé, mal peigné. Il n'était plus très jeune.
Une grosse ceinture de cuir, avec une énorme boucle en métal, retenait son pantalon de velours marron. L'homme vint à leur rencontre en hurlant au chien de se taire.
Marie remarqua que l'homme se déplaçait en boitant, c'est pour cela qu'il n'était pas allé à la guerre. Avait expliqué Paula.
Paula embrassa son cousin Marco et lui dit :
« Je t'amène la petite, parce que je ne veux plus la garder avec moi. Ici au moins, elle te servira à garder les oies ! ».
Après quelques brèves paroles entre eux, Paula salua son cousin, se retourna vers Marie et lui dit :
« C'est ici que tu vas devoir rester maintenant, il faudra obéir à Marco et bien faire tout ce qu'il te dira ! ».
Et sans autre formalité, sans un baiser, pas même un regard pour Marie, Paula repartie chez elle.
Marie désemparée, se sentait seule à nouveau et l'homme qui se tenait devant elle avec l'air sévère, lui faisait peur.
Aucune marque de tendresse, ni même de gentillesse ne paraissait sur le visage de Marco :
« Viens, suis-moi ! » lui dit-il et il repartit en boitant vers la maison. Ce furent les seuls mots qu'il prononça pour accueillir la fillette.
La pièce principale était petite et mal éclairée. Une grande table en bois et deux bancs se trouvaient près de l'unique fenêtre. A l'autre bout de la pièce, il y avait un poêle à bois. Un buffet noirci par la suie et la fumée devait contenir tous les ustensiles de cuisine, ainsi que la vaisselle.
Une porte située au fond de la pièce principale s'ouvrit et Marie aperçut dans la pénombre une vielle femme.
Les cheveux blancs tirés en chignon, elle portait des tabliers noirs et une paire de vieux sabots de bois. Elle s’appelait Sophie et c’était la femme de Marco.
« Regardes qui vient d’arriver ! » dit Marco à sa femme.
« Poses ton panier et tes affaires sur la table petite, tu dois être fatiguée, veux-tu quelque chose à boire ou bien a tu envie de manger ? » Demanda Sophie à la petite.
Marie, apeurée et intimidée par tant de nouveautés, ne réussit qu'à faire « oui » de la tête.
« Tu as donc perdu ta langue ? »
Demanda Marco. Marie ne savait pas quoi dire. Sophie partit chercher un bout de pain et un morceau de fromage, avec un grand verre de lait. Quand Marie eu finit de manger, Sophie la conduisit dans une petite pièce accolée à l'étable :
« Voilà, c'est là que tu dormiras maintenant ! » Dit Sophie en poussant doucement la petite dans la pièce. Elle posa une bougie sur la table, referma la porte et laissa Marie seule dans la pièce sombre.
Marie n'avait alors que cinq ans ! La pièce n'était pas très grande, il y avait une petite fenêtre, une chaise et un lit en bois dont le sommier était fait de paille plus ou moins fraîche.
Quelques couvertures étaient posées là, à même le lit, il y avait aussi un semblant d'oreiller, c'était un carré de tissus rayé, rempli de paille et de vieux chiffons. Dans le fond de la pièce, il y avait un petit meuble bas, qui servirait à Marie pour ranger ses maigres affaires.
Ce lieu peu hospitalier ne devait pas servir très souvent à en juger par la saleté qui régnait. D'immenses toiles d'araignées traversaient la « chambre » de part en part, c'était un peu effrayant, et très dégoûtant. En prime, une épaisse couche de poussière recouvrait le petit meuble et le sol.
Marie rangea ses quelques affaires dans le petit meuble et s'allongea sur le lit.
Elle se mit à penser à tout le temps qu'elle avait passé avec Paula et se demandait ce qu'allait être son avenir chez ces nouveaux gens.
Elle était bien jeune, Marie, elle avait seulement cinq ans et jusqu'à présent, la vie ne l'avait pas beaucoup gâtée. Ses pensées se brouillaient, elle s'endormit sans même s'en apercevoir.
Au petit jour, elle fut réveillée par Marco :
« Allez, lèves-toi, il est l'heure d'aller garder les oies ! ».
Marie sursauta, elle sortit du lit tout en se demandant pendant quelques secondes où elle pouvait bien être ? Et puis tout lui revint en mémoire, alors elle s’habilla rapidement.
Elle fila à la cuisine où Sophie lui servit un bol de soupe chaude et un petit bout de pain. A peine son maigre repas fini, Sophie lui dit :
« Vas dans le champ qui se trouve au bout du chemin, emmènes les oies ainsi que leurs poussins, mais fait très attention aux corbeaux, ils viennent et attaquent les petits poussins pour les manger ! ».
Ainsi commença la nouvelle vie de la petite Marie.
Chaque fois que la petite revenait à la ferme en fin de journée, Sophie sortait de sa cuisine et venait compter oies et poussins.
Jusqu'à présent, le compte était toujours bon, tout le monde rentrait sain et sauf !
« Vas manger ! » Dit Sophie à la fillette, « et dépêches-toi, car, quand tu auras fini, il faudra que tu fasses la vaisselle, et ensuite que tu donnes un coup de balais dans la pièce. Tu iras te coucher seulement quand tout sera fini, tu ne crois tout de même pas que je vais te nourrir à rien faire ! ».
La pauvre enfant était éreintée, ses jambes lui faisaient mal d’avoir tant marché, ce n’était pas si facile de conduire un troupeau d’oies, si une décidait d’aller à droite, toutes les autres suivaient et les poussins aussi. Alors, il fallait remettre tout ce petit monde dans le droit chemin. Et sans parler de peur, il fallait avouer que toutes ces oies étaient impressionnantes, pour une si petite fille !
Marie sentait la fatigue l'envahir aussi, elle se dépêcha de terminer ses corvées, puis elle partit dormir, enfin !
Le lendemain, comme à son habitude, Marie se leva de bonne heure pour aller garder les oies aux champs. Et Sophie, comme tous les jours, lui faisait les mêmes recommandations :
« Fais bien attention aux petits poussins, ne laisse pas les corbeaux les approcher ! »
« Oui madame » répondait à chaque fois la fillette.
Elle prit l’habituel chemin qui l’emmenait chaque jour loin de la maison. Il n'était pas très praticable, ce chemin. Sur les cotés, de grandes ornières creusées et entretenues par les passages quotidiens des engins agricoles se s’emplissaient d'eau chaque fois que la pluie tombait.
Les énormes racines des arbres centenaires entravaient le chemin sur presque toute sa largeur à certains endroits. Il n’était pas toujours facile à marie de marcher ou de guider les oies dans la bonne direction.
Parfois, c'était au beau milieu du chemin qu'il y avait un trou, cela rendait la marche encore plus difficile pour les petites jambes de la fillette.
Toute cette petite troupe avançait tant bien que mal.
Ce jour là, tout semblait aller comme d'habitude, rien ne pouvait laisser supposer qu'un événement inattendu allait se produire. Deux poussins, en retard sur le reste du troupeau, tombèrent dans un des trous du chemin.
Marie, qui marchait en tête, ne s'en aperçu pas tout de suite, elle n’entendit pas les cris des poussins perdus dans le brouhaha des cancans des autres bêtes, elle continua sa route sans souci.
Marie se retourna pour vérifier que toutes les bêtes suivaient. Subitement, elle eut l’impression que le troupeau était moins important que le matin, inquiète, elle compta les bêtes.
Elle compta une seconde, puis une troisième fois, catastrophe, il manquait deux poussins !
Son sang ne fit qu'un tour, elle comprit vite que les deux poussins avaient dû tomber dans un trou. Folle d'angoisse, elle se demandait comment faire ?
Laisser le groupe ici ? Mais il risquait de s'en aller, et pour pouvoir le récupérer en entier, cela prendrait du temps.
Retourner en arrière avec les animaux ? Ce serait bien trop long également ! Il fallait faire vite.
Finalement, elle décida de laisser les animaux sur place, et refit en courant le chemin inverse. A une centaine de mètres devant elle, elle distingua deux formes noires au sol, elle comprit tout de suite le danger, les corbeaux ! Sophie avait dit qu'ils mangeaient les poussins !
Marie se baissa et ramassa quelques pierres qu'elle jeta de toutes ses forces sur les oiseaux tueurs.
Les pierres rebondirent sur le chemin. Effrayés, les deux corbeaux s'envolèrent. Au bout de leurs pattes, pendaient deux petites formes inertes, les poussins !
« Laissez donc mes petits poussins tranquilles ! » criait la fillette aux oiseaux. Mais les deux volatiles continuèrent leur envol.
Marie repartit donc vers le reste du troupeau, elle savait que le danger n'était pas écarté.
Heureusement, tout son petit monde était là, exactement où elle les avait laissés, Marie souffla, elle se sentait un peu soulagée.
La peur passée, la fillette se mit à pleurer à chaudes larmes, comment expliquer ce malheur à Sophie ? Allait-elle être punie ? Battue ? La peur la prit au ventre.
Elle n'osait pas retourner à la maison et ce jour là, Marie mit beaucoup de temps à rentrer. La soirée était bien avancée quand elle franchit la barrière de la ferme. Ce retard inhabituel avait inquiété Sophie qui attendait la fillette sur le pas de la porte :
« Pourquoi rentres-tu si tard ? » Cria-t-elle à la fillette, « tu t'es encore amusée en route ! ». Et Sophie se mit à compter les bêtes.
Surprise de ne pas trouver le compte juste, Sophie recompta à nouveau : pas de doute, il manquait bien deux poussins !
« Marco ! Marco! Viens vite, il manque deux poussins ! » Cria Sophie. L'homme sortit de l'étable, et son regard méchant s'arrêta sur Marie :
« Où sont passés les poussins qui manquent ? » Et sans même attendre une réponse de la fillette, il se mit à la gifler.
Marie murmurait quelques mots que personnes ne comprenaient, ni même n'entendaient. Elle tentait de se protéger le visage, mais Marco la tenait ferment par un bras, et la pauvre enfant ne pouvait presque pas bouger. Elle était si légère dans les grosses mains de l’homme qui la tenait.
Marco devenait de plus en plus brutal, il retira sa grosse ceinture de cuir, et se mit à fouetter la petite sur les cuisses, sur les fesses.
L'homme frappait très fort, et en plusieurs endroits, la peau fine de l'enfant avait éclatée et le sang coulait, mais Marco, enfermé dans sa folie ne s'en aperçu même pas et continua sans pitié à frapper la pauvre fillette, qui maintenant, criait de toutes ses forces sous la douleur. Elle réussi enfin à se dégager, et s'enfui pour se cacher dans sa chambre.
Sur son lit de misère, la pauvre enfant n'arrivait pas à trouver une position qui la soulagerait quelque peu, juste le fait de bouger la faisait hurler de douleur, mais de rester immobile était encore pire.
Tout son petit corps n’était plus que plaies et boursouflures. Elle avait froid, soif d’avoir tant pleuré et faim aussi.
« Qu'est-ce que j'ai bien pu faire au Bon Dieu pour que les gens soit si cruels avec moi ? » Se demandait la fillette, en larmes.
Désespérée, elle appelait sa maman :
« Maman, maman, où que tu sois, viens me chercher, je ne veux plus rester ici, je t'en prie maman, viens vite ! ».
Ses pensées, ses souvenirs la calmaient doucement et peu à peu, elle s'endormit.
Quand elle se réveilla le lendemain matin, elle ressentait de la douleur sur tout son corps. Péniblement, elle se leva et se rendit à la cuisine pour essayer de laver un peu tout ce sang. Elle n’avait que de l'eau pour nettoyer ses vilaines blessures.
Pendant la nuit, le sang avait séché, formant une petite croûte difficile à enlever. Dessous, la chair était à vif.
Pendant plusieurs jours, la petite nettoya avec insistance ses blessures, mais ses plaies s'infectaient malgré tout et Marie eut de la fièvre.
Le sang coulait presque continuellement des plaies et attirait les mouches. Elles venaient boire le sang et déposer leurs œufs dans les blessures.
Les plaies étaient infectées d'asticots grouillants en tous sens.
Marie était terrorisée devant toute cette vermine grouillant dans son propre corps. Elle s’imaginait qu’ils étaient en train de la dévorer vivante et qu’un matin, elle serait morte, mangée de l’intérieur. Elle passait son temps à nettoyer ses blessures, mais plus elle retirait de ses abominables vers, plus il y en avait ! C’était un vrai cauchemar.
Pourtant, il fallait continuer à se lever et à mener les oies aux champs, à faire toutes les corvées données par Sophie ou Marco. D'ailleurs ceux-ci, malgré les souffrances visibles de la fillette, ne lui épargnaient rien.
Marie marchait à grande peine derrière son troupeau, elle boitait et chacun de ses pas la faisait souffrir.
Elle s'arrêta au bord du chemin, pour reprendre son souffle et essuyer ses larmes. Elle pleurait souvent ces jours-ci, Marie.
Occupée à sécher ses yeux gonflés, Marie n'avait pas entendu une jeune femme arriver.
« Qu'est-ce qu'il y a petite ? Tu boites ? Montres-moi ! » Dit la jeune femme en s’accroupissant devant l’enfant.
« Mais tu saignes ! Attends que je regarde ça ; Oh ! Pauvre petite enfant ! Viens, jusqu’à la rivière, je vais te nettoyer tout ça ! ». Et, la jeune femme, qui était une des voisines de Marco et Sophie, guida la petite jusqu'à une source.
Quand la jeune femme s'approcha des jambes de la petite, elle ouvrit de grands yeux, mi-étonnés, mi-dégoûtés et s'écria :
« Quelle horreur ! Mais, c'est plein d'asticots là dedans ! ».
« Non madame Mathilde ! Non, s'il vous plait, je ne veux pas, je ne peux pas rester avec vous, les corbeaux vont manger les poussins, et Madame Sophie et Monsieur Marco seront très fâchés contre moi ! » Et, sans plus attendre, la fillette repartit au plus vite avec son petit troupeau.
Agacée par tant d’inconscience et de méchanceté, la gentille Mathilde décida d'aller frapper chez Marco et Sophie.
« Bonjour Mathilde ! » Dit Marco à la jeune femme,
« Quel vent t'amènes chez nous ? » Demanda t-il.
Furieuse, Mathilde répondit :
« Vous avez vu la petite Marie comme elle est malade ? Vous avez vu ces plaies pleines d'asticots ? Vous n'avez donc pas de pitié pour cette enfant ? Ce n'est pas parce qu'elle n'a plus de parents, que vous avez le droit de lui faire subir cela ! ».
Mathilde n’en revenait pas, ils n’avaient même pas l’air de comprendre ! Elle se remit à crier devant la porte, alertée, Sophie arriva et demanda :
« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Qu’est-ce qu’elle fait là ? Pourquoi crie-t-elle comme ça ? » Demanda-t-elle à son mari.
« Vous non plus, vous n'avez pas honte ! » Continua Mathilde en s'adressant à de Sophie.
« Dieu vous punira sévèrement pour tout ce que vous faites subir à cette pauvre enfant ! » Et, sur ces mots, Mathilde claqua la porte et sorti de la ferme.
Le soir venu, Marie rentrait en boitant dans la cour de la ferme, épuisée, quand Marco l'appela :
« Viens ici, Marie ! ».
Le ton n’était pas agressif, mais Marie n’était pas tranquille.
Apeurée, la fillette s'était mise à pleurer car elle croyait que Marco allait encore la frapper, elle avait tellement peur.
« Allez viens, viens me faire voir tes jambes ! » Dit Marco presque gentiment, puis, se tournant vers sa femme :
« Vas me chercher la bouteille d'alcool que je lave toute ces vilaines blessures ! » Marco lava les plaies de la petite fille en asseyant de ne pas trop lui faire mal, mais c'était tellement sale !
Ensuite, Sophie apporta pour Marie, un bol de soupe bien chaude.
Un peu étonnée de ce soudain changement de comportement, Marie avala sa soupe et fatiguée, partit se mettre au lit.
La tête à peine sur l'oreiller, elle s'endormit d'un sommeil lourd, chargé de cauchemars.
Chapitre 3
Le temps est passé, les plaies se sont refermées.
Marie grandissait, elle avait sept ans maintenant. Malgré le temps écoulé, une seule pensée revenait sans cesse. Elle espérait toujours s’enfuir, partir loin, très loin d‘ici.
Mais où aller quand on est seule et si jeune ?
Avec le temps, on lui avait confié d'autres travaux à la ferme, comme elle était plus âgée, c'est un troupeau de vaches qu'elle menait maintenant aux pâturages. Le pré était situé à une bonne demi-heure de marche et le soir Marie ne rentrait jamais avant le coucher du soleil.
Les journées étaient longues et monotones, mais elle était dehors et seule toute la journée, loin de ces tortionnaires qui avaient fait d'elle leur souffre-douleur.
Une nuit, un énorme orage avait éclaté, et la pluie abondante n'avait cessé de tomber jusqu'au petit matin.
A l'aube, Marie prit un vêtement pour se protéger de la pluie froide, attrapa son maigre déjeuner, rassembla son petit troupeau et mena toutes les vaches au pré.
La pluie diluvienne n'avait pas arrangé l'état désastreux du chemin dont les trous étaient devenus des mares. Le reste du chemin s’était transformé en une sorte de bouillasse, collante et gluante. Après quelques mètres sur ce chemin de boue, les vaches ne voulurent plus avancer. Les fossés étaient remplis d'eau sur plusieurs mètres de long et les sabots des bêtes étaient englués de boue.
Marie essaya malgré tout d'engager son troupeau sur ce chemin, à grands cris et à coups de bâton, mais les bêtes refusaient d'avancer.
Soudain, comme prises de panique, toutes les vaches prirent un sentier qui menait droit sur un joli champ de blé.
Marie comprit tout de suite le danger. Elle courut après les vaches qui maintenant avançaient dans le champ en piétinant tout le blé. A bout de souffle, impuissante devant ces bêtes, Marie se mit à pleurer.
Aussi soudainement qu'elles s'étaient emballées, les vaches quittèrent le champ de blé pour retourner sur le chemin. Mais le propriétaire du champ qui était venu voir si toutes ces pluies torrentielles n'avaient pas détruit son blé, s'était caché pour observer la scène. Il avait tout vu !
Quand Marie passa près de lui, l'homme bondit de sa cachette, attrapa le bras de Marie et furieux, frappa la fillette avec sa canne :
« Tu viens de saccager tout mon champ de blé, il va falloir payer ! » Dit-il.
Marie trébucha et tomba sur le sol mouillé, l'homme continuait de la battre sans ménagement, il visait la tête, et Marie essayait de se protéger avec ses bras, mais plusieurs coups atteignirent leur but, et le sang commença à lui brouiller la vue.
Marie criait, implorait l’homme, Dieu, sa maman et son papa, de venir à son aide. Elle n'avait plus envie de vivre et l'espace d'un instant, Marie, âgée d’à peine huit ans, pensa que la mort serait plus douce que cette vie de misère.
Satisfait d'avoir battu la fillette et d'avoir ainsi assouvi sa vengeance, l'homme lâcha la fillette et lui dit :
« Vas-t-en ! Et si tu ne fais pas plus attention à tes bêtes, je reviendrais encore te donner une correction dont tu souviendras longtemps ! ».
Puis il partit en laissant l’enfant allongée sur le sol, à demi inconsciente couverte de boue et de sang.
Marie qui réussit à se relever péniblement, essaya de retrouver ses vaches en pleurant.
Mais pendant que l'homme la battait, les bêtes, affolées par les cris de l'enfant et ceux de l'homme, étaient rentrées seules à l'étable.
Peu après les vaches, quand Marie arriva à la ferme, elle rencontra Marco énervé de ne pas comprendre ce qu'il se passait et qui venait aux renseignements :
« Qu’est-ce que tu as encore fait ? Je te loge, je te nourris et toi, tu ne penses qu'à t'amuser ! Regarde un peu dans quel état tu es ! Pleine de boue, et de sang ! Allez files te laver ! » Et, au passage, il lui administra une gifle qui failli faire tomber la fillette.
Le soir venu, Marie mangea du bout des lèvres et partit aussi vite que possible se coucher.
Dans son petit lit, pas très confortable, Marie se tournait d'un côté, puis de l'autre, sans parvenir à trouver une position qui soulagerait un peu ses nouvelles blessures, elle avait très mal à la tête et comme chaque fois qu'elle souffrait dans son corps ou dans sa chair, Marie ne parvenait pas à s'endormir.
Cette nuit là, Marie fut réveillée plusieurs fois par la douleur.
L'aurore commençait à éclairer la chambre par la petite fenêtre et Marie savait que dans quelques instants, Marco allait venir frapper à sa porte pour qu'elle se lève.
Elle aurait bien aimé rester encore quelques heures sans bouger, au chaud sous le




















