mardi, 11 juillet 2006

Crime et châtiment.

Je ne sais exactement que penser du bruit, de la fureur et de l'excès qui se sont emparés du DEL hier.

Au delà de Zinedine Zidane en tous cas, il y avait pour moi derrière une véritable réflexion sur la violence présente en chacun de nous et la manière dont la société la sanctionne, la juge puis la condamne.

Je ne crois pas au hasard.

En me levant dans la fraîcheur du matin, alors que le débat sur le geste de ZZ n’est pas clos, je ne peux pas être tombé « par hasard» sur une information qui ne fera pas la « une » de la presse et n'amènera pas près de 500 messages sur ce blog.

Et pourtant, au fond, beaucoup la relie au sujet d’hier...

J'ai donc décidé de la poser ici.

 

Quarante-trois personnes se sont données la mort en prison au premier semestre, soit huit suicides de moins que les 51 constatés durant les six premiers mois de l'année 2005, a annoncé vendredi 7 juillet l'Administration pénitentiaire (AP). Sur ce chiffre, "cinq seulement ont eu lieu au quartier disciplinaire", souligne dans un communiqué l'AP, au lendemain de l'annonce qu'un jeune détenu de la maison d'arrêt de Beauvais (Oise) a été retrouvé pendu dans sa cellule du quartier disciplinaire, un suicide remontant au 20 juin que l'AP "déplore". Pour l'Observatoire international des prisons (OIP), ce chiffre n'enlève rien au fait que, en ratio comparé du nombre de détenus et de suicides, on se donne en moyenne "sept fois plus" la mort en quartier disciplinaire que dans une cellule normale de prison, souligne Patrick Marest, l'un des responsables de l'OIP.                                                                              

500 pour 10.000.

Sur les six premiers mois, a-t-il fait valoir, cinq suicides pour 1.000 places en quartier disciplinaire, cela représente un taux de 500 pour 100.000, alors que les 38 suicides restants pour un peu plus de 59.000 détenus dans les prisons françaises équivalent à un taux de 64 pour 100.000. Il a rappelé qu'en 2005, 122 suicides avaient eu lieu en prison, contre 115 en 2004. "Comment se fait-il qu'alors que la population carcérale se stabilise, le taux de suicide ne cesse de monter", a-t-il dit. Dans son communiqué, l'AP annonce avoir demandé au psychiatre Jean-Louis Terra "d'évaluer les actions mises en œuvre depuis 2002" contre le suicide, prévoyant de présenter ses conclusions "dans les prochains mois". Déjà sollicité par le Garde des Sceaux d'alors Dominique Perben, le professeur Terra avait déjà présenté fin 2003 des propositions pour réduire de 20% sur cinq ans le nombre des suicides en prison.

(http://permanent.nouvelobs.com/societe/20060710.OBS4630.h...)



En ce moment, je n’ai pas d’amis ou de connaissances en prison.

Simplement, lorsque je ressens la chaleur qui règne ces jours-ci sur le pays, rendant la vie "à l’air libre" difficile, je me demande comment il est encore possible d’accepter en 2006 de punir, de châtier même, des Hommes de cette façon-là.

Tous les rapports sortis sur les conditions scandaleuses de "vie" dans le système carcéral n'ont rien donné. Leurs effectifs enflent sans que rien n'y fasse.

Régulièrement des politiques s'insurgent - de bonne foi pour certains - mais rien n'évolue. La prison en France reste une sorte de tabou infernal. Sans parler de la manière dont un bref passage en taule semble rester la meilleure "école" du crime...

Quant à celle qui a le plus fait ces dernières années pour alerter sur les scandaleuses conditions de vie dans l'univers carcéral, l'ex médecin -chef de la Santé, Véronique Vasseur,  (http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2253151734/qid=1152...) elle a désormais rejoint les rangs des fameux ... sarkozystes de gauche  : «La gauche monopolise une bien-pensance qui commence à être très pesante. Quand j'annonce que je suis pour Nicolas Sarkozy, je suis traitée de réac ou de facho, et j'en ai marre», s'est-elle exclamée lors de la réunion de cette nouvelle tendance politique... Cherchez l'erreur. http://www.lefigaro.fr/france/20060704.FIG000000059_la_no...

 

Je sais que ce propos va en NRver plus d'un.

Je vais me faire traiter de démago.

De-petit-marquis-mondain-germanopratin-qui-ne-sait-pas-de-quoi-il-parle....

Qui pleure sur les quartiers VIP.

Qui joue sur les émotions à bon compte.

D'autres vont s'insurger que j'ose leur proposer de se lamenter au sujet d'assassins et de voleurs : "ils n'ont que ce qu'ils méritent-racaille-kärcher©-répression etc..."  

Je crois pourtant qu'un pays dans lequel il n'y a pas de respect pour les délinquants ne peut pas avoir de considération pour les victimes. Et lorsque j'écris cela, je pense notamment à nos amis de "Stop à l'Oubli", représentant les victimes toulousaines et qui restent si mal considérés.

 

Voilà.

 

La 200ème note (!) est posée ici.

Les prisons en France. La condition carcérale. Les suicides en prison.

Il va encore faire beaucoup trop chaud. 

je crois